ET FALSTA SON ÉPOUSE
A peine Constantin eut-il fermé les yeux, que les armées s'opposèrent à l'exécution de ses dernières volontés. Sous prétexte de ne reconnoitre pour empereurs que ses fils, elles massacrèrent les deux Césars ses neveux , voulant , disoient-elles , prévenir tout soulèvement. Elles se révoltèrent ensuite , et firent périr deux frères de l'empereur mort, Jules Constance, Hanuiballien père, ainsi que cinq autres de ses neveux dont on ignore les noms, et ses principaux officiers. C'étoit ainsi que Constantin paroissoit avoir jadis excité secrètement les troupes à demander avec des cris séditieux la mort de Licinius, qui n'étoit plus redoutable.
Si l'on en croit l'empereur Julien', S. Jérôme', et Zosime% Constance auroit été l'auteur de ces crimes; et S. Athanase^ lui reproche formellement d'avoir fait mourir ses oncles et ses cousins. Nous apprenons même de Zosime que Constance «avoit gagné les soldats et les avoit excités à crier qu'ils ne pouvoient supporter le commandement que dans les mains des fils de Constantin. » Enfin les officiers de Constance, chargés par ses ordres d'entretenir dans leur prison Gallus et Julianus, seuls princes de la famille de Constantin échappés au massacre, leur disoient que l'empereur éprouvoit un repentir cuisant, et que Dieu le punissoit de cette faute, ainsi qu'il le pensoit, en ne lui accordant point d'enfants pour lui succéder, et en ne lui faisant
(1) Jiilian., ad Jt lien. (3) Zosim., II, 4o-
(2) Hieron., CArorti'c. (4) Athan., a(/6'o/j>.
J7-2 ICONOGRA.PIITE P.OMATNE. Part. II.
ciiAP. XVIII. éprouver que des mauvais succès dans ses guerres contre les Constantin X)prs(,s'. Ouc dul-ou aufijurcr d'un re^ue qui commençoit sous
et sa h«mill(-. >- " O 1
i>i. i.xiietLxiii. d'aussi funestes auspices?
Fausta rendit Constantin pcrc de Constance, l'an 3 17, à Sirmium (Sirmik en Sclavonie). Ce prince fut créé César l'an 3'i3, nommé consul pour la première fois, et chargé du com^mandement des Gaules l'an ?>i5. Lorsqu'en 335 Constantin partagea le gouvernement de l'empire, sous ses ordres, entre ses trois fils et ses deux neveux, il assigna l'Orient à Constance, qui reçut de lui pour épouse Constancia, fille de Jules Constance. Ce partage fut confirmé, en 337, par le testament de Constantin, qui le remit à un évêque en lui faisant promettre avec serment de le donner à Constance seul. Par cet acte il charcreoit Constance d'exécuter ses dernières volontés, et même du soin de ses frères, si Ton en croit l'empereur Julien'; soit qu'il aimât Constance plus que ses autres enfants, soit qu'il espérât que ce prince arriveroit à Constanlinople avant ses frères. Aussi l'attendoit-on pour faire les funérailles de son père.
Lorscjue les armées apprirent la mort de Constantin, qui par sa fermeté les avoit toujours contenues dans l'obéissance , elles crurent le moment favorable pour reprendre l'influence dont il les avoit dépouillées. Elles en firent un essai hardi en déclarant à grands cris qu'elles ne reconnoltroient pour empereurs que les trois fils de Constantin, et en donnant à eux seuls le titre d'Augustes. J'ai dit plus haut que Constance ne fut point étranger à ce mouvement séditieux, qui causa la mort du César Delmace, du roi Hanniballien , de deux frères de Constantin , de plusieurs de ses neveux, et de ses principaux officiers. Gallus et Julien,
(i) Jiilian., ad Jthen. (2) Idem, ad Orat., I et II.
fils de Jules Constance, furent seuls épargnés; Julien, parcequ'il chai. xvhij. étoit encore enfant, et Gallus, à cause d'une maladie à laquelle - ^''"»"^*'"
' l ft sa famille.
