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i54 ICOi\OGKAPHII': IlOMAINE. Part. II.
Cap. I. de leurs dérèglements, cl les relégua dans File Ponce '. Il vendit
wiedes gng^jitg .'j s(^)„ profit tous les meubles, leurs esclaves, même
CI XXV leurs afTranchis; et il tira de celte vente de fortes sommes,
parcequ'il étoil dans l'usage d'assister aux encans pour forcer
les enchères par sa présence.
Deux ans après, Claude, leur oncle, les rappela de l'exil, les fit rentrer dans leurs biens, et leur permit de rendre les derniers honneurs à Caligula , qui avoit été secrètement enseveli dans un jardin, de peur que le peuple ne déchirât et ne dispersât ses restes. Julie ne jouit pas long-temps du séjour de Rome. L'épouse de Claude, Messaline, jalouse de sa beauté, de la confiance que l'empereur lui témoignoit, des entretiens particuliers qu'il lui accordoit, et furieuse de voir cette princesse chercher à lui plaire par des flatteries, la fit exiler de nouveau, sous prétexte d'adultère avec Séneque. de quelques autres crimes, et sans entendre ses défenses. Enfin, l'an ^i, Liville périt, âgée de vingt-quatre ans, sous le fer d'un centurion que Messaline chargea de cet assassinat. En 1777, on déterra, près du mausolée d'Auguste , une urne d'albâtre avec son socle de pierre, sur lequel on lisoit LIVILLA GERMANICI Cœsarisfilia Hi'c sVTa est % et qui prouvoit qu'elle avoit été enterrée à Rome, mais non dans le mausolée d'Auguste , comme les autres princesses de sa famille, probablement à cause de la haine de Messaline. Son mari, Vinucius, périt (l'an 45) par le poison, victime de la vengeance de cette impératrice, dont il avoit refusé d'être l'amant.
K» 5. Nous avons vu plus haut que le sénat avoit fait fondre les
médailles de bronze de Caligula en haine de sa mémoire. Cependant on en possède encore un grand nombre. Celle de
(1) Suet. , cap. XXXIX. (2) Fo{;gini, Fasti Ferrii, i32.
FAMILLE DES CESARS. iÔ5
grand bronze, gravée ici sous le n" 5, présente sa tète coin on- chap. i née de laurier, avec la légende Caius CAESAR DI\ I kNGusti '':^^' PRONe/70J KWGustus Vojitifex Maximus TKibujiitia Votes- pi. xxv tate IlII VaterVatriœ. Revers: Tempereur, en habit civil, debout sur une estrade, étendant le bras et la main droite, harangue cinq mihtaires, dont quatre portent des enseignes; pour légende, ADLOCVT/o COHo/t/wm.
C'est la première fois que paroît ce type, si commun depuis sur les médailles impériales. Eckhel ' pense avec raison qu'il rappelle la harangue que Caligula prononça devant les cohortes prétoriennes à son avènement à l'empire. L'absence des signes S. C. prouveroit-elle que Caïus se ser'oit déjà mis au-dessus des lois , en faisant frapper lui-même des médailles de bronze pour les distribuer à sa garde .^
Les médailles des n" 7 et 9 sont relatives aux sœurs de Ca- k°7"9 ligula. La première, de grand bronze, présente la tête de l'empereur, couronnée de laurier, avec la légende Caïus CAESAR AYGustus GERMANICUS VOl'Ui/ex Maxùnus TlUlmnitia VOTestate. Revers : trois femmes debout , tenant des cornes d'abondance; l'une s'appuie sur un cippe; celle du milieu tient une patere ; et la troisième, un gouvernail : légende, AGRIPPA DRVSILLA IVLIA S. C. Cette médaille a été frappée la première année du règne de Caligula, au moment où il fil rendre les plus grands honneurs à ses sœurs, qui sont représentées ici sous les trois emblèmes de la Sécurité, de la Piété, et de la Fortune. La seconde médaille, qui est d'or, présente la tête nue de Caligula , avec celle d'une femme que tout porte à reconnoitre pour Drusille |sa sœur la plus tcudrcmcnl chérie ; légende Caius, CAESAR \MGitstus TRlbimitia VOTes-
(1) Doctr. nuiiu, VI, aa i.
i56 TCONOGRAPHTf: ROMAINE. Part. II.
ciu... I. tate. Revers : deux tèlcs de femmes en regard ; légende , ia,niiieacs AGRIPPINA IVLIA.
Césars.
l'i XXV. Ces médailles oui fait altrlhuer à Caliguia et à Drusilie le ea-
N' 8 mée du n° 8, un des plus beaux de la collection royale; la jeune têle du camée de Tibère (pi. XXII), de la même collection; et le précieux camée de la collection du feu duc d'Orléans, (pii appartient depuis trente ans à l'empereur de Russie. Le gra- N» 6. veur de cette pierre a profité liabilement des six lits, alternativement bruns ( sardoine ) et blancs (calcédoine), qui la composent, pour représenter les trois sœurs de Caliguia '.Le premier lit brun forme le voile ou la draperie qui couvre la tête de la première ; le premier lit blanc forme son visage ; et ainsi de suite.
N' 1 et 2 On retrouve la physionomie funeste de Caliguia dans le pré-
cieux buste de bronze du Musée Royal, dont on voit ici la face et le profil sous les n" i et i. La coupe des cheveux sur le front est la même que celle des princes de la famille d'Auguste. Cette tête présente tous les détails donnés par Suétone sur le portrait de Caliguia, et que j'ai rapportés plus haut.
^-o 3 r. 4 Les n" 3 et 4 présentent la face et le profil d'une statue placée
au Musée Royal (n° 29), qui fut découverte en 1792, dans les ruines de Gabies, par les soins du prince Marc-Antoine Borghese. Cette statue n'avoit point de tête lorsqu'on la déterra ; on y en adapta une de Caliguia, qui est antique et qui a beaucoup de traits de ressemblance avec les portraits de Germanicus, de Claude son oncle, et de Tibère son prédécesseur, trouvés tous les trois dans les mêmes fouilles de Gabies.
(i) Pierres gravées d'Orléans, t. II, pi. xxviii.
^. i3. CAMÉE DU CABINET DU ROI,