CONSTANTIUS GALLUS, CESAR
11 étoit dans la destinée de Constance II de contribuer aux malheurs qui privèrent de la vie ses cousins, soit par jalousie contre ses collègues , soit par la nécessité de mettre un terme aux cruautés de Gallus. On remarque avec étonnement que tel fut le sort des deux premiers empereurs chrétiens.
Jules Constance, frère de Constantin I", fut père de Gallus et de Julien II. Galla, sa première épouse, le rendit père de Gallus; et de lui et de Basilina, la seconde, naquit Julien. Ces deux frères échappèrent au massacre de leur père et de leurs cousins, qui suivit, en 337, ^"^ niort de Constantin; Gallus à cause d'une maladie qui devoit le conduire au tombeau, suivant l'opinion commune, et Julien à cause de l'enfance, dont il sortoit à peine. Le dernier n'a voit que sept ans; et le premier, douze. Constance les fit instruire avec grand soin dans une retraite où ils étoient surveillés rigoureusement.
Après avoir vaincu Vétranion, Constance n'a voit plus à combatlre que Magnence pour devenir seul maître de l'empire. Lorsqu'il eut achevé ses préparatifs de guerre, l'an 35 1, il apprit
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ciiM. xviii. cjuc Sapor faisolt des iuciiisloiis dans les provinces orientales. coiisiantin PouF conlcnir les Perses, il envoya des tronpes, et il mit à leur PI i.xii et Lxiii. tête son cousin Gallus. En même temps il le créa César; il lui donna son nom, Constantius (c'est par ce surnom qu'on le distingue de l'empereur Trebonianus Gallus), et il lui fit épouser sa sœur Constantina , veuve d'Hanniballien. Constance chargea Lucillianus, général liabile , de guider le nouveau César, à qui il confioit le gouvernement, non seulement de tout TOrient, mais encore celui de la Tlirace et celui même de Constantinople. Les historiens s'accordent à dire que Gallus fit essuyer à Sapor des pertes qui l'obligèrent à rentrer dans ses états.
Gallus avoit été élevé avec Julien dans la pratique du christianisme, et on leur avoit même fait exercer les fonctions de lecteur dans les assemblées des fidèles. Malgré la violence de son caractère et les crimes qu'il commettoit, il demeura toujours attaché aux dogmes et aux cérémonies de la nouvelle religion. Aussi assure-t-on que dans une entrevue qu'il eut avec son frère en allant prendre possession de son gouvernement d'Orient, et dans plusieurs lettres qu'il lui écrivit ensuite, il chercha à le soutenir dans les sentiments religieux, et à le dissuader de retourner au paganisme.
L'an 353 , Gallus découvrit à Antioche des émissaires de Magnence qui dévoient l'assassiner, afin d'opérer une diversion et de forcer Constance à se transporter dans l'Orient. Ensuite il chargea Nebridius de faire lever aux Isaures révoltés le siège de Séleucie"; ce général les battit et les rejeta dans les montagnes qu'ils habitoient ordinairement.
Pendant que ses généraux remportoient des victoires sur les
(i) Située sur le Calycadnus.
ennemis de l'empire, Gallus habitoit Antiocbe avec son épouse chap. xvui. Constantina, et tous les deux y étoient la terreur des habitants. Constantin
^ et sa famille.
Ils tiroient vanité de leur origine; Vun étoit neveu de Constantin, pi. lxii et lxiii. et l'autre, sa propre sœur, bonorée par ce frère du titre d'Auguste. Elle aigrissoit l'esprit de son mari contre Constance, et elle l'excitoit à la révolte. Elle étoit altérée de sansf comme une autre Mégère, selon l'expression d'AmmienMarcellin'. Gallus, qui jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans avoit vécu dans la retraite et dans des craintes perpétuelles, et qui depuis étoit devenu si puissant, brûloit du désir de porter comme elle le titre d'Auguste. Julien', qui cherche à diminuer les torts de son frère, dit que Constance étoit le véritable auteur de ses défauts, à cause de la mauvaise éducation qu'il leur avoit donnée; que Gallus avoit entre ses mains des lettres remplies de calomnies atroces qui étoient dirigées contre lui; qu'à la vérité il avoit commis de grandes fautes; qu'il avoit un caractère bouillant et emporté ; qu'enfin il étoit incapable de régner; mais il soutient qu'il n'avoit pas mérité d'être puni par la perte de la vie.
