JULIE MANIÉE
MERE D’ALEXANDRE SÉVERE.
Pendant les quatorze années du régné heureux et pacifique d’Alexandre Sévere, les Romains durent éprouver les plus vifs sentiments de reconnoissance pour Marnée, sa mere; qui l’avoit élevé avec tant de soins, qui le préserva de la corruption de la cour d’Elagabale, qui le prémunit contre les poignards de ce parent cruel, et qui enfin ne cessa de le diriger pendant son régné avec prudence et fermeté. Aussi le sénat donna autant de
Cil Al*. IX.
Elogabale et sa famille.
PI. LII
Chai*. IX.
Elagabale et sa Camille.
pi. iin.
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larmes à son trépas qu'à celui d’Alexandre, et lui décerna les mêmes honneurs. Ces honneurs semblent démentir les reproches qu’on a faits à Marnée d’avoir été excessivement avare , et d’avoir été par-là une des causes de la mort d’Alexandre.
Maniée étoit fille de Julia Maesa, et niece de Julia Domna ,
epo
use de Sévere. Sous le régné de cet empereur, Domna la
fit venir d’Emese, sa patrie, à la cour. Elle y étoit encore l’an ao5 ( g58 de Rome ), puisqu’on put dire que Caracalla l’y avoit rendue mère d'Alexandre. Etant retournée en Syrie sous le régné de Maerin , elle revint à Rome sous celui d’Elagabale avec son fils , qui adopta Alexandre trois ans après , et qui donna le titre d’Auguste à Marnée. Elle fut la derniere princesse qui prit le surnom de Julie; comme son neveu Elagabale fut le dernier qui prit le nom d’Antonin.
Il s’établit chez les chrétiens, daus le quatrième siecle, une opinion qui ne paroit pas dénuée de fondement, c’est que Marnée avoit embrassé en secret le christianisme, et quelle avoit fait instruire son fils Alexandre dans les principes de cette religion'.
Capitolin' dit que la mere d’Alexandre Sévere le fut aussi d’une fille appelée Théoclia , qu’ Alexandre avoit voulu donner en mariage au jeune Maxime, fils de Maximin.
Les médailles de Marnée ont fait reconnoitre cette impératrice dans plusieurs bustes des musées du Vatican et du Capitole. On voit ici , sous les n° 4 et 5 , planche LU, la face et le profil d’un buste du musée royal (n° 99), dont les traits et le travail rappellent celui de son fils, qui est gravé dans la même planche.
La médaille du n° 8 , décrite plus haut , présente un buste de Marnée au revers de son fils; mais celle de bronze du n“ 61e présente
(1) Euseb., Histor. eccles., VI, 28. (2) In Mazimo, III.
FAMILLE D’ELAGABALE.
de plus grande dimension, avec la légende IVLIA • MAMAEA AYGYSTA. Revers, femme appuyée sur une colonne, tenant un caducée de la main droite ; légende, FELICITAS • PYBLICA ; dans le champ, S. C.
Chip. IX.
Elagabale et sa famille.
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