‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 19 sur 94 · livre VUI. que l'autorité du sénat , ilont ils étoient · texte numérisé non relu

livre VUI. que l'autorité du sénat , ilont ils étoient

(2) On peut voir, dans la f-'ie de Caton membres ou près de le devenir. le jeune par Plutarque , quels étoient les

ïo4 ICONOGRAPITTE ROMAINE. Part. L

ciiAP. ir. vainqueur à Dyrracliium, ne salr pas profiter de sa victoire; il iionnnes (ictat pçj,j^g^ .'^ Qt^-gar, fiuï nianfiuoit pres(iue entièrement de subsis-

et tic (guerre sous * ' l 1 i. i

kgouv<iiunKnt tances de se sauver en Thessalie, où il le poursuit. Il se croit

répul)lic,iiii.

p, y certain de la victoire, et cédant aux conseils de cette foule de personnages qui fenvironnent et f|ui ne connoissent point la guerre, il commet deux fautes irréparables : l'une de présenter la bataille, qu'il pouvoit éviter, à une armée à la vérité moindre que la sienne, mais plus aguerrie, et réduite au désespoir; l'autre de n'avoir pris aucunes précautions dans le cas où il éprouveroit une défaite pour la réparer. Pompée est vaincu à Pharsale, son camp est pris , et son armée mise en déroute : écbappé presque sans suite, il passe avec précijntation à Lesbos, d'où il emmené sa femme et le plus jeune de ses enfants. Au lieu de gagner sa flotte, il va clierclier un asile en Egypte', et veut débarquer à Peluse, où se trouve le roi dont il a mis deux fois le père sur le trône. L'affreuse politique des conseillers de ce jeune prince lui persuade qu'il sauvera l'Egypte en éteignant le flambeau de la guerre dans le sang de cet hôte trojj grand et trop dangereux. Une nacelle se détaclie du rivage : on invite Pompée à y entrer; il quitte son vaisseau et sa famille, et n'est pas encore descendu à terre que les satellites dont il est entouré, parmi lesquels est un Romain qui avoit servi sous ses ordres, le percent de coups sous les yeux de sa femme et de son fils, qui les tenoient fixés sur lui. Ce orand liomme se couvre le visafife jîour dérober à ses perfides assassins le spectacle de ses derniers moments; il pousse un soupir, et il expire. Le jour de sa mort

(i) Nous avons vu que Pompée avoit que tous les rois qui étoient sous l'influence

pris le conseil de Théophane [Iconogra- de Rome ne se fussent conduits dans cette

pliie grecque, part. I, c. v, §. 3). Biais, circonstance île la même manieie que Pto-

suivant l'avis de Cicéron , il étoit à craindre lémée ( ad Attic, 1. XI , ep. vi ).

HOMMES D'ETAT ET DE GUERRE. io5

fut celui où il termluoit sa cinquante-huitième année , et le même chip. n. où, quatorze ans auparavant, il avoit triomphé de l'Asie'. etde™uerresous

La tête de Pompée fut séparée du tronc, et réservée pour en le gouvernement

L i- ^ '- républicain.

faire présent au vainqueur : un de ses affranchis emporta le p, y corps, le hrùla sur la plage, et couvrit ses cendres d'un peu de terre. Lorsque sa mort eut été vengée par César, la triste Cornélie transporta les restes de son époux en Italie, et les déposa à sa maison de plaisance d'Albe. On éleva en l'honneur de Pompée un cénotaphe à Peluse , à l'endroit où son affranchi lui avoit donné la sépulture. L'empereur Adrien, dans ses voyages, visita ce monument, le fit restaurer, et y fit inscrire, en grec, ce vers qu'on crut qu'il avoit composé lui-même :

A peine eut-il une urne ! il avoit des autels^.

On avoit érigé à Rome, et dans la plupart des villes de l'empire , des statues à Pompée à l'époque de sa fortune ; on lui avoit aussi élevé des temples. Mais la nouvelle de la bataille de Pharsale ne fut pas plutôt répandue, qu'on se hâta de faire disparoître ces monuments'. Le caractère noble et généreux du vainqueur étoit à la vérité loin d'approuver de pareils excès ; plusieurs statues de Pompée furent rétablies et replacées dans les endroits les plus fréquentés de Rome: «C'est, disoit Cicéron « dans cette circonstance, c'est s'ériger des monuments à soi- « même que de relever ceux de Pompée'^». Cependant, comme

(i) Ce fut vers l'équinoxe d'automne de §• n j Spartien, Tfadrianus, c. xiv.

l'an 706 de Rome, 4^ ans avant l'ère vul- (3) Suétone, Cœsar, c. lxxv; Plutarque,

gaire (Lutain , Pharsal., 1. Vlil, v. 467). fie de César, §. 5y.

