‹ Iconographie voltarienne: histoire et description de ce qui a e?te? publie? sur Voltaire par lChapitre 17 sur 35 · I. Marquis de Villette, Œuvres (Edimbourg, 1788), p · texte numérisé non relu

I. Marquis de Villette, Œuvres (Edimbourg, 1788), p

réputation est parvenue jusqu'à lui. « J'ai trouvé, lui écrivait-il, en mai 1 767, dans le n® 7 des Nouvelles littéraires manuscrites que vous m*avez procurées*, que le sieur Simon, habile mouleur, fait, un louis pièce, des copies en plâtre d'un buste parfait de Voltaire, dont l'original est en ivoire, d'un ouvrier de Saint-Claude, en Franche- Comté *. Envoyez-moi une de ces copies en plâtre, je vous prie. » Mais il n'y avait pas à songer à ces copies, sans valeur aucune ; et M"*' Geoffrin répondait à la Majesté polonaise qu'elle prenait sur elle de lui faire avoir un buste en ivoire (il y en avait également en biscuit de porcelaine de France), qui, tous comptes faits, lui reviendrait à 102 francs'. L'envoi mettait un peu plus d'une année à arriver à destination ; mais Stanislas n'avait pas perdu pour attendre, et il ne put contenir son admiration ni son ravissement à la vue de ce microscopique chef-d'œuvre. « Figurez-vous combien je me suis amusé à le comparer au grand buste que j'en avais*, et j'y ai trouvé, à mon grand étonnement, dix ans de plus sur l'ivoire, mais absolument les mêmes traits, le même fond de physionomie, et cela prouve bien la ressemblance de tous deux. C'est un charmant petit bijou. » L'éloge ne laisse pas d'avoir son prix. Poniatowski était un amateur distingué et ardent, et les tracas, les périls d'une situation impossible ne l'empêchaient pas d'accorder aux arts une attention passionnée.

Mais poursuivons notre tâche de nomenclateur et de descripteur.

1. Le recueil de Grimm. Il n'est nullement question de Rosset-Dupont dans la correspondance publiée du baron.

2. Ces petits bustes sont devenus presque introuvables. Dans une exposition d'objets d'art qui se fit au mois d'août 1844, dans les salles de l'hôtel de ville de Cambrai, figurait un buste de Voltaire, de Rosset. Chennevières, Notes d'un compilateur sur les sculpteurs et sculptures en ivoire. (1858.) P. 35, 36. Tout récemment, nous en avons rencontré un autre, chez M. Rouzé (boulevard des Italiens); il a même été reproduit dans l'Art, T. YIII, p. 266. Malheureusement, il ressemble peu, s'il est d'ailleurs bien dessiné.

3. Correspondance inédite de Stanislas- Auguste Poniatowski et de M'^ Geoffrin (Paris, Pion, 1875), p. 287. Lettre du roi, 13 mai 1767.

4. Il s'agit d'un buste de Voltaire, du sculpteur WeltzchefFer, que nous ne connaissons pas plus que le buste de Poncet.

'uUK e4CtJiu)*^ de. ^J^rnoc tU. qux*^' la-V^

J'ai interrompu mon agonie. Voltaire en pied, perruque et bonnet ; la main droite engagée dans le gilet, la gauche discourant; près de la cheminée. Guéridon soutenu par un pied simulant des enlacements de serpents; un fauteuil de Tautre côté. Curieux et fort rare. Se vend à Vienne , chez Christophe Torcilla. H. o",26.

Voltaire à l'âge de soixante- dix ans y habillé, en perruque, assis. Médaillon par Benoist.

Le Vieux malade de Fernejr, tel qu'on Va vu en septembre 1777 ; en bonnet, sans perruque, un gourdin crochu sur lequel il s'appuie ; au fond, paysage alpestre : il s'en faut que ce soit un Amour. Nous le reproduisons.

C'était bien le moins, si l'on usait et abusait de son vieux et piteux visage, que l'on envoyât au poëte ces reproductions plus ou moins fâcheuses de sa personne^ car toutes l'irritaient. Mais cette politesse stricte devenait de l'impertinence et de l'impudence, quand la composition n'était autre qu'une caricature acerbe, une épigramme burinée, comme cela avait lieu au moment où nous sommes. Le libraire Lejay venait de mettre en vente le Commentaire de la Henriade, par La Beaumelle. La feuille du titre avait été remplacée par une estampe où figurait Voltaire, flanqué de ses deux zoïles, Angliviel et Fréron. Pour qu'il ne manquât rien à cette niche d'un goût douteux, Lejay faisait tout aussitôt passer par Rosset, le libraire lyonnais, une épreuve à l'auteur de Zaïre, qui répondait à cette attention par ces quatre vers :

Lejay vient de meccre Volcaire Entre La Beaumelle et Fréron :

Ce serait vraiment un Calvaire, S*il s'y trouvait un bon larron ^ .

