LA RÉCAPITULATION DU COURS DE PHYSIOLOGIE
Des sages de toutes les époques ont regardé comme le moyen le plus propre à nous rendre meilleurs , la récapitulation , opérée chaque soir, des actions que nous avions faites , et des pensées auxquelles nous nous étions livrés , dans le courant de nos journées. Les regrets inséparables de tous nos actes répréhensibles , et cette douce satisfaction , qui , se liant sans "cesse à 1 exécution convenable de nos devoirs, passionne en quelque sorte nos vertus, leur ont paru, avec raison , deux voies qui , malgré leurs directions opposées , avaient du moins un avantage commun : celui de conduire vers un meme but , toujours digne d’éloges.
La fin d un Cours n’est à mes yeux que le soir
Physiologie
Generale.
DeTinition.
Objet
formel.
Gommen-
d’une journée scientifique dont la série de séances représente assez bien les actions.
Le désir de mieux faire encore par la suite , m’a suggéré l’idée de venir aujourd’hui penser tout haut devant vous , en vous offrant l’ensemble des divers objets qui ont été traités dans ce Cours, et auxquels j’ai soigneusement conservé l’ordre que j’avais suivi dans leur exposition.
Bien persuadé que souvent un sujet n’était traité d’une manière peu satisfaisante, que parce qu’il avait été mal défini , j’ai dû commencer ce Cours par une bonne définition de la science qui en était l’objet. Aussi , après avoir dit ce qu’on devait entendre par phénomènes , et par explication de phénomènes , j’ai successivement examiné et trouvé peu précises les définitions données par Castelli , Haller , Procbaska , Calda^ii, et MM. Ri cher and, Fodéré, Magendie, Broussais, Is. Bourdon ; et j’ai cru pouvoir regarder la Physiologie comme une partie de la science de l homme , ayant pour sujet les phénomènes du corps humain , dans l’état de santé (1).
Quant à l’objet formel qu’elle se propose , il m’a paru trop bien présenté dans l’exposé qu’a faitM. Lordat du problème physiologique, pour que je ne fusse pas obligé d’employer les mêmes expressions (2).
L’importance de ce problème m’a suggéré
l’idée de le commenter avec soin , pour rendre taire dn pro*
. mémo pliysio-
plus claires, et mieux arrêtées dans votre esprit logique, chacune des propositions qui le constituent. La considération de quelques-unes de nos fonctions et de nos maladies, ainsi que de la vraie maniéré dont on doit raisonner sur les diverses causes des phénomènes en général , m’a été fort utile pour beaucoup approcher de mon but , en supposant que je n’aie pu complètement l’at-^ teindre (3).
La distinction de la connaissance des lois que Philosophie
des causes.
suit une cause dans son action , d avec la connaissance de la nature intime de cette cause , nous a conduit à reconnaître que si la cause de la vie paraissait moins connue qu’un grand nombre de causes physiques considérées dans leur essence, c’était seulement à des esprits superficiels, pour qui le domaine de la vraie philosophie était un pays encore entièrement inconnu.
J’ai entrepris l’étude des trois ordres de phé- Division des
, . f phénomènes.
nomenes que le corps humain présente lorsqu’il ~ est vivant, en commençant par celle des pheno- Ppï^J“ae^* mènes physiques (4).
J’ai énuméré en ce lieu un grand nombre d’organes dont les fonctions étaient purement physiques (5) ; ce qui procurait aux moyens de prothèse l’avantage de les rétablir presque entièrement, lorsque par l’effet de diverses maladies elles avaient été altérées ou même complètement détruites (6).
Phénomènes
moraux.
PsyrhoLogie
médicale.
Dans l’étude des phénotnènes propres à l’homme et qui se rapportent au principe moral que presque tous les peuples ont regardé comme un souffle, j’ai signalé ce penchant irrésistible et spontané , qui nous entraîne sans cesse vers la perfection (y) ; mesure ses forces aux obstacles qu’on lui oppose (8) , et suffit seul pour établir une ligne de démarcation bien distincte , entre les phénomènes moraux et ceux qui ne sont que l’effet de V instinct ou de V habitude.
liante ne devait point être confondue, comme on le fait si souvent de nos jours , avec V appareil sensitif interne qui n’est que Y instrument dont elle se sert , ou bien le théâtre sur lequel elle entre en action (9) : aussi ai-je fait remarquer qu’elle pouvait souvent abandonner le corps sans que la moindre altération sensible fût l’effet inévitable de cette retraite (10).
La Psychologie médicale qui devait seule nous occuper ici , a été réduite à ce que Wolff nomme Psychologie Empirique , après que les opérations complexes qui constituent les arts intellectuels en ont été elles-mêmes détachées. Le médecin doit étudier, dans le principe pensant, ses diverses modifications et ses différentes maniérés d'agir , c’est-à-dire : les attributs essentiels de l’âme { 11) et ses facultés (12). J’ai cru devoir signaler, en ce lieu, l’utilité des recherches sur X origine de nos connaissances; celle de l’étude,
des scntimèns moraux ; des mcnkûiiorts ou aptitudes (i3); de la variation dans la quantité d action dont V âme est susceptible (i 4) ; des qualités dont les divers assortimens constituent les caraco teres ; des effcls de la répétition des actes ou des affections qui constituent X habitude ; enfin de cette aptitude à être modifiés par le principe moral , dont dépend en grande partie Xéduca bilité ( 1 5).