on croyoit qu'il succoniberoit. pi. lxii et Lxni
Les trois empereurs se partagèrent les états de leurs cousins. Constance marcha bientôt après, en 338, contre les Perses, qui ravageoient les terres de l'empire. Il leur fit une guerre funeste, qui fut aussi longue que son règne, soit à cause de la pusillanimité que lui reprochent les écrivains des deux religions, soit à cause de l'indocilité des soldats qu'il avoit autorisés par ses intrigues à vouloir commander lorsqu'il falloit obéir,
La mort de Constantin le jeune, tué en 34o par les troupes de Constant, auquel il disputoit à main armée plusieurs provinces, réduisit à deux le nombre des Auirustes. Constance ne demanda ou n'obtint aucun des états qu'avoit gouvernés son frère aîné. Pendant que les deux empereurs preuoient une part active dans les querelles théologiques, les Perses ravageoient les frontières orientales de l'empire; les Francs faisoient des incursions dans les Gaules; Magnence prenoit la pourpre à Autun l'an 35o, et, la même année, ses émissaires ôtoient la vie à Constant.
A la nouvelle de cette mort, Vétranion, général de l'infanterie, se fît élire empereur par les légions de Pannonie, qu'il commandoit. II écrivit à Constance pour lui demander des troupes et de l'argent, afin de combattre Magnence, lui déclarant d'ailleurs qu'il se regardoit plutôt comine sou lieutenant que comme un souverain. Constance, usant de dissimulation, envoya à cet usurpateur des troupes d'élite dont il connoissoit le dévouement; puis, feignant de marcher contre Magnence, il s'avança jusqu'à Sardica. dans la Thrace (ville dont on voit les ruines près de Sophia , dans la rvomélie). Là, craignant le sort des armes, il conclut un traité avec Vétranion, le reconnut pour
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(jHAf. xviii. empereur, l'invita à joindre ses troupes aux siennes, el l'engagea coustaiitii. .^ gg réunir à lui pour combattre Magnence'. V étranion se rendit
Il sa famille. ' '-'
l'i.LMUctLxiH. sans défiance dans le camp de Conslaucc, qui, ayant assemblé les deux armées, monta sur le tribunal avec lui pour les haranguer. Constance ])arla le premier, et exhorta vivement les soldats à venger le fils du gri'iiid Constantin sur Maguence son meurtrier. Les troupes de Constance et celles de Yétranion même, que Constance avoit gagnées par des présents, s'écrièrent à l'envi qu'elles ne vouloient plus voir d'usiupateurs sur les trônes, et qu'elles ne reconnoissoient pour empereur que le fils de leur grand général, de Constantin. Se voyant abandonné de ses soldats, Vétranion déposa la pourpre et se retira en Bilhynie, où il mourut après six ans d'une retraite tranquille.
L'an 35 1 Constance créa son cousin, Gallus, César pour l'Orient; et Magnence chargea de la défense des Gaules son frère Décence, auquel il donna aussi le titre de César. En se déchargeant sur Gallus du soin de contenir les Perses dans leurs limites. Constance voulut se livrer tout entier à la guerre qu'il préparoit contre Magnence depuis l'abdication de Vétrauiou. Magnence de son côté avoit formé une armée nombreuse et aguerrie , destinée à précipiter Constance de son trône. Se reposant sur Gallus du soin de garder les Gaules, il traversa rapidement l'Italie et rillyrie. Pendant ce temps Constance, occupé à faire condamner dans un concile l'hérésiarque Photin , chargea ses généraux de la défense de ses états. Après des succès el des échecs réciproques, Magnence envoya des ambassadeurs pour intimider Constance, et lui proposa d'abdiquer le pouvoir souverain. Mais celui-ci fut encouragé par la défection de Sylvain, qui abandonna Magnence
(O Socrat., II, 28; Soz., IV, 3; idem, II, 44; Julian., Orat., I et II.