(2) Ta txa'i; /i^t'éotTi -rixrti tr?rcivi; sVast» (4) Suétonc et Plutarque, loc. Citât. \ et

rufiSiv. ce dernier dans les ^-Ipophtliegmcs , t. II,

Penc caret tttmiilo, cuijani toi tcmplitfuerunt! p. oQJ ; Dion 1. XLIll , J. \q. Appien, Civil. , 1. II , §. 86; Dion , 1. LXIX,

io6 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

Chvp II. les fils de ce orî^nd homme ne purent faire revivre qu'un moloinmcs .1 , tat j^çj^j^ ],, o[oirc ct là puissancc de sa famille, on se lassa bien-

ct (le guerre sous o r '

le gouvernement {^(^^ jg renouvelcr SCS imaffes , et, à quehiues exceptions près,

républicain. D ' ' 1 1 1 1 7

p, y elles n'existent plus que sur des monnoies que ses fils firent frapper lorsqu'ils faisoient la guerre en f.spajj^ne et en Sicile, ou sur les médailles qu'on fabriqua dans l'une des villes de TAsie mineure, qui portoient le nom de Pompée.

N" 4. o,et, II. J'ai fait graver sur la planche V les dessins de onze médailles qui jirésentent toutes la tète de Pompée : elles sont de fabriques et même d'époques différentes. J'ai cru que la comparaison de ces divers monuments pourroit donner une idée plus complète de sa physionomie que l'inspection d'un seul portrait. Je pense que les médailles gravées sous les n" 4, 6, et 11, sont celles qui rendent le mieux les traits de cet homme extraordinaire. La médaille 11° 4 est de bronze et du genre des as : elle présente d'un côté la tète de Janus, de l'autre une proue de navire, types ordinaires des as, et a été frappée par l'autorité de Sextus, fils de Pompée, ainsi qu'il est prouvé par la légende, MAGNi/j Vïus ïMPeratof\, «Magnus le Pieux, imperator (ou général en chef) 53. On sait que Sextus Pompeïus s'étant mis à la tête d'un parti puissant, s'annonça comme le vengeur de son père, et que cet acte de piété filiale le fit surnommer le Pieux. La tête de Janus est ici sans barbe, contre fusage le plus généralement suivi, et présente les deux profils d'un portrait largement dessiné'. Nous pourrions conjecturer qu'on a donné ce caractère au portrait de Pompée , même sans le comparer à d'autres médailles qui en fournissent la preuve. Telles sont celles dont on voit le dessin

(1) Morelluis, Thes.Jamil.^'PoMPmA, ment frappée en Sicile, ainsi que celles

pi, I, n° 5, Cette médaille a été probable- qu'on voit sous les n°6, 8, ii, et 12.

sous les n" 6 et 1 1 : la première présente la tête de Pompée en ch.p. u. profil ; le litiius, ou bâton augurai , et le petit vase qu'on voit ^"7gTrresoul dans le champ de la médaille , sont les symboles de la dignité le gouvernement

i / 1/ <■ ' républicain.

sacerdotale d'augure dont il étoit revêtu'. Neptune, ou plutôt pj y Pompée sous la figure de ce dieu , est le type du revers. Pour qu'on n'en doute pas, il est représenté sans barbe; Yaplustrum, ou fleuron de vaisseau, qu'il tient dans sa main droite, et la proue sur laquelle il pose le pied, annoncent l'arbitre souverain des mers, et font allusion à la victoire de Pompée sur les pirates, et à la puissance maritime de Sextus son fils. Les deux groupes au milieu desquels la figure de Neptune est placée représentent les frères pieux de Catane, qui emportent leurs parents sur leurs épaules pour les soustraire à l'éruption de l'Etua, et à l'incendie de leur patrie ^ Ce type avoit été adopté par Sextus , fils de Pompée, pour faire une sorte d'opposition à celui qu'on voyoit empreint sur les monnoies de César et d'Octave ses ennemis, et qui représentoit Enée emportant son père, son fils, et ses dieux domestiques, jiour les soustraire à l'incendie d'Ilion. Les légendes se rapportent uniquement à Sextus Pompeïus, dont elles offient le nom et les titres, MAGNw^ Vins YSlVerator Yïerum PRAEFecf«^ ORAE MkKYÏimœ ET CLASj/j EX Sejiatus Consulto , « Magnus le Pieux, empereur pour la seconde fois, t< commandant les côtes de la mer, et la flotte , par décret du « sénat n. Nous verrons à l'article suivant à quelle époque ces titres pouvoient convenir au plus jeune des fils de Pompée. La tête du rival de César est entourée des attributs do Neptune sur la médaille n° 11; cl la légende, NEPTVNI, « de Neptune », confirme ce que le trident et le daupliin donnent à entendre.

(i) Cicéron , Philippica XIII , §. 5.

(2) Morelllus, Thés. J'amil., Pompeïa, pi. 11, n" i.

io8 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Pakt. 1.

CiiAr. 11. Le vaisseau voj^uaul à pleines voiles indique rarmée navale qnt Hommes dctat £^| j , f ' , 3 ^ Pompeïus; et la ItWnde, Q • NASI-

«•t de guerre sous ^ ^ -^^ ^ -, ^ 7-^

ieg<n.v,,ncment f)JYS Qiiiutus N cisidius , préscnte le nom d'un amiral qui ser-

icj)ul>lic;un. '^

PI y voit sous lui, et ((ui Tabandonna clans ses revers'. La tête du

grand Ponq)ée est gravée aussi sur la médaille n" 8, où elle est

N" 8. en regard avec la tête de Cnéiis Poni|)eïus son fils aîné. Le li-

tuus augurai est placé ici comme son attribut, ainsi que nous

l'avons déjà vu sur la médaille n° 6^.

