‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 43 sur 94 · MÉCÈNE · texte numérisé non relu

MÉCÈNE

CiiiP. IV.

Personnages il-

lustresdausThis-

toire liltér. des

Romains.

On ne doit pas séparer Mécène de Virgile et d'Horace : ces p, xhl beaux génies auroient atteint plus difficilement sans son appui cette perfection qui a rendu leurs ouvrages immortels'; et luimême, quoique aimé du prince et puissant à Rome, n'auroit pas, sans les faveurs dont il les combla, légué son nom comme un titre bonorable aux protecteurs des talents et des lettres de tous les siècles à venir.

Né d'une famille de cbevaliers romains, qui tiroit son origine des anciens rois d'Etrurie"", il eut le bonlieur d'être lié avec Octave dès le moment où ce prince parut sur la scène du monde; et la droiture ainsi que la sagesse de sa conduite lui concilièrent l'estime et bientôt l'intimité du triumvir. Octave, dans son expédition de Modene, eut toujours Mécène à ses côtés; il l'eut également avec lui à Pliillppes, à Pérouse, à Pelore, à Actium; et il lui confia ensuite pour plusieurs années la préfecture de Rome et d'une grande partie de l'Italie ^.

(i) Maniai, I. Vîir,t'|). i.vi:

Sint Hlœc^na/ex, non decrunt, Fttucc, Maroncs.

Jean Henri Meiboniius publia en i633,à Leycle, un opuscule intitulé Alœcenas , où il a tâché de recueillir tout ce qu'on trouve <!ans les auteurs anciens siu- la vie de ce Humain : travail utile, quoique l'on y desire quelquefois un peu plus de critique, et très souvent moins de digression. La matière n'est pas tellement épuisée dans la compilation de Meihomiiis, que Jo. Henri à Seelen n'ait encore trouvé quebjue chose à recueillir dans ses udnalecla. J. 13. Sou-

chai, dans ses Recherches sur STécénas (t. XIII des jMémoires de T Acadèm. des Jnscript. et £. L., p. 81 ) n'a presque fait qu'abréger l'opuscule de Meiboniius , où l'on trouvera les autorités que je n'ai pas citées.

(a) De la famille Cilni'a, autrefois puissanleà ylretium. Les trois noms de Mécène étoient Cnïus Cil/iiiis JMœccnns.

(3) H paroît certain cpie Mécène a nccompagné Octave dans toutes ces g^ierres, et par l'élégie sur la mort de Mécène, attribuée à Albinovamis, et plus encore par le témoignage de l'ropercc, 1. II, élég. i, v. 26

288 TCONOCr. VPIIJE ROMAINE. Part. T.

cmr IV l?cn(l;int la i^iierrc qui avoit éclaté entre Auguste et Marc-

Personna^rs .1. ^jj^qJjj^. ,,,j^. (oiisniration flan<rcreuse est tramée : Mécène, dans toii,. litiéi. des rojjsencc de son niaitrc, la découvre et la déjoue'. Sa vigilance j'i XIII ^^^ tFaulant plus funeste aux malveillants, que son air annonçant un caractère indolent et foible, ils usent de moins de circonspection.

Les conseils de Mécène furent toujours écoutés. Deux exemples suffiront pour en faire apprécier la franchise, la hardiesse, et la profondeur. Auguste jugeoit un jour en personne des pro- CCS criminels ; il s'agissoit probablement de crimes d'état : ses décisions étoient sévères , et il prononçoit assez légèrement des sentences de mort. Mécène étoit présent; et, frémissant de ce que la foule Fcmpéchoit d'approcher de l'empereur, il tire de son sein ses tablettes , y trace ces mots énergiques : « Leve-toi enfin, bourreau » ; et il jette cet écrit sur les genoux du prince. Auguste lit, se levé, quitte le tribunal, et ajourne l'exécution de ses jugements^.