CONSTANTIN ET SA FAMILLE. lyS
et se joignit à Constance avec une nombreuse cavalerie qu'il chap. xvm. commandoit. L'empereur livra une bataille décisive non loin de Constantin
^ et sa famillp
Mursa (sur la Drave, près d'Essec); l'armée de Magnence fut pi lxu ei lxiij. entièrement défaite, et lui-même contraint à se réfugier dans les Gaules, abandonnant au vainqueur tous les pays situés à l'orient et au midi des Alpes. Deux ans après, en 353, Magnence, poursuivi dans les Gaules par Constance, le combattit encore une fois dans les Alpes Cottiennes (le haut Daupbiné), fut vaincu, et se donna la mort à Lyon. Décence, qui marchoit à son secours, apprit à Sens la triste fin de son frère, et ne voulut pas lui survivre. Magnence avoit été plus heureux, lorsqu'eu 35o, après qu'il eut fait périr Constant, Népotien, neveu de Constantin, avoit cru pouvoir succéder à son cousin. Ce prince avoit été tué vingt-huit jours après qu'il avoit ceint le diadème.
A cette époque l'empire auroit goûté enfin les douceurs de la paix, si les troubles religieux que Constance fomentoit, loin de les apaiser, ne l'eussent pas agité continuellement; et s'il eût prévenu par un gouvernement fort et vigilant les irruptions partielles de quelques peuples barbares. Tels furent les Allemani ( on commençoit alors à donner à tous les Germains le nom de ce petit peuple de la Germanie), qui forcèrent Constance à se présenter avec une armée pour les repousser. L'empereur ayant trouvé un gué, et se préparant à traverser le Rhin et à ravas^er leur pays, ils demandèrent la paix. Ils l'obtinrent facilement d'un prince ennemi des fatigues, et d'une armée qui, d'après l'expérience, croyoit son général heureux seulement dans les guerres civiles, et fort malheureux dans les autres '.
Livré tout entier aux intrigues des eunuques de sa cour ,
(i) Amm. Marcell.,XIV.
176 ICONOGJIAPHIE ROMAINE. Part. II.
€iiM. xvm Constance ne chercha pomt à adoucir par de sages rcprésenta- (.oiHiantm (jons Ic caractèic harharc de Galhis, qui d'ailleurs avoit quelciues
't sa tainillc. ' l 11
Il i.xiieiiAiii. bonnes qualités, ni à le détourner des orgies scandaleuses dont le résultat étoit toujours le meurtre de ses premiers officiers. Il se laissa persuader que ce prince formoit des projets de rébellion. Telles furent les causes qui portèrent Conslance non seulement à ôter la pourpre et le titre de César (ce qui pouvoit être un acte do justice), mais encore à ôter la vie à sou cousin germain, qui étoit aussi son heau-frere à deux titres différents, et le père de sa nièce. Craignant que Gallus ne se révoltât ouvertement, s'il pouvoit pénétrer ses desseins. Constance employa, suivant son usa£;e , les voies de la dissimulation et de la perfidie. Il lui écrivit des lettres très affectueuses , dans lesquelles il Tinviloit à venir le joindre pour délibérer sur des aff;\ires importantes; il en adressa de pareilles à Constantina sa sœur, épouse de Gallus, lui disant qu'il avoit une grande envie de la voir. Celle-ci partit la première pour fléchir le courroux de son frère, mais elle mourut eu voyage. Gallus la suivit de près. Arrivé daus la Norique (la Bavière), le comte Barbation, chargé des ordres de l'empereur, le dépouilla des ornements impériaux; et l'assurant avec serment, au nom de Constance, que sa vie ne couroit aucun danger, il le fit conduire en lllyrie. Là on rendit une apparence de jugement après qu'il eut avoué ses crimes, qu'il rejetoit sur son épouse et sur les suggestions insidieuses de cette princesse, et on lui ôta la vie. Philostorge' et Zonare" ont écrit que Constance se repentit d'avoir signé l'arrêt de mort de son neveu , et qu'il envoya un contre-ordre; mais que les courtisans, ennemis de ce prince, en retardèrent l'arrivée. Par la mort de Gallus, il n'exista plus de
(i) Philost., IV, I. (2) Zon.,XIII,9.
César, ni d'autre Auguste que Constance; ce qui n'étoit pas ar- chap. xviu rivé depuis soixante-neuf ans, c'est-à-dire depuis que Dioclétien constantm
I ' 11 et sa famille
se fut associé Maximien-Hercule. Cette circonstance ajouta un pi.LxuetLxiii. nouveau degré à la vanité qui dominoit dans toutes ses actions.
