‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 48 sur 94 · DANS LES MUNICIPES · texte numérisé non relu

DANS LES MUNICIPES

Ij'ambition des particuliers, qui aspiroient à riionneur d'avoir Chap. v. des statues, fut souvent réprimée à Rome par des lois'. Mais /''"°""'S" "'-

'Al lustres dans le»

la manie de parvenir par ce moyen à une sorte d'immortalité '°"""'p«fut plus facile à satisfaire dans les villes de province, et parti- p'-^^culièrement dans les municipes et les colonies".

A Rome, la permission du sénat étoit nécessaire pour l'érection , dans un lieu public , de la statue d'un homme ou d'une femme ^ : le sénat des colonies, c'est-à-dire le collège des décurions, s'étoit arrogé, dans les limites de sa jurisdiction , les mêmes droits; et son consentement étoit plus facile à obtenir que celui du sénat de Rome. Un mérite, pour ainsi dire local, étoit suffisant pour motiver ces distinctions. Le crédit employé dans la capitale par un homme puissant, en faveur des habitants des provinces, fournissoit aux protégés le prétexte de demander pour leur patron l'honneur d'une statue; et la protection qu'il leur accordoit étoit un titre pour la lui faire obtcuir\ Les villes

(i) Pline, liv. XXXIV, J. i4; Suétone, (3) Jiiliiis Capitolinus, in Marco An-

Caïiis, c. XXXIV. toiiino, c. m ; voyez aussi M. l'abbé Mor-

(2) Voyez, dans \' Iconographie grec- celli, de Si)lo Ins., pa". S().

que, le discours piéliminairc, pag. vni. (.4) Siipeni-quaiii publice pntroiio (Ma-

320 ICONOGRAPHTE ROMAINE. Part. I.

chap. V. fie province rivalisolcnt entre elles dans la pompe des jeux et Personnages il- ^^^ f^j^g nnljli(|ues .' Ics pailïculiers de tout sexe, qui, par leur

lusties tiaiis les 11 ^ / X ' i

municipes. libéralité, fouruissoient à ce genre de dépenses, méritoient des ^' ^^' statues. Des magistratures et des sacerdoces donnoient occasion à des acte.i de munificence : on élevoit des monuments aux personnes qui s'offroient pour remplir ces dignités avec éclat. La magnificence de la capitale excitoit l'émulation de ses colonies; on vouloit avoir par- tout des temples, des forum, des basiliques, des amphithéâtres, des thermes, qui méritassent d'être visités par les étrangers : l'honneur des statues étoit une récompense qui encourageoit les riches à décorer de monuments publics la ville de leur domicile. Ainsi les provinces étoient remplies de statues, dont la plupart appartenoient à des personnes obscures, que leurs places, ou leurs richesses et l'emploi qu'elles en faisoient, illustroient pendant quelques moments', mais dont le temps faisoit bientôt oublier les noms , ainsi que les services. Tant que les familles des personnes qui avoient joui de ces honneurs conservoient , dans les mêmes villes, une existence distinguée , leurs monuments étoient conservés ; mais le public étoit souvent tenté de changer les inscriptions honoraires, et même les têtes des statues accordées à des particuliers

rini, An^ali, pag. 53). Cette formule, ^hhlice patrono , termine un f[rand nombre d'inscriptions qui étoient gravées sur les piédestaux des statues honoraires élevées dans les municipes.

(i) Les motifs indiqués clans le texte se trouvent exprimés sur la plupart des inscriptions qu'on plaçoit au pied de ces staiiies. Par exemple: Ob prœcipiiam ejus in cdendis spcctaculis liberaïitatcm (Insciipîion de Die, dans Gniler, p3g. 484)

y\° i) : Qtiod post impensas exemplo il-, lustriuni feminarum factas , ob sacerdofiiim , etiam opus porticus Spei velustate vexatumpecunia sua refecturam se promiserit populo , ciim pro saluée principis Antonini Aug. Piipatrispatriœ, eximio ludorum spectaculo édita, religioni, veste donata universis , satisfecerit {Inscnçûon de Gabies, placée autrefois au pied de la Statue dUAgusia Friscilla; Monum. Gabini, pag. i48) : Folusio Victori qui

PERSONNAGES ILLUSTRES

PI. XV

qui n'avoient laissé après eux aucun successeurfiii aucun liéri- ch^p. v.

.Il ,1 1 ' • r Personnages il-

tier jaloux de protéger leur nom ou leur memon^e . j„^,^^, ,,3°^ ,^,

Ces personnages, malgré leurs honneurs, n'ont pas le droit '°""'"P"d'être comptés parmi les hommes illustres qui sont l'ohjet de ce recueil; aussi n'en ai-je admis dans ce chapitre qu'un petit nombre, qui, par des circonstances particulières, m'ont paru mériter une exception. Je les ai choisis parmi ceux dont le portrait a été conservé par les statues que les fouilles d'Herculanuni ont rendues au jour dans le dernier siècle. Le mérite de l'art, qu oiircconnoit dans ces monuments, a puissamment influé sur le choix que j'en ai fait,

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