Agrippa étoit devenu le bras droit d'Auguste , qui lui avoit fait épouser sa nièce : sa fille étoit mariée au jeune Marcellus, et la jalousie du pouvoir s'étoit bientôt glissée entre son neveu et son gendre. Marcellus étant mort , le prince interroge Mécène sur le sort de Julie. Mécène lui répond; «Tu as rendu Agrippa ce si grand, que tu ne peux te dispenser ou d'en faire ton gendre, ce ou d'ordonner sa mort ». Auguste rompt le mariage d'Agrippa, et lui donne sa fdle pour épouse ^

Mais l'ami d'Auguste dut principalement son bonheur et sa

h 27. Il est probable que dans les deux der- ment. Voyez aussi Tacite, Annal., 1. HI,

nieres expéditions Mécène alloit rejoindre c. xxx, et 1. VI, c. xi.

Oct.ive à l'aTmée, el; que celui-ci le ren- (i) Velleïus Faterculus, 1. II,c.Lxxxvin.

voyoit souvent à Rome avec des instruc- (a) Dion, 1. LV, §. 7.

tiens pour y tenir les rênes du gonxerne- (3; Dion , 1. L'IV, §, 6.

PERSONNAGES ILLUSTRES

gloire à son inclination pour les gens de lettres , et aux grâces chap. iv. qu'il leur fit accorder par le prince. C'est ainsi qu'il protégea ,f,j"°d3'hît Virgile, Horace, Varius , Properce , Marsus, Valgius, et plusieurs pj^^Ji""■ "^^ autres écrivains illustres. La plupart d'entre eux obtinrent son p, xm. amitié, et presque tous lui durent leur aisance, et ces loisirs que leur génie et leurs talents ont rendus chers à la postérité'. L'empereur surpassa son favori par ses libéralités envers eux, et rivalisa avec lui en les traitant comme ses amis, et en les admettant à sa familiarité. Ainsi le siècle d'Auguste n'a pas encore eu de pareil dans l'histoire des lettres.

Un homme qui apprécioit si bien les talents de ses contemporains devoit avoir lui-même des talents et du goiit; et en effet Mécène avoit composé des ouvrages en prose et en vers : mais son séjour à la cour, la mollesse et le luxe de sa vie et de ses mœurs, entachées de toute la corruption de son siècle, enfin ses richesses, et ce rang élevé qu'il occupoit, et qui, pour me servir de ses propres mots, étonne les ames% ne lui permirent

(i) Ce sujet a été traité avec beaucoup de grâce par un anonyme que M. Wernsdorff a cru être Saleïus Bassus, qui a vécu sous Néron. Le poème est adressé à un personnage de la famille des Pison, et il s'est conservé parmi les Catalecta qu'on avoit l'usage de joindre aux manuscrits de Virgile. Le lecteur sera bien aise de parcourir ici ce qui regarde Mécène. Pancgyr. ad Pisonem, v. 218, dans le tome IV des Poetœ latini minores, de Wernsdorfi", \\° iv. Ipse per Ausonias AEneïa carmina gentes Qui soiiat, ingenti qui nomiric puisât Olympum, Mœoniuinquc setwin Romano provocal oic , Forsitan illius nemoris latuisset in uinbra Quod canit, et stcrilitaritum cantassct avciia Jgrwlus populis, si Mœccnate carcrct.

Qui tarnen haud uni patefecil limina vati,

Nec sua Vlrgilio pennisit nuniina soli.

Mœcenas tragico quatientein pulpita geslu Erexît Varium , Mœcenas alla Thoantis Emit et populis ostendit nomina Graiis.

Carmina Romanis etiam resonantia chordis, Ausoniamque chclyn gracilis patefecit Horatt. O decus, et toto mérita venerabilis œvo Pierii tutela chori , quo prœside tuti Non unquam valcs inopi timuere senectœ.

Peut-être doit -on substituer Thyestce ou Thycstis à Thoantis dans le vers 227 : c'est le nom de la célèbre tragédie de Varius, la seule que les Latins pussent comparer aux tragédies grecques : ï'arii Thy estes cuilibct lirœcortan comparari potest, dit Qnintilien, I. O., \. \, §. i .

(2) Dans lépîtrcLxxixde Sèncciue: Ipsa enini altititdo attonat sunuiia.

