‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 44 sur 139 · MARINUS, PERE DE PHILIPPE T · texte numérisé non relu

MARINUS, PERE DE PHILIPPE T

Les antiquaires se sont occupés pendant long-temps , sans k° «• succès, à découvrir quel étoit le Marinus dont on voit la tête sur la médaille de bronze du n° 8, planche LV. Cette tète est nue, mais non pas chauve; un aigle éployé est placé au-dessous; la légende est QEft • MAPIN^ (à Marinus déifié J. On en connoit deux revers différents avec la même légende $IAinnonOAlTfiN KOAif^NIAC, et S. C. dans le champ : l'un de ces revers, qui est ici gravé, a pour type Rome assise, tenant de la main gauche une liaste, et de la droite un aigle sur lequel sont placées deux petites figures. Le second revers a pour type Pallas, ou Rome debout, tenant de la main droite une patcre; de la gauche, une

(i) Tillemont, UI, Ph. I.

iM ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

cim. X. haste; à ses pieds un bouclier. On attriljuoit ordinairement ces Successeurs méduilles à PliiIin[)opolis de Thrace, et à Marinus qui se révolta

il AluxaiiJre Se- 111 ' i

Ycrc jusqu'à Tra- Jans Li Mocsic coutrc Philippe I"; Vaillant seul reconnut qu'elles

jan Uece. .

PI. Lv. avoient été frappées en Arabie.

Tochon d'Annecy ', membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres, a proposé sur cet objet, en 1817, des conjectures très vraisemblables, dont je vais donner l'extrait. Philippopolis de Thrace ne porte point le surnom de Colonie; la fabrique de ses médailles diffère beaucoup de celle des médailles de Marinus. La fabrique des dernières médailles ressemble à celle des médailles de Rostra en Arabie, auprès de laquelle Philippe P', voulant illustrer son pays natal, et avant de le quitter pour aller à Rome, fonda une ville, et probablement une colonie, auxquelles il donna son nom , et dans lesquelles il fit frapper des médailles avec son portrait. Le lieu paroit donc bien reconnu. Le Marinus déifié et gravé sur les médailles de Philippopolis d Arabie quel est-il ? Ce ne peut être Marinus révolté contre Philippe I", qui lui survécut, et qui ne lui décerna certainement pas les honneurs de l'apothéose; ni Pacatianus , déclaré empereur dans les mêmes contrées que l'avoit été Marinus , et surnommé par quelques antiquaires Marinus , d'après l'interprétation arbitraire d'un de ses noms, MAR., abrégé de MAPuiis, de MÂRczM.y^ et d'autres. Tochon propose de reconnoitre ici un Marinus qui auroit été père de Philippe I"; mais dont les historiens qui sont parvenus jusqu'à nous ne font aucune mention. Les deux Philippes auront voulu donner dans leur patrie un témoignage de vénération à l'auteur de leur race , comme l'avoient pratiqué Vitellius etTrajan , qui ont fait frapper des médailles chacun en

(i) Médailles de Marinus et (ic Jotapiamis, 1817,111-4°.

l'honneur de son père. Cette opinion est d'ailleurs la seule qui chai-. i. apprenne pourquoi on voit sur les médailles de Marinus , de j./,"^^"^*"^-. Philippe, et d'Otaciha son épouse, le type inusité de Rome, vercjasqnàXratenant un aigle sur lequel sont placées deux petites figures , pro- p) lv. hahlement celles des deux nouveaux empereurs, Philippe père et fils.

§. 8. PHILIPPE II, ou LE FILS, EMPEREUR.

Philippe II étoit âgé de douze ans, selon Victor le jeune ■, lorsqu'il fut tué, l'an ^49 ( ^ooi de Rome ) , dans la capitale , par les prétoriens, qui venoient d'apprendre que son père avoit perdu la vie auprès de Vérone. Il en avoit donc sept au moment où Philippe I", élu empereur aj^rès le meurtre de Gordien , s'adjoignit son fils, en lui donnant le titre de César. Il lui donna aussi, l'an 247 , celui d'Auguste, et même celui de grand pontife , qui , jusqu'à Ralbin et Pupien , n'avoit jamais appartenu qu'à un seul prince. Victor le jeune, cité plus haut, est le seul qui nous fasse connoitre le caractère de Philippe II ; il étoit si sévère et si sérieux que, depuis l'âge de cinq ans, personne ne put jamais le faire rire, et qu'on le vit, même pendant les jeux séculaires, témoigner par des regards sévères avec quelle peine il voyoit rire l'empereur son père et son collègue.

Sur l'une des deux médailles de bronze qui sont gravées ici n.ôm:. planche LV, n''6 et 7, la tête du jeune Philippe est nue, et sur l'autre elle est couronnée de laurier: on lit autour de la pre-

(i)Vict.,^pif., XXVIII.

236 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Cap. X. miere, Marcus Whius PHILIPPVS CAES<2r; et autour de l'autre,

iu(-cesseuis d'Alexandre .Si

Successeur.. IMV^cralor PHIL!P1>VS kyGustus. La première a pour type le

verc jusqu'à Tra- jeunc Ccsar, en costume militaire , tenant une lance et un globe ,

jan Uecc.

,,,i.v avec la légende PRINClPI IVVENTw//.y. Une femme debout, tenant une lia.ste et une branche d'olivier, est le type de la seconde, avec la légende PAX AETEKIVA , et les sigles S. G. dans le champ.

i<i'4ct5. Ges médailles ont fait reconnoitre par Visconti Philippe II

dans un buste de porphyre conservé dans le musée du Vatican , et gravé ici de face et de profd sous les n° 4 et 5 '.