En distinguant soigneusement les phénomènes phénomènes vitaux de ceux des deux autres classes, j’ai pu éviter également les erreurs de l’Animisme ou de Staiil , ainsi que celles des différentes nuances de Matérialisme ou de Pereira, Descartes,
La Mettrie, Cabanis, Gall , et l’on peut
meme dire de l’Ecole solidiste moderne. Je ne pouvais donc , sans enfreindre les règles si bien établies par Newton, ne pas les rapporter à une cause spéciale (16).
Vous avez senti combien il était nécessaire Cause que cette cause, désignée sous des noms différons par des philosophes ou des rr^édecins distingués de fbutes les époques (17), reçût, comme le prescrivait Bacon, une dénomination qui ne dénomi-
pa . . nalions.
lit rien préjuger sur sa nature inconnue (18).
C’est à l’oubli de ce précepte suivi par Newton, mais négligé depuis jusqu’à Barthez qui l’a rappelé d’une manière si utile pour la science , que me semblent devoir être rapportés les vices
Attributs
tîssentiois.
des théories de la vie que nous donnent Sur-tout nos contemporains (19).
N’attachant aux dénominations que le peu d’importance qu’elles méritent, je vous ai fait sentir l’avantage de donner tantôt l’une d’elles, tantôt l’autre (20) , à cette cause dont l’existence ne peut être douteuse que pour quiconque manque de philosophie ; et je vous ai ensuite entretenu de ses attributs essentiels et de ses facultés.
Dans nos considérations sur ,les attributs essentiels de cette cause , vous avez reconnu que to Y individualité vitale ne pouvait vous être aussi
bien démontrée que celle du Moi Moral. La cause de la vie n’ayant rien d’analogue à la conscience que Locke a justement regardée comme le caractère du second, j’ai eu recours à la méthode d’exclusion , pour avoir sur ce point des probabilités presque équivalentes à des certitudes (21).
Quoi qu’aient pu dire les solidistes, vous avez vu Y activitéule la cause vitale dans une foule de phénomènes, mais sur-tout dans les opérations de l’instinct , que l’on ne saurait regarder comme de simples réactions (22),
3° Vous avez peut-être été surpris de voir que,
Spontanéité. a • . i ^
si cette cause agissait souvent en vertu d une sorte de délibération que des incitations diverses avaient pu occasioner, elle était aussi susceptible
Acli vite.
d’agir, dans beaucoup de cas, d’une manière Lout-à-fait spontanée (23).
Commençant l’etudc des Facultés vitales par celle de la sensibilité , j’ai donné une idée suc- 0"ilFl^es cincte des sens généralement admis (24) , en ~ distinguant , d’après Galien , dans les organes Sensibilité, qui les constituent, les parties propres (25) de Sens, celles qui ne sont seulement que ministrantes .
J’ai ensuite considéré la douleur et le plaisir d’abord comme causes de maladies (26;, puis après comme moyens thérapeutiques ; ce qui a été pour moi une occasion de développer les idées sur lesquelles le principe ingénieux de Màrcard avait été établi (27).
Quelques considérations qui vous ont été exposées ensuite sur des anœsthésies inexplicables par la distribution anatomique des nerfs ; sur la sensibilité des parties blanches (28) , et sur les metasynenses , ainsi que sur les perturbations Métasvnrrïse thérapeutiques (2g), ont été aussitôt suivies PLrUllballon l’étude de l’influence des climats sur la sensibilité, qui nous a forcé d’établir en principe , qu'une même lésion organique peut produire des symptômes tres-différens selon la disposition des sujets (3o). Je devais aussi vous signaler en ce beu la douleur dans scs rapports avec les jlu- Fluxions. suons, qui, comme vous le savez tous, constituent les trois quarts de la Médecine.
J assaut ensuite à l’étude des sympathies qui Sympathies.
Synergies.
Force
motrice.
a. Contraction involontaire.
b. Monvemcns d’irritation.
m’ont paru quelquefois pouvoir s’exercer par le seul intermédiaire du sang , comme dans la belle expérience de MM. Delile et Magendie, je vous ai cité des exemples choisis des diverses relations auxquelles on doit donner ce nom (3i).
J’en ai dit assez pour vous bien convaincre de l’utilité dont pouvait être au diagnostic (82) et à la thérapeutique (33) l’étude profonde des sympathies ; et j’ose croire que vous ne pourrez plus désormais confondre cet ordre de phénomènes ni avec les synergies , ni avec les phénomènes per Iransiturn (34).
Les divers mouvemens des muscles , si souvent attribués a une cause mal dénommée (35) , ont été rappor tés à une force motrice dont je vous ai tout aussitôt fait connaître la manière d’agir.
Quelques considérations sur les méthodes de Vebduin et de Valentin pour les amputations, et les réflexions de M. Lordat sur les effets de certaines chaussures, ont été pour nous autant de preuves du pouvoir illimité de la contraction involontaire des muscles (36). Ces idées nous ont naturellement conduit à réfuter, d’une manière victorieuse , l’erreur de Biciiat sur Y état demiouvert des yeux chez les mourans (3 y).
Il vous a été facile de voir que les phénomènes d'irritabilité, bien distincts des autres mouvemens musculaires (38), avaient été pour Haller la source des erreurs qui avaient rendu sa physiologie incomplète (3g).
