II,n^S7 et
(4) L'Hortalus qui demandoit à Catulle des traductions de Callimaque n'est pro- Lablement pas un autre personnage qu'ffortensius ( Catulle, Canii. , LXV, v. 2 ). Cicéron l'appelle souvent de ce nom dans sa correspondance. C'est une espèce de diminutif, comme le nom i^^ntjllus, donné, comme nous l'avons vu, à un des fils de Marc-Anloine. Ce diminutif, qui exprime dans Catulle la familiarilé la plus intime, a x\n air de mépris dans la correspondance de Cicéron.
(5) Pline parle du célèbre tableau de Cydias, représentant les Argonautes, qu'Hortensius avoit acheté à un très grand prix, et placé dans sa maison de plaisance à Tusculum (liv. XXXV, §. 4o, n° 26). Cicéron reproclioit à Hortensius, défenseur de Verres , d'avoir accepté en présent , de son client, un sphinx d'excellent travail : cet ouvrage étoit exécuté, suivant Pline (liv. XXXIV, §. 1 8 ), de ce mélange de métaux
PERSONNAGES ILLUSTRES. aSg
les plus raffinés de la table', la magnificeDce dans la construction de ses maisons de plaisance, et de ses jardins plantés de la manière la plus variée et la plus délicieuse*, enfin ses soins recherchés pour Tentretien de ses étangs et de ses viviers, remplis avec luxe de poissons excpiis^, partagèrent ses loisirs avec les occupations d'une littérature agréable. Plusieurs morceaux de poésie erotique'*, des mémoires historiques sur les deux campagnes dans lesquelles il avoit servi% furent les produits de ces loisirs et de cette noble retraite où il cherchoit des distractions aux chagrins que lui causoit la décadence de la république et la violence des partis ; heureux , en cessant de vivre , de n'avoir pas vu renverser par les guerres civiles le dernier fantôme de la liberté romaine,
Hortensius laissa deux enfants ; sa fille se distingua par les
CHiP. IV.
Personnages Ulustresdans l'histoire littér. des Romains.
PI. XI
dont le secret étoit perdu, et qu'on nommoit bronze de Corinthe ; selon Pliitarque, il étoit d'argent {^poliLhegmes, t. II, op., p. 2o5,B). Les ouvrages decegenreétoient enrichis le plus souvent d'incrustations d'argent, ce qui a pu donner lieu à la méprise du biographe : d'ailleurs l'autorité de Pline me semble préférable sur ce sujet; puisqu'il fait mention du sphinx de Verres dans la partie de son ouvrage où il traite des bronzes corinthiens; et Plularque varie luimême, car dans la T'ie de Cicéron, §. J, il dit que ce sphinx étoit d'ivoire.
(i) 11 fut le premier qui fit servir des paons rôtis (Varron,</c JL ii. , liv. IH, c. vi).
(a) On a fait mention de quatre de ses maisons de plaisance qu'il avoit embellies des ouvrages les plus précieux des arts, de bois remplis de bêtes fauves, et des plantations les plus magnifiques. Si nous écoutons Macrobc, il arrosoit ses platanes avec du
vin , et il prenoit soin lui-même de leur culture (^Varron, de H. R., 1. III, c. i et ii ; Macrobe, Saturn., 1. II , c. ix; Bayle, loco citato , note F).
(3) Varron fait mention des piscinœ ou viviers de son ami Hortensius (de R. J{., 1. III, c. XVII ) ; on croiroit qu'ils auroient dîi fournir au luxe de sa table, cétoit tout le contraire; il faisoit acheter au marché la marée pour ses repas , et même pour la nourriture des poissons qu'il gardoii dans ses viviers. La dépense qu'il faisoit pour qu'ils eussent des eaux fraîches dans l'été étoit considérable : on lui reprochoit de soigner la santé de ses poissons plus encore que celle de ses esclaves.
(4) Ces pièces étoient assez licencieuses, et mailioureusemcnt l'élénanoe du stvle n'en rachetoit pas les défauts (^Ovide, Tn'st., 1. II, V. 44 1 ; Aulugelle', 1. XIX, c. ix ).
(5) Velleïus Paterculus, l. II, §. i6.
24o ICONOCRAPJTTE ROMAINE. Pap.t. I.
CiiAr. IV. agrciiiciiLs de soji cspril aiilanl que par son cloqucnce. Celui j.mrcsl"n!n,i!. ^^^^ ^"^ porta la parole contre un décret par lequel les triumvirs toire liticr. des imDosoicnt une immense contribution sur les plus riches dames
Romains. ■'
p, XI. ron^aincs. On prétend que son discours fit apporter quelque modération dans cette mesure arbitraire'.
Le ilJs d'IIortcnslus eut dans sa première jeunesse une conduite si peu régulière, que son père fut sur le point de le déshériter : ce fut alors que, cliins l'espoir peut-être d'avoir un autre enfant plus digne de ses affections, il engagea Caton à lui céder Marcia, son épouse, suivant un usage lacédémonien que Numa avoit autorisé à Rome, mais qu'on n'y avoit que fort peu suivi"*. Ceux qui seroient étonnés de cette démarche d'Hortensius devront se rappeler que, de son temps, rien n'étoit plus commun à Rome que le divorce; et que l'orateur, recherchant en ni;iri;tge une fcnv^io d'nnp veiiu connue, fit voiz" que son clioix n'étoit point feffet d'un simple caprice. Il ne semble pas qu'il ait eu d'enfants de ce second hymen. Cependant Hortensius ne déshérita point son fds. Celui-ci changea de conduite; et, après la mort de son père , il se déclara pour le parti républicain, avec lequel il succomba à Philippes. Marc-Antoine, qui lui imputoit la mort de Caïus son frère, l'immola sur son tombeau^.
Les arts avoieut sans doute immortalisé les traits d'un personnage illustre dont ils avoient élé une des plus douces consolations. Dans la destruction des monuments de l'ancienne Rome, les portraits d'Hortensius avoient disparu sans nous laisser presque aucune espérance de les recouvrer, lorsque les recherches
(i) Voyez, dans le dictionnaire de Bayle, ma, §. 3 j Stral)on , 1. XI, p. 5i5; ^"aleie
l'article Ilorlensia. Maxime, 1. V, c. ix, n° a.
(a) Plutarque, Cato Minor, ^. aS, et (3) Velleius, 1. II, c. lxxi; Plutarque,
dans le Parallèle de Ljcurgue et de Nu- Antoniiis, §. 22 ; Bfutus, §. 28.
Romains.
PI. XI
N" letî.
PERSONNAGES ILLUSTRES. i/^i
du cardinal Alexandre Albani lui procurèrent, il y a cinquante cmp. iv.
ans à peu près, deux petits hermès sortis de quelque fouille P"^»""^?^' iii- 1 ' i 11 lustres dans 1 lus-
inconnue, et enrichis d'inscriptions: Tune, en îrrec, indiquoit 'oi^e littér. des
le portrait d'Isocrate'; l'autre, latine, celui d'Hortensius. Ces hermès furent exécutés probablement dans les siècles des Antonin, temps où les Romains et les Grecs se j^iquoieiit d'honorer la m.émoire des anciens orateurs cju'ils imitoient si mal. J'ai fait dessiner à la villa ^Ibaiii Thermes d'Hortensius, que je présente ^ravé so^ic les n° i et i de la planche XP : l'inscription, QVIN- 1 Vo xiOrî i rliJM ol V S , ne pci-mot pae df cloutor ffii'il iif» représente l'orateur célèbre dont la physionomie semble annoncer la bonté et les talents qui le caractérisèrent.