‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 30 sur 94 · LUCIUS ANTON ILS · texte numérisé non relu

LUCIUS ANTON ILS

pj ^,j, Liicins , le pins jeune des frères de Marc-Antoine', avoit si

Lieu profite du crédit de coliii-ci auprès de César, qu'il avoit réussi à se faire revêtir de la dignité de tribun du peuple l'année même où le dictateur fut assassiné. Il seconda de tous ses moyens les projets ambitieux de son frère, soit en proposant et faisant adopter, à son instigation, des lois populaires, soit en le servant, les armes à la main, à la guerre de Modene , où il commanda la cavalerie. Mais lorsque Marc-Antoine fut élevé par le triumvirat, et peu après, par la victoire de Philippes, au faite de la grandeur, Lucius Antouius, qui s'étoit fait désigner consul pour Tan de Rome 71^, et qui, par les intrigues de Fulvie , sa belle-sœur et femme du triumvir, avoit obtenu, au commencement même de sa magistrature, les honneurs du triomphe*, conçut l'idée de renverser Octave et de partager la suprême puissance avec son frère. Les triumvirs , en partant pour la guerre contre Brutus et Cassius , avoient promis de distribuer à leurs troupes les riches territoires de dix- huit des principales villes de l'Italie. Le moment d'accomplir cette injuste promesse étoit arrivé : le désordre et la consternation étoient répandus

(i) On pense que Lucius Antonius étoit le plus jeune des trois frères, parceque, l'an 44 avant l'ère chrétienne, il n'étoit encore que tribun du peuple, lorsque Caïus, son autre fi-ere, étoit déjà préteur. Les faits que j'ai rassemblés dans cet article sont tirés la plupart de Dion , depuis le livre XL V, %. 9, jusqu'au livre XLVIII, §. i4; d'Appien , Civil. , 1. V, depuis le $. i4 jusqu'au $. 545 de plusieurs passages des PhiUppi-

qucs de Cicéron, et de sa correspondance, Ep. ad Famil. , 1. X, ép. xv et xxxiv.

(2) Dion, 1. XLVlII , ?. 4; et les Fastes des Triomphes dans Gruter , p. 296. Il sem- ))le que Lucius avoit soumis à l'obéissance de la république quelque peuplade des Alpes, l'an 42 avant l'ère vulgaire, et qu'il avoit été chargé de cette expédition par son frère qui étoit alors triumvir.

dans toute la contrée. Lucius feignit d'être jaloux d'Octave pour cnir. n.

1,, i-m»- 1 • /~v T • •^ r* lit ' Hommes d'état

es intérêts de Marc-Antoine. Octave, disoit-il, en taisant cette re- et de guerre sous

partition, s'attribuoit tout le mérite de cette immense libéralité. ''/°™^'"''"' Le consul trouvoit ainsi dans son affection pour son frère le pré- p, vn. texte de son opposition' : mais, voyant que son parti ne prenoit pas une grande consistance, parceque Octave étoit assez adroit pour ne donner aucun motif fondé de faire soupçonner sa bonne foi envers Marc-Antoine, Lucius, qui vouloit lui nuire par quelque moyen que ce fût, parvint à exciter des troubles dangereux, en épousant la querelle des jjropriétaires qu'on alloit dépouiller de leur patrimoine. D'accord avec Fulvie, il déclaroit ouvertement que les proscriptions avoient fourni assez de biens à l'état pour suffire à la récompense de l'armée, sans employer une mesure aussi révoltante que la spoliation de tant de propriétaires innocents. Mais l'avidité des soldats ne connoissoit plus de bornes. En vain leurs chefs essayèrent de ména^er une réconciliation entre Octave et le frère de son collègue, il fallut courir aux armes. Marc-Antoine, éloigné et s'oubliant auprès de Cléopâtre, négligea les mouvements qui agitoient l'Italie. Pollion, Plancus, et les autres chefs qui lui étoient dévoués, n'osèrent prendre, sans son consentement, que des demi-mesures; Octave et ses partisans profitèrent de cette indolence. Lucius et les siens, n'étant point assez forts pour se soutenir à Rome, se retirèrent à Pérouse, où ils furent bientôt assiégés. La constance du consul se signala durant le loni? siéire de cette ville; et lorsque la famine le contraignit à se rendre, il se conduisit avec tant de dignité et de grandeur d'amc , qu'il

(i) C'étoit pour mieux ;i])iiiiyi-rre motif sur quelques unes de ses médailles, ainsi

de son niécoiitenlciiicnl qu'il aH'ccla «le (^ueddus\es l'\isCcsco/!sttluiresjiyion,loc.

prendre le surnom i^jc<a5( Piété), qu'où lit cit., §, 5j Eckhel, D.N., t. VI, p. 4^.

i8o ICONOGRAPHIE P.OMAINE. Part. I.

c.vp. II. in.spira du respect même à son vainqueur. Octave raccueillil Honwms dvtot honorablement, et lui conféra le jijouvernement de TEspae^ne;

f tue guerre sous ' ~ i o ■"

Jegoiivernemcnt [\ pj-jj sculemeut la i)récaution de lui donner, pour remplir les

républicain. '■ '^

PI. VH, magistratures inférieures, des hommes dont il étoit sûr, et qui étoient cliargés de veiller sur les actions et les projets de leur proconsid. 11 est probable que Lucius mourut bientôt après dans sa province : l'histoire du moins ne fait plus aucune mention de lui depuis cette époque.

îs° 4. Durant le consulat de Lucius Antonius on a frappé plusieurs monnoies sur quelques unes desquelles sa tête est empreinte, et qui semblent encore attester l'ambition qui le portoit à vouloir se placer au même rang que les triumvirs. La médaille gravée sous le n° 4 ^e la pi. YII présente les têtes des deux frères ' ; d'un côté, celle de Marc -Antoine, avec la légende, M • ANT • BIP • AVG • III VIR • R • P • C • M • NERVA • PRO • Q • P-, Mardis Antonius, imperator, augur, triumvir reipuhlicœ constituendœ. Marcus Nerva , proquœstor provincialis : « Marcc< Antoine, imperator, augure, triumvir pour l'arrangement de « la république. Marcus Nerva, proquesteur de province «. Ce magistrat avoit été probablement chargé, par le consul, de la fabrication des monnoies dans quelque occasion extraordinaire. L'autre côté présente la tête de Lucius Antonius avec la légende , L • ANTONIVS ■ COS • , « Lucius Antonius , consul » , qui la fait eonnoitre.

(1) Morellius, Thés, famih, Antonia, pi. i, n" i.

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