‹ Iconographie romaine (volume 3)Chapitre 16 sur 40 · TIBERE · texte numérisé non relu

TIBERE

ce Tibere , dit Tacite 3 eut des mœurs très différentes, selon les cc époques diverses de sa vie. Rien de plus louable que sa conduite

(1) Dio, LIX, 3.

(2) Mes guides, dans cet article, ont été

(3) Tacit. , Annal. , VI , 5 1 .

Tacite, Suétone, Dion, Velleius Paterculus, Josephe, Pliilon.

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«et de plus pur que sa renommée, tant qu’il fut simple particu- «lier , ou placé dans les commandements par Auguste ; dissimulé «et adroit à feindre des vertus tant que vécurent Germanicus «et Drusus; assemblage de bien et de mal jusqu’au dernier jour «de sa mere; cruel à l’excès, mais se couvrant d’un voile dans «ses débauches, pendant qu’il aima ou qu’il redouta Séjan; il «se plongea enfin dans le crime et la bassesse, lorsqu’il se laissa «aller à tous ses penchants, sans pudeur et sans crainte.»

Quand Auguste contraignit Tiberius Nero à répudier sa femme Livie, elle éloit enceinte de Drusus et mere de Tibere, dont Suétone place la naissance dans l’année de Rome 712' (42e avant l’ere vulgaire), d’après les recherches qu’il avoit faites dans les actes publics, quoique cette époque fût avancée d’une année selon quelques uns, et reculée aussi d’une année par d’autres écrivains. Dion est du même sentiment; car il fixe l’an 790 pour celui où mourut Tibere, âgé de soixante-dix-huit ans.

Son enfance fut exposée à de grands périls. Son pere et sa mere l’emmenerent, deux ans après sa naissance, en Sicile, auprès du fils de Pompée, ensuite dans l’armée de Marc-Antoine. La paix étant faite entre celui-ci et Octave, le pere de Tibere obtint son pardon , revint à Rome avec sa famille ; et céda en 716 Li\ ne a Auguste. Tibere avoit fait, a l’âge de neuf ans, tant de progrès dans l’éloquence, qu’il prononça en public l’oraison lunebre de son pere. On le vit, en suivre, avec Marcellus, le ch ar triomphal d’Auguste, après la bataille d’Actium. Il commanda les jeunes patriciens dans les jeux troyens. Auguste et Livie lui donnèrent des sommes considérables pour les combats de gladiateurs qui suivirent la mort de son pere, et celle de Drusus son aieul. Il épousa, fort jeune, A ipsania Agrippina , fille ( i ) Suet. , Tiber. , c. v.

FAMILLE DES CESAPvS. 9 3

d’ Agrippa, petite-fille de Pomponius Atticus, la seule des enfants d’ Agrippa qui mourut de mort naturelle. Elle l’avoit rendu pere de Drusus le jeune, et elle étoit enceinte lorsque Auguste obligea Tibere à la répudier pour épouser sa fille Julie, veuve du jeune Marcellus et d’ Agrippa. Ce prince, qui, dans le cours de sa longue vie, ne parut s’attacher sincèrement à personne, témoigna les plus grands regrets en s’éloignant de sa première épouse. Peut-être connoissoit-il ou soupçonnoit-il déjà les débauches et la dépravation de Julie. Cependant il vécut d’abord avec elle en bonne intelligence ; il en eut même un fils qui mourut en bas âge : mais il s’en sépara bientôt pour toujours; et il ne choisit plus d’autre épouse.

Tibere avoit à peine atteint sa vingt-deuxieme année, que l’empereur l’envoya , avec une armée , pour mettre Tigrane sur le trône d’Arménie. A son arrivée il n’eut aucun ennemi à combattre, pareeque les Arméniens venoient de reconnoître Tigrane pour roi'. Cependant, dit un historien, il se donnoit la gloire d’avoir terminé courageusement cette expédition; il fut aidé dans cette prétention par les sacrifices d’actions de grâce que le sénat décréta ; et il porta dès-lors ses regards vers la souveraine puissance’. Déjà, l’an 7Ôo, Auguste avoit ordonné que Tibere postuleroit les charges cinq ans plus tôt que les lois le perrnettoient; et il l’avoit nommé questeur. En 735, il lui accorda les honneurs de la préture, dignité qu’il obtint deux ans après; il l’emmena avec lui dans les Gaules, et l’envoya, en 73g, terminer, contre les habitants des Alpes rhétiennes (les Grisons), une guerre que Drusus avoit commencée. Enfin il le fit nommer consul l’an 741- Pour l’approcher du trône, sa mere Livie engagea Auguste à lui donner, en 743, pour seconde épouse,

(1) Dio, LLV, 9. (2) Ibid. , 28.

