‹ Iconographie romaine (volume 2)Chapitre 39 sur 45 · JUSQU’A FA LÉ RIE N · texte numérisé non relu

JUSQU’A FA LÉ RIE N

« Nous sommes arrivés à une époque, dit Eckhel ' , où les noms «des empereurs sont en plus grand nombre que les années pen- «dant lesquelles ils en ont porté le titre.» On ne peut assurer que cette multiplicité de noms ait contribué (ce qui est du moins vraisemblable) à l’obscurité qu’on observe dans les écrivains qui ont retracé l’histoire du troisième siecle ; mais cette obscurité est telle, que les noms, les personnages mêmes, sont confondus ■. tels sont Pupien, appelé aussi Maxime; Balbin, les Gordiens, Marinus, Pacatien, et Jotapien. Que sera-ce donc dans ce chapitre, où, abandonné par le dernier des écrivains contemporains, Hérodien, et par les auteurs de l’Histoire Auguste, je n’aurai plus pour guides qu’Eutrope, les deux Victors, Zosime, Orose, et Zonare!

Une nouvelle difficulté arrête encore la marche de celui qui écrit l’histoire romaine à cette époque. Postérieurs au troisième siecle, les écrivains qu’il doit consulter ont été animés les uns par un zele fervent pour le christianisme, qui s’élevoit déjà près du trône, les autres, par leur attachement au paganisme, dont la nouvelle religion ébranloit les autels. Chacun d’eux a peint

PI. LVJ.

(i) Doctr. Num. Vet.,\ II, 35o.

Chap. XI.

Trajan Dece scs successeur!

squ’â Valérien PI. LVI.

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les empereurs avec des couleurs favorables à ses opinions. Pour Zosime, Trajan Dece est un prince .accompli; c’est un monstre de cruauté pour les chrétiens, qu’il persécuta. Dioclétien est de même représenté sous deux points de vue opposés ; et, pour des raisons contraires, on trouve dans Constantin deux hommes de caractère différent.

Les empereurs avoient partagé jusqu’alors avec d’autres personnages le titre d’Auguste et la puissance tribunitienne, qui dans l’origine avoit apartenu à plusieurs tribuns; mais devoit-on s’attendre que le titre de souverain pontife, pontifex maximus , seroit donné à deux personnes? Dion', mort sous Alexandre Sévere, assure qu’il appartenoit toujours à un seul des Augustes. Cependant Pupien et Balbin, qui régnoient conjointement, le prirent chacun sur ses monuments, et ils furent imités par plusieurs de leurs successeurs, Philippe jeune, Volusien, Carin, etc. On v it même trois souverains pontifes régner en même temps , Galere Maximien, Constantin, et Licinius1. Le nombre sera plus grand encore si l’on y ajoute ceux qui dans les provinces se firent déclarer empereurs , et qui joignirent au titre d’Auguste celui de souverain pontife.

La décadence des arts avançoit avec rapidité; et, comme il arrive toujours à cette époque dans toutes les contrées, ne pouvant plus atteindre à l’excellence de l’art, on attacha un grand prix à la difficulté du travail. On employa le porphyre, pierre extrêmement dure et incomparablement plus longue et plus difficile à travailler que le marbre. Le premier buste de porphyre que nous ayons vu est celui de Philippe jeune. C’est au troisième siecle qu’il faut rapporter l’emploi habituel de cette

(1) Lib. LVII, 17. (2) Euseb., Hist. eccles., VIII, 8.

pierre. Il est douteux que les Gi’ecs et les Romains l’aient tra- chap. xi vaillée avant cette époque , qui se trouve être celle de la décadence Tra-'an Dece des arts du dessin. Mais les Egyptiens ont certainement travaillé iusiiu’à Valdriende tout temps le porphyre, qui forme une partie des rochers 11 IV[ qui séparent la mer Rouge de la Méditerranée.

S. I. TRAJAN DECE

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