La contraction volontaire des muscles dont nous avons indiqué les conditions, nous a fourni l’occasion de préciser les effets des divers degrés de constriction exercés sur ces organes (4o) ; et tout aussitôt des faits curieux , fournis par la Physiologie , la Pathologie et l’Anatomie comparée , sont venus démontrer combien étaient étonnantes la lenteur (40 et la célérité (40 dont ces organes étaient quelquefois susceptibles.
Quant à la modification de l’action musculaire que Barthez appelle Force de situation fixe, vous avez pu voir, par les preuves que j’ai alléguées de son existence, que si l’on refusait encore d’admettre les idées de cet auteur sur ce point , ce refus n’avait évidemment d’autre base que la non-intelligence de son texte , et le défaut de connaissance suffisante de sa Doctrine (43).
Bien convaincu que la Physiologie n ‘ est réellement utile que lorsqu’elle éclaire la Pathologie Humaine , je vous ai fait remarquer que , dans un grand nombre de maladies , la Nature opérait d’elle-même une véritable analyse des diverses actions des muscles dont je vous ai entretenu ; et vous avez bien senti que , sans leur admission, les théories que l’on se faisait des états morbides indiqués ne sauraient être nullement soutenables (44).
fie qui se rapportait à la Force altérante et assimilatrice , a dû naturellement trouver sa
c. Contraction volontaire.
d. Force de situation fixe.
Applications à la
pathologie.
Force altérante et assimilatrice.
Force conserva Iri et pouvoir destructif»
propres à vie.
( So )
place après ce qui concernait la vie et les mouve mens que cette Force devait entretenir. Un coup-d’œil sur V ensemble de la nutrition, vous a fait voir combien étaient nombreux les actes qui se groupaient autour de la transmutation des alimens en notre propre substance.
Yous avez reconnu l’imitation du chyme par l’art, absolument impossible (45); l’acte assimila tfiir inexplicable (4b); les forces digestives et les facultés intellectuelles ordinairement en opposition directe et se nuisant mutuellement, comme l’avaient fort bien observe' les anciens , quoiqu’ils ignorassent le beau principe auquel ce phénomène se rapporte (47). Je vous ai faitnoter aussi les variations de la force assimilatrice selon les âges ; et j’ai placé immédiatement après quelques réflexions sur l’augmentation de volume des muscles, sur leur nutrition (48) , et sur le rapport des ac tes in times don t elle dépend. L’embonpoint, l’amaigrissement et Yinedia, m’ont etc alors d’un grand secours pour développer mes idées (49).
L’existence d’une force conservatrice de la >e constitution chimique du corps (5o), d’une puisn sance calorifique et frigorifique , et d’un pouvoir destructeur plus prompt que celui des agens chimiques , tous dépendans de la vie , vous a été démontrée par un grand nombre de faits curieux, dont les fièvres gangréneuses (5i) et les combustions humaines spontanées n’ont pas du vous sembler les moins intéressans.
Dans l’étude de ce dernier phénomène , si Combustions
* humaines
important sous le rapport médico-légal (52) , spontanées, j’ai profité des travaux de Dupont, Adolphi,
Le Cat, et sur-tout de ceux de MM. Latr ,
Kopp , Dufaure , Dupuytren , Breschet et Orfila, pour vous en donner une description qui fut propre à éclairer sa théorie.
L’obscurité qui règne encore sur ce sujet, m’a paru provenir de ce que l’on avait souvent confondu des causes prédisposantes e t déterminantes bien connues (53) , avec la cause essentielle ou ejficiente que nous ne connaissons nullement mais que je serais assez disposé à regarder comme un acte purement vital, fort analogue et peut-être identique avec le pouvoir calorifique lui-même, porté à un très-haut degré (54). Les principes éminemment combustibles que notre économie engendre continuellement (55) ; l’accumulation chez nous du calorique et du fluide électrique dans des températures froides (56) ,< et la rapidité des combustions de ce genre, comparée à la difficulté d incinérer un cadavre ; nous ont fourni autant de probabilités en faveur de ce sentiment (5y).
La force plastique , force essentielle de W olff, p ^
nisus formatwus de Blumenbach , est venue à plastique, son tour réclamer votre attention.
Ici 1 indépendance du fœtus et sa tendance Organisation. à s organiser lui-même nous ont fait voir la vie
Accroisse-
ment.
travaillant à l'organisation et au développement des parties, en raison non de leur rapprochement du cœur , mais bien de leur degré d’utilité actuelle (58). Je vous ai signalé la symétrie que cette cause affecte dans les vices primitifs de conformation, en reconnaissant toutefois que la prédominance constante d’un côté du corps sur l’autre semblait entrer dans les vues de la Nature (5q).
Dans nos considérationssurr«ccrozssem£/2/(6o), je n’ai pu oublier la conservation des ressemblances avec les ascendans , ainsi que leur formation quelquefois graduée (61) ; non plus que le rapport du développement des extrémités dans l’enfance , avec la taille que le corps devait atteindre un jour (62).
Hédintégra- A l’occasion des phénomènes relatifs à la ré -
tion. t 1
dintég ration , je vous ai cité un grand nombre de cas d’organes régénérés , en usant quelquefois d’ une critique qui , pour être sévère , n’a pas du cependant vous paraître injuste (63). Ces faits ont été suivis d’exemples tout aussi nombreux attestant le l'établissement de la continuité rompue ; la reprise de parties entièrement séparées (64) , et la possibilité de véritables greffes animales (65).
