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et obtint le pardon des Alexandrins qui avoient cruellement offensé Vespasien ; travailla, mais sans succès, à adoucir son pere en faveur de Domitien qui déguisoit mal ses prétentions à l’empire. Enfin le 8 septembre de l’an 70, Titus entra dans Jérusalem, où le sang des Juifs coula à grands Ilots malgré ses ordres. Je ne citerai point, pour attester la valeur, la science militaire, et l'humanité de Titus, Josephe, parcequ’il fut attaché ;i ce prince. Mais j'invoquerai le témoignage de Dion, qui écrivoit plus d’un siecle après. Il dit1: «Titus fit tous ses «efforts pour ramener ce peuple égaré (les Juifs), et par des «envoyés, et par les promesses les plus étendues ; voyant enfin «qu’il ne pouvoit les persuader, il eut recours aux armes.... «Lorsqu’il eut forcé une des trois enceintes qui défendoient Jé- «rusalem, il leur fit encore offrir par des hérauts un pardon gé- «néral; mais ils ne discontinuèrent pas les travaux de défense.»
Tacite3 fait entendre que Titus n’auroit mis autant d’activité à terminer la guerre de Judée que par le désir de revoir Rome, ses richesses, et les plaisirs qu’elle offroit; il n’y revint cependant qu’au mois de mai de l’année 71 , huit mois après la prise de Jérusalem. De plus, on lui reprocha ce retard3, comme si on lui eût supposé le dessein de se soustraire à l’autorité de son pere, et de se faire déclarer roi de l’Orient. On citoit à l’appui de ces conjectures l’attachement des soldats, qui, le félicitant le jour de sa victoire, le saluèrent imperator , et qui à son départ le supplièrent, même avec menaces, de rester avec eux, ou de les emmener tous avec lui. Mais ces calomnies furent dissipées par son arrivée auprès de son pere, qui 11e l'attendoit point, et devanL qui il 11e chercha à se disculper qu’en disant : «Me voilà, «mon pere; je me rends auprès de vous.»
(1) Lib. LXYI, 4- (2) Iiistor ., V, i i. (3) Suet.., V.
FAMILLE DE VESPASIEN: 3o3
C’est dans l’Orient qu’il connut Bérénice, fille d’Agrippa, dernier roi de Judée, sœur d’Agrippa II, roi d’Iturée, épouse d’abord de son oncle Hérode, roi de Chalcis, ensuite de Polémon, roi de C.ilicie, d’où lui vint le surnom de reine. Titus l’amena à Piome avec son frere Agrippa. Là, elle eut l’adresse de gagner par de riches présents la bienveillance de Vespasien, comme elle avoit gagné l’affection du fils par son esprit et par ses charmes; Agrippa obtint les honneurs de la préture. «Béré- «nice, dit Xiphilin1 2, habita le palais impérial, et vécut avec «Titus dans la plus grande intimité. On qroyoit qu’il devoit «l’épouser, car elle agissoit eu toute occasion comme si elle eût «été liée à lui par le mariage. Mais Titus, voyant que le peuple «romain regardoit cette alliance de mauvais œil, la renvoya. » Suétone3 dit que, parvenu à l’empire, il la renvoya malgré lui „et malgré elle. Xiphilin 5 place ce renvoi avant la mort de Vespasien; il nous apprend même qu’elle revint à Rome depuis cette mort, mais que son retour ne nuisit point à la réputation de Titus. Au reste celle de Bérénice n’étoit pas sans reproche. Josephe4 dit qu’après la mort de son premier mari, onia soupçonna d’entretenir avec son frere Agrippa une liaison scandaleuse; que, pour détruire ce bruit injurieux, elle proposa sa main au roi Polémon ; mais quelle l’abandonna bientôt pour se réunir à ce frere chéri. Juvénal5 confirme le récit de Josephe; et l’on peut apprendre de ses vers sur Bérénice et Agrippa de quel prix étoit alors le diamant, puisqu’on porta un jugement défavorable sur leur liaison d’après le don qu’avoit fait d’une de ces pierres Agrippa à sa sœur Bérénice. Le prix du diamant étoit
(1) Xiphil. , LX.VI, 16.
(2) Cap. vu. Invitus invitam dimisit.
(3) Lib. LXVI, cap. xvm.
(4) Antiquit. jud. , XX, 7.
