‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 80 sur 94 · Il I 1 • 1 • 1 1 r Famille As · texte numérisé non relu

Il I 1 • 1 • 1 1 r Famille As

solut d épouser du vivant de son mari, avec toutes les tormes césars. prescrites par la religion et les lois , Caïus Sllins, jeune homme pi xxvii d'une naissance illustre'. On traça l'acte de mariage, dans lequel se trouvoit la clause que celte union avoit pour but d'avoir des fils; on assuroit même qu'on l'avoit fait signer à Claude, en lui disant que c'étoit une cérémonie particulière ayant pour but de prévenir les dangers dont les prodiges le menaçoient. Enfin ce mariage sacrilège fut célébré à la vue du sénat, des chevaliers, des soldats , et de tout le peuple. Cependant il auroit été ignoré de Claude, qui étoit à Ostie, sans la mésinJelligence qui régnoit alors entre les affranchis Calliste , Pallas, Narcisse, et l'impératrice , parcequ'elle avoit fait mourir Polybe, un des plus puissants d'entre eux. Ils se réunirent d'abord pour instruire Claude ; mais, craio-nant l'ascendant de Messaline sur sou esprit, ils changèrent de résolution. Narcisse persévéra seul , et engagea deux femmes , qu'il appuya de son témoignage , à dire à l'empereur que Messaline avoit épousé Silius. Claude, furieux, revint sur-le-champ à Rome, se rendit dans le camp des prétoriens; Narcisse empêcha que l'empereur n'écoutât la coupable , et comiuanda à un trijjun de lui donner la mort. On vint dire à Claude que son épouse n'étoit plus. Il étoit à table; il ne demanda point si elle avoit elle-même terminé sa vie; mais il continua à s'enivrer, comme s'il n'eût rien appris. Il ne donna depuis aucune marque de joie ni de tristesse, d'amour ni de haine, quoiqu'il fût témoin de la doukur de ses enfants et de l'alégrcsse des accusateurs de leur mcrc. Suétone raconte même qu'allant un jour prendre son repas, il demanda j)our(|uoi l'impératrice éloit absente'.

(i) Tacit., XI, y.-]; Siici.. ciip. xxix. (?) Sui't.. cnp. xxxix.

t86 iconographie ROMAINE. Part. II.

ciiAP. I. L'état d'iml){';cillité qu'annonce celle demande la lui fit sou-

' c"s'ws"*' vent répéter pour d'autres personnes dojit il avoit ordonné la PI. XXVII mort; car sa cruauté égaloit sa slii[)idilé. Le lendemain mêmede leur trépas, il les faisoit inviter à sa table, à son jeu; et, comme s'ils eussent tardé à s'y rendre, il leur envoyoit un second message pour leur reprocher leur négligence. Vil instrument des vengeances , de la ( uj)idité de ses femines , de ses affranchis, il prodiguoit sur leurs demandes les honneurs, le commandement des armées, l'impunité des crimes, et les supplices, sans en avoir connoissance le j)lus souvent. Il fit périr Cneius Pompeius , mari d'Antonia l'ancienne, et Lucius Silanus, époux d'Antonia la jeune. Silanus, beau-pere de Messaline, fut contraint de se tuer le jour même où Claude épousa Agrippine. Trente-cinq sénateurs , plus de trois cents chevaliers , périrent par des ordres qu'on lui surprenoit; de manière qu'un centurion , entre autres , chargé de faire mourir une personne consulaire, vint lui apprendre que son ordre avoit été exécuté: ce Je n'ai rien ordonné, dit-il; mais je ne t'approuve pas moins. » Ses affranchis présents l'assurèrent que ces soldats faisoient leur devoir, en se hâtant de venger leur empereur. Son ardeiir pour voir répandre le sang étoit extrême ; il ne cessoit de faire combattre les gladiateurs; il se rendoit à ce hideux spectacle dès le point du jour; il examinoit avec avidité les traits des mourants". Il livra aux bêtes un entrepreneur de spectacle, parcequ'une machine s'étoit brisée. Enfin on le vit au lac Fuciu , lorsque les condamnés à mort refusoient de se battre pour imiter un combat naval, s'élancer du siège impérial, courir sur les bords du lac en chancelant d'une manière ridicule , les excitant tantôt par des menaces , tantôt par des exhortations.

(i) Dio, LX, i3; Siict., cap. xxi, xxsiv.

Claude avoit dit publiquement que ses mariages ayant été chap. i. malheureux , il conseutoit à perdre la vie s'il en contractoit un ^cclar»/ nouveau; et cependant trois mois s'étoient à peine écoulés, qu'il pi. xxvn avoit épousé sa nièce Agrippinc, mère de Néron, fille de Germanicus et de la vertueuse Agrippine l'ancienne.