Indiquant ensuite , comme un autre ordre de phénomènes relatifs à cette force , les végétations , les excroissances vivantes et les loupes ,
Génération
d’organes
nouveaux.
je vous ai fait distinguer les kystes des corps étrangers de ceux qui , meme chez l’homme , contiennent des os , des dénis et des cheveux , et qui ne sauraient être regardes , ainsi qu’ils peuvent l’être chez les femmes , comme le résultat d ’une génération incomplète (66).
Il m’était impossible d’exposer ici les nom- Génération
A \ . humaine^
breux systèmes auxquels la génération humaine a donné lieu ; aussi , les points les plus intéressans de cette fonction sont ceux dont je me suis exclusivement occupé (67).
J’ai admis la génération d’insectes parasites Génération
«, ... „n . d’insectes
ans le corps humain vivant (bo) , pour la rap- parasites, porter ensuite à une aberration de la force plastique ou de ce même pouvoir générateur , auquel nous devons la faculté d engendrer nos semblables 4
Après Y exposé succinct des idées fondamentales Vision ,
. 7 • / • ' ' 1 • . . . , . comme excnv».
de physiologie generale , ]C vous ai signale des pic de fon<-
r i ■ 1 r . . • 1 tiens cétinis-
ionctions dont le partait exercice exigeait lesani les trois, concours des trois ordres de phénomènes indi- numénes.l,ll<î' qués ; et la vision vous a été citée en exemple.
Les principales lois auxquelles obéit la lumière dans sa réflexion et sa réfraction vous ont été rappelées ; et l’organe de la vision , chez, l’homme vous a été présenté comme un appareil d’optiquo fort analogue à la chambre obscure de Porta.
La fonction proprement dite de ce sens auquel nous devons tant d’idées , a été réduite a la sen-^ sibilité d’une membrane presque exclusivement
Pïiy«inl:ogi
spéciale.
Svslème
OsSt'UX.
nerveuse (69) ; ce qui a rendu moins extraordinaires pour nous les faits relatifs à la transposition des sens.
J’ai indiqué les altérations de la vue dont certaines modifications vicieuses des milieux réfringeans étaient cause (70), en faisant ressortir l’admirable achromatisme de l’œil humain et les lésions qu’il pouvait éprouver (71).
J’ai ensuite signalé les maladies que produisaient Yeoccès et le déjaut de lumière et de sensibilité (72) ; et après avoir expliqué la cause de quelques erreurs de la vue , je vous ai fait sentir combien étaient insuffisantes, les diverse? explications purement physiques, que l’on avait données de la faculté qu’avait l’œil de voir parfaitement à des distances très-différentes (73) , en reconnaissant toutefois l’influence que les parties ministrantes devaient nécessairement exercer sur cette fonction.
Fidèle au plan que je m’étais tracé , c’est par le système osseux que j’ai abordé la Physiologie spéciale.
Bien persuadé que, pour être parfaitement connus, nos organes devaient être étudiés ici comme les hommes eux-mêmes , dans leur vie privée , dans leur vie publique , et dans leurs relations avec leurs par eus et amis 1 j’ai dû étudier les os dans leur vie propre , dans leurs Jonc-tions générales (74), et dans leurs divers ordres de relations ou sympathies..,
Quelques mots sur les propriétés physiques et Propriété^ la constitution chimique de ces organes , ont été constitution
r c . chimique.
bientôt suivis de 1 expose des analyses laites par Fourcroy, MM. Yauquelin et Berzélius (jS) , ainsi que de l’indication des divers modes d’analyses grossières connues depuis long-temps , et que la nature opère d’elle-même dans certaines maladies (76).
En abordant les fonctions privées de os , je Fon^i6ns n’ai pu m’empêcher de témoigner combien la Prlvees* Physiologie de ce système était négligée , surtout dans les ouvrages de notre époque (77).
Après cela, la sensibilité, la contractilité et X expansion active des os , ont été successivement considérées , non comme des propriétés , mais bien comme des facultés vitales (78). L’étude dé la nutrition de ces organes nous a naturellement conduit à la théorie de plusieurs maladies auxquelles ses altérations donnent lieu , telles que la friabilité , Y ostéomalaxie et la diathèse osseuse.
Parmi les faits nombreux relatifs à cette dernière affection , j’ai placé la description d’une pièce anatomique très-propre à jeter du jour sur la théorie de l’ankylose ; cl j’ai mis à sa suite des preuves multipliées d’ossifications remarquables des veines , dont plusieurs ont été ein^ pruntées à des devanciers de Bichat , qui malgré cela nie d’un ton positif leur existence (79)..
Diathèse
osseuse.
Nécrosé.
La Diathèse osseuse, observée d’abord dans ses effets sur les parties molles , a été suivie dans son action sur les articulations mobiles et sur le corps des os. Des faits nombreux d 'ankylosés tant partielles (80) que générales (8 1 ) ; d'eccosioses et d’ épaississemens éburnés considérables de tous les os de l’économie (82) , ont été les preuves manifestes sur lesquelles ont reposé toutes les assertions énoncées à ce sujet.
Quelques mots sur X embonpoint et Y amaigrissement dont les os sont susceptibles , ont précédé l’établissement d’un rapport évident entre les diathèses lithique et osseuse, suggéré par l’observation de certaines tumeurs solides d’une nature mixte , ainsi que par la moindre solidité que les os des calculeux présentent (83).
Après cela , des réflexions sur la couleur des os à différentes époques de la vie , et sur le defaut de rapport de l’accroissement de ces organes avec celui des parties molles , sont venus terminer tout ce qui était relatif à la force assimilatrice de ce système.
