‹ Iconographie romaine (volume 2)Chapitre 4 sur 45 · HADRIEN · texte numérisé non relu

HADRIEN

Les Romains rendoient grâce à Nerva pour avoir adopté Trajan, qui fit asseoir avec lui sur le trône la justice et la modération. Mais la mémoire de celui-ci leur dut être encore plus chere , s’il étoit vrai qu’il eût choisi Hadrien pour son successeur. En effet, seul, depuis Auguste jusqu’à Dioclétien (excepté Aurélien, qui régna trop peu), il a mérité le glorieux titre de législateur: encore Auguste ne fit-d qu affoiblir les institutions républicaines, sans chercher à les coordonner avec la monarchie, que César venoit de créer. Plus sage, Hadrien établit l’administration de l’empire sur des bases si solides, qu’elle se soutint jusqu’à Dioclétien, malgré les guerres civiles et les incursions des barbares2.

Aussi, quelques justes reproches qu’011 puisse faire à Hadrien sur son goût immodéré pour les plaisirs; sur son éloignement pour la guerre, qui lui faisoit payer aux barbares de honteux tributs; sur l’envie qu’il portait à ceux qui excelloient en quel-

(1) Spartien, un des auteurs de 1 Histoire Auguste , a écrit la vie d’Hadrien.

(2) Vict., Epitom., XIV.

FAMILLE DE NERVA

que art ou en quelque science ; enfin sur la cruauté qui ternit les premières et les dernieres années de son régné; on doit cependant le compter dans le petit nombre des princes qui ont bien mérité de l’empire romain. Quant à ceux qui l’ont agrandi par leur courage et par leur habileté dans l’art de la guerre, ils sont en grand nombre ; mais Hadrien seul, entre tous ceux qui occupèrent le trône pendant deux siècles et demi, a rendu par de bonnes lois et par une administration éclairée cet empire ferme et stable.

Hadrien naquit à Rome l’an 76 (829 de Rome), ou à Italica, dans la Rétique, ce qui paroît moins vraisemblable'. Sa famille étoit originaire de cette ville, comme celle de Trajân , dont il étoit parent. Dans sa vie, écrite par lui-même , Hadrien assuroit cependant que, dans le siecle des Scipious, ses ancêtres habitoient la ville d’Adria, dans le Picenum (Atri, dans la marche d’Ancône); tant il paroissoit encore étrange aux habitants de Rome d’obéir à un empereur qui ne fût pas né dans cette ville, ou du moins dans l’Italie ! Marullinus , son trisaïeul, etoit entré dans le sénat le premier de la famille. A l’âge de dix ans, Hadrien, ayant perdu son pere , eut pour tuteur son cousin germain Trajan, qui fut depuis empereur, et qui étoit alors préteur. Adolescent, il suivit la carrière des armes dans la Mœsie, d’où il fut député par l’armée pour féliciter Trajan sur la dignité de César, dont il venoit d’être revêtu. Ayant voulu instruire ce prince de la mort de Nerva, il en fut empêché par son beau-frere, qui avoit déjà excité contre lui la haine de Trajan, en lui faisant connoitre ses dépenses et ses dettes ; et qui vouloit instruire luimême César par un de ses envoyés. Mais Hadrien , ayant vu briser par les suites de la malveillance la voiture qui le portoit,

Cu.u1. IV.

JServa

et sa famille adoptive.

PI. XXXVIII

(1) Spartian., I; Eutrop., VIII, 6.

Cil AP. IV.

Nerva f sa famille adoptive.

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