Les antiquaires disent bien pourquoi on a donné à Pompée sur ces médailles les attributs de Neptune; c'est, suivant eux, et avec raison, parceque Sextus Pompeïus , fier de ses succès maritimes, affectoit de se faire passer pour le fils du dieu de la mer^ : mais ils ne disent pas que Sextus, dans l'excès de sa vanité, ne renioit cependant point son père. Les types des monnoies que nous examinons nous révèlent ses véritables intentions : il vouloit faire croire que son père avoit été non un simple mortel, mais le dieu Neptune lui-même, le frère de Jupiter , qui s'étoit plu à se transformer eu homme , et à prendre le corps et les formes sous lesquels le monde trompé avoit connu le grand Pompée. Cette idée bizarre n'étoit contraire ni aux opinions de la théologie païenne, ni à celles des poètes de ce temps. Horace, dans une de ses odes, expose d'une manière assez diffuse l'idée qu'il semble partager, que le jeune Octave

(i) Appien, Cû'/7. , 1. V, §. 189; Morel- (3) Neptunius dux , « l'amiral fils de

lius, Tlies. faniil., Nasidia, n" i. L'astre « Neptune ». Il est appelé ainsi par Ho-

qu'on ^oit dans le type peut faire allusion race [Epod. , od. ix , v. 7) dans un sens de

à la protection des dieux, et à cette nuit dérision: mais lui-même se vantoit de cette

fatale où les tempêtes détruisirent la plus origine; et, ce qui pis est, pour mieux l'ac-

grande partie de la flotte d'Octave (Appien, créditer, il offroit au dieu de la mer des

Civil., 1. V, §. 90). victimes humaines qu'il précipitoit dans les

(2) Nous reviendrons sur cette médaille flots (Dion, 1. XLVIII, §. 19 et 48; et Ap-

au paragraphe suivant. pien, CiViV., 1. V, ^. 100).

HOMMES D'ETAT ET DE GUERPvE. log

est non pas un lionime, mais le dieu fils de Màia, Mercure, chap. ii. aui , pour venirer César, s'est revêtu d'un corps mortel, et cache Sommes déiat

l'I ~ ' 1 ' et de guerre sous

sa divinité sous les dehors du triumvir'. le gouvernement

républicain.

Comme les légendes de toutes ces médailles se rapportent ^^ ^, exclusivement à Sextus Pompeïus, on pourroit j)eut-étre soupçonner que la tête qu'on y voit empreinte lui appartient aussi. Ce soupçon peu fondé seroit hientôt détruit par la seule ré- n» 3 et s. flexion que ces portraits ne peuvent absolument être regardés comme ceux d'un homme qui n'avoit pas encore atteint sa quarantième année; mais voici une preuve plus directe qu'ils représentent son père. Ce général, vainqueur des pirates, transporta dans quelques villes presque désertes de l'Asie ceux d'entre eux qui, ayant déposé les armes, eurent recours à sa clémence: la ville de Soles en Cilicie, fut repeuplée par eux, et prit, dès cette époque, le nom de Pompeïopolis (ville de Pompée). Plus de deux siècles après, lorsque la mémoire de Pompée et les honneurs qu'on lui rendoit ne pouvoient plus exciter la jalousie des Césars qui occupoient le trône, les Pompeïopolites firent graver sur leurs monnoies la tête de leur second fondateur. Les n° 3 et 5 de cette planche présentent deux médailles de bronze de Pompeïopolis : on voit sur la première la tête en profil du grand Pompée, avec la légende grecque, TN • nOMIlHIOC, Cnéus Pompeïus. Le revers, qui a pour type la ville personnifiée assise sur un siège, et ayant à ses pieds la demi-figure d'un fleuve, offre la légende, nOMHHlonOAGlTflN 0KC, « (monnoie) des Pom- « peïopolites. Fan 229^". Celte année, comme nous l'avons vu

(i) Liv. I, od. II, V. 4i et suivants. quelle on a fait le dessin qui est gravé ici.

(2) Cette médaille existoit autrefois dans Le cabinet impérial possède une médaille

le cabinet de feu J. H. Visconti mon père. à peu près semblable, mais sur laquelle le-

J'en conserve une cn)prcinte d'après la- poque est presque effacée (Mionnct, i>ej-

IIO

ICONOGRAPIIIE ROMAINE. Part. T.

chvp. II. dans V Iconographie grecque j coïncide avec l'an i63 de l'ère Hommes dvtiit Yi,]<rairc, SOUS remi)irc de INIarc-Aurele'. La médaille n" 5 pré-

et de guerre sons D ' l 1

le gouvernement sciitc la niéme tétc sans aucune léircnde : le type du revers est

républicain. ^ "^

pj ^. Minerve assise; et la légende annonce que cette monuoie est frappée par les Pompeïopolites , nOMnHlOnOAITAN\ Les deux profils gravés sur ces médailles, quoique d'un style moins pur, ont une telle ressemblance avec ceux qu'on voit sur les médailles n° 4 ? ^>? et 1 1 , que nous ne pouvons plus douter que toutes ces têtes n'appartiennent au grand Pompée.