Pour que l’histoire de la vie privée des os ne laissât rien à desirer , nous devions la compléter par la description de leur mort : je ne pouvais me dispenser de parler de la nécrose.
Parmi les causes diverses de cet état morbide , j’ai cru devoir distinguer celles qui sont désorganisatrices , de celles qui , dépendantes d’une dis-
position generale interne ou de differentes im-' pressions fâcheuses, agissaient directement contre les mouvemens vitaux intimes dont dépend la nutrition des os. Le défaut , dans ces organes, des contractions promptes qui dans les parties molles sont de vrais moyens de défense , a dû vous être signalé comme favorisant ces différentes causes dans leur action (84).
Ensuite , la nécrose , qui quelquefois aussi est médicatrice (85) , a été considérée comme produisant dans l’os un état bien différent de celui que toute autre cause pouvait amener ; et l’élimination des os qu’elle a atteints , nous a présenté la plus grande analogie avec l’ensemble de mouvemens expulsils que met si fréquemment en jeu la présence des corps étrangers (86).
J’ai terminé ce cpii devait être dit sur ce sujet par quelques remarques détachées sur l’enveloppe de nouvelle formation des séquestres (87) ; sur l’absorption de ceux-ci ; sur l’insertion des tendons des muscles à l’os nouveau, et la conservation des fonctions de ces derniers , ainsi que l’a vu Troja (88) ; et sur le défaut de rapport entre l’os régénéré et les parties molles , qui quelquefois avait donné lieu à l’allongement anormal d’un membre (89).
Les os qui n’avaient été jusque-là considérés que sous le rapport de leur vie privée , ont été bientôt envisagés sous celui de leurs fonctions publiques.
Fonction»
publiques.
Nous nous sommes occupé de la solidité , de Y élasticité et de la porosité de leur tissu , en signalant les avantages que ces propriétés procuraient à la nutrition de ces organes ; à la conservation de la taille et des formes , et à leur forte résistance , malgré leur légèreté si favorable à la locomotion.
Vous avez vu tout ce que présentait d’admirable la solidité du squelette , par l’effet de la distribution des différentes substances osseuses ; du mode de résistance des diverses cavités ; et de la prévoyance avec laquelle la Nature fortifiait encore les points les plus faibles de ce système , au moyen des parties molles dont elle leur faisait un rempart (90).
Je vous ai fait connaître ensuite, d’abord les avantages que présentaient les os plats et les os courts dans leur analogie avec les voûtes ; puis après les fonctions des os longs, considérés comme des leviers de divers genres , qu’à l’aide de quelques dessins grossiers , mais tracés sous vos yeux , nous avons retrouvés dans un grand nombre d’attitudes du corps humain (91). Ces idées de mécanique animale , appliquées à la Pathologie Humaine que je n ai pas perdue de vue un seul instant dans tout ce Cours, nous ont fait trouver la raison suffisante d une foule de maladies dont la Physiologie seule est la véritable clef.
Le premier objet qui a fixé notre aüenliba
Cvànc.
dans le crâne , a été le rapport qui existe entre la configuration de cette partie et le reste de: l’économie entière.
Vous avez vu dans cette cavité des formes absolument analogues à celles qui auraient été produites par le froncement de la partie inférieure d’un ovoïde en cire (92 ). Tous avez , sans doute , retenu que la courbure de l’axe du crâne est ellemême d’autant plus forte que l’animal qu’on observe est plus rapproché de l’homme , le seul chez qui la prolongation de cette ligne approche beaucoup de la spirale d’ARCHiMÈDE (g3). Yous vous souvenez , sans doute aussi , de ce qui a été dit sur l’ossification précoce et l’immuabilité si avantageuse de la base du crâne (94.) ; ainsi que sur le mécanisme des os qui le composent , dont Hunauld a donné une idée précise (g5) , à laquelle Bichat n’a ajouté qu’une erreur désormais sans danger pour vous (96).
Passant ensuite aux points négligés ou mal vus de la physiologie du bassin, après quelques mots sur l’utilité des symphyses (97) , nous avons étudié le mécanisme de cette partie , dans ses rapports avec la colonne vertébrale et les extrémités inférieures. L obliquité du sacrum et des os des îles, relativement a l’épine du dos et aux cuisses ;
1 épaisseur des ligamens sacro-iliaques, et l’action de soupente exercée par ces derniers sur le façrum .j qui est si loin d’agir lui-même comme
Bassin.
un coin , maigre que presque tous les anatomistes le disent (98) : vous ont été présentées comme autant de causes puissantes, capables de modérer la propagation des ébranlemens.
Quelques réflexions sur les ligamens dont la solidité du sacrum dépend ; et sur les rapports qui existent, soit entre l’évasement du bassin et le développement des viscères abdominaux ; soit entre la largeur de cette partie et l’étendue de la base de sustentation (99) : ont terminé ce qui devait être dit sur ce point.
^eru'brafc ' -Nous aTons examiné dans la colonne vertébrale les avantages des diverses parties des vertèbrcs(ioo), ceux de leurs moyens d’union, ainsi que l’origine et l’utilité des courbures que leur ensemble présen tait (toi).
Dans l’explication des mouvemens des vertèbres, j’ai été forcé de donner la préférence à la théorie de Barthez , malgré qu’elle fût peu conforme aux idées de Bichat et de M. Richerand.
'Altérations de* fonctions de l’épine.