§. g. PACATIEN, EMPEREUR.

Les médailles seules ont fait connoître cet empereur d'un jour; aucun historien ne rapporte même son nom : aussi a-t-on beaucoup différé d'opinion sur l'explication des initiales qui expriment ses noms sur les médailles. On y lit , autour d'une tête ornée d'une couronne de rayons , \W9erator Tlberius CLaiidius MAR.... PAGATIANVS. Marins, Marciiis, et Marinus , peuvent être indiqués par l'abréviation MAR. ; ce qui l'a fait confondre avec ce Marinus qui se révolta dans la Mœsie contre Philippe I", et avec le Marinus déifié sur les médailles de Philippopolis d'Arabie. Mais la fabrique des médailles de Pacatien ne ressemble point à celle des médailles qui ont été frappées dans cette ville , elle ressemble aux médailles des Philippes et de Trajan Dece; ce qui fait conjecturer que Pacatien fut un des généraux que leurs armées déclarèrent empereurs à cette époque. Quant au pays qu'habitoit l'armée qui ceignit le diadème à

(i) Vise, Mm. l'io Clem., VI, tav. 49-

Pacatien , on avoit cru d'abord que c'étoit l'Aquitaine, parce- chav. x. qu'on y avoit trouvé la première médaille de cet empereur; ^««^«'««"r* mais Eckliel ' assure qu'on a trouvé le plus erand nombre de vere jusqu'à Tracelles que 1 on possède aujourd'hui dans l'Autriche et la Hongrie p, Ly, (la Mœsie et la Pannonie) : nouvelle preuve de la fausseté de l'opinion qui confond Pacatien avec Jotapien , tyran dans l'Orient.

Nous n'avons de Pacartien que des médailles d'argent. Sur N»iet2. celle du n° i on lit , autour d'une tête radiée , IMPer^^or Tlberiiis CLaudius MARiiis PACATIANVS. Revers, l'Abondance assise, avec la légende CONCORDIA MILITVM. La médaille gravée sous le n° 1 porte la même tête et la même légende. Revers, ROMAE AETERNAE. AN/zo MILLe^wzo ET PRIMO (l'an looi de Rome); Rome assise tenant une Victoire.

§. 10. JOTAPIEN, EMPEREUR.

Aurelius Victor' dit que sous le règne des Phdippes on apporta à Trajan Dece, avant qu'il partît de Rome, la tête de Jotapien, qui , ce se glorifiant d'être issu de la race d'Alexandre , s'étoit ce révolté dans la Syrie , et avoit été tué par les soldats. » On lit aussi dans Zosime ^, ce Les provinces de l'Orient , accablées ce sous le poids des impôts , et ne pouvant souffrir le comman- «c dément de Priscus (frère de Philippe), quon leur avoit envoyé, ce se révoltèrent , et revêtirent du pouvoir souverain Jolapianus : ce de leur côté les légions de Mœsie et de Pannonie élurent Macerinus." A la vérité on lisoit dans le manuscrit d'après lequel a été imprimée , en 1 676, la première traduction latine de Zosime , Tapianus ; et Leunclavius, le traducteur, avoit mis en marge

(i) Doclr. Num. Fet., VII, SSg. (2) In Cœs., XXIX. (3) Lib. I, 20.

238 ICONOGRAPHTE ROMAINE. Part. IT.

(mu: X. la correction Papiaiius ; mais Reitcmeyer a rétabli dans sa helle d Ailandre" so- ^'^llï^'i^ ^^ Lcijîzig , cn 1 784 , Ic Hiot Jolapiaiiiis, d'après deux vere jusqu'à Ti a- mauuscrits, ot d'après l'autorité de Casaiihon'.

jan Decc.

l'i. Lvi Yoilà tout ce que l'histoire nous apj^rcnd de cet empereur éphé-

K" 3. mcre, et encore règne- t-il une grande obscurité sur l'Alexandre dont Jotapien se glorifioit d'être issu. Tocliou d'Annecy', qui a recueilli et discuté avec soin le peu que nous savons de Jotapianus, est porté à croire que cet Alexandre étoit le roi de Macédoine, plutôt que l'empereur Alexandre Sévère. C'est lui qui a fait connoitre la médaille unique de Jotapianus, apportée de Syrie par M. Rousseau, consul françois à Bagdad, et que l'on conserve dans le cabinet du roi. On la voit ici sous le n° 3, planche LVI. «Elle est d'argent k bas titre (appelé billon);le «caractère de la tête est assez bon; le style n'est pas inférieur à «celui des médailles des Philippes et de Trajan Dece.« Autour d'une tête qui a de la barbe et une couronne radiée, on lit IMP* M • F • R • lOTAPIANVS • A • pour k\Gustiis. L'explication des trois sigles qui suiventIMPerûfor est incertaine. Revers, Victoire tenant de la main droite une couronne , et une palme de la gauche, avec la légende VICTORIA AVE. pour ANGusti. «La précipita- «tion avec laquelle ces empereurs d'un moment se hâtoient de «produire des monnoies à leur effigie ne leur laissoitpas le temps « de donner de grands soins à leur fabrication.... Les fautes dans «les légendes sont assez fréquentes sur les médailles latines «frappées dans les villes grecques.»

(i) Hist. Aug.,\\. (2) Médailles de Mariiuts et de Jotapianus, 1817, in-4''.

Page 1