‹ Iconographie voltairienneChapitre 22 sur 30 · L'ItluHrjtion. 31 octobre 1846, p · texte numérisé non relu

L'ItluHrjtion. 31 octobre 1846, p

2. Signalons encore Jeux reproductions Je Jimensions bien inégales. Le fastueux éditeur de Voltaire, Beaumarchais, avait voulu que la statue a.siso figurât dans le splendide vestibule Je sa maison du boulevard Saint-Antoine. Le Gra:id, Description de P^ris (18091. .Moins riche et plus modeste, celui qu'on a apTcle le Vok^ue ^ilt.u^J, Wieland, lui auso, avait constamment sous les veux, dans son cabinet, une réduction du cheî-d'oruvre Je HouJon. Dclcrot et Lcgrelle, Notice sur A. Hj^Jon (Versailles, i8je> i, p. 11e.

«j8 F-.-AI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIEXXE.

aux jeux des connaisseurs1. Mais qu'est devenu ce euvre

dont nous avons vainement cherché la trace autre part, et qui ne s'est pas retrouvé davantage à la succession du dernier marquis? On indique le Louvre, cela ne peut s'entendre que d'une exp >sition, et alors les expositions n'avaient lieu que tous les deux ans. Nous connaissons l'Exposition de 1-79 et celle de 1781, nous n'en connaissons pas, au Louvre, erure ces deux époques. Il est difficile, cependant, d'admettre une confusion ou une malice, si aisées à relever puisque ces feuilles manuscrites, qui s'adressaient à la province et à l'étranger, ne s'adressaient pas moins au Parisien, qu'on ne pouvait espérer tromper sur une chose de t'ait se passant sous ses veux er à sa porte. Lorsque La lïorde vint à Ferney pour la première fois, en 1 "69, il visita la Bibliothèque, dont il fait 1 éloge : « M. de Voltaire, aioutet-il trop laconiquement, y est représenté en terre cuite, couché et lisant ;. > C est là tout ce qu'il nous dit et tout ce que nous savons. Quant à cette statue couchée, nous ne l'avons pas plus retrouvée que la statue à la nymphe.

Le buste de Voltaire (ayant pour pendant celui de Rousseau), moyen bronze, ciselé et réparé par Thomire, et ajusté sur un piédestal de marbre blanc. Achetés 275 francs à la vente Clos1.

Le xwn* siècle, moins toutefois que les deux précédents, a été l'époque des portraits de cire. L'art ne dédaignait pas plus cette composition fragile et infime que toute autre matière ; et nous avons vu, il y a quelques années, chez le libraire Tross, un buste en cire de Voltaire, grandeur naturelle, en perruque, toilette de gala. 11 fut acquis par M. Didot et appartient encore aux héritiers de cet érudit et de ce curieux infatigable. Ce buste nous a paru remarquable et surtout d'une ressemblance saisissante.

I. M moires secrets pour servir j l'histoire Je L république des lettres. 'Londres, John Adamson . c XV, p. 5;.

a. Lettres ier.tes Je Suis<e; d'Italie, de Sicile et Je Mtltt (par M.***, avocat au parlement, i M"« •••>, Amsterdam, 1780.

J. Charles Blanc, Trésor de L curiositi. t. II, p. 295.

ESSAI D ICONOGR \PHIY. VOLTAI RIENXE. iy>

Ln élève de Le Moyne, un artiste en bronze, nommé Hauré, témoin de la tète du couronnement, à la Comédie-Française, en avait été si frappé, qu'il jeta, en rentrant chez lui. l'esquisse d'une scène qui semblait être moins du ressort de la statuaire que de la peinture. L'auteur avait saisi l'instant oii le poète, dans sa loge, courbé sous le poids de l'attendrissement, s'écriait : Ils veulent donc me faire mourir! > La loge est fermée par deux colonnes figurant les nuises de la tragédie et de la comédie. On peut voir dans le cabinet de M. de Rotbschild une de ces pendules.

Citons, pour en finir, une statue de Voltaire, exécutée par Desenne et restaurée par Le Sueur, qui avait été placée par M. de \ illette dans la bibliothèque de son château de Plcssis-Yillette. Elle avait pour base un piédestal eu bois des Iles. C'était dans l'intérieur de ce piédestal que reposait le cœur du poète, qui devait si fort embarrasser .M-' de Dreiix-Brézé, lorsque ces derniers restes de l'auteur du Sermon des cinquante menaçaient de devenir, avec là fortune du fils de Belle et Bonne, l'héritage d'un prince de l'Église. Nous ne pouvons davantage passer sous silence le mausolée en faïence, construit en 1 780, par les ordres du marquis, à la manufacture de l'architecte Racle'. Ce mausolée est surmonté du buste de Voltaire. On le voit encore, non plus dans la vraie chambre du poète, mais dans une autre pièce attenante au salon où se trouvent rassemblés et groupés tout ce qui a appartenu au patriarche de Fernev, tout ce qui est un souvenir, une trace de ce brillant et stupéfiant esprit '.

1. Le même qui creusa le port Je Versoixsurle lac d- Genève, ce le canal du Pont Je Vaux en Bresse; l'inventeur des ponts do fer d'une seule arche, et le constructeur, à Fernev, d'une maison incombustible sans buis et voûtée. Bibluthc^ut u/uvirailt (Genève, 1816), t. III, p. 96.

a. Nous avons, tout dernièrement, rencontré, chez un brocanteur du passage Choiseu!, sous une vitrine carrée de 15 à 16 centimètres, un Voltaire en bois peint, perruque et bonnet, habit rouge. I! est assis près d'une table sur laquelle on voit deux volumes, une c ritoire et un cahier ouvert où nous avons cru lire les premiers vers d'une épitre au marquis de Yîl.'eitc; bien que c • ne soit pas do Vjrt, c'est, pourtant, quelque ch jso do mieux qu'une poupée de Nuremberg; et nous avons accorjé une mention charitable a cotte petit.- composition, qui ne manque ni de ressemblance ni de vérité.

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