‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 38 sur 94 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

PERSONNAGES ILLUSTRES. aSy

ver trois sur la planche XII, dont les deux premiers me sem- chvp. iv.

11 I • 1 t ' ' ' Personnaees il-

blent ne permettre aucun doute; et, quoique le troisième m- ,„„r<.sda„siuissj)ire moins de confiance , il me paroît cependant certain qu il J^"^^^;'^"^'' "^^ a été exécuté avec Tintention de représenter Cicéron. pi. xir

Le premier est le célèbre buste qui , depuis le XVF siècle jus- j,, ^ ^^^ 3 cju'à nos jours, a appartenu à la famille Mattei, nouvellement éteinte à Rome'. 11 est constaté par une inscription antique gravée au-dessous de la poitrine, et présentant le nom CICERO, Cicéron. Ce buste, d'un beau style de sculpture, dégradé à la vérité par le temps, a <^té, à Tépoque de sa découverte, restauré par une main habile, qui non seulement a fort bien imité le style de l'artiste ancien, mais cjui a été fort attentive à suivre avec intelligence , dans les parties modernes , les traces , et , comme on dit, les iiwitations des formes perdues par les mutilations qu'on remarque au nez, aux lèvres, et aux joues. Il me semble probable que ce buste a été exécuté sous les empereurs du premier siècle, et cjue l'inscription y a été ajoutée deux ou trois siècles après , temps où la recherche des portraits des hommes illustres n'étoit pas encore négligée; mais où il pouvoit paroitre prudent de ne plus laisser ces portraits incertains. La forme des caractères, et particulièrement celle de l'R, dont le haut est fort petit, et le jambage alougé, me détermine à rapporter l'inscription à cette époque''.

(i) J. Faber l'avoit fait graver le prc- autres images de Cicéron. Ce buste premier, mais d'après un dessin peu fidèle cieux est maintenant en Angleterre, oii il ( Imagines ex bibliotli. Fulwii Ursini, orne le palais de IM. le duc de ^^'ellington. n" i\Q). On le trouve, gravé ilc nouveau , (o) C'étoit aussi ro|)inion du prélat Gaede face et de profil, dans \cf. Momtuiciita tano ftlarini, cet iiomme savant <jue les Alallhœioriun , toni. Il , pi. x et xi , oii l'ex- amateurs de ranliquité et de la littérature plication de feu M. l'abbé Âmaduzzi ron- classique regretteront toujours, tient l'indication et l'examen de [ilusieius

ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

Chap. IV. Un antiquaire, dans Tintenlion d'établir que la médaille de

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toiie litlt-r.

Runiains,

PI. XII

crsonnng.s ,1- dc^^pon , ffravce n° A, est le seul portrait authenli(iue qui nous

ustrcstlansl lus- ' o • ' 1 11

''"reste de cet orateur, a élevé des doutes sur Tauthenticité du buste'. Il trouve que le cou n'en est pas mince et alongé, comme il prétend que l'étoit celui de Cicéron ; et que la tête auroit dû être plus garnie de cheveux. Le même passage qu'il allègue pour prouver que le cou de Cicéron devoit être moins gros qu'il ne paroit l'être dans le marbre , offre la réponse à cette objection\ L'orateur jîarle de sa conformation antérieurement à son voyage en Grèce; mais il ajoute, presque immédiatement aj^rès, qu'à son retour il avoit acquis un juste embonpoint. La conformation qu'offre le buste n'excède pas ce que ces expressions peuvent indiquer, d'autant plus que cet ouvrage semble le représenter au commencement d'une vieillesse verte et vigoureuse, telle qu'on sait qu'étoit celle de ce grand homme ^; et que l'habitude délicate du corj)S dont il fait mention appartenoit à sa jeunesse.

Le même savant prétend prouver que Cicéron n'étoit pas chauve , parceque Fufius CalènuSj dans sa longue invective contre lui, parle du soin peu convenable à son âge qu'il prenoit de parfumer ses cheveux blancs. Je dirai eu réponse que le discours de Calènus, rapporté par Dion, est apocryphe''; et que

(i) L'abbé San Clémente, dans la dissertation que je cite ci-dessous.

(2) Cicéron , Brutiis , §. 91 : Erat eo TEMPORE nohis siinima gracilitas etinfirmitas corporis : procenim et tenue colliim : qui habitus et (juœjîgura non procul abesse putatur a vitœ periculo , si accéda liihor et laterum niagna coiilentio; et , peu de mots après , Lnleiibusqne vires efcoRPORi MEDiocRis HABITUS accessevat.

(3) On peut en juger de ce qu'en dit Quintilien à propos du second mariage de Cicéron , /. O. , VI , ni.