(5) Sat. VI , 1 56.
Ciiav. II!. * Famille de Vespasien.
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3o4 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
cw. m. alors d’autant plus grand, que, ne sachant pas le tailler', les
anciens ne recueilloient que ceux dont le poli étoit le produit du
frottement dans le cours des rivières, et que nos jieres appeloient
n. xxxm
el XXXIV.
pointes-naïves , pour natives.
L’an 71 ( 824 de Rome ) , Titus reçut les honneurs du triomphe avec son pere , qui lui donna le titre d 'imperator , le déclara son collègue dans la puissance tribunitienne, et, l’année suivante, son collègue dans la censure3. Il le revêtit aussi de la charge de préfet du prétoire, charge qui, malgré son importance, n’avoit été exercée que par un chevalier, et qui, dit Victor, devint par ce choix la seconde dignité de l’empire3. Enfin, si l’on excepte les titres d 'Auguste et de jjere de la patrie , il portoit les mêmes que son pere. 11 exerçoit sous son nom presque toutes les fonctions d’empereur; il dictoit les lettres, les édits , parloit au sénat au nom de Vespasien. Suétone l’accuse d’avoir abusé de cette autorité; d’avoir fait demander dans les théâtres et dans les camps la mort de ceux qui lui étoient suspects, par des personnes apostées, et de les avoir livrés sur-le-champ aux bourreaux. Après cette accusation vague , l’historien en forme une très précise. Titus invita à un repas Aulus Cœcina , homme consulaire, et le fit poignarder à l’instant où il quittoit sa table. On convenoit qu’il avoit dû se hâter de prévenir la conjuration de Cœcina , dont il avoit saisi le plan, écrit de sa main; mais on blâmoit avec raison le choix du lieu, du moment, et l’on redoutoit l’heure où il jouiroit d’un pouvoir absolu. Cette crainte sembloit encore motivée par le luxe de ses festins, lesquels, disoit-on, étoient suivis des débauches les plus honteuses.
La conduite sage de Titus, lorsqu’il fut parvenu à l’empire,
(1) Art trouvé à Paris, l’an 1 4 7^ > Par (2) Suet.,VI.
Louis de Berquen. (3) Vict., Cœs., IX.
fit substituer les éloges aux reproches, tant on admira un changement si prompt et si étonnant. Vespasien mourut dans le mois de juin de l’an yg (838 de Rome). Titus fut reconnu seul empereur, en vertu du testament de son pere'. Domitien eut le dessein de distribuer aux soldats des sommes doubles de celles que leur donnoient les nouveaux empereurs, afin qu’ils l’associassent à l’empire; ce qu’il n’osa cependant pas faire, quoiqu’il assurât toujours depuis que son pere le lui avoit légué comme à son frere , mais que le testament avoit été falsifié. Il ne cessa au reste de conspirer contre Titus en secret et publiquement, de tenter la fidélité des armées, et de se préparer à s’éloigner de Rome pour ourdir de nouvelles trames2. Trop foible ou trop généreux, Titus ne put se résoudre à lui ôter la vie, à l’éloigner, ni même à diminuer les honneurs qu’on lui rendoit ; et, depuis le premier instant de son régné, il ne cessa de le traiter comme son collègue , comme son successeur. Il le prioit en secret et en pleurant de reconnoitre son amitié par une amitié réciproque. Il en usa de même avec ceux qui conspirèrent contre lui; il vouloit, disoit-il, conserver ses mains pures; et il ne fit mourir personne pendant son régné.
La bonté étoit le trait principal du caractère de Titus. A son avènement à l’empire, il confirma tous les actes de bienfaisance de ses prédécesseurs; tandis que tous, depuis Tibere, les avoient annulés d’abord, et fait revivre ensuite, afin qu’on leur en eût une obligation particulière. Il assura le bonheur des peuples par des édits pleins de sagesse. «Personne, disoit-il, ne doit se retirer «triste de mon audience.- — J’ai perdu un jour, mes amis», dit-il encore le soir d’une journée dans laquelle il n’avoit accordé aucun bienfait3. Un incendie affreux ayant ravagé Rome pendant
(i) Suet., Domit., II. (a) Id. , Tit., IX. (3) Ibid., VIII.
Chap. iii.
Famille
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Famille île Vespasien.