N" 7, 9, et i3. On en trouve d'autres encore sur des médailles d'argent frappées en Espagne par l'autorité de ses fils lorsqu'ils faisoient la guerre contre César. Elles sont à la vérité d'une fabrique nioins soignée et d'un travail plus grossier; les formes caractéristiques du portrait de Pompée y sont altérées; mais on y aperçoit toujours quelques traits qui le rendent reconnoissable. La médaille dont on a le dessin n° 7 offre, autour de la tête de Pompée, la légende de son fils, C^eiis MAGNwj YM9eratoris Yilius, «Cnéus « Magnus , fils de l'enq^ereur » , c'est-à-dire du grand Pompée , qui avoit été plusieurs fois proclamé imperator. Le type du revers est l'Espagne personnifiée, se tenant sur un monceau d'armes, et recevant le jeune Cnéus Pompeïus à son débarquement de l'Afrique \ La légende présente le nom de Marcus Minatius

cription de médailles antiques , toni. III, Cilicie, n° 354). Le fleuve représenté au pied (le Pompeïopolis doit être le Lamiis ou Latmus, qui couloit près de ses murs. Eckliel a été peu exact dans la description de cette médaille ( D. N. , t. III , p. (J8).

(i) Part.I,c. iv,§. 14.

(2) Description de médailles, etc., loc. cit., n° 356 : les lettres ze ûG, qu'on voit gravées dans le champ, sont probablement

des abréviations de noms de magistrats.

(3J Cette médaille est tirée du cabinet de mon savant confrère M. Gosselin. La lettre F (Jilius) y est bien évidente; elle est une preuve certaine de l'opinion d'Eckliel , qui, le premier, a attribué à l'époque de la guerre des fils de Pompée contre César les médailles frappées par le proquesteur Minatius, et les a reconnues comme fabriquées en Espagne [D. i\'. , t. V, p. 282 ;

rc'publicaïu.

PJ. V.

HOMMES D'ETAT ET DE GUERPtE. m

Sa])lnus faisant les fonctions de questeur ou de trésorier de chap. u. l'armée, M • MINAT • SAB • PR • Q-, Marcus Minatius Sahi- "°"™" déut

' ^- et de guerre sous

nus proquœstor. La médaille n° 9 ressemble à celle du n° 7 par le gouvernement les t} pes des deux côtés : mais la légende du côté de la tète est différente. Ici Cnéus Pom])eïus ne s'intitule plus fils de l'empereur, mais il prend lui-même le titre diimperator, CN • MAG- NVS • IMP- , Cneus Ma^nus imperator. Il me semble probable que la cause de cette différence dans les légendes doit être attribuée aux premiers avantages remportés par Cnéus Pompeïus fils sur les lieutenants de César. Ces succès lui avoient mérité sans doute le titre (}i imperator, que l'armée déféroit par acclamation à son général en chef, après une victoire brillante, et qu'elle lui donnoit de nouveau dans des occasions semblables. La médaille n° i3 ne diffère que très peu des deux dernières; elle a été frappée sous l'autorité du même proquesteur Minatius, et les légendes sont les mêmes que celles qu'on vient de lire au n" 9 : mais la tête du grand Pompée a un peu de barbe; et le type, outre la figure de son fils et celle d'une région personnifiée, en présente une troisième qui est sans doute allégorique, ainsi que la seconde, puisque une couronne crénelée orne également sa tête. Cette figure semble appeler le jeune Pompée, à qui la première présente une guirlande '. Je pense que la femme debout, qui l'appelle, est l'Italie, et que la figure assise est l'Espagne. Quant à

Morellius, Thés, famil., Pompeïa, pi. i, lettre à la place de l'F, la légende seroit

n° 4)- Mais, dans le dessin de Morellius, relative à la tête du grand Pompée, qu'on

la lettre F a été changée en P. La médaille y voit empreinte: on y liroit, CNew^ IMAG-

n'étoit probablement pas assez bien con- NVS i^Werntoris Pater. servée pour que le dessinateur ne pût se (i) Morellius (27ies. famil. , Mi\atia,

méprendre en copiant la légende; toute- n°3) donne le dessin d'une médaille sem-

fois, s'il étoit bien constaté que sur des mé- blable ; mais la tête de Pompée v est repré-

dailles semblables ou trouvât cette dernière sentée sans barbe.

JegouvcriH lépuhlicain.

PI. V

N" lo et 12.

TCOXOnnAPITTE PtOMAINE. Paut. I.

Cap. II. la ])ar])c qui couvre le ba.s du visage de Pompée, il me scmLle Hommes dviat q,^\>ll(. ^.^l j,.j ,,,, sl<>uc dc trlstesse et de deuil. Ses fils ont voulu ment douDcr cctte expression au portrait de leur père, comme une marque du regret que ce gi'and homme avoit dû éprouver, ainsi qu'eux, eu prenant les armes contre ses concitoyens dans une ojuerrc civile, ou peut-être aussi comme un témoignage de son courroux dc n'être point vengé. Nous voyons le même portrait avec un peu de barbe, sans doute par des motifs semblables, sur une médaille d'or frappée postérieurement par Sextus son fds, et gravée sous le n" 12'. Enfin la médaille n° 10 présente la tête de Pompée grossièrement ti-acée, et semblable à celle du n° i3, à la barbe près. Mais cette médaille a été frappée par le plus jeune des deux frères, lorsqu'il ralluma la guerre civile en Espagne. On y lit son nom, SEX • MAG • PIVS • IMP • SAL-, Sextus Masquas Puis iinperator : Salduha : ce dernier mot désigne la ville d'Espagne où cette mounoie a été frappée \ Le

(i) On parlera, dans l'article suivant, de cette médaille, ainsi que de celle qui est gravée au n° 8.

