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Chaque sport qui développe la souplesse, l’agi-
lité du corps, l'adresse et la précision devient inté-
ressant mais les professionnels de l'épée et du pistolet, les querelleurs, les pourfendeurs, les fiers-àbras et les tranche-montagne sont des masques grotesques et des personnages haïssables. La science de l'escrime, l’adresse du tir, la justesse infaillible du coup d'œil n’impliquent pas nécessairement une humeur hostile, une âme de lâche malfaisance dans l'abus des dons naturels et des acquisitions. Il est des tireurs sans rivaux qui, durant toute leur carrière, eurent à cœur d'éviter une dispute. On sait le serupule d'un des princes de l'épée, de vitesse et de précision incomparables, qui, obligé d'aller sur le terrain, à la suite d’une bagarre, avec un adversaire âgé, choisit généreusement le pistolet, pour n'être pas tenté d’user de ses avantages.
Mais le profès de salles d’armes et de tir existe, qui a résolu de se faire une place dans la société moderne à la pointe de l’épée, au bout du canon de son pistolet. Nous en connümes un sur lequel s’appesantit un jour justement la poigne des œendarmes, interruptrice de belles entreprises. Îl avait eu la volonté d'apprendre le tir au pistolet où il acquit une adresse redoutable. Toujours aux expédients, il embrassait la cause des financiers capables de largesses les protégeait de sa plume et mettait son pistolet à leur service. On conte qu’il se battit une fois moyennant redevance honnête. Une autre fois, muni d’un carton où dix balles se trouvaient superposées sur la mouche, il va trouver un homme politique et lui fait admirer son tir. « C’est un beau carton, dit le per-
sonnage; vous tirez bien, D..., êt je ne souhaiterais pas me trouver au bout de votre pistolet. — Eh bien! donnez-moi vingt mille francs et je vous débarrasse dé votre adversaire le plus acharné, de celui qui a barré votre route, de Rochefort.
— Non, mon cher, repartit l’ancien ministre : ÿ assassine moi-même ! »
L'autre espèce ,moins pernicieuse, de professionnel du duel est le provocateur du genre humain, tel le pauvre hère qui rêva, il y a une dizaine d’années, cinq rencontres imaginaires, prélude du cabanon où on ne tarda pas à l’enfermer.
Le préjugé du duel est si enraciné qu’il y a une bravoure certaine à refuser de se battre, soit par principe religieux, soit par mépris du cabotinag'e. Mais contre les professionnels, chevaliers de salle et
de tir formant une camarilla, pour les provocateurs insupportables, comme je serais d’avis de ne pas leur servir bénévolement de plastron ou de cible, # et de s'armer, pour toute occurrence, d’un solide
bâton !
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