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ICONOORAPIIIE ROMAINE. Part. I.
CiiAP. m. pour but la ruine des jaarticuliers que le bien de l'état. Cepeniiommes créiat ^^j^^j^^ cellc conduitc, au lieu de déplaire à CalJo;ula , nui étoit
et de guerre sous ' ^ o ■' J
lescmpeieurs. gQj^ beau-frcre', fit élever Cor]:)ulon nu consulat. Mais, bien- ^'^^ tôt après, sous l'empire de Claude, elle lui attira les reproches du prince, et l'obligea à de pénibles dédommagements. Claude cependant ne méconnut ni les intentions franches et droites de Corbulon, ni l'énergie et l'étendue de ses moyens, ni son zèle pour le bien public; il lui confia le commandement d'une armée dans la Belgique , et le gouvernement de cette contrée.
Sur ce nouveau théâtre , le caractère entreprenant du proconsul attira bientôt l'attention d'une cour qui aimoit la paix j la guerre qu'il avoit déclarée aux Chauciens d'au-delà du Rhin parut dangereuse, quoiqu'il la fit avec succès: on en appréhenda les suites, et on rappela dans les limites de sa province le proconsul victorieux. «Heureux les généraux d'autrefois!» fut la seule plainte par laquelle Corbulon obéissant exhala son dépit contre un ordre qui arrétoit le cours de ses victoires. Son activité mit à profit ce loisir involontaire pour faire creuser par ses soldats un canal qui, joignant le Rhin à la Meuse, faciliteroit les communications intérieures delà province, et douneroit
(i) Sa mère s'appeloit Kestilia ; elle avoit eu trois maris, dont l'un avoit été père de Césonia, qui devint femme de Ca-^ ligula ; d'un autre étoit issu Corbulon. Aucun de ces trois maris de Vestilia, si nous suivons l'autorité de Pline (1. VII, p. 4)? n'appartenoit à la famille Domitia : et nous ne concevrions pas comment Vestilia exit été la mère de Cnéus Domitius Corbulon , si nous n'avions pas des doutes sur l'intégrité de ce texte. A la place de C-HERDICI, qu'on y lit maintenant, on trouve, dans
plusieurs manuscrits qu'Hardouin a consultés, C • DITI: ces deux leçons sontprobal)lement des altérations des leçons véritables, CN • DOMITI et CNEI • DOMITI, dont on aura fait dans quelques copies, C • DOMITI , C • DOITI , C • DITI ; et dans d'autres, CHE- DOMITI, CHE • DOITI, CHERDITI ; et , par la substitution fréquente du C au T, C • HERDICf. llien ne nous autorise à penser que Corbulon eût passé dans la famille Domitia par une adoption.
HOMMES D'ETAT ET DE GUERRE. ai5
un écoulement régulier au reflux de l'Océan. Claude, qui avoit chu m. mis des bornes aux succès militaires du oruerrier, accorda les h°"™"'^<""^'
o ' et de guerre sous
décorations des triomphateurs à l'auteur de ce grand et utile le* empereurs. ouvrage, qu'on nomma canal de Corbulon, Corhulonis fossa , et qui a perpétué la méinoire du proconsul dans ces contrées.
Des succès plus mémorables encore l'attendoient dans l'Orient, où il fut envoyé par Néron l'an 54 de l'ère chrétienne, pour l'opposer au roi des Parthes, qui vouloit exercer sur l'Arménie , en y plaçant sur le trône son frère Tiridate , une influence dont les empereurs étoient en possession.
L'arrivée de Corbulon en imposa à Vologese, qui ajourna ses projets, entama des négociations, et envoya au proconsul , pour otages et comme garants de ses dispositions pacifiques, plusieurs princes du sang des Arsacides, que celui-ci fit conduire à la cour de Néron, à la grande satisfaction de l'empereur qui les avoit en son pouvoir , et du roi des Parthes , qui éloignoit de lui des prétendants à la couronne. Ce prince, en effet, sans aucun égard pour ses otages, commença la guerre, et l'Arménie fut envahie par son frère. Mais le général romain , dont la sévérité avoit rétabli la discipline dans les armées de l'Orient', et dont la prévoyance avoit tout préparé pour ce moment de crise, entra dans l'Arménie , en occupa , presque sans résistance , les deux villes principales , Artaxate et Tigranocerte ; détruisit la première, difficile à garder, et mit la seconde en étal de recevoir
(i) On rapportoit des exemples exagérés nal. , XI, c. xviii) : Qiiœ niinia^et incei-
de cette rif^ueur. 11 avoit puni de mort , di- tnni an fdlso jacla , oiiginc/it tanicn c se-
soit-on , quelques soldats, parceque, tra- yeritate ducis traxere : intcnlimique , et
vaillant à palissader le camp , ils avoient iiuig/iis delictis inexorabilem scias eut
déposé leurs épées. Ce sont des contes, dit Uiiituin aspcritaùs cliani adversus Icvia
Tacite; mais ces contes riicnics n'ont d'au- cicdcùulur. tie source que la sévérité du général [^Ifi-
•?-iG ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.
