‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 22 sur 139 · LEUR FILLE · texte numérisé non relu

LEUR FILLE

Je n'oserois assurer que la captivité de Yalérien (cliez les Perses , l'an 260 ) ait été plus honteuse pour Rome que l'élection de Didius Julianus. Si Gallien, ce fils dénaturé, eût voulu racheter son père , l'empire romain n'eût été diminué que de quelques provinces abandonnées pour la rançon; mais, en l'an 193, les prétoriens seuls, sans la participation des autres armées, mirent à l'encan, et Didius Julianus acheta l'empire romain , c'est-àdire la plus grande partie de l'univers connu, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'au Tigre et à la mer Caspienne.

Après avoir assassiné Pertinax , les prétoriens , craignant la colère du peuple et du sénat, qui aimoient ce vertueux empereur, se renfermèrent dans leur camp fortifié, placé sur le mont Quirinal. Mais la terreur s'étoit emparée de tous les esprits, même de ceux des personnages les plus distingués par leur rang ou par la considération que leur avoient acquise de longs et utiles services. La plupart se renfermèrent dans leurs maisons; quelques uns se retirèrent dans leurs campagnes. Sulpicianus , beau-pere de Pertinax, que celui-ci avoit envoyé dans le camp des prétoriens pour apaiser la révolte dont il devoit être la victime, profitant de la stupeur générale, ne rougit pas de demander l'empire pour lui-même aux meurtriers de son gendre, et de leur offrir des largesses considérables. «Cependant, dit un

«auteur contemporain', Didius Julianus , qui comptoit des sé- (i) Dio, LXXUI, II.

Page 1