‹ Iconographie romaine (volume 4)Chapitre 86 sur 94 · o TCONOGRAPini: ROMAllNE. Part. TI · texte numérisé non relu

o TCONOGRAPini: ROMAllNE. Part. TI

§. 19 FAMILLE ULS CÉSARS.

Par le nom àefamiUe des Césars, je clésiguc, avec Suétone", les princes qui descendoient du dictateur, soit par la naissance, soit par l'adoption ". Après avoir écrit leurs vies particulières, je crois devoir réunir ici cjuelques vues générales sur cette illustre famille, ([ui tint le sceptre de Rome et de presque tout le monde connu pendant cent quinze ans. Je parlerai aussi des épouses de ces princes: ils ne les cherchoient pas hors de leur empire; et les divorces multipliés leur donnoient le moyen de les choisir selon leurs goûts particuliers : il y a donc eu ordinairement entre eux conformité d'esprit, d'inclinations, de sentiments ; ce qui m'autorise à placer les impératrices dans ce tableau.

S'il existe des hommes qui désirent le pouvoir absolu au moins pour eux-mêmes, la fin malheureuse des Césars doit les effrayer, si elle ne suffit pas pour changer leur penchant. Le despotisme pesé avec la même force sur les tyrans que sur les sujets. — César est assassiné par des sénateurs et dans le sénat même. — L'opinion la plus vraisemblable sur la mort d'Auguste est qu'il fut empoisonné par son épouse Livie. — On attribue à la même impératrice les morts de trois fils d'AgripjDa, adoptés par Auguste. — Caligula fit mourir de faim Tibère. — Drusus , fils de Tibère, fut empoisonné par son épouse. — Gemellus,son autre fils, fut contraint de' se tuer par Cahgula, qui venoit de l'adopter. — Tibère fit mourir Germanicus. — Chéréa , offensé des railleries de Caligula , le poignarda. — Claude périt, comme

(i) Suet., Galb., cap. i. (2) Eutr. (VII, 2) et Orose {VII, 8) rappelIenty«m(V/e d'Juguste.

Ct^sars.

FAMILLE DES CESAPvS. i5i

Auguste, par le poison que lui présenta Agrippine son épouse. chap. i. — Messaline fit poignarder Liville, sœur de Caligula. — Enfin Néron se perça le cœur, pour éviter les supplices que le sénat lui préparoit : il avoit fait empoisonner son frère Britannicus , et poignarder sa niere Agrippine.

Des femmes , qui par l'éloignement des affaires paroissoient n'avoir pas à redouter une fin tragique, les unes s'y exposèrent par leurs mauvaises mœurs et par leurs crimes; comme Julie, fille d'Auguste; Liville, épouse de Drusus, fils de Tibère; et Messaline , épouse de Claude : d'autres périrent victimes innocentes ; telles furent Antonia, mère de Germanicus; Agrippine l'ancienne , son épouse ; et la vertueuse Octavie , outrageusement répudiée, ensuite assassinée par Néron.

Est-il possible, s'écriera-t-on, que tant de princes et de princesses n'aient pas trouvé dans les lois, dans l'ordre établi pour la succession au trône , une protection que les derniers des citoyens obtiennent dans les empires modernes ? Quant à la succession, je rapporte les paroles que Galba, élu empereur après l'extinction de la famille des Césars, adressa à Pison, en l'adoptant ' : «Sous Tibère, Caligula et Claude, nous avons été pour «ainsi dire le patrimoine d'une seule famille; il faudra regarder «comme tenant lieu de l'antique liberté l'élection qui a com- «mencé à mon avènement à l'empire. La famille des Julius et «des Claudius ayant pris fin, l'adoption approchera du trône le «meilleur citoyen. 5j C'étoit ainsi qu'Auguste et Claude avoieut adopté pour fils et successeurs, le premier, successivement, Marcellus , Agrippa , ses petits-fils , et Tibère ; et le second , Néron. Les lois romaines donnoient aux pères droit de vie et de mort sur leurs enfants; et les empereurs, par un abus

(i) Tacit., Util., I, 16.

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