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sa fille Julie, veuve d’Agrippa. Il l’envoya aussitôt soumettre les Dalmates révoltés , et les Daees.

Revenu a Rome, libéré fut bientôt renvoyé en Germanie, l’an 745, auprès de Dru su s, qui se mouroit. Suétone ' assure qu’il avoit donné connoissance a Auguste d’une lettre dans laquelle ce prince lui proposoit d’engager l’empereur a rétablir la république, et même de l’y contraindre. Quelle qu’ait été la cause de la mort de Drusus , Tibere fit. une diligence extraordinaire, reçut les derniers soupirs de son frere, ramena ses restes à Rome, suivit à pied le convoi, et prononça dans le forum l’oraison funèbre. Il retourna ensuite combattre les Germains. Les ayant vaincus, il fut proclamé imperator en 746. L’an 747 le vit nommer consul pour la seconde fois, et triompher des peuples de la Germanie. Il ne manquoit plus à Tibere, pour paroître associé à l’empire, que d’être revêtu de la puissance tribunitienne ; il le fut en 748. César et Auguste attachèrent une grande importance a ne confier qu’à eux seuls la dignité de tribun, qui rendoit inviolable et sacré celui qui en étoit revêtu. Aussi Auguste ne l accorda-t-il à Tibere que pour cinq ans , et dans le dessein de rabaisser l’orgueil des Césars Caïus et Lucius, ses petit-fils5.

« Cette conduite de l’empereur , dit l’historien Dion , ne servit «qu’à aliéner les esprits et des jeunes Césars, qui se crurent «méprisés, et de Tibere, qid redouta leur animosité. C’est pour- «quoi celui-ci se retira à Rhodes, sous le prétexte de s’y livrer «;i l’étude.... Arrivé dans cette île, il n’y fit rien qui fût digne «d’un prince; il n’y tint point le langage qui eût pu rappeler sa «dignité. Telle fut la véritable cause de sa retraite. Plusieurs «cependant en assignent une autre, le dégoût et le mépris pour «Julie, son épouse : il est du moins certain qu’il la laissa à Rome.

i) Suet., L. (2) Dio, LV, 9.

> MÏ,

«Quelques uns pensent encore qu’il avoit conçu un violent clia- cmp. i «grin de ne se pas voir nommer César. On assure enfin qu’Au- «guste lui avoit ordonné de s’éloigner, parccqu’il tencloit des pi xxu. «embûches à ses fils. ]\Ti l’amour de l’étude, ni le chagrin de «l’adoption de Caïus et de Lucius, ne le portèrent à cette re- « traite, si l’on en juge soit d’après sa conduite postérieure , soit «d’après l’ouverture de son testament, qu’il lut à Auguste et à «Livie au moment de son départ. Chacun assigna différentes «causes, selon son opinion particulière.» Tacite dit que Julie fut la véritable'. Suétone s’explique de même 2 ; mais il indique une autre cause; et la dissimulation artificieuse , qui fut le caractère dominant de Tibere, me porte à l’adopter. «Craignant que «l’habitude de le voir ne diminuât la considération dont il jouis- «soit, il voulut fortifier cette considération, l’augmenter même «par l’absence, dans le cas où l’empire auroit besoin de ses ser- «vices.» Suétone ajoute que, par la suite, il allégua pour excuse l’élévation subite des fils d’Auguste.

Velleius Paterculus, qui écrivoit sous Tibere, et qui lui prodigue ses flatteries , parle aussi des honneurs rendus aux deux Césars3; mais il dit «qu’il craignit que l’éclat dont il brilloit «ne lut un obstacle a l’agrandissement des jeunes princes. »

Quoi qu’il en soit, il résista aux instances de Livie, de l’empereur; et il s’embarqua à Ostie, sans avoir proféré une seule parole.

