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PI

111 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

CiM.. u. de se faire clicf (rime armée séparée, et de se distinguer par

Ildiiiiiies d'état ,...,,1 . „ t • ,• !• i

, , ( iichiie entreprise partieuliere .

et (le guerre sous 11 11

legouveruement [^f. jeunc Pomoée suivît ce conseil; mais il ne fut point heu-

republicain. J 1 '1

V. reux dans ses premières tentatives. Blessé de nouveau, il ne se rebuta point; s'étant emparé des lies Baléares, il passa en Espagne, où la mémoire de son perc lui concilia tant d'affection et de faveur qu'il mit dans ses intérêts toute la Bc'tique, prit plusieurs villes, ])attit quelques commandants du parti de César, et se rendit redoutable aux autres". Après que Scipion et Caton eurent été défaits en Afrique, et que tout ce qui restoit du parti des Pompéiens avec son frère Sextus se fut réuni sous ses étendards, César, qui avoit négligé jusqu'alors les mouvements de l'Espagne, frappé de l'étendue des ressources de ses ennemis, jui^ea nécessaire d'y passer lui-même. Ce fut pendant l'hiver de l'an de Rome 708, 46 ans avant l'ère vulgaire. La rapidité de ses opérations, la supériorité de sa tactique, déjouèrent facilement leurs projets et leurs efforts. Malgré ces avantages, peu s'en fallut qu'il ne perdit la bataille que Cnéus s'empressa de lui livrer près de Munda, et qui fut la plus périlleuse de toutes celles oii César se fût trouvé depuis qu'il coinmandoit les armées; sa vie même y fut en danger. La difficulté qu'il eut à vaincre fut, à la vérité, plutôt l'effet du désespoir des soldats qui combattoient pour les fils de Pompée que de l'habileté de leurs généraux. Plusieurs de ces ouerriers étoient des déserteurs du parti de César, ou des ingrats auxquels il avoit pardonné, et qui, en rejjrenant les armes contre lui, violoient à la fois leurs devoirs et leur parole. Cnéus fut défait; les blessures qu'il avoit

(i) L'auteur de Bello ^fricano , à la Appien, C^Viï. , l.II, c. xlvii etciii; Dion,

suite des commentaires de César, §. 22. 1. XLIII , §, 3o,

(2) L'auteur de Bello Hispaiiiensi, c. i ;

reçues rendirent sa fuite lente et embarrassée. Carteïa, où il se ch^p. ii. réfuiria, étant sur le point de le livrer, il tenta de se sauver par f!"™"" '''''"'

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mer: mais ses embarcations, dépourvues d'approvisionnements, if-gouy^nement

' ' ■•• '- ^ républicain.

le rejetèrent sur le rivage, où, poursuivi par des soldats de Ce- pj y sar, il fut saisi et massacré. Sa tête fut présentée au même vainqueur auquel on avoit porté celle de son père. La valeur et la constance de ce jeune liomme infortuné lui ont mérité des éloges , quoique sa conduite n'ait pu écbapper à de justes reproches d'imprudence. Si nous en croyons un de ses contemporains, son caractère orgueilleux le portoit aussi à la cruauté, mais la bonne foi de ce censeur n'est pas à l'abri du soupçon'.

Son frère Sextus, échappé au carnage de Munda, dans l'espoir de se mettre en sûreté, traversa l'Espagne, et se réfugia vers les Pyrénées, où il se mit à la tête de quelques bandes de vagabonds et de fugitifs. Cette association, trop indigne du fils du grand Pompée , eut une fâcheuse influence sur les mœurs et sur les manières de Sextus. «Nulle grâce, dit un auteur ance cien, nulle lionne foi dans ses discours ni dans ses actions, ce nulle déférence envers les honimes distingués; une sorte de ce mépris pour l'instruction, une facilité à se laisser guider par ce les conseils de ses plus vils affranchis et de ses esclaves. Malgré

(i) Cassius, le même qui conspira contre César, et qui avoit suivi le parti du grand Pompée, montre dans une de ses lettres à Cicéron {Ep. ad. famil., 1. XV, ep. xix) beaucoup de sollicitude sur l'issue de la guerre d'Espagne : la cause de ses craintes est le caractère vain et cruel du jeune Pompée : Scis Cnœun qunin sitj'atuiix, scis quornodo crudelitaletn l'irlulcm piilvt , etc. Un lecteur impartial , sans croire tout le mal qu'il dit de Cncus, trouvera que Cassius avoit bien raison de le craindre. Il

avoit commandé une des flottes du grand Pompée, et l'avoit livrée lâchement à César (Appicn , Cwil., 1. II, c. lxxxviii ). Cependant Cicéron n'hésila pas à s'exprimer en plein sénat d'une inanicre tout opposée, en parlant de (iiiéus, » qui, par ses « qualités, dit-il, ressend)loit éminemment « à son père )) : Interjcctus cstpatri similliiiiiis Jiliiis [P/iilippica V, §. 5). Il est clair que le sens de ce passage n'a point de rapport à une ressemblance de physionomie.