Après cela , quelques mots sur les articulations supérieures de l’épine ont amené l’indication des erreurs de Yésale , Winslow , Sabatier , Cheselden et Bichat , au sujet de l’articulation occipito-atloïdienne (102).
Bientôt nous avons fait l’application de ces idées aux maladies qui altéraient la solidité et lâ mobilité de cette partie (io3).
Après avoir décrit l’affection que le Professeur PiüST appelle spondylarthrocace (io4) , et rapporté à des causes internes seules les luxations de l’articulation occipiio-atloidienne , ainsi que la plupart des cas de celles des vertèbres suivantes (io5) , vous avez reconnu la vérité de ce principe de pathologie : que si des lésions subites pouvaient occasioner une mort prompte, quoique elles fussent légères , les altérations organiques les plus graves pouvaient souvent aussi être produites sans de grands inconvéniens , pourvu que leur marche fût graduée .
A l’occasion de la luxation de l’atlas sur l’axis, il a été question du danger qui accompagne les divers déplacemens de l’apophyse odontoïde , avec laquelle il ne faut point confondre la simple sub-luxation de cette articulation , dont j’ai vu moi-même un cas , traité depuis avec un succès complet dans l’établissement orthopédique de Toulouse (106).
Nous nous sommes ensuite occupé des luxations du corps et des apophyses obliques des vertèbres cervicales qui suivent la seconde , en démontrant que la rédaction même des observa-
tions de Rüdiger et de Ch. Bell annonçaient autre chose que la simple luxation des corps de la septième vertèbre cervicale et de la douzième dorsale, qui paraissent impossibles (107).
J ai terminé ce sujet en décrivant une incurva-
Thorax.
Mâchoire
inférieure.
tion latérale de l’épine , dont l’inégalité d’action des muscles d’un côté avait été la cause (108) ; en ajoutant, à cette description, quelques considérations sur l’ankylose des vertèbres de l’homme et des animaux (109), et sur l’état de la colonne vertébrale chez les monstres multiples (no).
Dans le thorax de l’homme , vous avez vu la prédominance du diamètre latéral sur l’antéropostérieur, liée à deux grands avantages relatifs, Fun à la station, l’autre à la progression (in).
Je vous ai présenté la suite d’arcs osseux flexibles dont le sternum est le rendez-vous (112) , comine protégeant , par une résistance dont la mobilité et X élasticité sont la base , les organes renfermés dans la poitrine, qui portent encore un moyen de défense dans leur propre organisation (1 13).
Passant ensuite en revue les principales théories du mouvement des côtes dans la respiration, vous avez été forcés de reconnaître , dans celle de Barthez, qui a été préférée aux autres, l’avantage de rendre parfaitement raison d’un plus grand nombre de faits ( 1 1 4 )•
Le maxillaire inférieur, étudié chez divers animaux, nous a présenté dans son élévation et son abaissement , des leviers de divers genres , exigeant , selon leur prolongation variable dans les différentes espèces , des muscles dont le volume fût en rapport avec ces changemens, et ,
par suite , des modifications quelquefois très* fortes de tout le système entier ( 1 1 5). C’est ici que j’ai place' les remarques ingénieuses de Camper sur le menton , et de Pinel sur Y apophyse zygomatique (i 16).
Vous avez pu voir que de la seule observation de la forme des arcades dentaires , découlait nécessairement la connaissance à priori des fonctions des dents.
Quant au mécanisme de cette partie , loin de voir dans son articulation une diartlirose orbicu taire , comme le dit Meckel (i i 7), vous avez pu vous convaincre, à l’aide des travaux de Ferrein, de Bartiiez et sur-tout de M. Lord AT , que , chez l’homme, les condyles n’avaient pas le même axe ; qu’ils se déboitaient lorsque le maxillaire, en s’abaissant , exécutait un mouvement de bascule autour d’un axe qui devait passer devant et un peu au-dessous de leur col (1 18) ; et que , dans son abaissement , cette partie était réellement un levier de premier genre , dont les avantages majeurs vous ont été aussitôt dévoilés (119).
Soumis à la loi que je m’étais imposée , de D'Arthrose
, . . L orbiculaire,
n attirer votre attention que sur les objets mal traités dans les ouvrages, les Diarihroses orbiculaires ont été presque les seules des articulations mobiles dont j’aie dû vous entretenir.
Aptes 1 exposé des théories purement physiques du bruit que le tiraillement des doigts fait
Affectibilibé des os.
entendre (120) , ainsi que de l’entorse qui a été considérée comme l’effet d’un mouvement articulaire de seconde espèce ( 1 2 1) , je vous ai signalé cinq graves erreurs de Bichat, relatives à cette seule diarthrose (122). Pouvais-je saisir une plus belle occasion , pour vous faire sentir que la juste mesure de l’estime due aux auteurs et aux orateurs eux-mèmes , n’était que la somme des idées bien arrêtées qu’ils avaient dans leur tête , ou qui étaient consignées dans leurs écrits ?
L ' affectibilité des os , dans des états pathologiques, soit aigus , soit chroniques, a trouvé surtout des preuves irréfragables dans l’influence variée des dernières maladies sur le degré de putréfaction du squelette ; influence dont la violation de la sépulture de nos Rois , dans des temps malheureux , nous a fourni de mémorables exemples ( 123).
