‹ Idée historique et rationnelle de la diplomatie ecclésiastiqueChapitre 30 sur 68 · TITRE XV · texte numérisé non relu

TITRE XV

LA DIPLOMATIE DE L'ÉGLISE PRÉCÉDA ET INSPIRA LA DIPLO- MATIE DES ÉTATS CIVILS ; LES NONCIATURES NE DÉRIVENT NI DU CONCILE DE TRENTE NI DES FAUSSES DÉCRÉTALES,

I. La diplomatie internationale se constitua à la suite du seizième siècle, II. Son but et son utilité. III. Fut-elle une imitation de la diplomatie ecclésiastique? IV. Comparaison de l’Eglise avec l'Empire romain. V. Nicée inspira l’idée d'une représentation laïque et universelle. VI. La catholicité de l’Eglise résista à la barbarie; VII. et donna l’idée de l’universalité politique du genre humain. VIII. Trois erreurs touchant les nonciatures. IX. lo Les nonciatures modernes existaient avant le concile’de Trente et les ambassadeurs fixes. X-XIIT. 20 Le but des fausses déerétales fut l’élévation des évêques en dépit des métropolitains; elles battent en bréche la féodalité de ces métropolitains, dont le despotisme est prouvé par les actes d’Hincmar. L’entreprise d’Isidore, juste en soi, est vicieuse dans la forme. XIV. 8 point.

I. Les publicistes exaltent l’organisation actuelle de la diplomatie internationale; nous en faisons autant. En effet, ainsi que l’observe fort bien le comte de Garden, dans l’introduction de son traité de la Diplomatie, si dans tous les temps il y a eu des légations particulières entre les tribus et les nations, et certes le premier livre des Machabées nous en offre de bien beaux exemples, dans les ambassades envoyées aux Romains et aux Spartiates; néanmoins les légations permanentes, non pour des objets particuliers et accidentels, mais dans le but général de permettre aux souverains, sans quitter leurs capitales, de traiter en personne des intérêts communs des nations représentées; ces légations, dis-je, sont un

bien dont la gloire appartient à notre époque. » A partir de la fin du xvi? siècle, écrit de Garden, les ambassades devinrent permanentes, et cette permanence, qui, dans les grandes cités, met en présence les envoyés de toutes les puissances, a fait naître une diplomatie nouvelle, toujours animée, toujours vivante, identique dans sa fin, et variant selon la diversité des affaires, des gouvernements et de leurs représentants. «

II. L'invention est noble, sociale, admirable. Grâce à elle, la famille des nations entretient un congrès permanent; et sì l'élévation de vues comme la droiture de conduite présidaient toujours à ce congrès, si les intérêts de parti ne l’emportaient point sur le bien commun, qui est la justice universelle ; les tempêtes internationales seraient conjurées, la paix assurée et la civilisation du geure humain efficacement poussée en avant. Telle est la fin et l’utilité de la diplomatie internationale.

IIl. Mais est-ce bien une création originale, ou n'est-ce pas plutôt une imitation louable et pour ainsi dire instinctive de la représentation ecclésiastique ? Suspendons notre jugement et consultons les faits.

IV. Premier fait. L'Empire Romain remplissait le monde de sa masse, mais peut-on dire qu’il le pénétràt, qu'il se l’assimilât? Les chefs militaires, les questeurs et les proconsuls, avaient-ils bien, soit avec le sénat, soit entre eux d’une province à l’autre, cette harmonie de rapports et de vues que les évéques, dans toute l’étendue de l’Empire, entretenaient tant avec le Siége Romain que de l’un è l’autre?

