‹ Iconographie romaine (volume 2)Chapitre 38 sur 45 · S. 7. MARINUS · texte numérisé non relu

S. 7. MARINUS

PERE DE PHILIPPE Ier.

Les antiquaires se sont occupés pendant long-temps , sans k» s. succès , à découvrir quel étoit le Marinus dout on voit la tête sur la médaille de bronze du n° 8, planche LV. Cette tête est nue , mais non pas chauve ; un aigle éployé est placé au-dessous; la légende est 0Eit ■ MAPINfi (à Marinus déifié). On en connoit deux revers différents avec la même légende $lAinnoiIOAlrmN KOAttNIAC, et S. C. dans le champ : l’un de ces revers, qui est ici grave, a pour type Rome assise, tenant de la main gauche une haste, et de la droite un aigle sur lequel sont placées deux petites figures. Le second revers a pour type Pallas, ou Rome debout, tenant de la main droite une patere; de la gauche, une

(1) Tillemont, III, Pli. I.

a34 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

chap. x. liaste; à ses pieds un bouclier. On attribuoit ordinairement ces i,Ak»ndT'sc médailles à Philippopolis de Thrace , et à Marinus qui se révolta .•er« jusqu-à Tra- dans la Mœsie contre Philippe Ier; Vaillant seul reconnut qu’elles

an Dece.

pi. lv. avoient été frappées en Arabie.

Tochon d’Annecy1, membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres, a proposé sur cet objet, en 1817, des conjectures très vraisemblables, dont je vais donner l’extrait. Philippopolis de Thrace ne porte point le surnom de Colonie ; la fabrique de ses médailles différé beaucoup de celle des médailles de Marinus. La fabrique des dernieres médailles ressemble à celle des médailles de Bostra en Arabie, auprès de laquelle Philippe Ie', voulant illustrer son pays natal, et avant de le quitter pour aller à Home, fonda une ville, et probablement une colonie, auxquelles il donna son nom, et dans lesquelles il fit frapper des médailles avec son portrait. Le lieu paroît donc bien reconnu. Le Marinus déifié et gravé sur les médailles de Philippopolis d’Arabie quel est-il? Ce ne peut être Marinus révolté contre Philippe Ier, qui lui survécut, et qui ne lui décerna certainement pas les honneurs de l’apothéose ; ni Pacatianus , déclaré empereur dans les mêmes contrées que l’avoit été Marinus , et surnommé par quelques antiquaires Marinus , d’après l’interprétation arbitraire d’un de ses noms, MAR., abrégé de MARtwj, de MARc/mj, et d’autres. Tochon propose de reconnoitre ici un Marinus qui auroit été pere de Philippe Ier; mais dont les historiens qui sont parvenus jusqu’à nous ne font aucune mention. Les deux Philippes auront voulu donner dans leur patrie un témoignage de vénération à l’auteur de leur race , comme l’avoient pratiqué Vitellius etTrajan , qui ont fait frapper des médailles chacun en

( I ) Médailles de Marinus et de Jotapianus , 1 8 1 7, in-4°.

l’honneur de son pere. Cette opinion est d’ailleurs la seule qui c»»p. x apprenne pourquoi on voit sur les médailles de Marinus , de J,f^1senrL Philippe, et d’Otaeilia son épouse, le type inusité de Rome, '"'Fi"’* retenant un aigle sur lequel sont placées deux petites figures , pro- P1 LV. hablement celles des deux nouveaux empereurs, Philippe pere et fils.

§. 8. PHILIPPE II, ou LE FILS,

EMPEREUR

Philippe II étoit .âgé de douze ans, selon Victor le jeune ‘, lorsqu’il fut tué, l’an 249 ( 1002 de Rome) , dans la capitale, par les prétoriens, qui venoient d’apprendre que son pere avoit perdu la vie auprès de Vérone. Il en avoit donc sept au moment où Philippe Ier, élu empereur après le meurtre de Gordien, s’adjoignit son fils, en lui donnant le titre de César. Il lui donna aussi, l’an 247 , celui d’Auguste, et même celui de grand pontife , qui , jusqu’à Balhin et Pupien , n’avoit jamais appartenu qu’à un seul prince. Victor le jeune, cité plus haut, est le seul qui nous fasse connoître le caractère de Philippe II ; il étoit si sévere et si sérieux que, depuis l’âge de cinq ans, personne 11e put jamais le faire rire, et qu’on le vit, même pendant les jeux séculaires, témoigner par des regards séveres avec quelle peine il voyoit rire l’empereur son pere et son collègue.

Sur l’une des deux médailles de bronze qui sont gravées ici N„6et7. planche LV, n° 6 et 7, la tête du jeune Philippe est nue, et sur l’autre elle est couronnée de laurier : on lit autour de la pre-

(1) Vict., Epit., XXVIII.

ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

Cuir. x. miere, M arcus YVlJus PHIL1PPVS CAESar; et autour de l’autre, .rAkxmiTsé ^ Perator PHILIPPVS AYG ustus. La première a pour type le vere jusqu'à Tra- jeune César, en costume militaire, tenant une lance et un globe, pi. lv avec la légende PRINC1PI 1 VVENÏwUv. Une femme debout, tenant une liaste et une branche d’olivier, est le type de la seconde , avec la légende PAX AETEllNA, et les sigles S. C. dans le champ.