Ce mariage avoit été préparé par les ruses et la séduction : il devint une nouvelle époque dans le règne de Claude; c'est-à-dire que R.ome eut un nouveau tyran. Les Romains, dans l'origine, n'épousoient pas même leurs cousines-germaines ; et les mariages des oncles avec les nièces étoient interdits. Claude craignoit, en violant celte loi, d'attirer quelque malheur sur l'empire; mais le sénat et le peuple, engagés par l'adroit \itellius, sollicitèrent l'empereur d'accomplir ses projets, et abrogèrent la défense. Agrippine fit l'essai de son pouvoir en séparant de Silanus sa belle-fille Octavie (fdlc de Claude); elle la maria, l'an 49, avec son fils Néron, âgé de douze ans, que l'empereur adopta l'année suivante. Ce fut le premier pas pour l'égaler à Rritannicus^ dont il usurpa bientôt tous les droits. Tacite fiiit observer qu'au moment où Claude contractoit un mariage incestueux , il offroit des sacrifices pour expier l'inceste prétendu de Silanus et de sa sœur ' ; calomnie inventée par Agrippine pour rompre son mariage avec Octavie,

A la femme la plus impudique qui ait existé succéda Agrippine, femme hautaine, impérieuse^ cruelle, ambitieuse, avide de richesses, employant les moyens les plus atroces pour les acquérir'; et Claude ne fut encore que l'instrumeut de ses * passions. Elle rappela Séneque le philosoi^hc de l'exil, et le nomma gouverneur de son fils.

Claude croyoit avoir agrandi l'empire par la conquèle iacilo (1) Tacii., Vlll, ïi, ?.a. (2) Tacii., XII, 7, S.

i88 inO\Or;iVAPI£IE ROMAINE. Part. II.

cmai. I et peu sûre rFiiiie ])aitie de rAngleteirc; il voulut, à cause de

' «1'' ' ' cela, user d'un droit exercé jusqu'alors par ceux qui avoient

PI. XXVII reculé les bornes de l'empire romain, celui de reculer celles de

la capitale. Il en aui^menta l'enceinte, et y renCerma le mont

Aventin.

Agrippine s'attachoit à dépouiller de toute considération l'héritier légitime du trône, le malheureux Britanuicus; elle l'empéchoit de paroitre en public, même de voir son père; elle répandoit le bruit qu'il avoit l'esprit égaré, qu'il étoit attaqué d'épilepsie '. Cependant, quoiqu'il ne fût âgé que de neuf ans, ce malheureux prince sentoit déjà sa pénible situation, et montroit un esprit vif et pénétrant.

Il ne manquoit à Agrippine que le titre d'Auguste, qu'elle prit un an après son mariage. Elle régnoit souverainement : elle recevoit en public les hommages du sénat; dans les grandes cérémonies , elle étoit assise à côté de Claude , et sur un siège pareil; là, les princes étrangers la saluoient, et la remercioient solennellement, comme ils venoient d'agir avec l'empereur; elle dounoit avec lui audience aux ambassadeurs ; enfin elle siégeoit à ses côtés lorsqu'il rendoit la justice; ce qui, disent les historiens % ne paroissoit pas moins étonnant et moins amusant que les spectacles. Afin de montrer aux étrangers même quelle étoit sa puissance, elle donna son nom à la colonie des Ubiens (Cologne sur le Rhin).

Néron prit , l'an 5i , la toge virile , qui lui ouvroit la carrière

* des honneurs. Cette espèce d'émancipation fut célébrée avec un

grand appareil par les soins d'Agrippine , qui voidoit prévenir

le peuple en feiveur de son fils, en le lui montrant auprès de

l'empereur pour le remplacer; tandis que le fils de Claude por-

^,i) Tacit.. XII, 26. (2) Dio, LX, 33; Tacit., XII, 56.

toit encore les attributs et les vêtements de l'enfance, la bulle chap. r.

di .1 ' i i Famille de:

or , et la prétexte. cesars

Le sénat fit, en 5i, des actes publics de bassesse que Ton a pj. xxvii peine à croire'. Il ordonna qu'un des affrancliis qui réonoient sur l'esprit de l'empereur, Pallas , seroit prié de revêtir les ornements de préteur, de porter l'anneau d'or des chevaliers, ,et d'accejDter une somme d'argent. Claude répondit pour lui, qu'il se contenteroit des honneurs ; mais qu'il vouloit vivre dans sa pauvreté. Tacite fait observer que le sénat rendit un décret pour comparer avec éloge aux temps de l'antique frugalité cette action d'un affranchi qui, possédant des richesses immenses, avoit refusé une modique somme. Au reste on verra ici l'influence d'Agrippine , qui entretenoit publiquement avec Pallas un commerce criminel.

La même année , Claude acheva le superbe aqueduc qui porte son nom, et qui avoit été commencé en 38 par Caligula. On se formera une idée du prix que les Romains attachoient à ces monuments , quand on se représentera le volume d'eau nécessaire à des hommes qui se baignoient chaque jour. Les aqueducs amenoient à Rome une quantité d'eau égale à celle que le Tibre y fait couler.

