ICONOGJVAPIIIK JIOMAIJN'E. Part. II
Oinr. I. (it'ploial)Ic , c'tcndoinil ce choit sur tous les mcnilacs de la
lu.niiii ,i,.s famille.
Césars.
D'ailleurs le sénat désira se montrer reconnolssant de la déférence que paroissoit avoir Auguste pour la dignité de ce corps, lorsqu'il vouloit élie contraint à letcnij' le sceptre. Il rendit un décret par lequel tout ce qu'ordonneroient cet adroit politique et ses successeurs, assistés d'un conseil particulier, auroit force de loi. Le pouvoir des empereurs n'eut plus de bornes; ils purent disposer à leur gré de la vie et des richesses des citoyens , du droit de leur succéder; Néron, adopté par Claude, fut préféré à lîritannicus, fils de ce prince stupide; les têtes des sénateurs, des consuls mêmes, furent abattues, pour assouvir les vengeances des impératrices, ou pour remjîllr, en vertu de l'odieuse loi des confiscations, le trésor public, épuisé par les prodigalités insensées des empereurs et la cupidité des affranchis.
Le temps n'étoit pas arrivé où l'on reconnoîtroit cjue le droit de la primogéniture, consacré pour les familles des souverains, scroit un garant de la tranquillité publique autant que de la leur; que les lois protectrices de la vie et des j^ropriétés des citoyens couvroient sous la même égide et les jours des monarques, et l'inviolabilité personnelle de leurs sujets.
On doit observer, comme un objet digne de remarque, que le goût de l'étude et l'instruction furent le partage des membres de la famille des Césars. C'est ainsi que s'exprime Macrobe'. Tous les hommes et plusieurs femmes parloient le grec comme leur langue maternelle. Tacite", après avoir dit que l'oraison funèbre d'Agrippine, prononcée par Néron, avoit été composée par Séneque, ajoute: «Il fut le premier des Césars qui eut besoin « d'emprunter le secours d'une plume étrangère : car le dictateur
(0 Saturn., II, 5. (2) Jimal., XIII, 3.
«avoit été le rival des plus grands orateurs; réloquence d'Au- chap. i.
Famille des-
«giiste, vive et abondante, étoit celle qui convient à un souve- césars. «rain; Tibère, tant qu'il jouit de la santé, s'énonçoit avec un «heureux choix de paroles , lorsqu'il ne vouloit pas être obscur ; «l'égarement d'esprit de Caligula n'altéra point la force de son «élocution; et celle de Claude étoit élégante quand il parloit «avec préparation.» Le second Victor' s'exprime de même: «Tous ces empereurs (jusqu'à Vespasien exclusivement), et « sur-tout la famille des Césars, cultivèrent avec succès les lettres «et réloquence." Ce fut peut-être l'exemple de leur aïeul, de Jules César, qui entretint cette noble émulation. Je ferai seulement mention des monuments historiques que le dictateur nous a laissés ; ils sont le modèle que se proposent les écrivains de ce genre. — Le temps nous a ravi les ouvrages d'Auguste (excepté quelques vers et l'inscription dont je parlerai plus bas). Ils renfcrmoient des poésies, des monuments historiques; le récit de ses actions, de ses travaux politiques; des tableaux de l'empire romain , etc. Jean-Albert Fabricius en a recueilli les titres dans sa Bibliothèque latine. On voit encore a. Angouri ( l'antique Ancyre), dans l'Asie mineure, sur deux tables de marbre, une copie du récit de ses travaux politiques, récit qu'il avoit fait graver devant son mausolée au champ de Mars. — Tibère prononça dans le forum l'oraison funèbre de son liere Drusus, et celle (le son propre fils. 11 fréquentoit à Rome l'école des sophistes.— J'ai rap])orté le mouvement éloquent qui, à la voix de Drusus le jeune, fit rentrer dans le devoir des légions révoltées, mais effrayées à la vue d'une éclipse de lune. — Germauicus employa aussi la puissance de l'éloquence pour apaiser une sédition dans les camps de la Germanie. Nous ayons de ce prince
(i) Vict., Epit., ca{i. \iii.
Césars.
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cur I une traduction en vers Jallns de deux poëmes astronomiques grecs d'Aratus, et des épigrammes grecques et latines. Quoique Ovide ait parlé avec éloge des talents de Germanicus pour la poésie ' , quelques critiques ont voulu attribuer la traduction des ouvrages d'Aratus à Domitien , qui avoit pris le surnom de Gennaniciis ; niais cette opinion a été victorieusement réfutée.
— Calii^ula se croyoit éloquent; ce qui annonce qu'il avoit au moins fait c[uelques efforts pour le devenir. — Claude avoit ac- C|uis une connoissance étendue des lettres grecques et romaines; il déclamoit, en particulier et en puLlic, des harangues C[u'il avoit écrites dans les deux, langues. — Enfin le dernier des Césars avoit composé des vers du style le plus obscur et le plus boursoufflé; Perse' nous en a conservé quelques uns, tirés de ses poëmes d'Attis et des Bacchantes; il avoit aussi chanté les malheurs de Troie. Cette passion pour la poésie prit-elle naissance chez Néron depuis qu'on lui eut donné Sénequc pour précepteur? On pourroit le conjecturer, d'après les plaidoyers qu'il avoit écrits et récités avant cette époque pour différents peuples et pour différentes villes. Mais, comme il étoit extrême en toute chose, cet amour pour les vers le rendit paresseux à écrire en prose; et il fut obligé d'employer la plume de son ancien instituteur.
Les femmes de cette famille montrèrent aussi poiu' la plupart un goût éclairé pour les lettres et pour les arts. Ce goût, dans Livie, fut une des causes qui lui concilièrent l'amitié d'Auguste. . — Macrobe dit de Julie, fille de cet empereur et épouse dAgrippa, qu'elle aimoit les lettres, et qu'elle avoit beaucoup d'érudition; «ce qui, ajoute-t-il, étoit ordinaire dans la famille d'Auguste.»
— Pline l'ancien et Tacite ont cité les mémoires d'Agrippiue
(i) Fast., I, i3; c l'oitlo, IV, 8, 67. (2) Sat. I, v. 99.
FAMILLE DES CESARS. aSS
jeune, mère de Néron, écrits par elle-même. Enfin l'ancien chap. i. scoliaste de Ju vénal, comme nous l'avons vu, croit reconnoitre F''"""<=''"
> ■ ' Césars.
Messaline jeune , épouse de Néron , dans le portrait d'une femme savante, mais ridicule par l'affectation de montrer son érudition et son éloquence , tracé par le satirique. Quoique l'on fasse peu de cas de ses scolies, on peut cependant en conclure que Messaline jeune, selon l'opinion générale, aimoit les lettres.
Il est difficile de faire quelque observation générale sur les traits distinclifs de la famille des Césars, quoiqu'un grand nombre de leurs portraits soient parvenus jusqu'à nous, parceque la succession n'a pas été directe. Cependant les portraits des hommes présentent le plus souvent des traits réguliers ; ceux des femmes , une beauté remarquable , mêlée de sévérité. Les cheveux des princes ont peu de longueur, un peu plus cependant que ceux des têtes grecques : mais ils présentent un arrangement qui paroît être particulier, et qu'ils semblent avoir adopté comme un trait de conformité avec Auguste; je veux parler des cheveux disposés en boucles, et coupés presque droit sur le front.
ICONOGRAPHIE ROMAINE. Pa^t. TT.
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SUCCESSEURS DE NERON. ^Sj