RÉACTIONS DE LA RATE
Dans les premiers jours, la rate est tuméfiée; elle semble exagérer de très bonne heure son pouvoir bémolytique. Les sinus, les cordons de Billroth sont envahis par d'innombrables macrophages; atteignant parfois des dimensions énormes. Leur protoplasma contient bien quelques polynucléaires, et des tingibles Kôürpers, mais il est surtout riche en débris de globules rouges et en blocs de pigment ferrugineux présentant une réaction positive vis-àvis du suifhydrate d’'ammoniaque et du ferrocyanure de potassium chlorhydrique. Les cellules de corpus-
cule de Malpighi proliférent sous forme de grands
monucléaires basophiles. A ce stade, l'augmentation du volume de la rate s'explique par la mutiplicité de ses grandes cellules à fonction hémolytique et le très grand nombre de globules rouges plus ou moins altérés qui envahissent les sinus. À Plus tard, la rate est moins grosse; elle est moins riche en éléments cellulaires, on n'y trouve plus de pigment, Le fer dérivé de l’hémoglobine est vraisem-
blablement passé dans la circulation générale. Ainsi
* que le remarque Auguste Pi Suner l’hémolyse physiologique se fait dans la rate. Lorsque le foie est intact et la fonction hémolytique de la rate est exaltée il se
produit de la bile en excès.
Si dans les mêmes circonstances le foie est insuffisant, alors apparaissent l’'hémoglobinurie, l'hématoporphynurie, l'urobilinurie. Ainsi s'explique l’hémo-
globinurie observée par Felz et Ritter, Mackay au cours de la ligature du cholédoque, et la pauvreté des organes hématopoiétiques en fer. La rate: cepen< dant, continue à détruire les globules rouges. Vers
Ja fin du premier mois, les sinus élargis sont envahis par un grand nombre d’hématies, et telle était chez deux de nos animaux l'intensité de la réaction hématophagique que cela pouvait suggérer l’idée d’un
‘rôle de suppléance, incomplète d’ailleurs, exercé par
la rate vis-à-vis du foie, celui-ci n’ayant plus d’action sur le globule rouge. “4 :
Tardivement enfin, la rate augmente à nouveau de volume ; il y a réaction myéloïde très accentuée Mais, alors que les myélocytes ne sont représentés que par quelques grands mononucléaires basophiles identifiés par Dominici aux myélocytes basophiles, les cellules rouges abondent et font pour ainsi dire tous les frais de la réaction. Mais il ya lieu de remarquer que les normoblastes sont, en grande majorité, polychromatophiles. C’e$t qu'en effet, s’il y a ici production d’hématies, ces hématies sont imparfaites. Talquist a montré que la régénération du sang ne se
faisait bien que si le fer se déposait en quantité suffi-
NES Rte AE
sante dans les organes ; en cas d’hémoglobinhémie et d'hémoglobinurie, le corps se privant d'emblée d’une grande quantité de matériel utile, la réparation du sang se fait plus lentement; en outre, le chiffre des corpuscules globulaires remonte au taux normal avant que les globules ne recouvrent leur teneur en hémoglobine.
Ces différents aspects de la rate paraissent dépendre des lésions hépatiques. Dans les premiers temps de la ligature, la bile privée de ses voies d’excrétion normale, altère les cellules glandulaires, dilate les . capillicules biliaires et passe dans les vaisseaux à travers leur paroi endothéliale. Suiv ant la remarque de CI. Bernard, la cellule hépatique a deux pôles, lun biliaire, lPautre glycogénique, la ligature du cholédoque modifie cette orientation et les produits de sécrétion cellulaire émigrent vers la veine-sushépatique. C’est en effet au centre du lobule qu’apparait plus nettement la surcharge pigmentaire (1). La bile passe dans le sang et détruit les globules rouges. C’est à la rétention desaeides biliaires que Mackay et Foa attribuent la tuméfaction de la rate dans les premiers jours de l'expérience. C’est à notre avis ce qui peut expliquer les réactions si nettement hémolytiques de la rate au début de l'expérience.
Plus tard, le foie devenant insuffisant, la rate, les organes hématapoiétiques produisent en abondance des cellules rouges nucléées,les mêmes phénomènes
(1) Afanassief, Géraudel, | |
Dal cation à diphérique, Roue er et Josué avaient signal la Yi: et Re
es Re “intoxication d’ origine os ete par les sels biliaires et la toxémie hépagène seraient EE les deux facteurs capables de
| provoquer Ja splénomégalie consécutive à la ligature | du cholédoque. Toutefois, ces causes peuvent n être “Ya pas les seules à à considérer dans cette opération. AN
ee infection, par exemple, a pu intervenir. Nous
n'avons pu trouver de germes dans les voies biliaires
ri nos. animaux opérés ; mais cela ne veut assuré- NE dés “Ur as dire wil n'y aient pas xi té.
Fes ent pas qu'uis n y aient pas existe. 1 HD? autre part, Ja ligature du cholédoque est une eopé=
Re : io dont les conséquences doivent être extréme- a 5 ment complexes. L'interprétation que nous avons | ph donnée de nos | résultats demandait à être con rÔ rôlée. 1 RE | Dans cet esprit, nous avons cherché à réaliser Vins
|'suffigance hépatique ‘par la ligature de l'artère hépa- Ctique, de manière. à obtenir des nécroses aseptiques du foie, et Pintoxication biliaire par Pinjection dans les veines de bile etde taurocholate de soude en solu- “tions préalablement stérilisées.
Nous avons cherché par ces s moyens à Lisoler lès :