N- 4 et s Ces médailles ont fait reeonnoitre par Visconti Philippe II

dans un buste de porphyre conservé dans le musée du Vatican, et gravé ici de face et de profil sous les n° 4 et 5 '.

§. 9. PACATIEN, EMPEREUR.

Les médailles seules ont fait connoître cet empereur d’un jour; aucun historien ne rapporte même son nom : aussi a-t-on beaucoup différé d’opinion sur l’explication des initiales qui expriment ses noms sur les médailles. On y lit , autour d’une tète ornée d’une couronne de rayons, IMPerator T Iberius CL auclius MAR.... PACATIANVS. Marins, Marcius, et Marinus , peuvent être indiqués par l’abréviation MAR. ; ce qui l’a fait confondre avec ce Marinus qui se révolta dans la Mœsie coutre Philippe I", et avec le Marinus déifié sur les médailles de Philippopolis d’Arabie. Mais la fabrique des médailles de Pacatien ne ressemble point à celle des médailles qui ont été frappées dans cette ville , elle ressemble aux médailles des Philippes et de Trajan Dece; ce qui fait conjecturer que Pacatien fut un des généraux que leurs armées déclarèrent empereurs à cette époque. Quant au pays qu’habitoit l’armée qui ceignit le diadème à

(i) Vise., Mus. Pio Clem VI , tav. 49-

Pacatien, on avoit cru d’abord que c’étoit l’Aquitaine, parce- gh». x.

qu’on y avoit trouvé la première médaille de cet empereur;

mais Eckhel ' assure cru’on a trouvé le plus grand nombre de «rej^Tra-

L x jan Dece.

celles que l’on possédé aujourd’hui dans l’Autriche et la Hongrie Pl LVI (la Alœsie et la Pannonie) : nouvelle preuve de la fausseté de l’opinion qui confond Pacatien avec Jotapien , tyran dans l’Orient.

Nous n’avons de Pacatien que des médailles d’argent. Sur s-ien. celle du n° i on lit , autour d’une tête radiée , IMPerafor TI berius CL audius MARzW PACATIANVS. Revers, l’Abondance assise, avec la légende CONCORDIA MILITVM. La médaille gravée sous le n° i porte la même tête et la même légende. Revers, ROMAE AETERNAE. AN/zo MILLeJimo ET PRIMO (l’an 1001 de Rome); Rome assise tenant une Victoire.

§. ,0. JOTAPIEN, EMPEREUR.

Aurelius Victor2 dit que sous le régné des Philippes on apporta cà Trajan Dece, avant qu’il partît de Rome, la tête de Jotapien, qui , « se glorifiant d’être issu de la race d’Alexandre , s étoit «révolté dans la Syrie, et avoit été tué par les soldats. » On lit aussi dans Zosime 3, « Les provinces de l’Orient , accablées «sous le poids des impôts, et ne pouvant souffrir le comman- « dernent de Priscus (frere de Philippe), qu’on leur avoit envoyé,

« se révoltèrent , et revêtirent du pouvoir souverain Jotapianus :

« de leur côté les légions de Mœsie et de Pannonie élurent Ma- «rinus.» A la vérité on lisoit dans le manuscrit d’après lequel a été imprimée , en 1 576, la première traduction latine de Zosime ,

Tapianus ; et Leunclavius, le traducteur, avoit mis en marge

(i) Doctr. Num. Fet., VII, 33g. (a) In Cœs-, XXIX. (3) Lib. I, 20.

2.38 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL oiiap. x. la correction Papianus ; mais Reitemeyer a rétabli dans sa belle (VAie'xandr^'sé- édition de Leipzig, en 1784, le mot Jotapianus, d’après deux vere jusqu’à Tra- manuscrits, et d’après l’autorité de Casaubon1.

jan Dece. 1

pi. lvi Voilà tout ce que 1 histoire nous apprend de cet empereur éphé-

N” 3. mere, et encore regne-t-il une grande obscurité sur l’Alexandre dont Jotapien se glorifioit d’être issu. Tochon d’Annecy», qui a recueilli et discuté avec soin le peu que nous savons de Jotapianus, est porté à croire que cet Alexandre étoit le roi de Macédoine, plutôt que l’empereur Alexandre Sévere. C’est lui qui a fait connoitre la médaille unique de Jotapianus, apportée de Syrie par M. Rousseau, consul françois à Ragdad, et que l’on conserve dans le cabinet du roi. On la voit ici sous le n" 3, planche LVI. «Elle est d’argent à bas titre (appelé billon); le «caractère de la tète est assez bon; le style n’est pas inférieur a «celui des médailles des Philippes et de Trajan Dece.» Autour d’une tète qui a de la barbe et une couronne radiée , on lit IMP • M • F • R ■ IOTAPIANVS • A ■ pour AVG ustus. L’explication des trois sigles qui suiventIMPerator est incertaine. Pievers, Victoire tenant de la main droite une couronne, et une palme de la gauche, avec la légende VICTORIA AVE. pour AVG asti. «La précipita- «tion avec laquelle ces empereurs d’un moment se hâtoient de «produire des monnoies à leur effigie ne leur laissoitpas le temps «de donner de grands soins à leur fabrication.... Les fautes dans «les légendes sont assez fréquentes sur les médailles latine; «frappées dans les villes grecques.»

(1) Hist. Aug. , II.

(2) Médailles de Marinus cl de Jotapianus, 1817, in-4°.

TRAJAN DECE ET SES SUCCESSEURS. s>39

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