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126 ICONOGRVPITTE ROMAINi:. Part. I.
Ciur. II. titours, lorsque Menas ou Mc'nodore l'avertit de ne pas laisser Hommr."î dvtot écliapper cette occasion de se défaire d'eux sans dan^rer : «Tu
et (11' guerre sous ■•• A o
icgouverncmcut «dcvois tc cliar"cr de cela toi-même, répondit Sextus, sans
républiciin. '
« m'en informer ». Appien cependant nous apprend que ]Marc- Antoine et Octave, qui avoicnt prévu le danger, ne s'étoient point livrés sans précautions à la bonne foi de leur rival'.
L'ambition et la jalousie qui dévoroient ces cbefs de l'état ne leur permirent pas de rester long-temps en paix. Sextus n'infcstoit plus la mer par ses flottes; mais il encourageoit les pirates, et les protégeoit. D'un autre côté , on ne lui livroit point le Péloponnèse, et on lui enlevoit la Sardaigne. Alors la guerre se renouvela , et malgré la défection de Méuodore et la mort de Ménécrate, les flottes de Sextus eurent toujours la supériorité, principalement lorsque les éléments semblèrent le seconder en dissipant et en détruisant dans le détroit les flottes d'Octave. Ce fut à cette époque que son caractère orgueilleux le fit s'abandonner à tous les excès de la vanité. Nous avons vu qu'il affecta de se faire passer pour fils de Neptune, et qu'il se permit même des actes de cruauté pour établir cette fable ridicule ^ Il en avoit déjà commis du même genre, sur-tout lorsqu'il avoit sacrifié à des soupçons tyranniques deux sénateurs qui avoient embrassé son parti , et qui avoient consolidé sa puissance , Bithynicus et Murcus. Les partisans qui lui restoient ne le servirent plus avec affection; Méuodore, qui étoit retourné à lui, le quitta j:)0ur la seconde fois; enfin Agrippa battit son armée navale près du cap Pelore; et les trouj3es qu'Octave et Lépide avoient fait débarquer en Sicile le pressèrent tellement, qu'il fut contraint de la quitter et de chercher son salut dans la fuite. Il
(0 Cwil, i.v, §.73.
(2) Voyez au paragraphe précédent, page 108, note (3).
alloit se rendre à Marc- Antoine; mais la nouvelle des revers que chip. ii. celui-ci avoit essuyés dans son expédition contre les Partlies "°™™'^' '''^"*
^ i et de guerre sous
ayant un peu ranimé les espérances du fils de Pompée , il mit legouïememeDt
républicain.
dans ses démarches auprès du triumvir beaucoup de mauvaise
PI. v.
foi, dans Tintention de gagner du temps pour voir si ses menées secrètes en Asie, et une alliance qu'il négocioit avec les Parthcs, ne le mettroient pas bientôt en état de rivaliser avec lui. Les manœuvres de Sextus furent découvertes ; les troupes qu'il avoit réunies dans la Bithynie furent séduites ou battues : il fut forcé de se rendre à discrétion à un prince de la Galatie, allié d'Antoine. Le roi barbare le remit entre les mains de Titius, l'un des lieutenants du triumvir, qui, oubliant que Sextus lui avoit sauvé la vie , le sacrifia à la politique de son chef, et le fit mourir l'an de Rome 719, 35 ans avant l'ère vulgaire. Sextus n'étoit âgé que de quarante ans. Lorsc£ue Titius, élevé quelques années après au consulat, voulut, comme l'exigeoit sa magistrature, donner aux Romains des spectacles solennels dans le théâtre de Pompée , l'indignation du peuple éclata contre lui d'une manière si effrayante qu'il fut forcé de sortir du théâtre pour se dérober à la fureur de la multitude".
Nous avons déjà indiqué plusieurs monnoies frappées en Es- n» s et iq. pagne et en Sicile sous l'autorité de Sextus; mais son portrait ne se trouve que sur de superbes médailles d'or fabriquées probablement dans cette île. J'en ai fait graver deux sous les numéro 8 et 1 1 de la planche \. L'une et l'autre présentent d'un côté la tête en profd de Sextus, fds de Pompée, entourée d'iuie couronne civique'. Sextus méritoit cette couronne comme le
(1) Velleïus, 1.11,^.79.
(2) Morelliiis, l'hcs.famil. , Pompeia, pi. i, n°6.
Cii.vp.il sauveur de latil. de proscrits qiril acciiei!!it sur ses flottes ou Hommes d état ^^^ Sicilc , ct ou'ïl couserva uour la pairie: son nom el ses titres
' guerre snus "1 11
rep
PI. V
legouv.rn.inent forment Li léiTendc des deux côtés, MAGNi/.y PIVS ]M\^crator
républirniii. ~
lTER«m VRAEFectus ChAssis ET ORAE MAlMTïmœ EK Se?tatus Cojisii/lo, « Magnus le Pieux, (proclamé) im^perator pour la « seconde fois, coinmandant la flotte et les côtes de la mer par « décret du sénat ». Nous avons vu que Tune des deux tètes c|ui sont empreintes sur le revers est celle du grand Pompée son père; l'autre, suivant toutes les probabilités, est celle de Cnéus son frère aine. Comme le lituiis des augures est «rravé dans le cliamp auprès de la tète du père, le trépied des Qiiindécemvirs , autre prêtrise dont on ne décoroit que des personnages distingués, est en arrière de la tète de Cnéus'.
