‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 100 sur 139 · FAUSTA, ÉPOUSE DE CONSTANCE IL · texte numérisé non relu

FAUSTA, ÉPOUSE DE CONSTANCE IL

La nécessité de donner une place dans la suite des médailles n- u>impériales à celle du n° 10 de la planche LXIII, qui est de petit bronze, a seule forcé Eckhel à la classer après les médailles de Constance II. Bauduri a formé deux conjectures sur la princesse qu'elle représente ; il pense qu'elle a été l'épouse de Constance II, et il avoue cependant qu'elle a pu être à aussi juste titre celle de Constantin II.

Tout ce que l'on peut dire de certain, c'est que la médaille présente le portrait d'une princesse avec la légende FAVSTA Nobiïissit?ia Femina. Revers, une étoile dans une couronne de laurier, sans légende; exergue, TSA. Cette médaille est absolument semblable à celle d'Hélène, épouse du César Crispus, excepté le mot Fausta qui remplace ici celui d'IÎELENA.

Elle fait partie de la collection impériale de Vienne.

(i) En 1826, ]M. le baron Marclianl a que je dois consigner ici, sans poii\ oir un

émis ( ^' suite, lettre xvii), snr la médaille rapporter les preuves , ;"i cause de la nature

que les nnuiisuiatcs ont attribui'-e (sans de cet ouvra(;i!. — 11 la n-nd ;"4 l'iuipératricc

motif, selon lui) à Va jncinierc femme in- FLAVIA MAXIMIANA FAIaSTA. connue du César Constance II, une opinion

Chai'. XVlll,

Constantin

et sa famille

181 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II. §. 4. CONSTANT, EMPEREUR.

Viclor l'nuclen' dit que le règne de rusurpateur cniel , meurtrier de Constant, de Ma<^nence, excita les regrets des Romains en faveur du ])rince malheureux, et qu'on eût souliaité de le voir revivre avec tous les défauts qu'on lui avoit reprochés. Il est difficile de tracer en ahrégé un meilleur portrait de Constant. Sa haine pour les hérétiques a cependant été cause que les écrivains ecclésiastiques lui ont donné les plus grandes louanges; taudis que les historiens païens lui ont reproché avec fondement de s être laissé conduire par de mauvais ministres, d'avoir traité ses sujets avec cruauté, et d'avoir souffert que ses favoris commissent toutes sortes d'exactions. Tous reconnoissent' néanmoins qu'il repoussa toujours les ennemis de l'empire; et Ammien dit qu'après lui les Allemands n'avoient redouté que Julien , sans faire mention de Constance.

On sait que Constant étoit le dernier des fils de Constantin et de Fausta, mais on isjnore l'année de sa naissance. Son père le créa César l'an 333 ; et Victor l'ancien raconte que dans la nuit qui suivit cette nomination le ciel parut tout en feu : ce que l'on regarda comme un présage funeste. Dans le partage du gouvernement que l'empereur fit entre ses enfants et ses neveux, l'an 335, il assigna à Constant les provinces du milieu de l'empire (placées entre celles de l'orient et celles de l'occident J, l'Illyrie, l'Italie, et l'Afrique. Après la mort de Constantin, qui avoit maintenu ce partage dans son testament, les

(i) Vict., Cœi.,XLI.

CONSTANTIN ET SA FAMILLE. i83

soldats donnèrent, en 33^, le titre d'Auguste à ses fils, mais à CHiP. xvm. l'exclusion de ses neveux. Constantin

et sa familk-

Trois ans s'étoient à peine écoulés que la mort de Con- pi. lx. stantin-le-Jeune rendit Constant maître de tout l'Occident, par la réunion des provinces que gouvernoit ce prince et que Constance ne réclama point. Tous les historiens sont d'accord sur cet événement, qui réduisit à deux le nombre des empereurs. Constantin-le-Jeune et Constant uavoient jamais vécu en bonne intelligence, parcequ'un tribim et des ministres perfides fomentoient entre eux des troubles fâcheux. Le premier réclamoit l'Italie et l'Afrique, mais sans rien obtenir de Constant. Il marcha contre lui avec tant de négligence, qu'il fut surpris, vaincu, mis en fuite, et tué près d'Aquilée par les troupes de Constant.

En 341 les Francs, ayant traversé le Rhin, firent dans les Gaules des courses multipliées et des ravages affreux. Constant les combattit, mais non pas toujours avec succès; parceque ces barbares s'aguerrissoient chaque jour en apprenant la tactique des Romains. Il ne les chassa entièrement que l'année suivante. Libanius' a tracé des Francs (qui habitoient alors les ré^çions maritimes situées entre le Rhin et l'Elbe) un tableau dont les François verront ici avec intérêt les principaux traits. Il fait partie d'un panégyrique (éloge) prononcé par cet orateur eu l'honneur des deux empereurs Constance et Constant. «Les Francs, dit-il, sont si nombreux qu'on a peine à le croire, et leur force surpasse leur nombre. Us sont aussi accoutumés aux dangers de la navigation qu'au paisible séjour du continent; et ils préfèrent les rigueurs du septentrion aux douceurs d'un cli-

(0 Liban., Orat.,Ul, i38.