Non; les premiers n’étaient pas des membres coordonnés au bien commun, mais une espèce d’individualités isolées et absorbantes ; chacun disposait de la puissance de l’Empire pour son avantage personnel, et accaparait les revenus des provinces pour alimenter et accroître sa propre armée; les seconds, au contraire, étaient comme les’ artères et les membres d’un seul et même corps, lesquels communiquaient à toutes les parties de la chrétienté un même esprit vital et, pour ainsi dire, les pulsations d'un même cœur. D'un côté vous voyez un colosse aux formes les plus imposantes, mais qui touche à la décomposition; de l’autre une société dans toute sa verdeur, mais d’une solidité d’autant plus grande que ses parties sont plus vitales et plus étroitement unies. Enfin, dès que les membres faisaient schisme dans l'Empire, ils en entraînaient la ruine; l’Eglise, au contraire, rejetait les membres gangrenés et marchait en avant. Tel est le parallèle que présentaient l’Eglise et l’Empire. Or il est certain que l’Eglise n’eùt jamais conduit à maturité sa vie sociale, sans les communications internes et externes, parlées ou écrites, diplomatiques et juridiques, entre les membres et le chef. Alors même, par conséquent, que nous ignorerions quelle était la fréquence des lettres de créance et des messages qui arrivaient à Rome des extrémités de l’Orient et de l'Occident, l’harmonie et l’unité magnifique qui brillaient dans l’Eglise, à cette première époque de son existence, nous prouveraient invinciblement que la diplomatie la plus active et la plus intelligente régnait entre le chef et les membres subordonnés de la hiérarchie.

V. Second fait. Le 28 octobre de l’an 312, le Labarum triompha de Maxence et salua Rome; la paix cependant ne fut pleinement rendue à l’Eglise qu'après la dernière défaite et la mort de Licinius, en 324. Or, comment, dès l’année suivante 325, aurait pu s'improviser à Nicée ce parlement universel, le premier depuis l’origine du monde; comment, entre 318 évêques, Osius évêque de Cordoue avec deux prétres romains auraient-ils pu occuper la présidence au nom du pape Silvestre, en présence de l'empereur ; comment les patriarches et tout l’ordre de la hiérarchie ecclésiastique auraiïent-ils pu, sans contestation, se ranger à leur place; comment ces pères rassemblés des quatre vents auraient-ils pu prononcer une sentence unanime contre les quartodécimans, les ariens, les mélétiens, et dresser des canons; comment, disons-nous, tout cela eût-1l été possible, si ce système n’eût été déjà comme naturalisé dans l’Eglise, et si l’Eglise, malgré la variété si grande de ses membres et de ses usages, n’eùt été, pour ainsi dire, qu'un seul corps mu par une même intelligence? Dès lors l'émancipation civile du christianisme par Constantin ne pouvait donc que prêter un appui temporel à cette imposante représentation réunie à Nicée, et celle-ci, en faisant resplendir l'unité de l'Eglise et du genre humain, jetait dans la société un germe de sagesse civile qui devait fructifier dans la suite.

VI. Troisième fait. On arracherait plus facilement le cœur à la vie du corps, que son centre catholique à la vie de l'Eglise. Patriarcats, vicariats, primaties, légations sous toutes les formes, inhérentes à des

siéges ou séparées, telles furent les diverses ramifications de ce centre, lequel rencontra bien parfois des obstacles extérieurs, mais ne cessa de manifester son énergie dans les cours et de l’imprimer à tout l’ordre hiérarchique de l’Eglise. Alors même que l’édifice social des nations se détraquait de plus en plus, et que l’individualisme y primait les intéréts généraux, la catholicité de l’Eglise dominait les peuples et leurs gouvernements, et, au sein des siècles barbares, elle conservait au moins l’idée de la catholicité civile des nations, si l’on peut s’exprimer ainsi. Puis, è l’aurore des temps modernes,- dès le commencement du seizième siècle, l'Eglise resserrant les liens de ses communications institua les Nonciatures extérieures et permanentes, qui précédèrent encore d’un siècle la nouvelle forme des légations civiles et diplomatiques.

VII. Ces trois faits marquent la route par laquelle le gouvernement de l'Eglise, toujours homogène si pas toujours heureux, poursuivit sa marche à travers les révolutions des siècles. Partant il est démontré que l'idée générique d’une représentation universelle, et sa réalisation au moyen d'une diplomatie constante telle que nous l’avons maintenant, est une pensée chrétienne. La catholicité de l'Eglise et sa diplomatie universelle ont dû engendrer l’idée de la catholicité ou de la fraternité du genre humain, et par suite amener les nations chrétiennes à se concerter au moyen d’ambassadeurs ordinaires sur leurs intérêts communs. Il nous reste maintenant à voir comment les Nonciatures modernes ont précédé la diplomatie internationale,

VIII. L’auteur de l’écrit de Zegatis et Nuncus Pontificum, au service des métropolitains germaniques qui étaient entrés en désaccord avec Pie VII, s’est trompé en fait et en droit, lorsquil a prétendu : 1° que l’institution des nonces apostoliques résidants près des cours a suivi le Concile de Trente, dans le but ou sous le prétexte d’en procurer l’exécution ; 2° que cette institution est issue des fausses décrétales d’Isidore Mercator ; 3° qu'à peine nées, les nonciatures ont été à charge aux peuples, aux cours et aux évéques, à cause des pouvoirs outrés dont elles étaient investies. Ce livre n'était d'un bout à l’autre qu'un réquisitoire fiscal contre les nonciatures.

