XV. Ainsi la décadence de l'Orient et de l’Occi
dent, comme les efforts généreux de Nicolas pour l'arrêter ou y porter remède, nous autorisent à conclure que la Représentation pontificale est un élément de vie pour la communauté chrétienne, c’est-à-dire pour les cours, pour le clergé et pour les peuples. Après avoir repoussé la vigilance pontificale, si héroïquement soutenue par Léon-le-Grand et Grégoirele-Grand, les empereurs de Constantinople n’en furent pas plus libres, mais devinrent les esclaves de Photius, que le virr concile oecuménique a parfaitement décrit, en ces termes : » C'était un homme double parlant d'une façon et pensant d'une autre; tout adonné au mensonge, il avait la perfidie de proposer toujours le bien pour arriver à ses fins qui étaient mauvaises. Personne ne l'a jamais surpassé et ne le surpassera jamais dans l’art de séduire et de tromper » : Erat vir alia quidem loquens, et alia cogitons, et operam dans mendacio : ex arte gentilium semper proponebat bona, deveniebat autem in mala, et erat potens ad superandum et decipiendum, ut non est fuctus nec fiet ullus homo (Act. 2, ap. LaBBe, t. vin, p. 1000). Habile courtisan, il persuadait aux empereurs que lorsque la dignité impériale avait été transférée à Constantinople, la suprématie pontificale l’y avait suivie avec toutes les prérogatives de l'Eglise romaine. C’est ce que lui reprochait Nicolas I dans la lettre 70, loc. cit. p. 472 : Quando de romana urbe imperatores Constantinopolim sunt translati, tum et primatum Romanae Sedis Constantinopolitanam ecclesiam lransmigrasse, et cum dignitatibus regiis Ecclesiae Romanae privilegia translata fuisse. L'Orient se lais-
sait prendre à ce piége pour avoir auparavant écarté la vigilante représentation pontificale; tandis que les cours et le clergé d'Occident s’engageaient dans d’autres passions et d’autres discordes, à cause de la défaillance de cette même représentation.
XVI. Mais aucune force ne peut étouffer les éléments de vie du christianisme; aussi les Nonciatures se relevèrent-elles avec le réveil de l’Europe, et la diplomatie pontificale, qui avait présidé, dès le berceau, à la constitution et au développement de la société chrétienne, inspira ou créa par son exemple la diplomatie internationale. Suivons pas à pas la diplomatie de l’Eglise, et voyons combien elle a précédé celle des Etats civils, quel digne modèle elle leur a offert, et combien il est absurde de soutenir que les Nonciatures sont postérieures au concile de Trente ou aux fausses décrétales,