(2) Morellius, Thes.famil., Pompeia, pi. II, n"6. Cette interprétation ingénieuse et vraie de l'abréviation SAL. est due au P. Jobert, dans sa Science des médailles, t. IL p. i65. Le baron de Bimard l'a critiquée mal à propos ( Ibid., p. 166 ) ; et je ne sais comment Eckhel a adopté cette critique. On a donné deux raisons pour exclure le nom de Salduha de cette interprétation. La première, que les villes d'Espagne n'ont point frajipé de monnoies d'argent; la seconde, que Salduba, ville de la Tarragonoise, qui cliangea son nom en celui de Cœsaraiigiista , n'obéissoit point à Sextus. Mais la première raison est nulle : ce

n'est pas la ville de Salduba qui a fait frapper ces médailles; mais le général romain a fait fabriquer à Salduba des denarii pour le besoin de son armée. Eckbel a reconnu les médailles qui portent le nom du proquesteur Minatius comme fabriquées en Espagne pour l'armée des fils de Pompée. Le même savant a paru ignoier qu'il y avoit en Espagne deux villes du nom de Salduba; une dans la Tarragonoise , et l'autre dans la Bétique. Cette dernière, située près de Munda , étoit au pouvoir des fils de Pompée avant la bataille où ils furent vaincus par César; elle étoit aussi au pouvoir de Sextus, lorsque celui-ci eut repris les armes en Espagne , et battu Asinius Pollion près de la nouvelle Carthage. Voyez Dion, 1. XLV, J. 10. Au reste ou devoit

Hommes d'état erre sous

* HOMMES D'ETAT ET DE GUERRE. ii3

revers représente la Piété, PIETAS, divinité dont il se faisoit cmp. ii

ï . Ti X 11 ' Homm

gloire d empruutrer son surnom. La ressemblance quonrecon- ^^^^^^ uoit entre ce i:)rofil et ceux qui sont empreints sur les médailles lesouyemement

1 1 JL républicain.

frappées sous le nom du frère aîné prouve, jusqu'à l'évidence, p, y. que le portrait, dans l'une comme dans les autres, est toujours celui de leur père , et que la différence qu'on y remarque en les comparant avec les têtes de Pompée, gravées sur des médailles d'une meilleure fabrique, ne doit être imputée qu'au plus ou moins d'habileté de l'artiste.

Eclairés par un si grand nombre de monuments numisma- n» i et s. tiques, les antiquaires du XVF siècle ont pu, sans craindre de se tromper, reconnoître Pompée dans une statue colossale dont le buste est gravé sur la planche A'', et qu'on découvrit à cette époque parmi les ruines des édifices qui environnoient son théâtre'. Ce conquérant est représenté nu, suivant l'usage des artistes grecs, que, de son temps, on imitoit déjà chez les Romains"*;

reconnoître que cette médaille a été frappée en Espagne, et à l'exécution grossière des types , et à l'absence des titres dont Sextus étoit déjà décoré lorsqu'il s'empara de la Sicile.

(i) Cette statue, de marbre de Paros, haute de plus de neuf pieds, fut découverte, entre i55o et i555 , sous le pontificat du pape Jules III , qui l'acheta et en lit don au cardinal Capodiferro; celui-ci la plaça dans son palais situé près du pont de Sixte , et qui est devenu ensuite le palais Spada. Flaminius Vacca, statuaire romain, fut témoin de cette découvcite dont il a rendu un compte détaillé au u" Tjj de ses Mcmoires , recueil plein de naïveté et d'inlérêt, qu'on a réimj)rinié plusieurs f jïs , et que M. Fea a inséré dans sa lUàccllunca

antiquaria , 1. 1 , p. 77 : la statue a été gravée dans la llaccoUa di Statue de P. A. Maffei, pi. cxxvii.

(2) On a mal interprété le passage de Pline (1. XXXIV, §. 10), en fciisant dire à cet auteur que les seules statues en toge ou en cuirasse étoient en usage chez les Romains : il assure à la vérité que l'usage des statues nues avoit été eni[)runté des Grecs, et que celui des statues en cuirasse étoit plus particulier aux Ilomainsj mais il reconiioît que les figures nues, appuyées sur une liaste, étoient iisitées depuis longtemps à Roiiu», aussi bien que les statues eu toge. Voici ses paroles : Toi^utœ c/jii^ics antir/ititiis ita dicahaittur : plncuerc et nud " titietitcs hastuin... quus ylchillcas J'OtYj/.'t.lin elTel, Cicéion (I. II, /// f'cncni.

ii4 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. -I.