IX. Sur le premier point, voici ce que Pie VI a répondu, Super Nunciaturis, p. 381 : » Pour s’acquitter de la charge de l’Apostolat qui leur incombe, vu les dissentions intestines occasionnées par les primats, les papes, dès le quinzième siècle, se sont vus obligés de leur retirer l’autorité de délégués du Saint-Siége, et d'envoyer e proprio latere, en Allemagne, en France, en Espagne, en Portugal et dans d’autres royaumes, des nonces étrangers au pays et à tous les partis, prélats distingués par leur dignité ecclésiastique et agréables aux souverains. Ainsi furent instituées les Nonciatures ordinaires près des cours catholiques et dans les villes capitales. « Pour confirmer cette assertion, Pie VI a dressé le catalogue de cinquante-deux nonces accrédités à Vienne près de l’empereur, depuis Laurent Campeggi jusqu'à Caprara, c’est-à-dire de l’an 1513 à l'an 1775, " époque où il écrivait. On pourrait en faire autant

netti

pour d’autres cours. Or, nous constatons ici deux faits. D'après le comte de Garden, la diplomatie ordinaire des nations n’a pris naissance qu'après la fin du xvr siècle; eh! bien, nous voyons la diplomatie ordinaire et moderne de l'Eglise, sans parler de l’ancienne, déjà solidement établie au commencement du même siècle. Et certes cette forme de nonciature, qui date au moins de 1513, n’a pu être l'effet du concile de Trente, lequel eut lieu de 1545 à 1563. Bien plus, les pères du concile de Trente, restreignirent les pouvoirs des légats et des nonces en faveur des évêques (sess. xxIv de ref. cap. 20). Qu’après cela les nonces alors en fonction et leurs successeurs aient poussé à l'exécution du concile de Trente, c’est la chose du monde la plus simple et la plus naturelle.

X. Quant à Isidore, il serait temps d’en finir avec ses marchandises. Débitées au xI° siècle parmi les églises gallo-germaniques, elles étaient inconnues à l'Eglise Romaine, qui avait constamment puisé ses droits aux sources originales et primitives. Et le pseudo-Isidore (Benoît Lévite, de Mayence, d’après Ballerini) n'eut obtenu aucun crédit, si ses lettres inventées de Clément I à Damase n'avaient été d'accord pour le fond avec les documents anciens de la discipline en vigueur. Mais l’arrogance des primats et des métropolitains à l’égard des évêques, leurs abus de pouvoir que nous avons déjà remarqués et déplorés plus haut, nous portent à faire remarquer icì que le but des fausses Décrétales n'est pas, comme on se plaît à le répéter, l’exaltation du Siége de Rome,

mais bien celle des évéques au détriment des métropolitains, qui les jugaient, les déposaient et les dégradaient. On peut bien en croire Van Espen, qui dit de Gratien, Comm. in caus. 2, q. 7 : » Cet auteur cite encore divers fragments des fausses décrétales, lesquelles paraissent avoir été frabriquées principalement en vue de soustraire les évêques à tout jugement criminel » : Hic rursus adducit varia fragmenta fictarum decretalium, quae praecipue ad eximendos episcopos ab omni criminali judicio adornatae apparent. Fleury s'exprime de même dans son Histoire ecclésiastique, livre xLIV, 22 : » La principale matière de ces décrétales, dit-1l, sont les accusations des évêques : il n°y en a presque aucune qui n’en parle, et qui ne donne des règles pour les rendre difficiles. Aussi Isidore fait assez voir dans sa préface, qu'il avait cette matière fort à cœur. » Et Schmidt est encore plus énergique dans son Histoire des Allemands : » Isidore, dit-il, osa attaquer les juges mêmes des évêques, c’est-à-dire les métropolitains, et tàcha d’anéantir leur pouvoir, afin que les évêques fussent libres et en sùreté, et pour ainsi dire inviolables. On se trompe beaucoup si l’on croit que son dessein était d'élever l'autorité des papes. Il ne les faisait plus grands, qu’afin de rendre les métrepolitains plus petits. »

