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rable aux rencontres de naguëre que barons et
princes de l'argent, victorieux de la Bourse, le sont aux vaillants compagnons qui fondérenti l'honneur d'un nom et les prestiges d’une lignée sur les champs de bataille, en d’admirables prouesses pour la chrétienté,
Une société réglée, policée, tyrannique pour tout le reste, doit-elle laisser péricliter son autorité au moment grave où deux de ses membres s’affranchissent de toute loi pour essayer de s’entretuer. L'impunité du duel, alors qu’on se croit le droit de punir, est une concession aux préjugés el une trahison des magistrats. Naturellement liniquité s'inspire des situations et de l'état des personnes. IL est permis de blesser, d'’estropier un adversaire à condition que ce soit avec l'épée ou le pistolet, de dessein prémédité : mais l’ouvrier, le manœuvre coupables de blessures à coups de poing, de bâton, de couteau
dans une rixe fortuite subissent une condamnation
sévère. Si mort d'homme s'ensuit, le duelliste professionnel à la certitude d’un acquittement Ia ‘où l'homme du peuple sera condamné à une peine gravé, parfois aux (ravaux forcés.
Quelle est cette hiérarchie des armes, cette immunilé des instruments de guerre dont la fonction est.de tuer? En verlu de que principe ,innocentez-vous l'épée ou le pistolet et leur donnez-vous la prélérence sur le poing, le bàton ou le couteau ? SuPposez- VOUS que le courage et la loyauté soient seulement du côté de l’escrimeur et que le plébéien recourant aux armes à sa portée devienne aussitôt un assassin ? Comment ces catégories ? le duel n est pas supérieur
au pugilat on ne voit pas bien la différence entre la pointe qui crève un œil et le poing qui écrase un nez.
Le danger a presque complètement disparu. Les maîtres d'armes ont innové une escrime qui permet aux novices de se tirer d’affaire par une égratignure. Les affaires les plus retentissantes se terminent par l'effusion de quelques gouttelettes de sang. Reste un formalisme ridicule, un protocole compliqué qui fournit aux témoins l’occasion de longs débats et de littérature mêlée. On dérange dès l’aube quatre messieurs très corrects, on amène deux médecins pour diagnostiquer les suites d’une piqûre. Dès qu'un peu de sang perle sur la main ou sur le bras, le combat est arrêté à cause de l’infériorité manifeste résultant de cette blessure. Vite on dresse un procès-verbal aussitôt communiqué aux journaux, L'honneur est satisfait, assurément, à peu de frais.
La publicité s’est mise de la partie, car les belligérants redoutent un tantinet de réclame. Certaines rencontres ont l’aspect de séances théâtrales et rassemblent une centaine de curieux. Ces amateurs se prononcent sur les coups, jugent l'attitude des adversaires et volontiers participeraient plus effectivement au combat singulier. Maintenant, la mode d'une galerie a prévalu dans ces affaires naguère décidées et accomplies en secret. Les épées ne sortent plus de la gaine, les pistolets ne sont plus chargés sans le concours d'une équipe de reporters. Pour peu que les partenaires soient d'importance, ils doivent prendre une figure, affecter une attitude dignes de la représentation dont le public connaîtra tous les détails le soir même ou le lendemain.
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