‹ Idée et réalitéChapitre 11 sur 195 · D MN · texte numérisé non relu

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cée de crever. Elle résonne en vains mots, et stérile, privée de mouvement, d actioi parmi les étiquettes consacrée

riables. Elle oscille entre lindilt

d'en haut et la férocité d’en bas. L'absence de générosité, d'humanité, "de

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religion des intérêts et la souveraineté des juifs, maîtres et rois de l'argent. La littérature se résout dans un chaos d'éléments obscurs où à peine grouille encore le naturalisme enlizé dans ses fanges, où valnement essaient de remonter à la lumière fragments d’édicules byzantins, lambeaux de poésie incohérente, remous de rêveries fumeuses. Une œuvre | donnez-nous, Ô jeunes gens !: une œuvre de passion et de rêve pour restaurer les chäteaux délabrés de la pensée, pour rouvrir aux hommes les jardins d'Armide de la poésie !

Espériez-vous en la République ? Cest un champ de récolte où paît une armée de parasites, de ronseurs, ratés de toutes les fonctions utiles, sans talent, sans scrupule et sans foi, achevant ce type du politicien que la vieille France n’envie plus à la Jeune Amérique.

Aurais-tu du goût, mon fils, pour le métier militaire, l'uniforme, les roulements de tambour el Ja flamme des drapeaux? Regarde cette concurrence d'armements, ces dépenses de fer, de mitraille et de bombes qui écrasent d'impôts les hommes si misérablés et ruinent les peuples; considère ce jeune homme, ton voisin, surmenëé durant vingt ans par les sciences exactes et techniques, jusqu'à ce qu'il arrive

au champ de bataille, devant la ville assiégée, à lancer

mathématiquement la bombe au milieu d'êtres inoffensifs, de femmes et d'enfants coupables de ne pas parler la même langue que lui et d’être nés sur la rive opposée du fleuve-frontière. Apprends enfin que le continuel souci, le suprême effort des nations concourt à s’entre-tuer ; que patrie et æloire corres-

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pondent à ce massacre prémédité, systématique, à ce déchainement organisé de l’animalité, de la sauvagerie, qu on nomme la guerre.

Ainsi toutes les fictions sociales qu’on a accoutumé de respecter ne résistent point à l'examen, au débat philosophique. L’arche sainte de la famille est édifiée sur le mariage et sur la procréation d'enfants légitimes. Est-ce l'union de deux êtres qui se virent, s’approchèrent, S’aimèrent, dans la plénitude de leur hberté morale et physique, par la force d'attraction naturelle ? Nullement. La jeune fille n’a pas le droit de regarder autour d'elle et de choisir le jeune homme vers qui elle incline. Le regard et le choix lui sont interdits. Elle est forcée d’attendre la désignation d’un homme de sa classe, de sa société, qui voudra bien l’épouser, selon la règle, en considération de sa dot, comme il sera agréé par.la famille en raison de sa situation, de ses relations et de ses avantages. Du contact de ces époux, aussi étrangers l’un à l’autre que le roquet errant à la chienne qu'il couvre, naît la lignée continuatrice de la même fonction sociale. Mais la nature violentée par la société prend sa revanche sur les débris de vaines étiquettes : devoir, honneur, lois, — et cette revanche, c’est l'adultère ! Vous aurez beau faire, édictant des règlements, des prohibitions et des châtiments, vous n'empêcherez pas que les êtres humains n’obéissent à leur destination d'amour, Vous déterminez les relations intimes par l'argent qui est la base de toutes vos institutions, — vous codifiez et vous consacrez la prostitution matrimoniale, et de même que la fille galante se rit de celui qui la paie avec un conipagnon élu, de même

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l'épousée se revanche du mari de raison avec l'amant de joie.

Durant mes araées longtemps encore après, le vol me donnable vilenie et je me serais cru abaissé de serrer la main à un voleur. Mais, à l'usage de la vie, je me suis aperçu que les plus grands fripons sont épargnés par la vindicte des lois. Qu'un pauvre diable de commis dérobe une pincée de piécettes, ilest condamné, et son patron, commerçant notable, juge consulaire, ne cessera pendant vingt ans de griveler sur la marchandise, de tromper sur la qualité, de dissimuler les tares et les défauts en vendant au plus cher possible. Alors j'ai compris le mensonge des lois, la vanité des condamnations, l’iniquité des peines. Le commun des hommes se vaut à peu près, et ils ne diffèrent que par les circonstances. Donc la zone entre la probité é ce qu'on dénomme crime est tout à fait illusoire ; encore tel fripon avéré est-il plus recommandable que l'honnête homme modèle sous qui se cache le plus grand coquin du monde. Parbleu lil ne saurait en être autrement dans une société où gouverne le tyran Argent !

Et c’est parce que l’âme du Nord, vivante en ses auteurs dramatiques, ses poètes, Ses romanciers, ses critiques, souffle le mépris de toutes les formules sociales, le dédain de la multitude stupide asservie à une représentation digne Mer c c'est parce qu ‘elle plane au-dessus des conventions et des mensonges organisés, qu'elle nous pénètre et nous rajeunit. Ges Scandinaves d’abord convertis à la Révolution française, ils ont compris que les changements de régime

d’illusion et d'apprentissage,

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