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trois jours, consumé le Capitole, un grand nombre d’édifices publics et particuliers, il dit en public que ce désastre ne devoit peser cpie sur lui seul; et il employa pour le réparer les ornements de ses palais. Cet incendie éclata pendant qu’il s’étoit transporté dans la Campanie pour donner des secours aux malheureux habitants d’Herculamim , de Pompéi, villes que l’éruption du Vésuve engloutit en novembre de l’an 79. Pompéi avoit déjà été renversée par la même cause en 63, et elle sortoit a peine de ses ruines. Pline le naturaliste trouva la mort dans ce terrible phénomène, en voulant l’observer et porter des secours aux victimes de l’éruption. Titus consacra des sommes immenses à réparer ces malheurs, y employa les biens des victimes mortes sans laisser d’héritiers1, et refusa les dons que lui oll'roient a cette occasion des villes et des rois alliés.
La justice ne souffrit point de la bonté de Titus dans tout ce qui ne lui étoit pas personnel. Il ht poursuivre et punir rigoureusement cette armée de délateurs qui depuis I ibere avoient fait périr un grand nombre des plus illustres personnages.
Agricola, ce Romain devenu éternellement célébré, plus encore par le bonheur d’avoir eu pour historien son gendre Tacite , que par ses vertus et ses exploits dans la Grande-Bretagne, pénétra, l’an 83a (79 de l’ere vulgaire), jusqu’en Ecosse. Titus prit ;i cette occasion le titre à' imperator pour la quinzième fois.
L’année suivante, il ht l’inauguration de l’amphithéâtre appelé aujourd’hui le Colisée, qui avoit été commencé par son percé Les savants Barthélémy et Jacquier3 ont calculé que cet édifice avoit dû coûter plus de dix-sept millions, sans compter les dépenses des fêtes de l’inauguration. On s’en formera une idée
(l) Biens que les lois appliquoient au (2) Xipliil., lib. I,X\ 1, cap. xxv.
fisc. C B.L., tom. XXYI1I, pag. 585.
par le détail de ces fêtes, dont le récit fera connoître un luxe heureusement inconnu aujourd’hui. O11 y vit combattre des grues, périr quatre éléphants, neuf mille taureaux et bêtes sauvages, qui furent tués même par des femmes. Un grand nombre de gladiateurs combattirent entre eux ; un grand nombre aussi représentèrent des combats sur terre et sur mer. L’amphithéâtre ayant été rempli d’eau subitement, des hommes, montés sur des navires, réprésenterent, sous les noms de Corcyréens et de Corinthiens, un combat naval. On célébra aussi des jeux hors de la ville, dans le bois des Césars Caïus et Lucius (fils d’Agrippa et petit-fils d’Auguste); des combats de gladiateurs le premier jour, et des massacres de bêtes sauvages ; le second, les courses du cirque ; un combat de trois mille hommes le jour suivant; enfin un combat sur terre entre les Athéniens et les Syracusains ', où ceux-ci furent vaincus. Ces fêtes et ces spectacles gratuits amusèrent et occupèrent le peuple romain pendant cent jours, presque le tiers de l’année. Les spectateurs ne purent sans cloute exercer aucun travail ; aussi fallut-il que l’empereur pourvût à leur subsistance, indépendamment du blé que le trésor public leur fournissoit-gratuitement ou à très bas prix. Titus, placé dans un endroit élevé, jetoit sur les gradins du théâtre de petites boules de bois renfermant un billet sur lequel étoit écrit le nom d’un comestible, d’un vêtement, d’un vase d’or ou d’argent, un nombre de chevaux, de bêtes de somme, de tètes de bétail, et d’esclaves même. Ceux qui avoient saisi ces petites boules les portoient aux intendants du prince, et recevoient les objets qui étoient inscrits. Combien étoit déchu ce peuple vainqueur de l’univers, qui bornoit ses désirs k recevoir les distributions de blé, et à voir les jeux du cirque J !
(1) Surnoms des combattants. (2) Juven., sat. X, 80.