290 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

chap. IV. pas cFcviter dans ses écrits la négligence et l'affectation : tant il Poisoniuges il- ggj. ^,j,,^| aull cst Hioins difficile d'être bon critique cmc bon

lustrfsdansl iiis- 1 ■•••■•

toire liitér. tics écrivain.

Romain!». , , .

PI XIII Quoiqu'il n'ait pas été toujours cbargé de surveiller la police

de Rome, il ne cessa point d'être cher à son prince, dont les amours avec Terentia sa femme n'occasionerent jamais ni jalousie ni refroidissement entre l'amant et l'époux. Le caractère bizarre de cette femme, dont les charmes captivoient tous ceux qui la voyoient, fut peut-être le seul déplaisir qui troubla quelquefois le bonheur de Mécène. Leurs divorces et leurs raccommodements journaliers égayoient la chronique scandaleuse de la cour^. Mécène, de son côté, ne se piquoit pas de fidélité; et il n'est j3as vraisemblable que ces brouilleries fréquentes aient été la cause de cette insomnie triennale à laquelle il succomba dans un â^e avancé , l'an 8 avant l'ère chrétienne"*. Auguste regretta Mécène toute sa vie; il avoit perdu en lui un ami et un courtisan honnête, zélé, sans ambition, sans intrigue, et dévoué tout entier à sa puissance et à sa gloire.

Content de son crédit à la cour et de ses richesses immenses, et lier de la grandeur de ses aïeux , Mécène avoit voulu rester dans l'ordre des chevaliers, et avoit refusé constannnent les dignités de l'état, et même celle de sénateur.

Quelque portrait de Mécène est-il parvenu jusqu'à nous? une médaille fausse nous l'offre; mais l'imposture est trop grossière

(i) Séneque, de Providentia , c. m. cette inconiniocllté; et c'est à cela peut-être

(a) Pline, 1. Vl[, ^. Sa; et Séneque, loc, que fait allusion Velleïus par sa phrase .<rt«e

cit., où il remarque que le son des instru- cxsomnis (1. II, c. lxxxviii). Pour Tépo-

nients étoit un des moyens dont Mécène que précise de sa mort , voyez la ^j'e <f'/fo-

faisoit usage pour provoquer le sommeil. Il race attribuée à Suétone, avoit probablement été sujet toute sa vie à

PI. xm

PEPvSONNAGES ILLUSTRES. 291

pour pouvoir tromper'. Une conjecture heureuse du duc d'Or- CHiP. rv.

,, , ir>« «. ^ • ' Personnages il-

leans régent peut le faire reconnoitre sur des pierres gravées par i„,j,,,d,„3ii^. les plus habiles artistes, tels que Dioscoride et Solon : nous con- '^"^'^j^"'"' '^" noissons l'époque où Dioscoride a fleuri. Solon, qui a exécuté le même portrait, étoit probablement son contemporain. La tête d'un personnage du temps d'Auguste , gravée par les plus excellents lithogljplies de son siècle, si elle n'est pas celle d' Agrippa, doit être, suivant la conjecture du régent, celle deMécene; d'autant plus que cet ami de l'empereur parvint à l'âge avancé qu'annonce l'un des portraits exécutés par Dioscoride\ Baudelot, cpii fît part à l'Académie des inscrijDtions et belles-lettres de la conjecture du prince, n'a pu l'appuyer d'aucune autre preuve^.

J'ai fait dessiner sous le 11° 4 de la planche XIII la cornaline n» de la collection Farnese, ouvrage de Solon; et sous le n" 5, Taméthyste gravée par Dioscoride^'. Cette pierre, qui appartient

et 5.

(i) Meibomiiis l'a fait graver à la page 4o de sa vie de Mécène. Sur cette médaille, Mécène a la barbe, contre le costume des Romains de son siècle; sa tête est ceinte d'un diadème. Celle de Virgile fait le type du revers. Ce qui est également extraordinaire, cette monnoieest frappée /jar décret du sénat, S • C *. Le cardinal Caraffa, celui qui fut étranglé par ordre de Pie IV, conservoit cette médaille dans son cabinet.

