‹ Idée et réalitéChapitre 167 sur 195 · É 1 UE · texte numérisé non relu

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moment où le catholicisme semblait persécuté, j'eus une velléité, une intention de mysticisme, en compagnie de jolies femmes mystiques, dans l'admiration du plus original, du plus curieux artiste de ce temps. Cette crise de la maladie à la mode ne persista point : il n’est tel que la douche d'une claire et fraîche page dé philosophie pour déflogistiquer les cervelles elfervescentes.

Et puis le grand obstacle à la Religion, cest l'Église ! Elle importune, elle irrite, elle dégoûte de sa discipline. L’empire des âmes ne lui suffit pas : elle prétend régner sur le temporel et le distribuer selon ses ambitions et ses intérêts ; elle se montre la plus hypocrite et la plus vile des politiciennes ; elle professe le respect de la force et s'yincline; elle ne concoit pas d'autre état que persécutée ou persécutrice. Voilà une douzaine d'années à peine qu’on forçait les couvents, au nom de la loi, qu’on dispersait et proscrivait les ordres religieux, qu’on menaçait et frappait le clergé séculier. Lors nous blâmions une persécution, sans martyrs ni périls pourtant, et nous revendiquions la liberté d'association, l'immunité de la conscience contre la tyrannie de l'État. Depuis, par la tolérance et la complaisance des ministères successifs, les ordres sont rentrés en possession de leurs couvents, les communautés se reformèrent sous d’autres

‘noms. Un renouveau du catholicisme, produit d'oppo-

sition, de mode, de déclamation littéraire, a assuré à l'Église une prépondérance momentanée. Aussitôt, d’opprimée, elle devient oppressive : son âme intolé rable apparaît qui ordonne et fomente l'hostilité contre les juifs et les protestants.

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