Je rapporterai encore un trait qui peindra l'ineptie de cet empereur et l'audace de ses affranchis. Les Rithyniens se plaignoient à lui des exactions qu'ils avoient souffertes de la part de Junius Cilo. Ces députés exposant leurs griefs avec chaleur, Claude ne distinguoit pas l'objet précis de leurs plaintes; il le demanda à Narcisse , qui lui répondit sans hésiter que les Rithvniens rcndoient des actions de grâce, à Cilo : «D'après cela, «dit-il, je prolonge de doux ans son commandement'. 5^

(1) Plin.Jib. XXXV[I,cap. xvm;IMiii. (2) Dio, LX, 33, 3.}, 35.

jun.,lib. VlII,ep.vi;Ta(it., ./««., XII, 53.

FainilL' (les Césars.

P). XXVJI

190 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Cm. 1. Cepenfl;mt , maigre' sa sliipidilé , Claude ouvroit insensible-

mcDl les yeux sur les désordres de la vie d'Agripphie, sur sa liaison avec ralTranclii Pallas, el sur ses trames criminelles en faveur de Néron. Eu même temps la tendresse paternelle se réveilloit au fond de son cœur, et il paroissoit vouloir rapprocher de lui son fils lîritannicus, auquel Narcisse avoit seul conservé quelque intérêt. Dans la joie d'un festin , l'empereur laissaparoître les sentiments qui l'agitoient; aussitôt Agrippine résolut de le prévenir par une mort prompte". On ignore les circonstances de son crime : cependant les railleries c|ue Néron se perrnettoit lorsqu'on plaçoit sur sa table des champignons, qu'il appeloit le mets des dieux , prouvent assez que ce végétal avoit renfermé le poison. Agrippine l'avoit commandé à Locuste (empoisonneuse célèbre, déjà condamnée pour ses crimes), qui, dit Tacite, fut long-temps un instrument du gouvernement'.

Ainsi mourut ce prince avili, l'an 54 de l'ère vulgaire ^ âgé de soixante-c[uatre ans, après treize ans de règne. Agrippine n'auroit osé entreprendre ce crime, si Narcisse eût été présent; ce que l'on put conjecturer, en voyant que l'impératrice le contraignit, dès que son maître fut expiré , à se donner la mort.

On rendit à Claude les mêmes honneurs funèbres qu'à Auguste. Agrippine et Néron feignirent de pleurer, dit l'historien Dion, celui auquel ils avoient ôté la vie, et ils élevèrent jusqu'aux cieux celui qu'ils avoient fait mourir dans un repas ^. Aussi, clisoit un frère de Séneque, on a élevé Claude sur l'Olympe avec un croc. (Cet instrument servoit aux bourreaux à traîner sur \e forum, et de là dans le Tibre, les criminels qui avoient été mis à mort dans les prisons. )

(i) Suet., rap. XLiv; Juven., V, 146; (2) 'Tac\t.,Wl,&&. Duiinler instrumenta

Mart. ,I,ao. reijni habita. (3) Dio, LX, 35.

Famille des Ctsars.

Voici le portrait que Suétone a tracé de Claude' : «Soit qu'il ci.ap. «se tint debout, soit qu'il fût assis , il avoit de la dignité dans sa «personne , surtout lorsqu'il restoit immobile ; car il étoit grand, pi xxvit. «et d'un embonpoint ordinaire. Son teint étoit blanc, ainsi que «ses cheveux. Il avoit le col épais. Mais, quand il entroit dans «quelque lieu , la foiblesse de ses jarrets le faisoit fléchir; et, soit «dans le commerce familier , soit dans les moments de représen- « talion, il devenoit ridicule. On le voyoit alors rire hors de «propos, devenir hideux de colère, avoir le nez et la bouche «humides, bégayer fortement, et avoir la tête agitée par un «tremblement convulsif. "

Les n" I et 0. présentent la face et le profil d'un buste de ^o^ et 2 Claude , conservé dans le Musée Royal , sous le n° 28. Les traits stupides de cet empereur y sont fidèlement retracés. Il porte la couronne de laurier, comme ses prédécesseurs. La beauté du travail et la vérité du portrait ne sont pas les seuls mérites de ce buste : il est de bronze ; et l'on sait combien peu de monuments de ce métal sont parvenus jusqu'à nous. Dans les révolutions et dans la succession des siècles, la cupidité les a précipités dans les fourneaux ; les marbres ont survécu à la destruction , mais seulement dans les contrées où la barbarie, à défaut de pierre calcaire, ne les a pas réduits en pierre à chaux.

La médaille du n° 5 sert à justifier ceux qui attribuent à Claude n» s. les divers portraits que l'on voit ici gravés sous son nom. C'est une médaille de grand bronze, sur laquelle le portrait de Claiule est parfaitement gravé. D'un côté, sa tétc couronnée de laurier, avec la légende T\berius CLA\ DIVS CAKSAll kNCustiis Vojitifex Maxùnus 'ÏRibimitia Votestate IMVerator. Au levcrs , EX

(1) Suer., caii. xxx.