(2) On donne à Rlécene l'épithetc de scnex (vieillard) dans l'élégie sur sa mort, attribuée à Pedo Albinovanus, vers 2 et 8 ; et on fait allusion à son grand Age dans le vers III de la même élégie.

(3) Voyez la Lettre sur le prétendu Solon des pierres grattées , écrite au duc <rC)rléans par Baudelot, et publiée à Paris en 1717, in-4''; et le lll"-" volume de Vl/istoire de l'académie des inscriptions et

belles-lettres, p. 248.

(4) La première a été dessinée d'après une empreinte de la collection de Dolce; la deuxième , d'après la pierre originale. Les dessins de l'une et de l'autre ont été gravés dans plusieurs ouvrages. On voit celle de Solon dans les Iniag. ex Biblioth. Fulvii Ursini, de Jean Lefebvre, n° i35; et celle de Dioscoride , dans les Pierres antit/ues, etc., de Pli. Stoscli , pi. xxvii; et dans les Conunentaria de antiipiis scalptoriùus, de Bracci, t. Il , tab. lix. Ces deux derniers anti(piaircs , ainsi que Gori,ont publié une copie anticpie de la pierre gravée par Solon, et portant son nom, qui existoit à Florence, dans la collection de Iliccardi. Voyez les ouvrages cités, Stosoli, pi. Lxn; Bracci, loc. cit. , tab. cv ; et le Muséum Florentinum , Gemtiue , t. II, tab. X, •<,

pj. xn,

N° 7 et 8.

292 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. I.

CuAP IV. au caLinet de la Riljliotheqiic du Roi, nous offre le même porlusueriritriiî!" ^^^^^ dans un âge plus avance. Il existe dans les dactyliotlieques toire imér. <ks Jes dIus cclebres des imitations anciennes de ces ouvrages', et

Iloinaiiis. * a '

toutes nous portent à reconnoitre le même personnage dans un Lusle sculpte en marbre, qui est dans le nuisêe du Capitole, et dont j'ai fait graver les dessins sous les n° 7 et 8 de la planche XII. Ce buste, d'un excellent ciseau, semble confirmer, jusqu'à un certain point, l'importance du personnage représenté, et par conséquent la conjecture du régent ^

Mais n'y avoit-il pas sous le règne d'Auguste quelque autre personnage dont les arts ont dû s'empresser de perpétuer à l'envi la physionomie.? Il me semble qu'on pourroit faire sur Pollion une conjecture à peu près semblable à celle que le duc d'Orléans avoit faite sur Mécène. Orateur distingué dès sa première jeunesse, et pendant la crise de la république romaine sous César et Pompée ; peu après , homme d'état et chef d'une armée ;

(i) La plus singulière de ces imitations est le médaillon contorniate qu'on voit au cabinet de la Bibliothèque du Roi , et dont Baudelot a donné dans sa lettre un dessin peu exact. Je l'ai fait graver de nouveau sous le n" 6 de la planche xiii. L'auteur du contorniate a connu le portrait de Mécène, exécuté par Solon ; mais le nom de l'artiste l'a induit en erreur; il a cru que c'étoit le nom du personnage représenté. Suivant l'usage de son temps, qui étoit de retracer sur ces médaillons les portraits de quelques hommes illustres , il a cru y graver celui de Solon, quand il ne faisoit que copier le portrait d'un Romain exécuté par Solon.

Cette erreur, que j'ai déjà remarquée dans V Iconographie grecque, F^ partie , ch. ir, §. 3, nous prouve que les auteurs des contorniates cherchoient à copier les portraits

d'après des monuments authentiques , et qu'ils ne les faisoient pas d'imagination. Cette observation semble propre à nous inspirer quelque confiance sur Tauthenticlté de ces portraits , dont nous nous trouvons dans la nécessité de faire usage pour l'iconographie, et particulièrement pour celle des Romains illustres dans l'histoire des lettres. Quant au type du revers de ce contorniate, il semble imité d'une mounoie des Métropolitains cVIonie. Le vainqueur aux jeux du cirque, en l'honneur duquel on avoit frappé le médaillon, étoit né peut» être dans cette ville.