L'estampe, qui est de Saint- Aubin, est très-finement faite. Les

X. Madame Du Defiand cite ces quatre vers avec de légères variantes, qui ne changent rien à Taménité du fond. Voltaire, Œuvres complètes, (Beuchot.) T. XIY, p. 476, 477.

trois portraits sont ressemblants, et cette page bizarre est recherchée des amateurs.

L'épigramme qui précède en rappelle une autre d'autant mieux à sa place ici qu*elle n'était que l'interprétation d'une jolie méchanceté due au crayon complaisant de Gravelot et destinée à illustrer la seconde édition de VEcossaise.

a II faut, écrivait le libraire Cramer à l'artiste, dessiner une lyre suspendue agréablement avec des guirlandes de fleurs, et un âne qui brait de toute sa force en la regardant avec ces mots au bas :

Que veut dire

Cette lyre > C*est Melpomène ou Clairon.

Et ce Monsieur qui soupire

Et fait rire, N'est-ce pas Martin F ?

« Cette plaisanterie se doit mettre à la tète d'un petit ouvrage qui n'attend que cette estampe pour paroître , et que je vous enverrai d'abord. Si vous ne pouvez pas faire cette petite commission, qui feroit grand plaisir à notre cher philosophe, mandez-lemoi d'abord'. »

On a prétendu que Fréron, averti, avait annoncé dans ses feuilles avec une feinte bonhomie que M. de Voltaire préparait une nouvelle édition de V Ecossaise , qui serait « ornée du portrait de l'auteur ». La plaisanterie est excellente ; elle était de nature à embarrasser, à arrêter le poëte qui ne crut pas le moment propice et tint l'estampe sous la clef. Mais, après Beuchot, nous avons nous-mêmes recherché, sans Vy trouver, dans V Année littéraire, cette riposte habile. « Je dois dire aussi, ajoute loyalement l'éditeur de Voltaire, que j'ai aperçu un carton à la fin du compte rendu de VÉcossaise et l'existence de ce

X. Baron Portalis, Us Dessinateurs d^ illustrations au xvill* siècle (Paris, 1877), première partie» p. 381, a8a.

carton permet de croire à Texistence de la plaisanterie faite par Fréron^ » M. Sieurin nous dit que le patriarche supprima Testampe* ; mais c'est là une erreur. Quand Fauteur du Pauvre diable avait un projet en tète, il pouvait en ajourner l'accomplissement, mais la victime ne gagnait guère pour avoir attendu; et, Tannée suivante (1768), Testampe de Gravelot était jointe à Tédition de Genève de Tancrède. L'on pourrait croire que cela n'eut lieu que pour quelques exemplaires, à l'adresse des fidèles. Mais ce qui semble démontrer manifestement que la mesure s'appliqua à la totalité de l'édition, c'est qu'une contrefaçon de cette même édition contenait une contrefaçon de la gravure*. Ce petit dessin, où Gravelot n'a fait que se soumettre au scénario, est devenu rare, et l'on nous saura gré de nous être arrêté un instant sur cette anecdote qui peint, une fois de plus. Voltaire, et appartient bien à notre sujet. (H.o"*,!!. L. o",07.)

Puisque nous sommes sur le chapitre des inimitiés voltairiennes, puisque La Beaumelle et Fréron ont trouvé place dans cette galerie, nous serions sans excuse d'omettre deux curiosités non moins piquantes, qui visent, avec Voltaire, un tout autre adversaire, l'auteur ù!Emile et du Contrat social, ce quinteux Jean-Jacques,, qui avait voulu la guerre et qui l'eut implacable. Dans une première estampe, nous les trouvons aux prises, marchant l'un sur l'autre, le poing menaçant, mais comme deux chiens hargneux se bornant à aboyer sans arriver aux coups. Rousseau est à gauche, V Emile à ses pieds; adroite Voltaire et s^Henriade; l'artiste a pensé judicieusement que ces sortes de rappels n'étaient pas inutiles, et que la ressemblance des personnages, d'ailleurs fort médiocre pour ne pas dire nulle, n'aurait pas suffi poiu: empêcher toute méprise. Un gros arbre au premier plan et qui semJ^le séparer les deux assaillants; charmille toufîue comme fond de tableau. Sans nom de dessinateur et de graveur

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