‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 87 sur 139 · JCONOGRAPIIiE ROMAINE. Part. TT · texte numérisé non relu

JCONOGRAPIIiE ROMAINE. Part. TT

ciiAP. XVI. déclarer empereur le 28 octobre '. On ne doute pas que Maxeuce .'clsIurTde'Dio- "'^'^'^ conccrté CCS démarches hardies avec Maximien, qui s'étoit tiiît.en, cxcptu rdiré dans la Lucanie après son abdication, et rrui s'anijrocha

(jonstantin et s,i ■*■ '111

famille. dc Romc à cette époque.

Connoissant la l'oiblesse et la lâcheté de Maxence, Galère ne crut pas devoir aller en personne réprimer sa rébellion, il se contenta d'envoyer Sévère avec raiinée qu'il commaudoit. Mais cette armée avoit obéi long-temps à Maximien, et elle se rangea sous les étendards de son fils. Alors Maxence proposa à son père de reprendre le titre d'empereur, afin que les talents militaires de celui-ci suppléassent à Tinertie et a la lâcheté du fils. Maximien fit la même proposition à Dloclétien, qui rejeta cette imprudente suggestion. Après ce refus, il vint à Rome, oii son fils le revêtit de la pourpre; ensuite il se rendit dans les Gaules auprès de Constantin pour solliciter son appui, et afin de l'obtenir il lui donna le titre d'Auguste et sa fille Fausta pour épouse. Galère, effrayé de cette alliance, accourut en Italie, l'an 307, menaçant de brûler Rome et de faire mourir ses habitants. Mais Maxence gagna les légions de son ennemi par d'immenses largesses; de sorte que Galère, abandonné, se trouva trop heureux de pouvoir se retirer à la hâte dans ses états.

Ayant quitté les Gaules, où Constantin demeuroit immobile, Maximien revint à Rome, et y régna tranquillement pendant c[uelque temps avec son fils. L'an 809, il se lassa d'avoir un collègue. Ayant assemblé le peuple et les soldats, il leur parla longuement des maux de l'état; ensuite, regardant son fils, l'accusa d'en être l'auteur, et lui arracha la pourpre». Maxence, pris au dépourvu, se plaça au milieu des soldats, qui, séduits par ses

(i) Zosim.,Ii,9. (2) Idem, II, 10; Lact., Pe?5. , cap. xxviii.

PI. I.X

SUCCESSEURS DE DIOCLETIEN. 121

promesses et ses prières, lui promirent leur appui. Zonare ' seul chap. xvi. dit cfue Maximien ne fut point déconcerté, et qu'il assura les Collègues et suc-

J- 1 ' i cejseuis de Uio-

léffions crue son dessein avoit été de connoitre leur affection f^'^'ien, cxcepié

*-' ^ Constantin et sa

pour son fils. fam.lle.

L'an 3o8, Maxence, ne voulant point reconnoitre le consulat de Galère et de son père, se déclara consul lui-même avec son fils Romulus, qu'il avoit créé César. Pendant ce temps l'Afrique s'étoit révoltée, et avoit reconnu empereur Alexandre, vicaire du préfet du prétoire. Ce tyran régna jusqu'en 3ii, parceque Maxence, craignant de se rendre lui-même en Afrique, avoit prétexté juscj[u'alors une prédiction de ses prêtres, qui l'en détournoient. Enfin il y envoya cette année quelques troupes ; elles mirent en fuite, dès le premier choc, le tyran, qui étoit accablé d'années. Cette rébellion de l'Afrique fut la cause de sa ruine, et en particulier de celle de Cartilage, ville qui avoit repris son ancienne splendeur. Quoique Rome fût entièrement soumise à Maxence, il la traitoit de même en ville conquise. Il faisoit mourir les plus riches citoyens pour s'emparer de leurs biens, et il rendoit victimes de sa brutalité les femmes de la plus haute naissance. Prudence ' nous a laissé un tableau fidèle des maux que Rome souffrit sous ce barbare.