c.up. n. mais la clilamyde qui enveloppe une partie de son bras gauche, etcwrenesoul ^'*'P^'*^ suspendue à une courroie qui descend sur la poitrine, doni.gouv<n.t,uc.it nenl au ncrsonnaffe un caractère militaire; elle globe qu'il tient

rcpuhlicain. 1 o ' o l

pj V. dans sa main gauclie, et sur lequel une petite figure de la Victoire, dont il reste encore des vestiges, devoit être posée, désigne un conquérant dont les exploits et la gloire avoient rempli le monde'. La tête de Méduse sculptée sur l'agrafe de la chlamyde est le symbole de la terreur que répandoient ses armes. Sa main droite, qui maintenant est restaurée, devoit probablement s'appuyer sur une haste. La tête a un air tranquille et plein de dignité et de grâce, qualité que les anciens ont remar-

§. 63 ) parle d'une statue nue du fils de Verres ; et il n'en relève pas la nudité comme une inconvenance, mais seulement pour en faire une opposition à la province nudata ( dépouillée) par le père de ce jeune Romain. Du temps de Pompée, il y avoit déjà plus d'un siècle que le luxe et les usages des Grecs, par suite des conquêtes de Marcellus , de Fiamininus , et de Scipion l'Asiatique, s'étoient introduits dans Rome. La belle figure nue représentant un personnage romain connu depuis long-temps en France sous la dénomination erronée de Germanicus, a été probablement exécutée à une époque plus ancienne que celle de Pompée , si les conjectures que j'ai proposées autrefois sur le statuaire Cléoraene qui en est l'auteur, ont pu obtenir le suffrage des antiquaires { Décade philosophique , an X, IV* trimestre, p. 345 et Sgg). Quant à Pompée lui-même , nous le voyons représenté nu, en Neptune, sur le revers de la médaille n° 6 ; et un de ses contemporains , AUienus, proconsul de la Sicile, est également représenté nu sur une médaille qui a été frappée probablement par ordre de son

fils, et sur laquelle celui-ci a fait graver ta statue qu'on avoit élevée en l'honneur de son père (Morellius , Thés, famil. , Allient , n" I ).

(i) Souvent dans l'antiquité le globe n'est que la base qu'on donne aux figures de la Victoire et de la Fortune, peut-être comme un emblème de leur instabilité (voy. Buonarroti, Osservazioni sopra i Medaglioni ., etc., p. 6Q): mais, placé sous la figure de la Victoire qui est dans les mains d'une statue de Pompée, il fait plus probablement allusion aux exploits par lesquels ce grand homme s'étoit signalé dans presque tout le monde alors connu :

Terrarum hic bello magnum concusseratorbemy

disoit de lui un poète contemporain ( Catalecta f^irgiliana, n° 6). Il est certain qu'on ne doit point regarder ce globe comme un symbole de l'empire romain, et en conclure que cette statue étoit celle d'un empereur. On voit , même sous les Césars , des Victoires posées sur des globes , faire l'ornement de la maison d'un particulier ( Apidée, Meîamorph. , liv. II, pag. 22),

HOMMES D'ETAT ET DE GUERRE. ii5

quée dans la physionomie de Pompée". On voit au-dessus du cuip. ii. front cette touffe de cheveux légèrement repliés eu arrière , et ^faTguerreslu» que les flatteurs de ce conquérant comparoient aux cheveux qui le gouvernement

1 1 A X rejjublicain.

couronnent le front d'Alexandre-le-Grand, héros auquel ils ta- p, y. choient de persuader que Pompée ressemhloit et par cette particularité de la chevelure et par la manière dont ses yeux étoient enchâssés sous ses sourcils\ La tête étoit ceinte autrefois de la couronne triomphale, ornement dont le sénat avoit permis à Pompée de se parer dans les spectacles et dans d'autres cérémonies puhliques^ : mais il ne reste de cette couronne qu'une partie des ruhans adhérents à la courroie et à la chlamyde, le

(i) Imago illius probi oris vene-

randique per cunctas gentes: « Les traits « de cette physionomie honnête et respec- (( tahle par tout le monde » , dit Phne en parlant du grand Pompée ( 1. XXXVII , §. ô); et ailleurs il attribue au même personnage os probiiin et honoreni eximicB frontis (1. VII, §. lo) : « un air de bonté, « et un front qui annonce un caractère Iio- « norable au plus haut degré ». Velleïus ( 1. II, c. xxix) s'exprime d'une manière semblable sur la figure de Pompée: il étoit, selon cet historien, /brm« excelleris , non ca qua Jlos cominendatur œtatis, sed ea dignitatc quœ, in illani conveniens, arnplitudineinfortunainque ejus ad ulliniiun vitœ coniitata est diem: « Il avoit une très « belle figure, non de cette beauté qui ne « pare que la jeunesse, mais d'une beauté K noble et durable qui convient à tout âge, « et qui fut toujours d'accord en lui avec (c l'éclat de sa condition et de sa fortune (c jusqu'au dernier jour de sa vie». Ce front noble et ouvert, cet air de dignité dont les anciens parlent avec éloge, nous les retrouvons dans l'excellent portrait de Pompée