Cartilages. Après quelques mots sur l’incorruptibilité des cartilages , leur ossification éburnée , leur gonflement pathologique dont certaines luxations sont le résultat (124), ainsi que les phénomènes d’unité qu’ils présentent (i25) ; je vous ai prouvé que même ces organes étaient susceptibles de cicatrices, et que par conséquent il ne fallait faire absolument aucun cas de l’espèce à' anathème fulminé par Bichat contre les réunions immédiates, auxquelles il n’est pas permis d’ignorer que la Chirurgie Moderne doit ses avantages les plus brillans (126).
Les effets de quelques fausses ankylosés et Ligamen». les douleurs de l’entorse nous ont montré , dans les ligamens , une force motrice , à la vérité peu intense (127) , mais une sensibilité susceptible d’un très - haut degré dans le seul état pathologique (128).
Ici, la théorie des douleurs de la goutte et de l’ entorse vous a été donnée , et après des considérations sur les effets de la lenteur et de la promptitude des distensions sur nos tissus en général ; mais sur les ligamens en particulier ; nous avons été forcé de reconnaître que la vie pouvait produire dans nos organes spontanément , c’est-à-dire , par les seules forces dont elle est douée , des dispositions analogues à celles qui sont le résultat des impressions dont nos sensations dépendent : et la théorie des sensations fantastiques a été naturellement déduite de l’admission de ce principe (129#).
Dans ce qui a été dit sur les sympathies et les synergies des ligamens , vous avez remarqué l’explication du danger qui accompagne si souvent le traitement de l’attaque de goutte régulière par 1 opium , ou par l’application des sangsues (i3o).
Je vous ai prouvé ensuite par de nouveaux Ligament faits ajoutés à ceux qu’avaient recueillis les MM. du fémnr# Caldani , que, contre l’opinion commune , le prétendu ligament rond d*> la cuisse était un
véritable organe de nutrition pour la tête et le col du fémur ( 1 3 1 ).
Muscles. Quand il a été question de la physiologie des muscles , les dégénérations diverses que les vices de leur nutrition amènent (i32), et l’incertitude où l’on est encore au sujet du siège précis de la volition , et du point de départ de leur mouvement (i 33) , ont été les objets dont nous nous sommes d’abord occupé.
Peu d’accord avec quelques physiologistes modernes , je vous ai fait voir par des faits nombreux , empruntés aux songes et à la catalepsie , que la volonté n était pas plus indispensable aux moiwemens des muscles , que les impressions elles-mêmes ne Vêtaient aux sensations ( 1 34)-
L’expression force motrice a été opposée, dans ce qu’elle a d’immuable , a l’extrême mobilité des systèmes nombre^ que l’on imagine ailleurs que dans cette École, sur la cause intime du mouvement musculaire.
Après cela , vous ayant indiqué l’influence des passions sur l’énergie des muscles ( 1 35) , je vous ai fait remarquer que leur sensibilité de conscience était moins obtuse qu’elle ne l’avait paru à Haller et à Biciiat (i36).
Sympathies. Certaines morts promptes causées par l’introduction de substances vénéneuses dans le tissu des muscles , nous ont paru plutôt l’effet d’une
sympathie générale que de l’absorption veineuse que l’on a vainement alléguée dans ce cas (i3y).
Vous avez apprécié toute l’importance de Synergies'.
l’étude des synergies. Des faits curieux et bien constatés vous ont prouvé combien ce point fondamental de la Doctrine de Montpellier était propre à éclairer la Thérapeutique , quoiqu’il soit par-tout ailleurs si négligé , qu’on pourrait presque dire qu’il est entièrement inconnu (i38).
Après avoir réduit à sa juste valeur l’influence de la volonté sur les synergies , les diverses altérations dont elles sont susceptibles vous ont été signalées (i 39) ; et comme vous aviez déjà vu que les synergies pouvaient être acquises (140), vous avez sans doute été moins surpris de voir, dans des maladies très-curieuses , des exemples de synergies perdues (i40-
La station dont nous nous sommes ensuite Station, occupé , vous a été présentée comme un exercice pénible : la configuration des pièces du squelette vous en a fourni la véritable raison (142).
Les modifications de la base de sustentation ont été examinées dans ses rapports avec la solidité de cette attitude Ci 43) ; ce qui nous a conduit à rappeler les principes que Léonard de ^inci avait établis sur la pondération ( 1 44)-
Lassant ensuite à la locomotion , je vous ai en- Locomotion, tretehu des différentes espccesde marches(i45) ,
Marche.
Saut,
Course.
et après vous avoir fait connaître d’où provenait l’impossibilité d’introduire la marche oblique dans les évolutions militaires (i 4b) , nous en sommes venu à la théorie du saut (147)-
Piejetantlcs théories de Willis et de Borellï fondées sur l’élasticité , soit de la terre , soit du corps humain , j’ai adopté les idées de Mayow, avec les modifications , ou les additions avantageuses que l’on doit à Barthez (148) , et au physiologiste à qui ce savant n’a pas craint de confier sa gloire.
Avec M. Lordat , nous avons vu , dans un des jeux de l’enfance , le principe de mécanique animale transcendante, auquel la vraie théorie du saut devait être rigoureusement rapportée ( x 49)* A l’occasion de la course et de ses différentes espèces, qui sont le plus souvent le résultat de la combinaison de la marche avec le saut , nous avons passé en revue les diverses causes du peu de solidité du corps , pendant ce mode de progression (i5o). Je vous ai expliqué aussi futilité des mouçemens des bras et de la dilatation fixe de la poitrine ; sans oublier la théorie et les effets de la force d’haleine et de la respiration haletante ( 1 5 1 ).