ClllAF'. I.

192 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Senatus Cojisuùo Olî CIVES SERVATOS, dans la couronne Famille des ci\ ifiiic , dc cliênc.

Ci'sars. .

PI. XXVII. Un des plus J)caux monuments de la sculpture du premier

siècle de l'ère vulgaire est le Imste colossal de Claude, que Ton voit aujourd'hui en Espagne. Il a été publié par Bartoli, avec une dissertation de Severoli ; ensuite par Fabretti , et depuis parMontfaucon ' ; mais jamais avec assezd'exactitude pour qu'on

N» 3 et 4. pût reconuoître sûrement les traits de cet empereur. Les n" 3 et 4 (gravés sur deux dessins faits d'après ce buste) nous le représentent déifié; aussi voit-on ici, comme dans les médailles restituées, un mélange du portrait véritable et de l'idéal consacré aux divinités. Claude porte la couronne radiée (attribut des princes déifiés), liée avec des bandelettes en forme de diadème. Cette couronne supporte un nimbe, ou disque, commun sous le Bas-Empire, mais rare sur les monunienls antériems à Constantin (il devint le cercle d'or, l'auréole qui caractérisa les saints personnages dans les peintures des premiers cbrétiens). On voit sur les épaules des traces de la cuirasse, et l'agrafe de la cblamyde. Ce buste est aujourd'hui séparé de sa base, qui est de la plus grande richesse; c'est un amas d'armes de toute espèce, romaines et barbares, sur lesquelles est posé un aigle tenant un foudre et le globe impérial, et paroissant porter aux cieux l'empereur déifié.

Ce précieux monument fut sans doute exécuté par l'ordre de Néron , cjui , dit Pline le jeune , plaça dans le ciel Claude pour le rendre ridicule \ Quelle autre personne eût pu prendre intérêt à un prince aussi méprisable, après sa mort.^

En 1668, on le déterra, ainsi que ï Apothéose (V Homère , la Table Iliaque du Capitole, dans un lieu appelé autrefois Bovillœ,

(i) An\. exn/. V,pl. c.xxix. (2) Cœlorlicavil....ClaHdh(mA'eio,se'I ut irriderct. {Paneg., II.)

aujourd'hui Frattocliie , près d'Albano , à neuf milles (trois cha.-. i. lieues 1 de Rome, sur la voie Appienne, où étoit l'édifice cou- Fam.iiedes

'' ' 11' César»,

sacré aux membres de la famille Julia. Ou le conserva quelque pi xxvii. temps dans le palais Colonna , jusqu'à ce que le cardinal Ascagne Colonna le donna au roi d'Espagne Philippe IV. Une fable relative à ce monument a été répétée souvent , sans qu'on ait cherché ce qui a pu la faire naître. On disoit c[ue ce buste servoit de contre-poids à une horloge dans l'église de l'Escurial; et que, dans la guerre de la succession, le parti autrichien étant entré dans Madrid, milord Galloway l'avoit trouvé après de longues recherches, et l'avoit fait porter en Angleterre. Ce marbre n'est jamais sorti de la capitale. On le voit dans le palais del Retira, où il fut transporté du palais du roi, ;i cause d'un incendie; mais il est séjDaré de sa base, ou piédestal, qui est actuellement dans un souterrain du palais du roi'.

§. i5. MESSALINE ET BRITANNICUS.

Messaline, dont le nom seul doit réveiller à jamais l'idée de la plus honteuse débauche , étoit fille de Valerius Messala Rarbatus et de Domitia Lepida , et arriere-petite-fille de la sœur d'Auguste, d'Octavie. Quatrième épouse de Claude, qu'elle rendit père d'Octavie et de Rritannicus, elle exerça un pouvoir absolu sur l'esprit de ce jnince foible, soit par elle-même, soit en se réunissant aux affranchis qui le dominoient impérieusement. Ce pouvoir s'étendit même sur tout l'empire ; car on lui donna le litre d'Auguste, qTu:)ique l'enq^ercur eût paru ne pas le désirer; et l'on célébra solcnneHcment le jour de sa naissance comme

(i) Mus. Pio Clément., VI, [y8.

194 ICONOGRiPHIE ROMAIINE. Pakt. II.

ciiAP. i. on Je liiisoil pour Je jjriiicc'. Elle le suivit aussi dans un cliar Faimiieaes lorsffu'il Irioniplia tics Bretons.

Césars. 1 J.