Tibere étoit âgé de trente-six ans, lorsqu’il se détermina à cette retraite, qui a occupé tous les historiens, et que j’ai dû, à cause de cela, rapporter avec quelques détails. Elle fixa pour un temps tous les regards sur lui, objet qu’il s’étoit proposé, comme je l’ai dit plus haut. Si l’on ajoutait foi à l’adulateur déjà

(1) Tacit., Annal., I, 53. (2) Suet., X. (3) Patercul., II, rjg.

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cité (Paterculus) , tous les proconsuls et les lieutenants qui se rendoient au-delà de 1 Adriatique , et qui s’empressoient de visiter Tibere, d’abaisser les faisceaux devant lui, disoient d’une commune voix «que son repos étoit plus honorable que ne «l’avoient été ses commandements.» Il menoit au contraire une vie retirée, clans le milieu de File, loin des ports et des villes, vêtu comme les Crées, portant leur manteau et leur chaussure légère, fréquentant seulement les écoles des sophistes. 11 n’usa qu’une fois de la puissance tribunitienne , dont il étoit revêtu; et ce fut pour punir un d’eux, qui, dans une dispute d’école dans laquelle ce prince avoit pris une part active, l’avoit injurié '.

A l’expiration des cinq années de cette puissance, en y53, il sollicita la permission de revenir à Rome , peut-être pour en obtenir le renouvellement; et il ne put l’obtenir d’Auguste, qui ne lui pardonnoit pas d’avoir quitté l’Italie sans son approbation’. Ce désir redoubla lorsque, dans l’entrevue qu’il eut à Samos avec le César Caïus, ce prince ne lui témoigna aucun intérêt.

Cependant le jeune César, fléchi probablement par les instances de Livie , consentit, en y 55 , à ce que Tibere rentrât dans sa patrie, mais à condition qu’il ne prendroit aucune part à l’administration de l’état1 2 3. C’est ainsi que finit, après huit ans, son exil volontaire et politique: on est étonné de voir Dion, historien si exact, dire que Tibere ne quitta Rhodes qu’après la mort des Césars Gains et Lucius4, tandis que Velleius Paterculus, écrivain contemporain , s’exprime sur cette époque comme Suétone5.

(1) Suet., XI. (4) Dio, LV, ii.

(2) Suet., XII, XIII. (5) Patercul., II, io3.

(3) Suet., XIV, XV.

L’année 757 (4” de l’ere vulgaire) fut fatale à Auguste, en lui enlevant les deux petits-fds qu’il avoit adoptés, et sur lesquels il fondoit toutes ses espérances ; mais elle fut très favorable à Tibere, qui, par les artifices de sa mere, s’assit alors sur les premiers degrés du trône. Le frere des deux Césars, Agrippa Posthume, avoit encouru la disgrâce de l’empereur; et il étoit condamné à un exil dont il ne revint jamais. Auguste l’avoit auparavant adopté avec Tibere; mais, pour s’assurer des successeurs, il força celui-ci à adopter en même temps son neveu Germanicus, quoiqu’il eût lui-même un fils, Drusus le jeune. Auguste combla Tibere d’honneurs ; il l’associa aussi de nouveau , en 757 , à la puissance tribunitienne; et il faut ajouter les cinq années précédentes de cette puissance à celle de 757 et aux suivantes, pour expliquer les médailles et les inscriptions de ce prince. L’effet de son adoption par l’empereur fut de le retirer de la famille Claudia, et de le faire entrer dans la famille Julia; de là vint qu’il ne s’appela plus Claudius Nero, mais Claudianus , selon l’usage des personnes adoptées; et ordinairement Tiberius Cœsar.

Auguste ne laissa pas languir dans le repos son fils adoptif. Celui-ci fit, en 758 et 75g, la guerre aux Germains; pénétra jusqu’à l’Elbe; y reçut, pour la seconde fois, le surnom d'imperator; fut rappelé pour continuer la guerre contre les Pannoniens , les Illyriens : guerre qui dura trois ans , et que Suétone dit avoir été la plus dangereuse après les guerres puniques1. On lui adjoignit, en 760, son fils adoptif Germanicus; et leurs efforts réunis terminèrent, en 761, la guerre d’Illyrie. En 762, Tibere vint à Rome recevoir les honneurs brillants que le sénat lui avoit décernés, et dont le défiant Auguste supprima une (i) Suet., XVI.