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Le dernier jour des fêtes, Titus répandit des larmes abondantes en présence du peuple; mais les historiens ne nous en rapportent point la cause. Suétone ajoute seulement à ce récit qu’il se retira dans le pays des Sabins , assez affligé, à cause de deux évènements très naturels que l’on mettoit au nombre des prodiges'. Ce prince ne s’étoit point jusque-là montré superstitieux. Ces larmes, cet affaiblissement d’esprit, furent-ils les premiers symptômes de la maladie qui le conduisit au tombeau? du moins fut-il saisi par la fievre à la sortie de Rome. Il voulut alors être transporté dans la maison de campagne où son pere avoit reçu et perdu la vie. Ouvrant les rideaux de sa litiere, il regarda le ciel, se plaignit de mourir, si peu avancé en âge, sans l’avoir mérité, n’ayant à se reprocher qu’une seide chose. Les historiens ont cru découvrir cette faute. Ils se sont accordés à dire qu’il se reprochoit d’avoir, en laissant le jour à Domitien, dont il connoissoit les inclinations criminelles, dont il avoit découvert plusieurs conspirations, livré le peuple romain a sa tvrannie, et sa propre vie aux attentats de ce Irere dénaturé. Je croirois plutôt que le souvenir de la mort illégale, quoique méritée, de Cœcina (rapportée plus haut) tourmentoit ses derniers instants.
Titus mourut au mois de septembre de l’an 81 (834 de Rome) , âgé de quarante-un ans, après deux ans et vingt jours de régné. Philostrate dit que Domitien l’avoit empoisonné avec le lievre marin, poisson très venimeux, dont Néron se servoit pour faire périr les objets de sa haine2. Xiphilin et Zonare attribuent sa mort à un bain d’eau glacée dans lequel Domitien le fit placer, sous prétexte de le rafraîchir, mais, disoit-on, pour hâter la fin de ses jours. Victor réunit le bain et le poison, et charge la (i) Suet.,X, 1 1; Xipli. , LXVI, 26. (2) Jpol. Tjan., VI , C-
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mémoire de Domitien. Plutarque' au contraire avoit appris des médecins de Titus qu’il falloit attribuer sa mort au bain ; il s’y étoit tellement accoutumé , qu’il ne pouvoit manger qu’après l’avoir pris, et, à cause de cela, il le prenoit de grand matin. Cet écrivain ajoute qu’un de ses courtisans s’étant baigné une fois comme lui au commencement du jour, fut frappé d’une apoplexie mortelle. Au reste le caractère vicieux de Domitien, et sa conduite à cette époque, ont pu faire naître les plus noirs soupçons. Il abandonna son frere qui respiroit encore, commanda à tout le inonde de s’éloigner de lui, comme s’il eût été mort , et se rendit à Rome en grande hâte , pour se faire déclarer empereur. Le sénat, ayant appris la funeste nouvelle, se rendit à la curie avant d’être convoqué par un édit, se fit ouvrir les portes d’autorité, rendit au prince défunt des actions de grâce, et lui prodigua des louanges si grandes, que jamais empereur présent n’en avoit reçu de pareilles, dit Suétone.
Voici le portrait que cet écrivain a tracé de Titus, et que l’on retrouve dans ses monuments, dont le nombre est considérable, quoique son régné ait été de courte durée3: «Son visage étoit «beau, majestueux, et gracieux tout ensemble; sa taille étoit «peu élevée, et son ventre un peu trop gros.» Tacite3 parle aussi de la beauté et de la majesté de ses traits.
On voit ici , sous le n° x , planche XXXIII , la statue en marbre de Titus, qui est d’une conservation parfaite. Elle étoit placée jadis dans les jardins de Versailles; elle fait partie du Musée Royal, avec le n° i\. Le profil et la face de cette statue sont gravées dans la planche XXXIV sous les n° i et 2. L’empereur est représenté en costume militaire, étendant la main et le bras droit; attitude d’un général qui harangue les soldats (c’est une (1) De sanit., 214. (2) Tit., III. (3) IJist.7 II, 1.
Ch ap. I!I.
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allocution). La cuirasse et les jambarts ( ocrece ), espece de bottines sans pieds, qui étoient ouvertes par-derriere, sont travaillés avec beaucoup d’art, et présentent des détails précieux.
C’est aussi dans le Musée Royal qu’est conservé, avec le 11" 34 , le buste de bronze de Titus, dont on voit ici la face et le profil sous les n° 1 et 3 de la planche XNX1II. Il a été apporté du château de Richelieu.
