‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 6 sur 139 · N-' §. 3. PLOTINE · texte numérisé non relu

N-' §. 3. PLOTINE

ÉPOUSE DE TRAJAiN.

(ît sn ftimi iitoptivo

PI. XXXVII

" Votre épouse, Trajan, fait votre honneur et votre gloire'. « Y a-t-il en effet personne dont les mœurs soienl plus pures

«et rappellent mieux les premiers siècles? Que son cos-

« tume est simple ! que son cortège est peu nombreux ! que sa « démarche est modeste! » Pline le jeune parloit ainsi à Trajan dans son panégvrique, et d'une impératrice vivante; l'histoire a tenu le même langage après la mort de Pline. Dion% ayant rapporté ce qu'elle avoit dit en entrant dans le palais , « Telle «j'entre ici, telle je me propose d'en sortir, » ajoute: «Elle « se conduisit si prudemment pendant tout son règne , qu'elle « ne fut jamais l'objet d'un reproche \ » « On ne sauroit con- « cevoir, dit Aurelius Victor^, combien elle contribua à la «gloire de Trajan, en lui faisant connoître les vexations des « agents du fisc... en lui représentant qu'elles nuisoient à sa « réputation. Elle réveilla son zèle , et lui fit mettre un frein «à leur avidité; au point qu'il disoit , depuis , que le trésor pu- « blic étoit comme la rate dans le corps humain, et que, s'il « grossissoit, tous les membres amaigrissoient.»

Au moment où Trajan fut devenu empereur, le sénat offrit à Plotine , qui étoit son épouse depuis plusieurs années , le titre d'Auguste, ainsi qu'à Marciana sa belle-sœur; mais elle refusa de le prendre, jusqu'à ce que l'empereur eût accepté celui de Père de la patrie.

(1) PaneTyr. , C. LXXXIII. ycc^tv , ûm ar,Seaiai-j èrriyoijici.-j cyjï-j ■

(2) Lib. LXS'III, 5. (4) Epit. in Flav. Julian.

(3) Kat oÛtw ys £a-jT>!K Slv. Tzitrnç rriç âp'jfjnç oir,-

FAMILLE DE NERYA. 3i

Comment concilier avec Téloge que font Pline le jeune, Dion, dans l'endroit cité plus Haut, et Aurelius Victor, des bonnes mœurs de Plotine, les expressions dont se sert ailleurs le même historien Dion ', lorsqu'il veut peindre l'attachement de cette impératrice pour Hadrien, qu'elle fit adopter par son époux , « à cause de l'amour qu'elle avoit pour ce prince ' ; » et ailleurs, ce parcequ'elle Tavoit beaucoup aimé\'^» Le cœur humain est-il si généralement corrompu, qu'on ne veuille point croire a la pureté d'une liaison d'habitude et d'intérêt entre un homme et une femmeM Plotine, se voyant pri^^ée de postérité, n'a-t-elle pas dû chercher à prévenir par une adoption, comme l'avoit fait Nerva, le déchirement de l'empire, et la guerre civile? En exposant un motif d'attachement si louable, je crois avoir repoussé la calomnie que deux phrases seules de Dion ont pu faire éclore.

Hadrien conserva pour la veuve de Trajan une reconnoissance qui ne se démentit point. Il lui témoigna toujours le plus grand respect, et il la plaça au rang des dieux, en 129, lorsqu'elle mourut'. Il porta son deuil pendant neuf jours, et il composa des vers en son honneur. Une ville de la Thrace porta le nom de Plotine; et celle de Nismes vit élever, par l'ordre d'Hadrien, dans son enceinte une basilique superbe dédiée à sa bienfaitrice \

Cuip, IV.

Nerva

et sa famille

.iJoptive.

l'I. XXXVII.

(i) Lib. LXIX., 2. (2) Lib. LXIX, 10.

(3) ËÇ £pwTij^>l{ ifiXia; spwff»; aûroù 3ia(fi-

(4) Un littérateur d'un tact très fin a pensé que les anciens attachoient peutêtre aux expressions dont ils se servoient, en parlant de l'ainour, un sens différent de celui que nous y attachons. 11 est possible que, dans nn système de mœurs plus

sévères, le langage des sentiments qui servent à unir les individus du même sexe , ou d'un sexe différent, ait pris une préci» sien plus grande qu'il n'en avoit chez les anciens Puisse cette conjecture se réaliser, pour la gloii^e de Socrate , de Trajan , et de quelques autres anciens, dont nous honorons la mémoire !

(5)Dio,LXIX, 10. (6) Spart., .^(/r. XII.

l'i xxxvir

K' 1 et 2.

3a TCONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

cii»i-. IV. Une mcdaille de grand bronze, ^avée ici sous le n» 3,

tsar.uiic pl<'^nche XXXVIÏ , prouve la ressemblance de quelques portraits joptivc. jjg Plotine. On y lit autour d'une tête de femme coiffée d'une manière extraordinaire la légende PLOTINA AYGusta IMPeratoris TRAIANI (sous-entendu uxor)\ au revers, une femme debout tient des épis et une patere, avec la légende FIDES AVGYSTa (fidélité de l'impératrice); et dans le champ, les sigles S. C. Les n" I et ^ présentent la face et le profd d'un buste colossal de Plotine, conservé dans le musée Pio-Clémentin. On y remarque sur-tout l'espèce de coiffure que porte l'impératrice, et que l'on voit aussi aux autres princesses de la famille de Trajan.

§. 4. MARCIANA ET MATIDIE;

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