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jap i. partie. Enfin il triompha, en y65, des Illyriens et des Dalmates.

lîiie fies Auguste alors recommanda le sénat à Tibere, et Germanicus

xxii au sénat. Cette prédilection de l’empereur fut bien secondée par les consuls de 766, qui proposèrent une loi pour confier l’administration des provinces à Tibere, conjointement avec Auguste; celui-ci, de son côté, lui conféra encore la puissance tribunitienne.

Elevé au faite des grandeurs , Tibere ne trouvoit qu’un obstacle, Auguste, qui l’empêchât de s’asseoir sur le trône; et Livie vint à bout, par le poison (comme le donnent à entendre plusieurs historiens), de l’en délivrer en 767' (14e de l’ere vulgaire). Il commandoit en Illyrie, lorsque sa mere lui apprit que l’empereur étoit gravement incommodé à Nôle en Campanie , et l’invita à hâter son retour. Il le trouva encore vivant à son arrivée, selon Paterculus et Suétone1 2 : mais Tacite dit que l’on ne pouvoit savoir avec certitude si Auguste n’avoit pas déjà rendu le dernier soupir3; et Dion assure que le plus grand nombre des écrivains et les plus dignes de foi étoient du dernier avis4. C’est ici que se présente une question souvent agitée depuis Suétone et Dion5: ces historiens racontent qu’Auguste, effrayé du caractère farouche de Tibere, avoit eu envie d’annuler son adoption; qu’il en fut détourné par les prières de Livie, et qu’inspiré par son ambition, il avoit voulu se faire regretter en se donnant un pareil successeur. Ce trait de politique paroit extraordinaire ; peut-être seroit-on disposé à le rejeter, si on ne le lisoit que dans Tacite. Au reste les talents militaires de Tibere justifioient en partie le choix d’Auguste. Livie et Tibere cachèrent d’abord

(1) Tacit. , I, 6.

(2) Patercul., II, ia3; Suet., XXI.

(3) Tacit. ,1,5.

(4) Dio, LVI, 3i.

(5) Dio, LVI , 45.

la mort de l’empereur. Tibere commença son régné par l’assassinat d’ Agrippa Posthume, le seul des petits-fils d’Auguste qui eût échappé aux artifices de Livie , et il en chargea la mémoire de l’empereur. Il fit aussi mourir Julie, son épouse, répudiée, l’objet du mépris général, mais oubliée depuis long-temps.

Dion nous a conservé l’oraison funebre d’Auguste, prononcée par Tibere; elle confirme l’opinion que les historiens nous ont donnée des études qu’il avoit faites dans sa retraite. Il créa un culte pour son prédécesseur, et choisit pour prêtres des membres de sa famille. Il voulut être contraint par le sénat à prendre les rênes du gouvernement; il affecta une grande modération, tant qu’il craignit que Germanicus n’acceptât l’empire, offert par les légions révoltées. Mais il secoua bientôt après une partie de cette contrainte '. Il ôta au peuple le peu d’influence sur la nomination des magistrats , qui lui avoit été laissé par Auguste, et il la remit au sénat, en lui recommandant toujours quatre candidats auxquels on n’osoitpas refuser les suffrages. Ainsi désignés, ceux-ci se présentoient avec leurs parents et leurs amis , au peuple , comme si l’on eût voulu lui conserver le simulacre du droit d’élection dont il jouissoit autrefois. Cette organisation, établie par le despote Tibere , subsistoit encore deux siècles aj)rès , lorsque Dion écrivoit son histoire’.

Quant à l’élection des consuls, il se l’attribua tout entière; il les nommoit quelquefois pour toute l’année, quelquefois pour une partie seulement, et il leur en subrogeoit d’autres pour le reste. Il ne se croyoit pas même lié par les premiers actes; il diminuoit ou prolongeoit le temps qu’il leur avoit assigné; et, selon son caprice bizarre, il changeoit même l’ordre de leur élection. Ainsi périt la liberté romaine : César l’avoit beaucoup

(i) Tacit. I, i5. (2) Dio, LVIII, 20.