L'état déplorable où se trouvoient les Gaules, ravagées par les Francs et par les Allemands, demandoit la présence de l'empereur; mais Constance étoit persuadé qu'il courroit les plus grands dangers s'il quittoit l'Italie '. Il se vit donc forcé d'appeler auprès de lui son cousin Julien, qu'il avoit toujours éloigné de la cour et des emplois. Ce dernier membre de la famille de Constantin fut créé César, l'an 355, malgré la malveillance des courtisans, offensés du contraste que présentoient ses mœurs austères avec les leurs. Constance lui donna en même temps le gouvernement des Gaules et de l'Hispanie. Le succès répondit aux espérances de l'empereur, et Julien repoussa d'abord les ennemis. Assiégé dans la ville de Sens en 357, il força les barbares à levier le siège. Malgré la mauvaise volonté des généraux, à laquelle Constance paroît n'avoir pas été étranger, Julien repoussa les barbares au-delà du Rbin, et reconquit toutes les Gaules.
Deux ans auparavant ces provinces avoient été témoins de la révolte de Sylvain , que Constance avoit créé général de l'infanterie , après qu il eut abandonné les drapeaux de Magnence. Mais les intrigues des courtisans et des eunuques forcèrent ce général, menacé de la colère de l'empereur, à la prévenir, en prenant la pourpre et le titre d'Auguste. Vingt-huit jours après il fut tué par ses propres soldats, qu'un émissaire de Constance avoit gagnés par ses largesses.
(0 Amm.,XV.
ïjS ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Chai., xviii. Coiîstance, après avoir combattu contre les Allemands, dans consun.i.. j,j |^(;ji^i(3 n^ pj,ys Jes Grisons et le Tyrol j, vint, en 357, célé-
pi.LxiiLiiAiii. brer à Rome la trente-cinquième année de sou règne. Il résolut de faire transporter dans celte capitale un obélisque que Constantin avoil fait conduire d'Héliopolis à Alexandrie, où il étoit resté depuis sa mort : c'est celui que Sixte-Quint fit dresser, l'an iSSg, devant la basilique de Saint-Jean-de-Lalran. Mais l'acte de cette année qui occupa le plus fortement les Romains fut l'ordre que donna Constance d'enlever du sénat l'autel et la statue de la Victoire, devant lesquels on préloit les serments et l'on sacrifioit cbaque jour eu présence des sénateurs chrétiens, qui ne pouvoient s'absenter. C'étoit donc une espèce de lutte continuelle entre le paganisme et le christianisme ; aussi Julien les rétablit-il. Mais, en 382, Gratien les fit enlever, malgré les vives réclamations des sénateurs païens, et en particulier celles du célèbre orateur Symmaque.
Pendant que Julien faisoit essuyer près d'Argeutoratum (de Strasbourg) une défaite sanglante aux Allemands, qui avoient assiégé Lyon sans succès , et qu'il en reportoit modestement l'honneur à Constance, les courtisans s'efforçoient de le perdre dans l'esprit de l'empereur, et ils répandoient le ridicule sur toutes ses actions. Constance, enivré par leurs flatteries , s'attribuoit la gloire des victoires que remporloit Julien ', et cependant il le persécutoit secrètement. Voulant porter un grand coup aux Perses, il écrivit aux officiers de Julien, qui étoient dans les Gaules, de lui envoyer les meilleures troupes de son armée; et à Julien, de ne point mettre d'obstacle à l'exécution de ses ordres, dont il lui cachoit le contenu. On croit avec assez de vrai-
(i) Amm.,XVIL
semblance que cette mesure étoit dictée moius par le besoin de chap. xviu. renforcer l'armée d'Orient que par le désir d'affoiblir celle de C""*'»""" Julien, et que le préfet des Gaules, ennemi secret de ce prince, pi.LxrieiLxin l'avoit conseillée à l'empereur.
