L’UNE SOEUR DE TRAJAN, ET L’AUTRE SA NIECE
L’histoire nous laisse beaucoup à desirer sur les vies de ces deux princesses, qui furent si cberes à Trajan.
Mar ci an a vint à Rome dans les commencements du régné de Trajan, son frere. Elle refusa, ainsi que sa belle-sœur Plotine, le titre d’Auguste, que le sénat leur offroit. Elle ne l’avoit point encore accepté l’an 852 (99 de l’ere vulgaire), lorsque Pline le jeune1 prononça le panégyrique de Trajan; car il nous a conservé le souvenir de ce refus. Il donne les plus grands éloges à cette princesse, qui probablement ne prit le titre d’Auguste qu’à l’époque , très prochaine de la précédente (la fin de la même année), où Trajan accepta celui de Pere de
(1) Cap. lxxxiv.
FAMILLE DE NERVA. 33
la patrie. L’empereur donna le nom de sa sœur à la ville de Marcianople, métropole de la Mœsie inférieure (aujourd’hui Marcenopoli, ou Prebislaw), située près de la rive occidentale du Pont-Euxin; peut-être au moment où il lui fit rendre les honneurs divins, après sa mort. On ignore l’année; mais ou est assuré que Marciana ne vivoit plus lorsque Trajan compta sa dixhuitfeme puissance tribunitienne, l’an 867 (1 14 de l’ere vulgaire).
Le nom de déesse, DIVA, lui est en effet donné dans l’inscription de l’arc de triomphe d’Ancône, qui fut élevé cette année.
Sous le n" 4 de la planche XXXYII, on voit une médaille de bronze de Marciana, avec sa tête et la légende DIVA-AVGVSTA' MAE.CIANA; au revers, le char sacré appelé Thensa, symbole de l’apothéose, avec la légende CONSECRATIO, et les sigles S. C.
Matidie étoit fille de la sœur de Trajan, de Marciana, et elle fut mere de Sabine, qui épousa Hadrien du vivant de son grandoncle. Spartien1 dit quelle rapporta à Rome les cendres de Trajan, avec Plotine. Ou voit sur une médaille de Marciana que Matidie reçut le titre d’Auguste sous le sixième consulat de cet empereur. Sabine ne fut pas sa fille unique; trois inscriptions, îecueillies par Gruter , font mention de Matidie jeune, qui étoit la sœur de Sabine, et qui fut, par adoption, tante maternelle d’Antonm ; comme le conjecture avec raison le savant EcklieP.
On voit ici, planche XXXVII, n° 5, une médaille de grand n bronze, sur laquelle est gravée la tête de Matidie, coiffée comme celle des autres femmes de la famille de Trajan, avec la légende MATIDIA AVG usta DIVAE MAR CI AN AE l'ilia; au revers^, une femme debout, accueillant deux enfants qui implorent son se-
(1) Hcidr.,X. (2) Page 252, n° 9 et 10, et p. io85, n° 3. (3) D. N. V., VI, 470.
Chap. IV.
Nerva et sa famill adoptive.
IM.- XXXVI
Chai*. IV.
Nerva
et sa famille adoptive.
PI. XXXVII
N° 6 et 7.
cours, avec la légende PIETAS AVGVSTa (bienfaisance de la princesse), et les sigles S. C. Cette médaille fait allusion aux soins que prenoient, à l’exemple de Trajan, les princesses de sa famille, des enfants des pauvres citoyens.
Les n° 6 et 7 présentent la face et le profil d’un buste de Matidie, qui est placé dans le musée royal avec le n" 101. O11 admire la perfection du travail. Ce buste étoit jadis dans le gardemeuble de la couronne. On voit à Florence, a la Loggia de’ Lanzi, une belle statue de Matidie en marbre.