‹ Idée et réalitéChapitre 155 sur 195 · VERS LA MER · texte numérisé non relu

VERS LA MER

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Samedi 28 mai 1898.

Entre deux soirées de théâtre, l'une exquise, l’autre infâme, je m'en suis allé passer quarante-huit heures aux bords de l'Océan, sur la terre bretonné, chère patrie choisie par les amoureux de la rêverie et de la. solitude. Je ne m'’arrêtai point dans une ville, ni dans un port fameux, car mon excursion prétendait à un point lointain et solitaire de la côte connu seulement de quelques-uns, où nous vécümes naguère, heureusement, en paix devant un grandiose paysage marin. Je quittai la ville et, sur la banquette d'une antique patache, je roulai à travers une contrée à laquelle l'éloignement de la voie ferrée, les communications rares laissent encore de la nature, de la poésie et du mystère. Le ciel était de cet adorable gris que je préfère au charlatanisme du soleil, de cette fluide grisaille qui déploie sur les choses et les êtres un voile de mélancolie infiniment douce reflétée dans les regards d’une race triste et silencieuse, dans le calme

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