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INDIFFÉERENCE DE LA POLITIQUE

Lundi 16 avril 1894.

Je me trouvais, il y a peu de jours, dans une maïson amie, fréquentée par des hommes appartenant aux professions libérales, et la conversation tomba vite aux choses de la politique. Les uns tenaient pour la République et se divisaient sur les nuances d'opinion ; d’autres affirmaient leur espérance d'une autre forme de gouvernement.

La discussion devint générale et prit une certaine chaleur. Nul n avait l'espoir de convaincre son contradicteur ; mais comment résister à ce plaisir de briller. aux dépens d'un voisin qui ne pense pas comme soi et de lui décocher un trait méchant? C’est là le but ordinaire de la politique de salon. Deux invités restèrent silencieux, s'’abstenant d'entrer en un débat qui les laissait indifférents. L'un, royaliste ardent, petit-fils d’un Vendéen guillotiné à Nantes; l’autre, républicain extrème par tradition, avant connu, sous l'Empire, les mois de Sainte-Pélagie,

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