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Chap. i. restreinte; Auguste l’avoit réduite à n’ètre plus qu’une ombre vaine; et Tibere, dissipant même cette ombre, créa le despopi xxn tisme le plus absolu.

En vain refusa-t-il le surnom de pere de la patrie, et quelques autres dont s’étoient parés ses deux prédécesseurs; il ne put faire croire à personne , comme le remarque Tacite , que son caractère fût porté à la modération'. En effet, il permit d’accuser de lesemajesté les personnages les plus illustres; non pour des conspirations, comme les lois le prescrivoient, mais pour de simples paroles ou pour des actions peu importantes. Quoique l’on renvoyât absous les premiers accusés, cependant ce décret inique fit naître une foule de délateurs, et il fit perdre la vie aux meilleurs citoyens, sous le régné des empereurs foibles ou sanguinaires. Tibere souilloit, par la cruauté et la vengeance, les actions les plus justes. En distribuant une somme d’argent léguée au peuple par Auguste, il fit mourir un bouffon, qui, voyant transporter un mort, lui avoit dit à l’oreille d’apprendre à Auguste que son legs n’étoit point encore payé; l’empereur ajouta, en le condamnant, qu’il pourroit se plaindre lui-même à ce prince.

L’an 16 de l’ere vulgaire, Germanicus défit le Germain Arminius, reprit l’aigle et les enseignes enlevées à Varus. On ne doutoit pas que ce prince ne parvint à établir une paix solide dans la Germanie, lorsque Tibere, jaloux de son fils adoptif, le rappela en Italie, «pour le faire jouir , disoit-il, de la gloire qu’il «avoit acquise.» Il lui permit en effet d’entrer en triomphe dans Rome. Mais il trouva dans les troubles de l’Orient un prétexte pour l’éloigner de nouveau, en lui donnant le commandement de l’Asie. Voulant élever son fils Drusus au-dessus de Germani-

(i) Tacit., 1, 72.

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cas, que son courage et ses vertus rendoient plus cher aux Romains, il fit, à ce que l’on crut généralement, empoisonner celui-ci en Syrie, l’an 19 (772 de Rome), par le ministère de Pison et de Plancine. La jalousie et la haine que Livie avoit conçues contre la vertueuse et fiere Agrippine, épouse de Germanicus, la rendirent complice de ce lâche assassinat1.

Deux ans auparavant, un tremblement de terre renversa en Asie plusieurs villes situées sur la mer Egée, ou près de ses rivages, entre lesquelles on comptoit' Ephese et Sardes3. Tibere répara ce malheur par de grandes largesses ; et la reconnoissance des Asiatiques lui éleva, dans le forum de Rome, une statue colossale, entourée de celles de toutes les villes qui a voient eu part à ses bienfaits. Le temps a détruit ce monument; mais il a respecté la hase de la statue qui avoit été élevée à Pouzzoles ( Puteoli). Les quatorze faces de ce piédestal sont ornées de basreliefs qui représentent les figures symboliques de ces villes, désignées chacune par son nom.

La mort de Germanicus 11e fut point vengée; à peine même Tibere feignit-il d’en rechercher l’auteur : ce qui ne laissa douter à personne qu’il ne l’eût ordonnée. O11 peut aussi le conjecturer d’après le changement qui s’opéra dans sa conduite. «Voyant, « dit l’historien Dion3, que personne ne pouvoil plus lui disputer «l’empire, et ayant fait jusqu’alors quelques actions louables, il «adopta une maniéré de vivre et de gouverner absolument con- « traire. » On attribua d’abord ce changement aux insinuations de Séjan, de ce favori sans mérite, couvert de crimes, dont l’élévation extraordinaire n’étonna pas moins que la chute écla-

(1) Suet. , L1I; Tacit. ,11, 43, 69; Dio, (2) Tarit. , 1 , 475 Dio, LVII, i7;PhIeg.

LVII, 18. Mir. , c. xin.

Chat*. I.

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(3) Dio, LVII. 19.

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