GuAi.. m. Ti<^ranc, r|iie rempercur .ivoit nommé roi de cette région. Tant eidcguoncsous "^ succes clont on fit iionneur a JNcron, avec les armées et sons
les I
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empereurs, j^^g auspiccs dnqacl le proconsul se couvroit de gloire, causèrent une joie universelle à Rome.
Corbulon s'occupa, pendant Tan 60, du gouvernement delà Syrie; et Vologese, des préparatifs d'une nouvelle guerre qu'il entreprit en effet, après deux années de repos, avec des forces supérieures qui menaçoient toute la frontière romaine. Corbulon mit ses provinces en état de défense, et écrivit à l'empereur j)our le prier d'envoyer un autre général et une seconde armée pour soutenir Tigrane. Césennius Petus , homme consulaire, fut chargé de cette entreprise; et ses mauvais succès tournèrent il l'honneur du proconsul de Syrie, qui se joignit à lui au îhoment même ou il venoit de faire une retraite honteuse , et de siener une trêve à des conditions humiliantes.
Aussitôt que ces revers furent connus à Rome, où l'on ne songeoit cju'à élever d'avance des arcs de triomphe' pour les succès que l'on s'y promettoit, qu'ils firent l'impression la plus vive, et que le soupçonneux Néron n'hésita pas à investir son proconsul d'une autorité extraordinaire sur tout l'Orient, pareille à celle qu'y avoient exercée autrefois Agrippa et Pomj^ée. Corbulon s'en servit pour la gloire de l'empire; Vologese se relira de l'Arménie; et, en réparation de l'échec de Césennius Petus, il fut convenu que Tiridate déposeroit son diadème au pied de la statue de Néron , à laquelle il rendroit les honneurs que l'on rend aux images des divinités, et qu'il se transporteroit à Rome pour y recevoir des mains de l'empereur ce symbole de l'autorité rovale. La première partie de cette convention fut
(O L'arc de tilomphc élevé, à cette oc- médaille de Néron en grand bronze,
cnsion, sur lo Cnpitcle est le type d'une
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HOMMES D'ETAT ET DE GUEPvRE. 9.17
exécutée dans le lieu même où Céseanius avoit signé la trêve, c.np. iir.
. '.11 ' Hommes d'état
et en présence des deux armées. • et de guerre sons
La gloire de Corbulon étoit au comble : on opposoit sa va- '" empereurs leur et ses vertus à la vie honteuse de l'empereur; on sollicitoit le proconsul de mettre sur sa tète le laurier des Césars. Corbulon , en sujet fidèle, repoussa ces offres; et,- craignant qu'elles n'excitassent la jalousie de son souverain, il fit conduire Tiridate à Rome par son gendre Annius , afin cp'il y servit d'otage de la fidélité de son beau-pere'.
Corbulon resta encore pendant quelques années en Orient, dans tout l'éclat de sa puissance. Pour conserver aux villes de l'empire la supériorité qu'elles avo^ient sur les autres, il ne voulut pas permettre cjue des artistes nés sujets de Rome suivissent Tiridate à son retour en Arménie, où ce roi les avoit engagés à se rendre pour rebâtir sa capitale. Le proconsul ne laissa passer que ceux qui avoient obtenu une permission expresse de l'empereur \
Cependant ni celte conduite irréprochable , ni les preuves multipliées qu'il avoit données de son dévouement à son devoir et à son prince, ne purent le préserver de la jalousie tyrannique de Néron. Sous des prétextes honorables il le fit appeler dans la Grèce, où il jirostituoit sa dignité en ambitionnant des triomphes frivoles dans les jeux consacrés à la course ou à la musique.
(1) Cet Annius prend dans Tacite ( An- cruelle de Néron n'a pas laissé survivre An-
nal., XV, c. xxvin ) le surnom de yivia- nius à son beau-pere.
mis; mais Henri de Valois pense qu'il y a (2) Dion, liv. LXIII, §. 6. Les circon-
erreur , et qu'il faudroit lire Vinicianus stances qui semblent avoir quelque rapport
{ad Dion, 1. LXII, 23). Nous ne pouvons avec les idées des anciens sur l'économie
pas décider si sa femme, fille de Corbulon, polit iqtu' étant extrêmement rares dans les
étoit la même Domitia qui fut peu après l'é- écrivains de ces temps , elles doivent être
pouse d'un La/nia, et ensuite de Uomitien. remarquées avec un certain soin. Il est assez vraisemblable que la politique