PI xxviii L'inipérati iee ne vit dans le rang suprême qu'elle venoit d'oc-

cuper rpie le moyen de satisfaire impunément son penchant pour la débauche; elle employa même pour cela l'autorité de son mari. Claude donna , d'ajirès les sollicitatious de son épouse, l'ordre d'exécuter toutes ses volontés, à des hommes que la crainte du ressentiment de l'empereur empêchoit de répondre à ses désirs criminels. Si l'on reproduisoit ici le tableau énergique des débauches de Messaline tracé par Juvénal', on la verroit sortir du palais à la chute du jour, s'acheminer vers les repaires du libertinage , y occuper la place des plus viles prostituées, les imiter, recevoir un honteux salaire, et quitter la dernière ces réduits infâmes. On pourroit objecter le goût du poète pour l'exagération, pour l'hyperbole; mais on ne fera pas sans doute le même reproche à l'historien Aurelius Victor'. Il peint Messaline se jouant de la sainteté du mariage avec des amants pris dans toutes les classes, leur prostituant devant elle des femmes et des filles de la plus noldc extraction ; contraignant les maris, les pères, à être les témoins de leur déshonneur, et les faisant périr eux et leurs familles sous le poids de fausses accusations, s'ils témoignoient de l'horreur pour de telles infamies.

Les affranchis lui prêtèrent d'abord leur appui pour subjuguer le foible empereur , en l'effrayant par des fantômes de conspirations; mais la crainte de perdre leur crédit, et l'esprit de vengeance qu'elle avoit éveillé eu faisant condamner à mort l'un d'eux, les portèrent, l'an 48, à ouvrir les yeux de Claude sur le mariage qu'elle venoit de contracter publiquement pendant

(i) Dio, LX, 12. (2) Sat. VI, v. 1 15. (3) Cœsar, cap. iv.

FAMILLE DES CESARS. iqS

sou absence : «Liaison al)ominal)le, dit Yictor, qui a rendu cu.kv.i. <c Messaline plus célèbre que son mariage avec un empereur. « !"»'";"« "^^

Le penchant de Messaline pour la débauche la rendit cruelle pi xwiii lorsqu'elle trouva des obstacles. Elle fit tuer Silanus son beaupere, et empoisonner Vinucius, neveu de Claude, parcequ'ils navoient pas voulu souiller la couche impériale. La mort de plusieurs de ses amants n'eut d'autre cause que l'impuissance où elle les avoit mis de satisfaire encore ses désirs voluptueux. Un autre vice, la cupidité, la porta aussi à faire mourir un grand nombre de citoyens pour s'emparer de leurs richesses; et la révolte de Camillus lui en facilita les moyens, par la perfidie avec laquelle y furent enveloppés, quoique innocents, les meilleurs , mais les plus riches citoyens. Possesseur des jardins de LucuUns,, Asiaticus périt par les artifices de l'impératrice, qui vouloit les occuper. Elle fit mourir Julie, fille de Drusus le jeune, et Julie Liville, sœur de Caligida, princesses dont la naissance et la beauté lui portoient ombrage.

Messaline voulant faire passer à la postérité le souvenir de sa passion pour le comédien Mnester , lui fit élever dans les places publiques des statues fondues avec le bronze des monnoies de Caligula , dont le sénat avoit ordonné la destruction.

On a lu dans la vie de Claude l'excès où elle se porta en épousant [)ubH(|uement et dans toutes les formes légales et religieuses Sihus, un de ses amants (excès dont le récit a paru fabuleux même à Tacite, (|ui le rapporte'), la punition que reçut ce crime, et la mort de Messaline l'an Soi de Rome (48 de fere vulgaire). Je ne retracerai pas ces détails; mais je ferai deux observations importantes : l'une, qu'elle fut privée de la vie dans les jardins de Lucullus, dont clic avoit ac(juis l.i pos-

( I ) Ilaud siun iijnnnis Jabiilostiiu visinit tri.

196 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

(j,,^,, , session par un liomiciclc; Tautre, qu'elle la perdit par Tordre Famiiiedes Jg Narclssc , ancieu complice de ses crimes.

Césars. ' ^

PI. xxviii. La médaille de bronze de Messaline, n" 4, a été frappée en

N°4 son honncnr à Nicée en lUthynie, sous le proconsulat de Caïus

Cadius Ruius. On y voit la tête nue de Messaline, deux épis devant sa poitrine, avec la légende ME22AAEINA • 2E1JA2TH • NEA HPA ; Messaline Auguste, nouvelle Junon. Au revers : un portique, avec la légende r • KAA102 • P0Y<I'02 • AN0YnATO2; Caius Cadius Rufus , proconsul : à l'exergue , NEIKAE^N , des Nicéens. JS' 1. Cette médaille a lait reconnoilre par M. Visconti, Messaline

portant son fds Rritannicus, dans le groupe n° i du Musée Royal '^n" 1^1). La disposition de la draperie qui couvre en partie le jeune prince est la même que celle des statues de Jupiter, pour désigner, sous les traits de Jupiter enfant , l'héritier du sceptre des Césars.

N«2et3. On voit, sous les n° 2 et 3 , la face et le profil de Messaline.