qui se présente sous le n° i,

(ri) Il faut remarquer dans le passage de Plutarque, où le biographe décrit ces particularités de la chevelure et des yeux de Pompée, l'adverbe âVçe^B , légèrement , à peine ^ dont il se sert pour modifier l'indication de ce pli que ses cheveux prenoient au-dessus du front ( Fie de Pompée, §. a}. Nous le trouvons au contraire exagéré sur ses médailles à mesure qu'elles sont d'une fabrique plus grossière ( voyez les n" 9 et lo). La tète n" i nous offre cette particularité sans aucune exagération. La ressemblance de ses yeux avec ceux d'Alexandre consiste dans la manière dont ils sont placés; circonstance que Plutarque a bien désignée par le mot fvSfcog : cette ressemblance ne sera point équivoque pour tout lecteur qui voudra comparer la tête de Pompée, vue de face sous le n" i de cette planche , avec le portrait d'Alexandre-le- Grand, représenté sous lo même point de vue sur la pi. xxxix, n° 2 , de V Iconographie grecque.

(3) Velleïus Patercuhis, liv. II, c. \l ; Dion,liv.XXXVlI,§. 21.

ii6

ICONOGRAPIIIi: ROMAINE. Part. I.

PI. V

Chap. II. reste a dû être supprimé dans une ancienne restauration de la nom„,e, d'état gtat^g ^^ l'occasion des accidents et des dcplacemenls que ce

pt (le guerre sous ' '^ ^

legouvorne.uent monumcut cDrouva dans la suite, et dont l'iiistoire a conservé

républicain. ^

quelque souvenir.

Cette statue, consacrée par l'autorité publique en Thonneur de Pompée', étoit placée primitivement dans une salle tenant à un édifice'' élevé par lui près de son théâtre, et destinée aux séances du sénat. Renversée sans doute , après la bataille de Pliarsale, comme les autres statues de ce grand homme, elle dut être rétablie par ordre de César, qui ne prévoyoit pas alors qu'il l'arroseroit un jour de son sang, et que dans cette même salle , au milieu du sénat réuni jjar ses ordres, au pied de cette statue mêine, il périroit victime des trames parricides de Brutus et de ses complices^.

Ce lieu, qu'un tel attentat avoit fait devenir un objet d'horreur, fut fermé et condamné pour toujours'*: mais le vengeur de César ne voulut point étendre sa sévérité jusque sur les marbres insensibles , ni dérober à la mémoire d'un grand homme les honneurs qui lui étoient dus; la statue de Pompée fut placée par ses soins et exposée aux regards du public dans le voisinage du même théâtre, sous un arc ouvert des quatre côtés^. Il paroit

(i) Plutarque, F'ie de Bnitus, §. \\.

(2) Cet édifice, en forme de basilique, étoit entouré de portiques en colonnades ; de là le nom de ^-tçiV»»» que Dion lui donne (1. XLIV, $.16; voyez aussi la remarque de Reiske à la f^ie de Brutus par Plutarque, au tome V de son édition de Plutarque, pages 714 et 871 ) : c'est vraisemblablement le même que Suétone a nommé Jiegia , ainsi que nous le verrons ci-après.

(3) Suétone , /(i/iM5 Cœsar, c. lxxxviii; et Octayius C<xsar , c. xxsi; Plutarque,

César, §. 66:, Marcus Brutus, §. 17.

(4) Suétone, /. Cœsar, c. txxxviii. Appien ajoute (Civil., 1. II, ^. 14;) que le peuple y avoit mis le feu. La statue de Pompée dut en être endommagée; ce qui en rendit la restauration nécessaire, et dans cette restauration la couronne de laurier dut être supprimée , cet ornement étant devenu dans les temps postérieurs la décoration caractéristique des empereurs romains.

(5) Ce que nous apprend Suétone, Oc'

HOMMES D'ETAT ET DE GUEPvRE.

qu'on l'y voyoit encore du temps de Suétone: mais les monu- Chap. 11. ments de Pompée furent endommagés plusieurs fois par des "°™™"d'éfat

■■- 01 1 et de guerre sous

incendies, et ils eurent besoin de nouvelles réparations vers la le gouvernement

fin du V" siècle de Fere vulgaire'. La statue dont il s'agit avoit pj y probablement subi dans ces circonstances de nouveaux déplacements; mais il est néanmoins certain que lorsqu'elle fut retrouvée sous le pontificat de Jules III, elle étoit enterrée dans l'endroit occupé autrefois par les monuments de Pompée, et portoit des marques indubitables de quelques restaurations qu'on y avoit faites dans un temps où les arts avoient dégénéré de la perfection à laquelle ils étoient j^arvenus lorsqu'elle fut élevée \

tavius Ccesar, c. xxxi, par ces mots : Pompeii quoque statuant contra theatri cjus regiarn mannoreo jano siipposuit, translatam e curia in qua Cœsar fuerat occisus : car on tlonnoit le nom de Janiis à de semblables édifices. Quant au nouvel emplacement de la statue , qui a dû être près du théâtre de Pompée, les commentateurs et les antiquaires l'expliquent différemment. Plusieurs entendent par le mot regiarn la porte royale qui faisoit partie de la scène des anciens théâtres, et dont elle tenoit le milieu ; d'autres, parmi lesquels Forcellini (v. regia) l'entendent de la basilique, en latin regia, qui étoit adhérente au théâtre de Pompée, et dont on a parlé dans les remarques précédentes. Nous avons vu qu'il y avoit des portiques et une curia ou salle pour les assemblées du sénat; nous apprenons par Appien que les prétours tenoient quelquefois leur tribunal sous ces portiques ( Cis'il. ,\A\ , §. 1 1 5 ) , particularités et usages qui conviennent parfaitement aux édifices que les Romains dési-

