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leurs sentiments sur tout ce qui a été dit de beau et fait de bien avec la consécration du temps! Si vous avez la curiosité de voir toute l’inepte plaisanterie qui se peut accumuler contre un homme de génie, du plus vaste et du plus puissant génie, reprenez un recueil déjà ancien: Richard Wagner ei les Caricatures, de M. Grand-Carteret. Il était extraordinairement ridicule devant les plaisantins, le Titan qui fit Tannhœæuser, la Télralogie et Parsifal; sa musique était cacophonique et sauvage qui remplit actuellement le répertoire de l'Opéra. Comme il mettait une robe de chambre, on répétait qu'il s'habillait en femme ; parce qu’un jeune roi lui vouait un culle enthousiaste, on le représentait en mignon. C'était d'une invention étonnamment spirituelle.
Le ridicule et «la vieille gaieté française » forment commère et compagnon ; toujoürs. quelque vieux Taupin les appelle à l’aide contre chaque nouveauté intéressante ou bienfaisante. Ainsiles femmes veulent se créer une existence libre et honorable par le travail : elles vont à l'Ecole des beaux-arts, à l'Ecole de médecine, une vingtaine de polissons lèvent l'étendard du ridicule et les sifflent. Malgré tout, elles passent les examens, soutiennent les thèses; les voici internes, licenciées, docteurs en médecine et docteurs en droit. Ohé! la vieille gaieté française | N'est-il pas profondément bouffe qu'une femme prospère à l’aide de ses grades? Médecin! avocat! fi donc! Laissez les ventres aux Morticoles et les plaids à Bridoison.
Pourquoi ne l’avouerais-je pas ? cette peur du ridicule, dans ma jeunesse de gaucherie et de timi-
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dité, je l’éprouvais plus qu'aucun. Depuis que j'ai. affranchi ma volonté, ma personnalité, que je netiens plus compte de l'opinion d'autrui, elle cessa d’exister. Lorsque, chevauchant la bicyclette, joie de plaisir, de mouvement et de fatigue, je roule à travers les rues ou les campagnes, l'aspect, sur la machine, d’un corps aux dimensions inaccoutumées, éveille en certains passants ce sentiment du ridicule ; les uns me raillent doucement, avec bonne humeur, et’ j'en ris ; d’autres y mettent un ton injurieux, grossier, et je file indifférent en songeant que le genre de mufle le plus répandu, c’est le moqueur.
Le ridicule n’existe pas si nous voulons supprimer cette convention de la médiocrité, ce respect des formes établies. Il n’a jamais tué que ceux qui con-
sentent à en mourir. Si la flèche d’archer fuyard, si.
le trait de sagittaire venimeux vous blesse, vous pique et vous cuit, répondez par le bois vert, ripOstez même tout de suite par l'épée du Savoyard, et la galerie de rire du plaisantin à l'œil bouché, au nez poché ; ou plutôt laissez dire et passez. Songez qu'il n y a rien de risible dans les apparences, que les difformités, sont à plaindre, qu’il faut seulement gar- : der des haines vigoureuses, des détestations tenaces pour les laideurs morales, pour la perfidie dou-
cereuse et lâche, le mensonge et l'hypocrisie, la
dureté aux humbles, la servilité aux puissants, le culte de l'argent et le mépris de l'idéal.