Pour prouver la vérité de ces portraits, 011 a placé ici, sous le n" 4, pl. XXXIII, une belle médaille de grand bronze. On y voit la tète de Titus, couronnée de laurier, avec la légende IM1 ' erator Titus CAESnr SMSYasianus AVG ustus Y ont if ex Maxmius TWibiinitia Yotestate Yater Yatrice COS. (consul.) VIII. Revers: l’Espérance tenant une fleur d’une main, et de l’autre relevant par-derriere sa longue tunique. Le huitième consulat de Titus répond à l’année 80 de l’ere vulgaire, 833e de Rome, a'1' de son régné.
Julie, fille de Titus et de Marcia Furnilla , naquit le jour de la prise de Jérusalem, le 8 septembre'; mais on ne sait en quelle année. Eckhel a remarqué avec sagacité qu’aucun ancien auteur, qu’aucun monument bien conservé ne lui donne, comme font les écrivains modernes , le surnom de Sabina. Après beaucoup de recherches, il a découvert l’auteur de cette addition, Goltzius, qui a publié seul trois médailles de Julia Sabina , inconnues avant et depuis lui.
Titus voulut donner à Julie pour époux Domitien , son oncle ; celui-ci le refusa, ne voulant pas répudier Domitia, à laquelle il paroissoit alors fort attaché. Titus la maria à Sahinus, fils du frere de Vespasien; ce qui n’empêcha pas que Domitien n’entretint avec Julie un commerce scandaleux, du vivant même de
(1) Suet., Tit., V. (2) Doclr. Num., tom. VI, pag. 365.
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l’empereur sou pere'. Mais celui-ci étant mort, Domitien devenu tout puissant fit mourir, sous un prétexte frivole, Sabinus, et vécut ouvertement avec sa niece. De sorte cpie Philostrate 2 dit qu’il l’avoit épousée, et que l’on avoit célébré ces noces à Ephese par des fêtes publiques; mais Suétone, Xiphilin, et Zonare, ne parlent point de ce mariage. Pline le jeune3 appelle même Julie veuve au moment de sa mort. «Non «seulement, dit-il de Domitien, il déshonora sa niece par un «amour incestueux, mais encore il fut la cause de sa mort; car «cette veuve mourut dans un avortement.» Suétone ajoute que Domitien l’avoit forcée à prendre le breuvage fatal. On ignore l’année de sa mort.
Les médailles nous apprennent que Titus avoit donné à Julie le titre d’Auguste, et que Domitien l’avoit déifiée.
Les portraits de Julie, gravés sur les médailles, font voir qu’elle étoit fort belle, et qu’elle ressembloit à son pere. On observe qu’elle y est coiffée de deux maniérés différentes, quoique les antiquaires aient écrit que les impératrices et les princesses des familles impériales portoient chacune la même coiffure sur toutes leurs médailles ; ce qui les leur a fait reconnoître, sans autre fondement , dans plusieurs bustes et statues. La première espece de coiffures, celle des deux Agrippine, consiste dans les cheveux rassemblés en un seul nœud qui flotte sur la nuque. On voit ici la seconde sur la médaille de bronze du n° 4. Comme aux portraits des princesses de la famille de Trajan, les cheveux sont noués derrière la tête, qui est entourée delà légende IYLIA lMVeratoris Titi ANGusti Y ilia AYGYSTA. Revers: S. C. dans le champ; à l’exergue VESTA : cette déesse est assise tenant le palladium et une haste.
(1) Suet., Vomit., XXII. (2) J pal. Tyan.,VU. (3) Epist. IV, i t.
3ia ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL
Cette médaille autorise à reconnoître Julie dans le beau buste de la villa Ludovisi, qui appartient au prince de Piombino. On en voit ici la face et le profil sous les n° i et 2. C’est encore Julie que représente la belle pierre gravée en creux du cabinet du R.oi , n° 3 , qui faisoit partie du trésor de l’abbaye de Saint-Denys. La matière et le travail sont également précieux ; c’est un béril.
ou aigue-marine
l’habile artiste a gravé son nom en grec, pour
faire connoitre sa patrie, ËY0A02 GIIOIËI , ouvrage d Evodus. Du temps de Montfaucon, les sentiments étoient partagés sur la princesse ici représentée’; est-ce Domitia, épouse de Domitien; ou Marciana, épouse de Trajan; ou Matidie, sa fille? Le savant bénédictin reconnoissoit, avec le plus grand nombre des antiquaires, la fille de Titus. Tout le monde est aujourd’hui de son avis.