Les habitants des Gaules s'opposèrent au départ des troupes qui les protégeoient contre les barbares ; et les troupes , sollicitées peut-être par les amis de Julien , le forcèrent, sous peine de la vie, en 36o , de rev'ètir la pourpre impériale. Malgré la lettre soumise par laquelle il sollicitoit l'empereur de confirmer son élection, et dans laquelle il ne prenoit que le titre de César, Constance se refusa à tout accommodement'. Il marcha contre Julien avec une puissante armée ; et si la mort n'eût arrêté, un an après, son impétuosité, on eût vu peut-être deux parents répandre le sang l'un de l'autre.
Avant de conduire ses troupes contre Julien, Constance, disoit-on, avoit sollicité secrètement un roi des Allemands à faire des incursions dans les Gaules pour y retenir Julien pendant qu'il iroit combattre les Perses. Sapor, effrayé à la vue des armées romaines, qui s'étoient avancées jusqu'au Tigre, se retira dans les provinces septentrionales de la Perse; et Constance, rassuré sur la tranquillité de l'Orient, conduisit contre Julien ses troupes, qui croyoient marcher à une victoire certaine. Mais il trouva non loin de Tarse en Cilicie le terme de sa vie dans l'année 36i. Il étoit âgé de quarante-cinq ans, et avoit régné pendant trentehuit ans sous le titre de César et sous celui d'Auguste. Saint Grégoire de Naziance", seul de tous les écrivains, dit que l'on avoit accusé Julien d'avoir abrégé par le poison la vie de Constance.
Cet empereur eut de commvui avec son père Constantin
(i) Zoiiar., XIII, 10. (2) Naz., Orat., III.
i8o ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II. ciiiP. xviir. d'avoir reçu le l)apt<'me au lit de la mort (et ce fut la seule et^^srf'amtii . cliose ) : le premier fut baptisé par un évêque hérétique déguisé, pi.LxiietLxiii. qui devint le soutien de l'arianisme; mais celui qui baptisa le fils étoit un hérétique reconnu. Non seulement Constance avoit du penchant pour l'hérésie, mais il avoit l'orgueil de vouloir décider seul les questions relatives à la religion; aussi a-t-on dit qu'avec cette ambition et en prêtant son appui aux évêques dissidents il avoit causé plus de maux à l'Eglise que ses plus cruels persécuteurs.
Il étoit vain , orgueilleux, accessible aux accusations calomnieuses, et porté à la cruauté: c'est le portrait qu'en ont tracé les écrivains des deux religions. Il prit les mesures les plus violentes contre le paganisme. Malgré ces défauts, Eutrope et Victor, écrivains païens, ont reconnu dans lui une grande éloquence , de la modération dans les plaisirs , et une rare tranquillité d'esprit.
Constance eut trois épouses, dont une seule le rendit père. La première , fille de Jules Constance , n'a laissé aucun souvenir certain; on ignore même son nom, à moins qu'elle n'ait été cette Fausta dont nous voyons le portrait sur une médaille de petit bronze. Eusébie, la seconde, étoit fille d'un consulaire; on n'a aucun portrait d'elle. Constance épousa dans la dernière année de sa vie Masimina Faustina, qu'il laissa, en mourant, enceinte d'une princesse. Celle-ci fut appelée Constantia , et surnommée Postuma à cause de sa naissance tardive. Elle épousa l'empereur Gratien'. Mezzobarba attribue à cette Faustina une médaille qui paroit appartenir à Fausta, épouse de Constant in-le-Grand.
(i) Eckhel, VIII, ii5.
CONSTANTIN ET SA FAMILLE. i8i
On voit ici, sous le n° 9 de la planche LXIII, le portrait de chap. xvur. Constance II, eravé sur une médaille d'arj^ent, avec la légende '^o°»««n«'"
' o r» ' ~ et sa famille.
Dominus l^oster Yhai^ius CLaudius CONSTANTIYS NOBz7/j pi.LxiictLxm CAESûr. Revers, les deux Romes (Rome et Constantinople) ^°^ assises, tenant un bouclier sur lequel on lit, VOTIS V: le casque et la lance font reconnoître l'ancienne; la coiffure de tours et la proue de navire caractérisent la nouvelle: légende, GLORIA REIPVBLICAE; exergue, SMNS.