Sa tête est couverte en partie par son manteau; seroit-ce pour lui donner les attributs d'une divinité, de Junon Lucine.^ Ce groupe, de marbre pentélique, fut déterré dans les environs de Rome, transporté, dans le XVIL siècle, en France, et placé dans les jardins de Versailles.

jN" 5. Le n" 5 présente une très belle sardonyx du cabinet du Roi ,

sur laquelle sont gravés le buste de Messaline et ceux de ses enfants; Britannicus à la gauche du spectateur, et Octavie à sa droite. Ces deux bustes sont placés sur des cornes d'abondance d'oii sortent des raisins, et qui se croisent sous le buste de la mcre. Messaline est couronnée de laurier, telle sans doute qu'elle parut à la suite de son époux, lorsqu'il triompha des Bretons. C'est probablement pour la même raison que Britannicus porte aussi une couronne de laurier.

Chap. I.

Famille des

Césars.

Britannicus. ce Malheureux enfant (dit Octavie dans la trace crédie de Séneque, qui porte son nom'), tu seras pour moi c< une source éternelle de pleurs ! Tu as perdu la vie ; tu devois p, xxvm ccétre bientôt un flambeau du monde, le soutien de la famille ce d'Auguste; Britannicus ! (j'en frissonne d'horreur) tu n'es plus c< qu'une cendre légère et une ombre vaine! Ta cruelle marâtre ce elle-même n'a pu retenir ses pleurs, lorsque la flamme du « bûcher fatal a consumé tes restes augustes ! )>

Ce dernier rejeton de la famille Claudia , famille qui avoit produit tant d'illustres citoyens, eut pour père Claude, et Messaline pour mère. Il naquit, selon Dion, l'an 796 de Rome (42t de l'ère vulgaire) , sous le second consulat de cet empereur, et reçut les noms de Tiberius Germauicus' : Claude ne permit pas que l'on y ajoutât celui d'Auguste, que le sénat vouloit lui donner; parceque, jusqu'à ce temps, aucun fils d'empereur ne l'avoit porté dans son enfance et du vivant de son père. Un an après , le sénat décréta que , pour perpétuer le souvenir de la victoire de Claude sur les Bretons, son fils porteroit le nom patronymique de Britannicus.

La joie que causa à Claude la naissance de cet enfant fut si grande, qu'il le portoit dans ses bras lorsqu'il haranguoit les soldats; que, dans les spectacles, il le tenoit sur ses genoux, où il le montroit au peuple en le lui recommandant; et les spectateurs lui répondoientpar des applaudissements redoublés\ Mais dans les jeux séculaires, célébrés l'an 800, la faveur du peuple se porta de préférence sur le cousin de l'ritannicus, Lucius Domitiiis (appelé depuis Néron), soit à cause de Germanicus, dont il étoit le seul rejeton mâle, soit par pitié pour \grippine, mère de ce jeune prince, que Mcssaliue persécutoit

(1) Savi 166. (2) Dio, LX, 12. (3) Suet., Chiml, tap. xxvii.

Fninillc «les Césnrs.

PI. XXVIII

198 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ciiAP. r ouvertement'. Ec /ils de Claude sentit encore la main du mallu'iir s'appcsanlir plus lortement sur lui, lorsque sa mère coupable, redoutajil la juste fureur de l'empereur, qui arrivoit d'Ostie, le plaça, avec sa sœur Octavie et la grande vestale, à la porte de Rome, pour le fléchir par leurs supplications. Mais raffranclii Narcisse, qui avoil juré la perte de Messaline, empêcha ces enfants d'approcher d'un époux justement irrité.

La mort de cette impératrice , et le mariage d'Agrippine avec le père de Britannicus en Soî (49 de l'ère vulgaire), mirent le comble aux malheurs du jeune prince. Cette marâtre ambitieuse s'occupoit sans relâche à préparer l'accès du trône à son fils Néron, que Claude, vaincu par ses importunités, adopta l'année suivante, au préjudice de son fils légitime, et maria avec Octavie sa propre fille'. Les Romains prévirent dès-lors les infortunes de Britannicus. Agrippine l'éloigna de la cour, l'empêcha de paroître en public, répandit le bruit qu'il avoit l'esprit égaré, qu'il étoit attaqué d'épilepsie, et le fit élever comme le fils d'un simple citoyen. A son instigation, Claude renvoya plusieurs de ceux qui étoient chargés de son éducation , en fit même mourir quelques uns , Sosibius entre autres , et les remi^laça par des serviteurs qui étoient dévoués à son épouse. Britannicus fournit, sans le vouloir sans doute, un prétexte à ce changement; ayant rencontré Néron, qui le salua sous le nom de Britannicus , il lui rendit le salut en l'appelant D omit in s , nom qu'il portoit avant qu'il fût adopté. Agrippine s'en plaignit amèrement à l'empereur, disant que l'on méprisoit son adoption, et que la faute devoit être imputée aux instituteurs de sou fils. Enfin elle fit paroître dans les jeux du cirque Britannicus revêtu de la toge prétexte, vêtement de l'enfance, et Néron portant les

(1) Tacit. , -liinal., XI, 12. (2) Dio, LX, 32; Tacit, Annal., XII , ( 1 ; Zoti., p. Sgâ.

ornements des triomphateurs. Tacite assure que ce prince étoit c„^p j sensible à ces préférences odieuses; que l'on s'accordoit à re- FamiUedes

^ ■*• Césars.

connojtre en lui un esprit vif, pénétrant, et décidé, soit que ce pj xxvni fût une vérité, soit que cette opinion fût née de l'intérêt qu'inspiroient ses malheurs'.

