‹ IdaChapitre 11 sur 12 · SU IDA · texte numérisé non relu

SU IDA

iniagiiialion vive et d'une volubilité rdré, inveiilail, au fur et à mesure, toutes ces belles choses; avec une iuiperturbablo assuranëe, une prestesse inconcevable, et une confiance parfaite. Son récit, plein de vraisemblance, a paru la vérité même. La baronne de l^cl'sbach, retirée dumonderécloù s'élcignaientscsjours, pour le monde imaginaire où se rallumait sa vie, saisit avec trans|)ort, comme un talisman (jui lui rouvrait des palaisenchantés, et comnje iine liyssopcqulla purifiait des fautes commises, la nouvelle de sa délivrance. Il lui sendjle (|ue les liens du mal se sont brisés, (|ue le vent de l'infortune a cessé de souiller, et qu'une sorte de nouvelle Jérusalem va descendre d'en baut pour elle. L'exagération habituelle de sa pensée lui représente déjà soli existence passée comme un cauchcinar fanlasti(|ue, riieiîre présente comme un hwor d'aurore divin, et sa position:! venir connue un Éden en pcrsj)cclive. La main appuyée sur son front cl dans une extase inellable, elle pleure d'é-

l9iiint^n)çnl^i(l'enlhousi,^si)]e,,ç,l,,die, |'çqoniia|çr: sance. Toulj eu sp.spqvo^iqint, clic pul)|i|3j($ai)s médiler, elle prévoit. Son regai>I scsl cpanoui. Elle respire, clic' 'Iriomplié. C'est du bonjieuu sans conjlredit , pliais ©'est de la déincncoicncoi^o.' '; ; i' .' ''li"' ^ : .•• i>'ii.i ,■ iiiioi

Là vicomtesse a laissé son amie dans celte

exaltation indicible, et a couru près du doc-

leur Criver pour lui confier ce (|ui venait de se passer entre elle et la baronne. Elle l'a mis au fait de ses intentions; il a fallu lui révéler les croyances dMda*, elle y ajoute la fable (|u'ellc a imaginée ; et le médecin^ dévoué , cnt^eçivec joie (lai)^,le coiuplot. Il prome^ jJe pû9pé|'er usa réuj^sil.iji il le pourra, mieux /pie porsoivic.,j .. , ù,; , ;, ;, ,:,!,-> ni

•' 'Un sommeil bienfaisant fernie les paupières de la malade; elle [)asse la nuit dans un état de calme et prcscpie de béatitude (pii lui a redonnéses forces. Le jour suivant, sortie deson lit, elle à voulu ouvrir sa fenéire. Les rayons

du soleil la cliarinciil; les vues delà campogim renclianleiU ; le souille du matin l'enivre.

Cependant les heures s^écoulent. La réflexion lui revient peu à peu, entière, profonde, précise. Et cette fois, complet aussi, lo souvenir lui est rendu. Ses idées se sont rembrunies} un poids alfreux revient sur son âme!... Puis, maintenant, le récit d'Amélie lui parait avoir besoin de développements et d'explications. U faudrait que de nouveaux té-moignages lui en vinssent confirmer la vé-^ rite. Ida fait, appeler son docteur.

'* « Monsieur! luidit-ellecn monlrantdudoigt à sa fenêtre une jolie habitation peu éloigné» du château: n'était-ce pas là, dernièrement, la demeure d'une Allemande?... Une de mes compatriotes?... , !

— C'était une femme charmante, répond froidement le docteur. Je l'ai visitée là bica souvent.

> —Vous l'avez connue? .

— Oui , Madame; j'avais gagné sa con^

fiance* ,i -c !, ■ . !,-i,, ,-.,

— Elle a été malade?

• — Elleesimorle.' f '»t '^

"•i—'Au printemps de sa vie, Monsieur?

— Elle avait votre âge, Madame»

— Sans doute, elle a eu des malheurs.

— Elle a beaucoup souflcrt, je le pense. Mais, Madame, ne vous ayant vue jusqu'à présent que dans l'ombre et sous une alcôve, j'avais mal remarqué vos traits. Ici , maintenant, au grand jour, que vous me causez de surprise! En vous regardant... il me semble voir cette dame... Oui, l'Allemande qui est

'morte. Oh ! c'est à croire que je rêve! Quel miracle de ressemblance l »

Le visage de la baronne a repris un nouvel éclat. Un sourire plein de douceur a comme joué sur ses lèvres. Le soupçon fait\)lace à la.

confiance; et, sur ses Iraits i rassérénés, le cplmc et l'espoir reparaissent. ^ ,. ,

La vicomtesse entre ravie; elle avait écoulé rentrclicn. • •.îi.icin \\ n -H.»

« Docteur! continue la baronne, toujours à la môme pensçc : savez-vqusoù repçseia la dépouille de la pauvre Allemande ? Sera-ce au

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cimetière du pays?

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— Non, Madame. Elle a demandé,, à ses derniers mojnents, à être transportée après sa mort, cii I Autriche, dans le domaine de ses pères, cl au caveau de sa famille. Un vjeux serviteur, (pii ne l'a jamais <|uillécdansses nombrcux voyages, s'occupe î\ exécuter rcljgieusèment ses volontés funèbres ; et cette nuit même, a ce (Mio j ai oui dire, |e cercueil ou sera le corps do sa jeiiix^ maîtresse partira avec lui en poste. Elle a laissé un testament. Madame Mulliér esl iiée fort llche.l. » *'

iM'iî' T -M-'i!) '■!' ■•'• II) ■- 1, |.i • ;i i ) h ■

1 ta baionncinlc^rompt par,ui) cri. ,,, ,,,. ,

«i; Comment, Monsieur!... Veuillez répéterl... Vous la nommez madame Mullier?...»

Un nuage effrayant a passé sur son froiit. . Une violente toux l'a Saisie ; et ses SufTocalionis lui reviennent. '• ''•••' . ■ '!

Le médecin, déconcerté, voit par l'cflet qu'il vient de produire qu'une faute a été commise: faute irréparable peut-ôtrç. La dernière parlie de son récit ne renfermait rien que de vrai : serait-ce le nom de la dame?... Amélie s'est mordu les lèvres.

Quelques phrases, tant bonnes que' mauvaises, allaient sortir des lèvres du docteur pour essayer de raccommoder la sottise : Ida no lui en a pas laissé le temps. Elle s'est plaint •'; Ml'unmal do Ictc horrible; et, prûlcîndanl (|uo le plus léger bruit la fatiguait, i\ue le moindre mouvement lui était un su[)plice> elle a témoigné le désir de rosier seule un instant pour reposer ses esprits troublés. Ou a rc-r

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