(4; Nous avons vu que les discours qu'on suppose adressés à Octave par Agrippa et par Mécène , et que Dion a rapportés , sont apocryphes (voyez ci-dessus, cli. m, J. i, p. 134, note i). On doit juger de même de cette longue invective de Calènus contre Cicéron, insérée parle même historien dans

PEPvSONNAGES ILLUSTRES. aSg

d'ailleurs Cicéron , dans ce buste, n'est point représenté chauve; cbap iv. que son front n'est pas découvert, quoique le sommet de la tête i„^^''^'^^3ht soit dépouillé de cheveux. J'ajouterai encore que cet air de se- ^°'"= i'"^"^ <i"

'■ J i Romains.

rénité qui est répandu sur sa figure, ainsi que Plutarque nous p, ^jj l'a décrit', et cette beauté convenable à la vieillesse, que Pollion reconnoissoit en lui% sont si bien exprimés dans ce buste , qu'on ne peut y désirer un accord plus parfait avec des traditions, si bien fondées.

Un autre monviment authentique nous offre ce même por- n° 4. trait: c'est une monnoie, avec la tête de Cicéron, frappée en son honneur par la ville de Magnésie de Lydie : on la voit dans le cabinet de la bibliothèque du roi\ avec deux médailles semblables qui complètent le nombre de sept médailles ayant le même type, si on y en comprend quatre autres déjà connues par les antiquaires , dont l'une, celle de la collection de Farnese , l'étoit depuis le X\ F siècle*.

La dissertation que le savant abbé San Clémente a publiée à Piome, en i8o5, sur une de ces médailles^, me dispense d'entrer dans un examen minutieux des objections que deux antiquaires d'une grande réputation avoieut faites contre l'authenticité de

son livre XLVI. Si Calènus avoit effectivement lancé contre l'orateur tant d'accusations graves et tant d'injures grossières, comment celui-ci, dans sa réponse authentique, qui existe encore dans la IIP Philip, pique, auroit-il pu appeler Calènus, ^'ii-for-

tis ac strcninis, nmicus meus ; « Brave et

« excellent honinie, et mon ami i' » (i->/tt-

lip., VIII, §.3.)

(1) Plutarque, Comparaison de Démos-

thctic et de Cicéron, §. i : Tort ■xj^tiirti

ùuTx fiei^lufcu lù j-aAi)/»» jraçtîjji. « Sa lacC me-

« me, soulenieni à la voir, traduit Aniyot,

« promettoit bien une nature joyeuse, gaie « et enjouée ».

(2) Pollion, dans un fragment cité par Séneque [Suasoria VII) : Faciès décora ad senectuleni.

(3) Voj'ez la Description des médailles, etc., par M. Mionnct, tom. IV, Lydie, n" 385.

( \) J. Faher, Imagines exhiblioth, Fulvii Ursini, appcndix, tab. R.

(îi) De Numo Marci Tullii Ciccronis; Roniée, i8o5 , in-4°.

2Go ICONOCPtAPIITE ROMAINE. Part. I.

dur. IV. ce monument', cl que le médaillistc dont je viens de parler a iustrMd"n!n,îs^ réfutées complètement cl sans réplique. Celle médaille a étéfraptoirc iitt<:i. des p(iç p.,j, j.^ ville de Magnésie, près du mont Sipyle, dans la Lydie, PI. XII. ville qui avoit été gouvernée, comme le reste de la province, par Quintus^ frère de Cicéron , et qui avoit éj:)rouvé les bienfaits de Cicéron lui-même\ Il est probable que, sous le rcgne d'Auguste, lorsque le fils de Cicéron jouissoit de la faveur du prince qui l'avoit élevé aux premières dignités de l'état, et qui lui avoit donné l'administration de l'Asie^, les Magnésiens ont voulu flatter leur gouverneur en frappant une médaille avec la tête de son père leur aucieii bienfaiteur. Cette tête est indiquée par une légende qui donne en toutes lettres les trois noms de MAPKOSTYAAIOSKIKEPflN, Marciis Tullius Cicero. La légende du revers présente les noms des Magnésiens qui sont près du Sipyle , MArNHTAN TflN AHO SinYAOY, et celui d'un ©EOA^POC, Théodore , qui jouissoit à cette époque d'une dignité sacerdotale annuelle , probablement celle de stéphanépJiore. Le type, représentant une main droite qui tient une couronne et une branche de laurier avec un cep de vigne, fait allusion aux attributions de celte prêtrise, que l'on cumuloit souvent à Magnésie avec d'autres dignités du même genre '*. La tête

(i) Paciaiuli, Animad. Philolog., p. 5o j Eckhel, D.N., t. V, p. 827.

(2) Voyez ci-dessus, p. 256, note 2.

(.3) Séneqiie, Suasoria VII, aliis VIII. Appien, Ci\'il., 1. IV, c. 1.1, dit que le fils de Cicéron gouverna la Syrie. Les deux assertions ne sont pas contradictoires. Une inscription découverte dans les environs d'Arpi/iunt, vers l'an 1809, et publiée par madame Marianna Dionigi, à la pag. 45 de -son intéressant ouvrni;e intitulé [■^iassl in

alcune citth del Lazio , Rome, 1809, fol., fait mention de ces diverses magistratures. La voici :

M • TVLLIO ■ M • F • M • N • M • PN • COP.

CICEROXI • COS

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