Après avoir prouvé que la course, au lieu d’être absolument proscrite chez les Spartiates, n’était guère défendue que dans les occasions où elle n’aurait pu que ternir la gloire aux yeux de ce
peuple soldat (1S2) ; j’ai rappelé les brîllans succès que des marches forcées avaient souvent procurés , dans des circonstances fâcheuses , aux armées de beaucoup d’autres nations , et je vous ai ensuite entretenu du mode de progression dans l’eau.
Dans l’exposition de la théorie du nager de Nngev l’homme et des poissons , vous avez reconnu la justesse de l’application du principe que Barthez avait établi à l’occasion du saut (1 53).
Malgré le peu de cas que fait M. Magendie de la nouvelle mécanique des mouvemens de l homme et des animaux , de Barthez , je suis persuadé , qu’à la suite des nombreuses comparaisons qui vous ont été faites , des idées de l’habile expérimentateur de Paris , et de celles du profond physiologiste de Montpellier , vous aurez eu beaucoup de peine à bannir de votre esprit le souvenir du jugement rimé de Boileau, sur l’ Attila et l’Agésilas de Corneille (i54).
L’exposé qui vous a été fait ensuite de la phy- Muscles siologie des muscles de l’abdomen , s’est lié à l’abdomen, la théorie d’une foule d’actes dans lesquels la respiration se trouvait à titre d’élément (i 55).
J’ai fait ensuite des réflexions , assez peu Tube digestif* susceptibles d’analyse , sur les points les plus <œu,vtSjlu intéressans de la physiologie du tube aliment taire (i5G), du cœur (T 1 5 7) , de la i’rss/^(i58)
et des muscles de la face , considérés dans leur aicï face».
Anatomie appliquée à la peinture
rapport avec l’art mimique , et la représentation des senti mens et des passions (i %).
Enfin à une époque où M. le Baron Fabre a fait pour sa patrie , par rapport aux beaux-arts, ce que François Ier avait fait lui-méme pour son royaume , par rapport aux lettres ; je me suis cru dans l’obligation de signaler futilité de X Anatomie et de la Physiologie pour les arts du • dessin, et il m’a semblé convenable de terminer mes leçons par l’exposé du plan d’un Cours , tel que je conçois qu’il devait être fait tous les ans , dans une Académie de Peinture , où l’on aurait voulu que l’enseignement ne laissât rien à désirer ( [60).
Yoilà le précis fidèle du Cours que je termine aujourd’hui.
Messieurs|Xæs Elèves ,
Un devoir sacré m’imposait l’obligation dô faire quarante leçons de Physiologie : je les ai faites.
Il m’a toujours semblé que dans une Ecole telle que la nôtre , on devrait assez respecter le Public , pour ne jamais venir dans cette chaire reproduire servilement des idées que l’on trouverait partout.
Ne rien dire de ce qui est généralement bien traité par les auteurs ; relever les erreurs graves avec un soin toujours proportionné à la réputa^
tion (le ceux qui les ont publiées , et par conséquent au danger qu’elles pourraient produire ; remplir les lacunes que les meilleurs ouvrages présentent , et ajouter autant que possible aux idées bien arrêtées que l’on possédait déjà sur le sujet que l’on traite : telles ont toujours été les obligations de quiconque professait dans une Faculté , et tel devait être aussi le but qu’il fallait m’efforcer d’atteindre.
J’ai voulu prouver , ainsi que je l’avais annoncé dans un premier discours , que la cause de la vie toujours active , avait besoin de diriger sans cesse tous les actes de l’ économie humaine , pour que nos fonctions pussent s’exécuter d’une manière régulière; et vous avez vu qu’un bon nombre des propositions qui m’ont servi de texte tendaient vers ce but , comme les fds rayonnans de certaines toiles animales se dirigent euxmêmes vers le point central , ou il était si nécessaire qu’ils vinssent tous se réunir.
Le zèle avec lequel vous avez suivi mes leçons, et l’attention soutenue que vous m’avez toujours accordée , ont assez flatté mon amour-propre , pour faire naître en mon âme , non un vain orgueil contre lequel on m’a de bonne heure appris à me prémunir , mais une reconnaissance bien sentie , que j’ai réellement du plaisir à vous témoigner publiquement dans cet instant.
Aussi , cédant aux vœux de plusieurs d’entre
vous , j’aurais bien volontiers continué mes séances , quoique mes obligations eussent été déjà scrupuleusement remplies , si je n’avais craint que la malignité , toujours disposée à mordre , n’eûl présenté le simple désir de vous être utile , comme une preuve évidente d’une très- for l e pr és o m p ti on.
Un Empereur romain que l’on appela le modèle des Empereurs et L'amour de l Univers , ce Titus dont l’âme était si bienfaisante , s’écriait quand un. jour s’était écoulé sans qu’il eut pu
faire une bonne action : Eiem perdidi j’ai
perdu ma journée...! Cette réflexion qui, dans la bouche d’un grand homme commanda l’admiration de tous les siècles , eût été pour moi trop affligeante , pour que je n’aie pas dû m’efforcer de la bannir soigneusement de mon esprit.
Puissiez-vous donc , vous tous , qui , sur le soir d’une journée scientifique, êtes venus écouter la récapitulation des actions dont elle s’est composée , me juger assez favorablement, pour que je doive me dispenser de dire moi aussi : Eiem perdidi, j’ai perdu ma journée !
NOTES
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