Il sembloit que la triste destinée de Britannicus s'étendît jusqu'à ceux mêmes qui prenoient à lui quelque intérêt. Claude en fit la triste épreuve. Narcisse ayant à se plaindre d'Agrippine , et n'osant lui en témoigner son ressentiment, craignant d'ailleurs l'avènement de Néron à l'empire, parut s'attacher à Britannicus, qui étoit oublié de l'univers entier. 11 l'embrassoit, souhaitoit qu'il atteignît bientôt la maturité de l'âge et de la raison ; il élevoit les mains vers les dieux, vers le prince, formoit des vœux pour le voir, parvenu à l'adolescence, chasser les ennemis de son père, et venger la mort de sa mère. L'affranchi, tout-puissant sur l'esprit de Claude, lui inspira les mêmes sentiments. Ce père attendri reçut Britannicus dans ses bras, et lui témoigna le désir de le voir arriver à l'âge où il pourroit connoître les motifs de sa conduite, et se servit d'une expression grecque proverbiale qui rappeloit la blessure de Telephe, ftiite et guérie par la lance d'Achille; comme pour annoncer qu'il vouloit réparer l'oubli oii il l'avoit laissé, et mettre fin aux chagrins dont il étoit la cause'. Il dit ensuite qu'il lui donneroit la toge de l'âge viril à l'époque prescrite par les lois, afin que le peuple romain eût un véritable César. Enfin Claude fit un testament secret qui (ut renfermé sous les sceaux de tous les magistrats. Ces démonstrations de tendresse paternelle furent la cause de sa perte. Agrippine en redouta les suites, et les prévint par le poison.

(1) Tacit. , XII, a6, 67. (a) Suet., cap. xiii.

Césars, ri. XXVIII

>.oo ICONOORAPIÎTE PiOMAINE. Part. II.

CH.VP r «Après la mort de Claude, dit riiistoiien Dion', P)ritannicus

Famiiiedes «dcvoil dc nlciu dioit succéder à l'euipirc, parcecju'il ctoit son «propre fils, et parcequ'il avoit une force de corps plus grande «que son â«jfe tio lit donne ordinairement. Par le droit civil, «l'empire appartenoit aussi à Néron en qualité de fils adoptif. «Mais il n'y a point de droit qui l'emporte sur les armes ; et cece lui qui est le plus fort paroit toujours dire et faire ce qui est «le plus conforme au droit. De sorte que Néron, ayant anéanti «le testament de Claude, non seulement se mit seul en posses- «sion du trône, mais fit mourir aussi Britannicus et ses sœurs. » Cependant quelques voix s'élevèrent et demandèrent où étoit Britannicus; mais elles se perdirent dans les acclamations nom.breuses des favoris d'Agrippiue ".

A peine la seconde année du règne de Néron étoit-elle commencée qu'il éloigna du gouvernement Pallas, affranchi dévoué à Agrippine *. Celle-eî, outrée de dépit, disoit ouvertement: «Britannicus est adulte; l'empire de son perc appartient à ce «digne rejeton, non à cette plante étrangère que l'injustice d'une «mère lui a substituée. Je vois bien que les malKcur.s de cette «famille infortunée vont être révélés au public, sur-tout mon «fatal inariage, et le poison qui a fait périr Claude. Seulement «les dieux propices m'ont conservé un beau-fils. J'irai avec lui «dans les camps. On y entendra la fille de Germanicus w

Néron , troublé par ces menaces , et voyant Britannicus achever sa quatorzième année ( dernière de l'enfance ) , craignit tout de la violence de sa mère , de son caractère altier. Tirant au sort , pendant les saturnales, à qui seroit le roi de ces fêtes, l'empereur fut désigné par le hasard; il ordonna à Britannicus de préluder à des chants, espérant d'en faire un sujet de raillerie. Mais

(i) Lib. LXT, I. (2) Tacit.,^?i«(7/.,X1I, 69. (3) Tacit., ^««rt/. , XIII, 14.

celui-ci entonna avec courage des vers d'Enniiis, dans lesquels cim i. im héros se plaignoit d'avoir été dépouillé des Liens de son père ^"é"!!,'.'' et de sa puissance. Les ombres de la nuit et la liberté qui ré- vi. xxvm gnoit dans les saturnales permirent aux spectateurs de laisser paroitre la pitié que ces chants avoient fait naître, pitié qui enflamma la haine de Néron.