La médaille n° 12 ne diffère de celle n° 8 qu'en ce que la tète de Sextus a dans l'une un peu de barbe au bas du menton, tandis que dans l'autre elle est entièrement rasée. On remarque le contraire dans le portrait de Pompée-le-Grand : nous avons déjà indiqué les motifs de ces variétés.
(i) Liebe , dans sa Gotha JYumaria, pag. 29 , a publié une médaille d'or de Sextus Ponipeïus, tirée du cabinet de Saxe- Gotha, sur laquelle la tète du grand Pompée et celles de ses deux fils sont disposées d'une manière différente. La tète du père est seule d'un côté ; celles des deux frères sont l'une en regard de l'autre : les symboles, tels que le lituus et le trépied, sont cependant gravés en arrière de ces deux
tètes , circonstance qui embarrassoit extrêmement les numismatistes , parcequ'on ne peut concilier avec l'histoire la dignité augurale de l'un ou de l'autre des fils de Pompée (voyez Eckhel , D. JV., t. VI, p. 3i ). Je possède une empreinte de cette médaille, et je crois pouvoir assurer, après avoir examiné le style des types, qu'elle est l'ouvrage d'un faussaire.
HOMMES D'ETAT ET DE GUEP».PvE. 129
§. 20. ATIUS BALBUS,
Chip. H.
Hommes d'état
et de guerre souï
le gouvernement
PPlETEUR. républicain.
PI. VI
Si Marciis Atiiis Pialbus, originaire d'Aricie, n'eût pas épousé la sœur de Jules César, et si Atia leur fille n'eût point été la mère d'Auguste, on n'auroit vraisemblalîlement jamais imaginé ' d'empreindre la tête de Balbus sur la monnoie". César le nomma d'abord commissaire pour le partage des terres de la Campanie, qu'il fit distribuer, pendant son premier consulat, à vingt mille Romains de la classe la plus indigente. Balbus fut ensuite décoré de la dignité de préteur; et il y a lieu de croire qu'après sa magistrature il fut envoyé pour gouverner la Sardaigne\
Quoiqu'on doive placer parmi les fictions ingénieuses de l'auteur de l'Enéide Forigine des Atius, qu'il fait descendre du Troyen Atliys, jeune homme lié d'amitié avec le jeune Jules, cette fiction même semble supposer que l'antiquité de la famille Atia n'étoit point contestée parmi les Latins^.
Les habitants de la Sardaigne, qui, sous le règne d'Auguste, nsans doute, ont fait frapper la médaille dont on voit le dessin au n" I de la planche VI, se sont honorés d'avoir eu pour gouverneur l'aïeul maternel de ce prince. La tète sans barbe , qui est le type d'un côté de la médaille, est celle de Marcus Atius Balbus, préteur^ La légende M • ATIA S • BALBVS • VR- , iVa/cus
(i) Suétone, Octavius Cœsar, c. iv, nous du grand Pompée (Suétone, Octarius Cœ-
a conservé ce que nous avons sur Atius sar, §./(.)• Cette raison a pu être une des
Balbus. causes pour lesquelles l'image de Pompée
{■1) C'est ce que la médaille que nous étoit au nombre de celles qui, à la mort
allons rapporter iinu.s l'ail conjeiturer. d'Auguste, ornèrent la pompe de ses funé-
(3) yEneid., 1. V, v. 568 sq. La famille railles ( Dion , I. XLV, (>. 3|).
des Atius avoit eu plusieurs sénateurs; elle (4) Mionnet, Description de médailles
étoit même liée de parenté avec la famille antitjues, etc. , 1. 1; Iles voisines de la Si-
ICONOGRAPÏITE ROMAINE. Part. I.
Chip. it. Atîiis BaWus prccloF, le désigne par ses noms et par sa magis-
Ilonimcs d'état
ctd
f guerre sous
Iratiire.
legouverneuKi.t \q rcvcrs présciite la têle du héros mytholoîriqiic Sardus,
républicain. ^ J n 1 ^
p, yj chef d'une colonie africaine qu'il conduisit dans cette île qui a hérité de son nom". L'ornement de plumes qui surmonte sa tête rappelle le costume de plusieurs peuplades harhares; et la massue , arme que fournissoicnt les forêts à ces guerriers sans art, peut encore faire allusion à Hercule, de qui Ton a dit que ce père des Sardes étoit issu^: car c'est ainsi qu'il est caractérisé dans la légende, SARDVS PATER, Sardus (notre) pere^.
La fabrique et le travail de cette monnoie prouvent que les arts étoient peu cultivés dans cette île, même à l'époque d'Auguste. En effet, les écrivains de ce temps ne nous parlent que des blés de la Sardaigne, de ses bêtes fauves, de son air malsain, et de ses habitants à demi sauvagjes''.