Constance étoit instruit des cruautés et des injustices que Gallus commeltoit journellement; il connoissoit aussi ses projets ambitieux; mais il craignoit d'allumer les torches de la guerre civile, en cherchant à y mettre un terme par la force. Il attendoit donc une occasion favorable, lorsque Galhis lit périr d'une mort cruelle le préfet d'Orient, Domitianus, nommé par l'empereur, et une autre de ses créatures, le questeur Montius. Alors Constance , outragé personnellement , employa pour délivrer l'Orient d'un si terrible fléau ses movens ordinaires, la ruse et la dissimulation. Il lui écrivit, en 354, une lettre du style le plus
(1) Lib. XIV, I. Les livres de l'iiistoire jusqu'à nous , coinineiU à cette époque.
écrite par Ammien , qui sont piu-vcniis (2) Jd Athen.
ig-i ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL
cim. xvm. amical, parlaquelleilTinvitoit, ainsi queConstantina son épouse, Constaniin ;^ g^ rcndrc auprès de lui pour se concerter ensemble sur des
et sa famille. ^
piixiied.xiii objets de la plus haute importance , et pour lui procurer le plaisir de voir sa sœur'. Malgré la défiance qu'ils témoignoient l'un et l'autre sur la sincérité de Constance, Conslantina se mit en route la première, dans l'espoir d'adoucir l'esprit de son frère; mais elle mourut en traversant la Bithynie.
Privé de ce soutien, Gallus liésitoit encore; il se décida enfin d'après les conseils d'un de ses officiers, qui étoit secrètement d'intelligence avec l'empereur. Arrivé à Petovio (Pettau, dans la Styrie sur la Drawe), il y trouva le comte Piarbation , arrivé depuis peu de Milan avec des troupes. Cet officier entra le soir dans le lieu où reposoit Gallus, le dépouilla des ornements que portoient les Césars, eu l'assurant avec serment qu'il n'éprouveroit pas d'autre chagrin de la part de l'empereur. Cependant il le conduisit dans l'Istrie, non loin de Pola, où il fut renfermé. Julien' et l'orateur Libanius^ disent que Gallus fut condamné sans avoir été admis à se défendre; mais on lit dans Ammien que Constance envoya l'eunuque Eusebe pour interroger, sur les meurtres de Domitianus et de plusieurs autres personnes, un prince dont il étoit le plus cruel ennemi. Gallus rejeta tous ses crimes sur Constantina , et leur donna pour cause ses mauvais conseils. Plus offensé qu'adouci par cette excuse , Constance commanda de le faire mourir. Deux écrivains chrétiens, Philostorge et Zonare\ assurent qu'il se repentit aussitôt, et qu'il envoya un contre-ordre; mais Gallus avoit déjà péri par le glaive. Il étoit âgé de vingt-neuf ans, et il en avoit régné quatre sous le nom de César. Constantina,
(i) Amm.XIV. (3) Liban., Orat., XII.
(2) ivWan., ad Athen. (4) Philost. ,IV, i ; Zon., XIII, 9.
CONSTANTIN ET SA FAMILLE. igS
son épouse, le rendit père d'une fille dont on ignore le sort; chai-. xviii. ou ne possède aucune médaille de cette fille de Constantin. Constamui
1 et sa tanulle.
On trouve ici le portrait de Constantius Gallus sous le n" ii pi LxiietLxiu de la pi. LXIII. C'est un très beau médaillon de bronze du cabi- n- h. net du roi. Gallus a la tète nue, et on lit autour de sa tète la légende Dommus l^oster Fhavius CLaadius CONSTANTIVS ISOBilis CAES<7r. Revers, A'ictoire marcbant, portant une couronne et une palme; légende, GLORIA • ROMANORVM.
Le nom abrégé, CL., qui ne se lit point sur les médailles^ autbentiques de l'empereur Constance II, fait attribuer avec raison ce médaillon au César Constantius Gallus. '