(2) Stosch et Gori avoient remarqué un buste semblable dans la galerie de Florence (voyez Muséum Florent. , Gcinmœ , t. I, tab. xLi, p. 88).

PERSONNAGES ILLUSTRES. 293

ami de Marc-Antoine, et bientôt aussi cVOctave, Caïus Asinius chap. iv. PolliOy ou Pollion, sut toujours, sans bassesse et sans perfidie , if5"'°^an!rh!!' se maintenir auprès de Tun et de l'autre , de manière qu il réus- ^'^"^ '■"" "^«^

^ ^ Romains.

sit plus d'une fois à les réconcilieer lorsqu'ils étoient en mésin- p, xm. telligence, et put enfin attendre l'issue de la bataille d'Actium sans autre intérêt que celui de la pitié pour le vaincu. Consul, et honoré d'un triomphe sur les Dalmates, historien, critique, et poète, il parvint à la vieillesse, environné de l'estime et de l'amitié des gens de lettres , qu'il protégeoit'. Ce fut lui qui sentit le premier le mérite naissant de Virgile , et qui l'encouragea : il fut l'ami d'Horace ; et , ce qui est d'une grande importance dans l'examen dont il s'agit , il signala son amour pour les arts par la magnificence des monuments qu'il fit construire, et qu'il orna des chefs-d'œuvre des artistes grecs, et des portraits des hommes illustres''. On ne doit pas douter que son portrait n'eût été exécuté par d'habiles artistes , et consacré peut-être dans la bibliothèque qu'il avoit ouverte sur le mont Aventin. Toutes ces considérations sembleroient devoir nous porter à regarder le portrait en question plutôt comme celui de Pollion que comme celui de Mécène, si on n'avoit pas à opposer une considération qui paroit être d'iui assez grand poids. Parmi les goûts de Mécène , celui des pierres précieuses ne tenoit pas le dernier rang; des autorités respectables nous donnent lieu de le croire^: or cette particularité peut faire pcn-

(i) Voyez, sur Pollion, Vossius, de Ilis- §. 4, n° 5, 6, 7, et 10. toricis latinis, 1. I, c. xvn ; le Dialogue (3) Les surnoni.s (jiio, par plaisanterie,

sur les orateurs, attribué à Tacite, ^. 17 Auguste donne à fllécene clans I\Iaorobe,

et 34 , où la durée de sa vie est assez déter- 1. 11, Satiirn. , c. iv, semblent faire allusion

minée; et, pour son caractère, Velleuis l\i- à son goi\l pour les pierres Unes et pré-

terculus, 1. H, ^.86 et ia8. cieuses: cette allusion se retrouve d.ins des

(2) Pline , 1. XXXV, §. 2 , et 1. XXXVI, phaleuces, composés par Mécène lui-même,

agi iCONO GRAPHIE ROMAINE. Part. E

Chai-. IV. SCF quc Li gr.ivure en pierres fines formoit un des objets de hItrerHaldli! ^^^ luxe, ct qu'il s'étoit plu à les employer pour faire exécutoire liitcr. des ter son portrait par les meilleurs lithoclvplies. Pollion, au con-

Koraains. ^ / O ^ i ' ^

PI. XIII traire , qui avoit en grand le goût des arts , a pu négliger ce petit genre, qui seroit, à l'égard de Fart statuaire, ce que la peinture en miniature est à l'égard de la peinture d'iiistoire, si la longue durée des ouvrages de l'art lithoglyptique n'en relevoit pas aux yeux des juges éclairés la dignité et la considération. On pourroit même dire que le soin qu'avoit Mécène de ne paroitre jamais en public que {palliolatiis) la tête enveloppée d'une petite draperie', tenoit à ce manque de cheveux qui laisse tout nu le sommet de sa tête dans les portraits dont il s'agit, même dans ceux où ce personnage paroît dans un âge moins avancé. Frappé de ces réflexions, malgré les conjectures que je viens de proposer sur Pollion, je crois devoir adopter l'opinion de ceux qui attribuent ces portraits à Mécène. Le lecteur que j'ai mis à portée d'examiner avec moi les motifs opposés pourra se décider lui-même pour l'une ou l'autre de ces conjectures.

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