124 JCONOGKAPilli: ROMAINE. Part. I.

Cinr. n. « CCS défauls, une grande vivacité d'esprit, de la bravoure, de

IIdiuiius d'état ii- -. .. , a i vi '. •, ' •! .. '

<t,),g,K,r<so.,s " i iinpetuosite même lorsquil etoit en perd ou attaque; mais leyouycnHnunt „ ^.^jj aorùs Ic succès, ctoicut remplacées par une lâche insou-

rcpuhlicain. X -' 1 ' 11

PI. V, " ciance' w. Après que César eut ([uitté FEspagne, Sextus repassa dans la Bétique pour y ranimer son parti : il y eut bientôt rassemblé de nouvelles forces avec lesquelles il battit PoUion qui commandoit celles que le dictateur avoit laissées dans la province. Le seul noin de son père lui avoit déjà gngné tant de partisans, qu'à la mort du dictateur, lorsque la mémoire de Pompée fut devenue pour Sextus une recommandation puissante auprès du sénat, il obtint, en cédant l'Espagne, une autorité extraordinaire sur les flottes de l'état, et une somme immense en dédommagement de la perte de son patrimoine "". Mais le triumvirat d'Antoine, d'Octave, et de Lépide, qui se forma à la fin de l'an 43 avant l'ère vulgaire, changea les dispositions de la caj^itale envers le fils de Pompée. Il se vit, à son grand étonne-

(i) Velleius ( 1. Il , c. lxxiii ) , Hic adolescens erat studiis rudis, sennone barbaiiis, inipetu slrenuus, manu proniptus, coi^itatione celer, Jide patri dissimilliinus, libertorum suorum libertus, seivorumque ser^'us, speciosis invidens ut pareret humilliiuis. Les autres traits sont tirés d'Appieii {Civil., liv. V, §. 26, 91, et i43). M. Krause, dans son excellente édition de Yelleïus , publiée à Leipsick en 1800, a cru devoir opposer au témoignage de l'historien , sur l'esprit peu cultivé de Sextus , un témoignage tout-à-fait contraire de Valere Maxime ( 1. Il, c. vi , n° 8 ). Le critique n'a point fait attention que le Sextus Pompeïus dont parle Valere Maxime, et que lui-même avoit accompagné dans un voyage en Asie, n'est point le fds du grand Pompée. Il appartenoit à une autre branche de la jiiême

famille, qui a eu deux consuls du temps d'Auguste. On ne peut point admettre que Valere Maxime , qui a écrit après l'an 3 1 de l'ère vulgaire, ait été le compagnon de voyage de Sextus, qui est mort l'an 35 avant la même ère.

(a) Cette perte fut évaluée , suivant Appien [Civil., III, §. 4)» à cinquante millions de drachmes , ou denarii , somme bien plus probable que celle qu'on trouve exprimée par la phrase septies millies, dans la XIII* Philippique de Cicéron, §. 5 : mais il est à croire qu'une erreur de chiffre s'est glissée dans ce texte , et qu'on y doit lire bis millies (11 pour vu), c'est-à-dire deux mille fois cent raille sesterces , ou deux cents millions de sesterces, qui font cinquante millions de denarii, et à peu près autant de francs.

HOMMES D'ÉTAT ET DE GUERRE. ■ i25

ment, déchu de sa charge et compris dans la proscription. Il chap. n. avoit heureusement à sa disposition des forces navales: il s'en "°'"™« détat

A ' et de guerre SOUS

servit pour s'emparer de quelques ports de la Sicile. Bithyni- le gouvernement

républicain.

eus, qui la gouvernoit, consentit à lui céder le reste de cette p, y île, riche encore et populeuse, où Sextus ouvrit un asile à toutes les victimes de la proscription, et à tous les Romains persécutés ou mécontents. Ses forces devinrent considérables : deux affranchis de son père, Ménodore et Ménécrate, les commandoient. Leurs escadres remportèrent j^lusieurs victoires sur les amiraux des triumvirs.

La puissance maritime de Sextus fut sans égale depuis que sa flotte fut grossie de celle de Statius Murcus qui vint se joindre à lui après la mort de Cassius et de Brutus dont il avoit suivi le parti. Sextus s'en servit pour intercepter le commerce de l'Italie, pour affamer Rome. Le peuj^le, tourmenté par la disette, obligea Octave à traiter avec Sextus. Le fils de Pompée eut, près du promontoire de Misene, une entrevue avec ce triumvir qui avoit épousé sa belle-sœur, et avec Marc-Antoine dont la mère étoit tombée en son pouvoir, et avec lequel il s'étoit réconcilié en la lui renvoyant. Octave, en politique adroit, s'étoit ména^^é par une telle alliance un moyen de se rapprocher du fih de Pompée , si les circonstances l'exigcoient. Par le traité qu'ils conclurent, Sextus partagea jusqu'à un certain point la puissance des triumvirs: la Sicile, la Sardaigne, et la Corse, lui furent abandonnées; on lui promit le Péloj^onnese. Les proscrits et les mécontents qui s'étoient réfugiés en Sicile, les meurtriers de César seuls exceptés, eurent la faculté de rentrer dans leur pairie et même dans leurs biens. Ou cite à celte occasion un trait qui prouveroit la bonzie foi de Sextus. Il donnoit à bord de son vaisseau, qui étoit à l'ancre, un repas à ses tompé-

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