Quelque lâche que fût Maxence, et quoiqu'il ne se fût jamais m.ontré à la tête de ses armées, il avoit une telle confiance dans le secours des génies promis par ses magiciens qu'il osa déclarer la guerre à Constantin \ Ce jjrince, désirant délivrer Rome de la tyrannie de Maxence, accourut en Italie, et parvint sans opposition jusqu'au pont Milvius (Ponte-Mole), à quelques milles de Rome. Le combat étoit déjà engagé, le 28 octobre de

(i) Zonar., XII, 33. (2) InSjmrn., I, de potcntia crucis. (3) Euscb., VIII, 14.

122 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Cil w XVI. l'an 3 12, entre l'armée de Constantin et celle de Maxence, que coiiccueseisuc- Qg|y[.(.j prcsidoït cncore aux ieux du cirque, sacrifloit aux

cesseurs de Uio- 1 J J '

ciétien, excepic (Jieux, cousuitoit Ics livrcs des Sibylles, recevoit pour réponse

CoiisC.iiitin et sa J ' l l

famille. que cc jour-là même l'ennemi des Romains devoit périr, et se

plaisoit à reconnoitre Constantin dans cette prédiction équivoque; lorsque les cris et les reproches du peuple le forcèrent à sortir de la capitale. Il joignit l'arnaéc, vit une partie de ses troupes passer du côté de Constantin , et le reste prendre la fuite. Lui-même, entraîné par les fuyards, fut précipité dans le Tibre, et la pesanteur de ses armes l'empêcha de sortir du limon dans lequel il se trouva enseveli. Sa tête fut portée à Rome, et fit l'ornement du triomphe de Constantin. N«i.. Maxence avoit régné pendant six ans. Il avoit eu de son

épouse, fille de Galère, un fils app'elé Romuliis, qu'il avoit nommé César et deux fois consul, quoiqu'il fût à peine sorti de l'enfance, et qui mourut avant lui. On voit sur la médaille d'or du n" II, pî. LX, la tête laurée de Maxence regardant à droite; légende, MAXEKTIVS ^OYSilis Cœsar. Revers, femme debout, vêtue de la stole, tenant des fruits de chaque main; légende, RARTHAGO; exergue, P. R.

Ce prince, qui n'avoit jamais vu d'armée, tenoit ordinairement à ses soldats des discours tels que le suivant. «Toutes les fois (dit le panégyriste anonyme de Constantin') qu'il haranguoit les soldats, il s'exprimoit ainsi; «Je suis seul empereur «avec vous; les autres sont mes lieutenants et défendent pour «moi les frontières de mon empire."

(i) Paneg. Veleres, pag. 241.

SUCCESSEURS DE DIOCLETIEN. i23

ciiAP. xvr.

§. 6. ROMULUS. CoUeguese.s^c-

cesseurs ae Uio-

clétien , excepté

^ , Constantin et sa

Ce jeune César etoit nls de Maxence et de la fille de Galère, tamiiie. L'histoire nous apprend peu de chose sur Romulus. On sait '"' '^ seulement que Maxence, se regardant comme seul empereur, ne voulut jjas reconnoître pour consuls de Tan 3o8 son père et son beau-pere; de sorte qu'à Rome l'on data du consulat des consuls qui seroient nommés, jusqu'au 3o avril, où Maxence prit le titre de consul, en s'adjoignant son fils Romulus. Celui-ci mourut, à ce que l'on conjecture, l'année suivante. Quelques philologues ont cru trop légèrement pouvoir conclure d'un texte du panégyriste anonyme de Constantin que Romulus s'étoit noyé dans le Tibre. De même on a pensé long-temps, d'après une médaille rapportée par Goltzius seul, que ce jeune prince s'appeloit Marcus Aurelius Romulus. Son père lui fit rendre les honneurs divins; et toutes les médailles authentiques de Romulus sont relatives à cette apothéose.

On voit sur une médaille de moyen bronze, gravée ici sous >•• ,,. le n" 11 de la planche LX, la tête nue de Romulus, avec la légende DIVO ROMVLO NVBIS (pour nobilissimo) CONSm//. ilevers: légende, AETERNAE MEMORIAE; exergue, MOSTS; type, temple rond, surmonté d'une aigle éployée, les portes entrouvertes.

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