gnoient sous le nom de hasilica , ou de regia. La statue de Ponqjée fut donc transportée au milieu d'une place sur laquelle étoit en perspective la basilique annexée au théâtre de Pompée. M. Fea prétend qu'on éleva l'arc à quatre ouvertures, sous lequel cette statue fut placée , au centre même de l'orchestre, ou dans le parterre du théâtre. Comment n'a-t-il pas senti l'inconvenance de cet arrangement qui auroit embarrassé le parterre où les personnes les plus distinguées avoient leurs places , et auroit intercepté la vue de la scène , des acteurs, et des mimes, à un très grand nombre de spectateurs i'

(i) Eusebe, Chronicon,i\ l'an de Jésus- Christ i.!\Q> : Thealrum Pontpcii incensuni et hecatonstylon. h'hecatonst) Ion , ouïe portique ti cent colonnes, étoit un des portiques élevés par Pompée auprès du son théâtre. Cassiodore (I. IV. ép. li) parle de la restauration de ces édifices par Théodoric.

(2) Ce monument fut découvert dans la

Ch\t. I[

Homiiics d'état et de guerre sous legoiivenicmeiit républicain.

PI. V

ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

t de la tète de la stahie vue de profil est dessiné sous le n" i\

ii8

Le n" I présente le dessin exac face, avec une partie du torse; le

nie de' Lfutar! (dos T>iiiliicr.s), fout près delà basilique de Saiiu-Latircnt, bàiie dans le courant du IV« siècle par le pape Damase , près du théâtre de Pompée : ad ihcainini Pompcii , dit Anastase bibliothécaire [f'ilœ loinanontni Poiitijlctmi , n° XXXIX, sect. liv). La tête de la statue, lorsque celle-ci fut découverte, n'en étoit point séparée; elle est aussi du même marbre, mais elle y avoit été rattachée dans une ancienne restauration qui n'est pas exécutée avec toute l'adresse qu'on y auroit mise dans les beaux siècles de l'art. M. Fea, à la page 6 d'un mémoire que nous examinerons ci-après, convient qu'il y a quelque vestige de retouches faites à la chevelure, sans doute pour faire disparoître la couronne qui la ceignoit.

(i) M. Fea a publié à Rome, en 1812 , unebrocluue intitulée, Osservazioni sulla Statua detta di Pompeo, dans laquelle il s'efforce de prouver que la statue dont il s'agit n'appartient pas à cet illustre Romain. Après avoir fait valoir, contre l'opinion reçue, les objections qu'il tire de la nudité de la figure, du globe, et des vestiges de la couronne , objections que j'ai réfutées d'avance dans le cours de cet article, il soutient que la tête n'a point été faite pour cette statue , quoiqu'il reconnoisse {page 11) que lors de la découverte de ce monument elle y étoit fixée par ime ancienne restauration. Il ajoute, que le corps de la figure annonce un personnage plus jeune que le caractère de la tète ne le suppose; et que le lieu oîi la statue a été découverte navoit aucun rapport avec les édifices construits par Pompée. Voici quel-

ques observations qui m'empêchent d'adopter l'opinion de M. l'ca. iJ'aboid il me paroît hors de doute que les ruines antiques partni lesquelles la statue a été découverle appartcnoient à quehju'un de ces édifices que, suivant Velleius Paterculus, Pompée avoit élevés autour de son théâtre {Pompeïus^ perfeclis muncrihus theatri et aliorani opcruni quœ ci circumdedit , etc., 1. II, c. xLviii). M. Fea lui-même ne peut ignorer qu'un autel antique, consacré au Génie du théâtre de Pompée, fut trouvé au temps de Flavio Biondo, au commencement du XV"' siècle , dans ces mêmes endroits (voyez Gruter, p. cxi, n°8;Bianchini, ad Anastasium, t. III, p. 34). En général les marbres et les statues colossales découverts aux environs de la basilique de Saint-Laurent ont été constamment reeardés comme des restes de ces édifices de Pompée, par la raison que cette basilique fut élevée auprès de son théâtre par le pape Damase, comme Anastase , déjà cité, le témoigne, et comme il est confirmé par un ancien itinéraire de Rome, rédigé dans le VIII* siècle, et publié par le même Biancliini dans son édition êi' Anastase ( Prolegom. , t. III , p. cxxvi ) : on y lit : Basilica S. Laurentii et theatrutn Pompeii.

Or, si le lieu où la statue fut découverte appartenoit aux édifices de Pompée, et si la tête de cette statue colossale est un véritable portrait de ce grand homme , il me semble démontré que cette statue est la même que celle dont les historiens ont fait mention ; car il ne seroit pas vraisemblable de supposer qu'on ait élevé des statues colossales à Pompée dans des temps posté-

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