K'ayant aucun crime à reprocher à Britannicus, et n'osant lui ôter la vie ouvertement, il eut recours au poison, à cette Locuste condamnée à mort à cause des empoisonnements dont elle étoit l'auteur, et dont il différoit le supplice. Le breuvage funeste fut remis par elle aux instituteurs du jeune prince, qui, dévoués à Néron, le firent boire à leur élevé. Mais il ne produisit sur-le» champ aucun effet, soit qu'il fût trop foible, soit qu'il eût été préparé pour agir d'une manière plus lente. Néron, trompé dans son espoir, accabla de reproches le tribun chargé de garder Locuste, et ordonna le supplice de cette criminelle, leur reprochant d'avoir consulté leur sûreté plutôt que la sienne, en donnant un poison lent, afin d'éloigner les soupçons. Ils promirent alors d'en composer un qui agiroit aussi promptcment que la hache des bourreaux ; ils le préparèrent en sa présence et près de son appartement.

L'enqîereur choisit l'instant où Britannicus mangeolt avec lui. Craignant que le crime ne fût découvert par les domestiques chargés de goûter les mets et les boissons , il eut recours à un stratagème affreux. On présenta au prince une liqueur qui n'étoit pas empoisonnée, mais qui étoit excessivement chaude; celui-ci l'ayant repoussée, on y mêla de l'eau froide, dans laquelle le poison se trouvoit dissous. Il but alors, et tomba sur-le-champ sans mouvement et sans vie. Néron rassura les convives , en disant que le prince étoit attaqué d'épilepsie , sou mal ordi- 3, 26

202 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

fiiAi. I. naire, et qu'il rcprendroit bientôt l'usage de ses sens. Agrippine la.n.iiodes ^.j- Q^avic , piéseutes à ce triste spectacle, dissimulèrent leur iM xxviii douleur; mais on put lire dans les yeux de la première le chagrin de perdre sa dernière espérance, et la crainte d'un parricide, dont ce forfait u'ctoit que le prciude.

lîritannicus expira la nuit suivante; ses funérailles furent célébrées à l'instant, parceque les préparatifs étoient déjà faits. JNéron se liâtoit de soustraire à tous les regards les indices de son crime ' ; il fit étendre une couche de plâtre sur le visage du prince, que la force du poison avoit noirci; mais une pluie abondante enleva cet enduit, et apprit au peuple de Home que le dernier rejeton de l'illustre famille Claudia avoit péri d'une mort violente. Suétone dit que Locuste obtint de l'empereur l'impunité , des propriétés étendues , et des élevés ' ! jf» 6. «Le portrait le plus vrai de Britannicus, dit M. Yisconti, esi

«celui qu'on voit sur une médaille unique (n" 6) en grand «bronze, de coin romain, qui se trouvoit jadis dans le cabinet «de mon père (J. B. Visconti) en 1773. On voit d'un côté une « tête jeune, nue, avec la légende TlZ^er/wj CLAVDIVS CAESAR i<:A\Gusti Filins BRITANNICVS. Au revers : un homme avec «de la barbe, marchant, coiffé avec un casque, portant un «bouclier et un javelot, avec les sigles Senatus Co7isulto.

«On en a publié des gravures et des empreintes. On a moulé «sur une empreinte une médaille fausse ressemblant parfaite- «ment à l'original, qui est authentique. Portée en Allemagne, «elle a fiiit croire au célèbre Eckhel que l'on pouvoit former «des doutes sur la vérité de cet oris^inaP. Les autres médailles

(i) Dio,LXI, 7. (3) Doctrin. numîsmat. veter., tom. VI,

(2) New, cap. xxxni. Sed et discipidos pag. 254-

dédit.'

FAMILLE DES CESARS. 2o3

«de Britannicus, frappées en Grèce et dans les colonies ro- chap. i «maines, viennent à l'appui de celle dont j'ai fait mention; ""cLL" «mais seules elles ne seroient pas suffisantes pour nous faire n. xxvm, «connoilre exactement les traits de ce jeune et malheureux «prince.

«Il y a beaucoup de probabilité qu'une statue de la villa «Pinciana, jadis Borgbese, le représente (salle 5% n° 4)-" C'est un jeune homme revêtu de la toge, et portant suspendue à son cou par un cordon la bulle des jeunes patriciens. Il étend le bras droit, et tient de la gauche un volumen , ou rouleau d'écriture. Quoique le travail de cette statue soit très bon, les formes du jeune prince sont trop peu prononcées pour le faire reconnoitre sans aucun doute. En effet, Perrier, qui la publia en i638, sous le n" 4o, crut y reconnoltre Néron enfant; et ce n'est que depuis la découverte de la médaille de Britannicus qu'on l'a attribuée à celui-ci. Cette variation m'a empêché de la faire entrer dans l'Iconographie romaine.

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