Consianiii i-i sa fan

184 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ciiA,.. XVIII mat lempéré. Une vie tranquille est pour eux le plus grand supplice, et leur souverain bonheur est dans les temps de guerre. l'i Lx Si l'un d'eux est privé d'un membre par quelque blessure, il combat encore avec les autres. Vainqueurs, ils poursuivent sans repos l'ennemi qui fuit; vaincus, ils prennent la fuite, mais pour faire une autre invasion dans le pays ennemi. Leurs lois assurent des prix et des honneurs au courage, et même à la témérité; enfin le repos et l'inaction sont pour eux une maladie Les esprits des Francs, étant exaltés jusqu'à la folie

par l'amour des armes, les portent à faire des irruptions continuelles ; et , même avant qu'ils aient repoussé l'avant-garde ennemie, un autre de leurs chefs arrive avec une nouvelle

armée, w

C'est à la même année qu'appartient une loi par laquelle les deux empereurs défendent, comme l'avoit fait leur père, de rouvrir les temples et d'offrir des sacrifices'. «Si quelqu'un, ajoutent-ils, commet un de ces crimes, qu'il périsse par le glaive; que ses biens soient confisqués; et que les mêmes peines soient infligées aux gouverneurs des provinces qui apporteroient de la négligence dans la punition des crimes de ce genre.» On croit que cette loi cruelle étoit proprement l'ouvrage de Constant , car il fit démolir plusieurs temples ; il menaça , en 348 , son frère Constance de rétablir dans leur siège , à main armée, les évêques catholiques qui avoient été chassés et remplacés par des ariens; il travailla encore avec zèle à réunir les Douatistes d'Afrique à l'église catholique; enfin il accueillit dans les Gaules S. Athanase persécuté, et il y appela près de lui le sophiste chrétien Proérese, qu'il combla de ses bienfaits.

(i) Cod. I, tit. 11,1. I.

CONSTAPsTïN ET SA FAMILLE. i85

Pendant que Constant donnoit à persécuter les hérétiques et ciup. xvm. les païens tout le temj)s qu'il n'employoit pas à la chasse , sa ^^^""'fglj,^ passion favorite, un de ses officiers, Magnence , tramoit sa ri. lx perte. Il s'étoit lié particulièrement avec Marcellin , l'intendant des finances. Celui-ci donna, sous prétexte de célébrer la naissance de son fils , un grand repas où assistèrent tous les conjurés. Dans le milieu de la nuit Magnence sortit de la salle du festin, et rentra peu de temps après revêtu du diadème et de la pourpre impériale. Il fitt salué empereur par tous les convives le i8 janvier 35o'. Les habitants d'Autun (où la révolte avoit commencé), les provinces voisines, et tous les chefs de l'armée, séduits par les largesses de Magnence, le proclamèrent Auguste. A cette nouvelle Constant s'enfuit en désordre, et voulut se réfugier en Espagne ; mais des troupes d'élite envoyées à sa poursuite par Magnence l'atteignirent à Elna , dans les Pyrénées , et lui ôterent la vie.

Constant étoit âgé de trente ans : il s'en étoit écoulé treize depuis qu'il avoit été proclamé Auguste.

Le n" Il de la planche LX présente un grand camée qui ap- N' 31. partient à M. Artaud, directeur du musée de Lyon. Le mérite de ce camée consiste moins dans le travail, qui est médiocre, que dans la rareté des pierres gravées d'un grand volume , à cette époque. Si Ton excepte l'extrémité du nez , il est bien conservé, ^'isconti y a reconnu le portrait de Constant , d'après les médaillons et les médailles.

On voit sur la médaille d'or du u" 20, planche LX, le n* ao. buste de Constant, avec le diadème et le paliidameiitum , regardant à droite; légende, YLaviiis Wl^ius COJNSTANS P/W

(i) Zonar.,Xlll,6.

i86 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

coAP. XVIII. Felia; AYGustus. Revers: légende, VICTOPJA CONSTANTIS *r L"'famiiie. ^^Gusti'; exeiguc , M • H • R; type, Victoire marchant à droite, l'i. Lx. portant un l)ouclier votif sur lequel on lit YOTi's V. MVLT/V X; un captif à ses pieds. Je citerai un médaillon de bronze précieux sur lequel on lit CONSTANS Fius Félix A\Gustus autour d'une tête ornée d'un riche diadème. Revers, l'empereur, en costume militaire, monté sur une galère, lançant sa pique sur un barbare qui nage; légende, BONONIA OCEANENj/j. Ce médaillon, qui est très rare, est une preuve de l'expédition de Constant contre la Grande-Bretagne. De plus il nous fait connoître, pour cette époque, le nom de Boulogne, que les Gaulois appeloient auparavant Gessoriacum. ji Lxii. On voit, sous le n" 9 de la planche LXII, une médaille d'or

qui présente la tête de Constant, portant une couronne radiée (coiffure très rare à cette époque), avec la légende Fhavius IVL/mj' CONSTANS ANGustus. Revers , sans type ; TR dans le champ. Cette médaille est percée de deux trous , d'après lesquels on a conjecturé qu'elle a pu être du nombre de celles que l'on attachoit aux enseignes militaires , pour présenter aux soldats l'image du prince régnant; mais Eckhel, fondé sur la petitesse de la médaille, a rejeté avec raison cette opinion. On sait que dans les provinces orientales de l'Europe et dans les provinces occidentales de l'Asie les médailles antiques et les monnoies courantes font partie de la coiffure des femmes, et que ces trous servent à les y attacher.

CflAé-. XVlll.

Constantin

/// DIVISION.— ISEV EUX DE CONSTANTIN T. e. sa fan,iiie

Pl.LXIIctLSni.

§. I. DELMATIUS, CÉSAR.

Constantin témoigna une amitié et une estime particulières à Delmatius et à Hanniballien ses neveux; le premier étoit fils cFun de ses frères appelé Delmace-le-Censeur. Flavius Julius Delmatius, ou Dalmatiiis (car il porte ces deux noms sur les médailles et dans les écrivains), avoit étudié les belles-lettres à Narbonne avec son frère Hanniballien, et il avoit eu pour instituteur Exupere, orateur célèbre. Les bistoriens s'accordent à reconnoitre en lui de £frandes qualités , et à trouver dans son caractère des traits de ressemblance avec Constantin. Aussi cet empereur le nomma-t-il consul Tan 333, et César eu 335 ; année où il jDartagea le gouvernement de Tempire entre ses trois fils et les deux frères ses neveux. Delmatius eut le gouvernement de la Tlirace, de la Macédoine , et de TAchaïe. Il auroit donné des preuves de ses talents militaires l'année précédente, si c'étoit lui qui eût apaisé la révolte de Chypre , où un officier d'un grade peu élevé avoit eu l'audace de se faire déclarer empereur : quelques critiques attribuent cette victoire au père de Delmatius , et Tliéopbane dit qu'après avoir vaincu l'usurpateur, il le fit brûler vif.

Constantin, en mourant, avoit confirmé par son testament, en 337, le partage de l'empire; mais les soldats, excités par les émissaires de Constance, ne voulurent reconnoitre empereurs que les fils de Constantin, et ôterent la vie à ses neveux.

On voit, sur la médaille d'or de Delmatius du n"6, pi. LXII, n-g. sa tête avec le diadème; légende , Y'Laviiis DELMATIYS NOB///J

i88 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

f:„.P. xv,ii. CAESar. Revers : légende, PRINCIPI • IVVENTVTIS ; exergue, efir^niiiir T^ ■ S ■ f^> ; t}P^5 ^^ prince debout, revêtu an paludameiitum , PI lAiioti.xiii. tenant une enseigne militaire et la haste; deux autres enseignes derrière lui.

§. 1. tIANNIBALLIEN, ROI DE PONT.

Ce frère de Delmatius fut aussi chéri que lui par l'empereur leur oncle, peut-être à cause de l'excellente éducation qu'il avoit aussi reçue à Narbonne avec Delmatius Constantin lui donna le titre de Nohilissime ', en lui faisant épouser sa fille Constantina; et dans le partage de ses états il lui confia, en 335, le gouvernement de l'Arménie mineure, de la Cappadoce, et du Pont. Par une bizarrerie inexplicable, il fit revivre pour Hanniballien un titre que les Romains avoient toujours eu en horreur depuis Tarquin- le -Superbe, et il l'appela Roi, Roi de Pont. C'étoit sans doute pour soutenir sa dignité que ce prince portoit, selon Zosime", des habits de pourpre brodés en or.

Quoique la possession de ses états eût été assurée à Hanniballien par les dernières volontés de Constantin , ainsi que pour son frère et ses cousins, cependant les soldats, dociles aux suggestions de Constance, le firent périr d'une mort cruelle, l'an 337, avec les autres neveux de Constantin. N» 7. On voit la tête nue de ce prince sur la médaille de petit bronze

du n" 7, pi. LXII, avec la légende VLavio HANNIBALLIANO. Revers, un fleuve à demi couché, près de lui une urne d'où l'eau s'épanche ; légende , SECVRITAS PVBLICA; exergue, CONS.

(i) Zosim., Il, 39. (2) Idem, ibid.

CuAP. XVIII.

§. 3. NÉPOTiEN. .."^rr,;:.

PI.LXIIetLXIU.

Népotien étant moins connu par sa qualité de neveu de Constantin que par T usurpation du titre d'empereur et du pouvoir suprême, j'ai cru devoir le placer avec les tyrans qui envahirent l'autorité pendant le règne de Constance II.

Page 1