XI. Des jugements de cette nature ont le mérite inestimable de nous introduire dans la pensée intime des Décrétales d’Isidore. La féodalité laïque, qui rendait les métropolitains si puissants, les portait par imitation à exercer dans l’ordre hiérarchique une sorte

de féodalisme sacerdotal. Sans parler d’autres désordres, les métropolitains s'arrogealent donc un pouvoir abusif sur les évéques et croissaient en insolence visà-vis des papes. Ces métropolitains allemands qui résistèrent à Pie VI et formèrent la ligne d’Ems de 1786 nous ont encore donné, à la fin du siècle dernier, un exemple de cette insolence brutale et féodale. Au nom de la liberté épiscopale, ils prétendaient inféoder aux siéges métropolitains tous les droits des évéques et du pape. Cette espèce de féodalité ecclésiastique pesait déjà au 1x° siècle sur les églises gallo-germaniques, où parurent les fausses Décrétales. Mettre en légende, sous forme d'histoire, les vices et les vertus, c'est un genre de littérature très-ancien, qui a pour but, non de tromper, mais de présenter les choses sous des dehors plus attrayants : littérature corrompue toutefois, qu’une critique positive, et justement sévère en fait d'histoire, condamnera dans les siècles futurs. Quoiqu'il en soit, elle était en usage du temps d’Isidore; celui-ci s’en servit et s’y attacha. Il composa donc une légende, œuvre de son cru quant à la forme, mais plus vraie que vraisemblable pour le fond, en tant qu’il attribuait aux papes des sentences parfaitement calquées sur les usages de l'Eglise. Isidore, ou si l’on veut Benoît de Mayence, n'était pas un esprit léger, mais une forte tête, qui battait en brèche le féodalisme métropolitain et rappelait l’ordre épiscopal à son ancienne dignité. |

XII. Si quelqu'un nous objectait que cette manière de voir érige en grand homme un faussaire ou un

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romancier, il ne nous ébranlerait nullement; car les usages du temps excusent la forme, et le but de l’auteur était réellement grand, en tant qu’il voulait l’équité dans les jugements, et la restauration de la liberté dans la hiérarchie épiscopale. Cette liberté, elle était opprimée d'une manière cruelle et barbare, au jugement de Chrétien Lupus dans ses notes sur les canons de Sardique : » L’arrogance des métropolitains, dit-il, leur cruauté à l’égard des évêques suffragants étaient telles, qu'il fallut à la fin modifier et étendre les règles. La conduite tragique et barbare d’Hincmar, métropolitain de Reims, à l’égard de Rothade, évêque de Soissons, forca Nicolas I à édicter qu'aucun évêque en Occident ne pourrait être déposé sans sa permission préalable » : Meiropohtarum praesumptio varia, et in suffraganeos crudelitas tandem coegit mutari et extendi regulam. Propter Hincmari Rhemensium metropolitae in Rothadum Suessonensem episcopum tragicam barbariem, edizit Nicolaus I nullum in Occidente episcopum deponi posse sine praevia licentia. Nous avons déjà vu le jugement d'Hincmar contre Rothade ; et il est fâcheux que la conduite du même métropolitain à l’égard du jeune Hincmar son neveu, évêque de Laon, n’ait pas été moins violente. A l’instigation de l'oncle, le neveu fut jugé par trois conciles provinciaux, déposé et envoyé en exil, enfin mis aux fers et privé de la vue. " Où donc, s’écrie François Zaccaria dans le Febromus abbreviatus, t. 1, p. 447, où donc les canons donnent-ils aux synodes provinciaux la faculté de traiter si cruellement un évêque et un frère? Par

trois fois l’évêque de Laon appela au pape et on ne tint aucun compte de son appel. » L'auteur conclut en ces termes : » Tel fut Hincmar, le héros de Fébronius, qui s’étaye de son autorité pour prouver que les décrétales d’Isidore ont accru l’autorité pontificale » : Ubinam canones dant facultatem synodis provinciahbus fam dire divexandi episcopum confratrem? Ter appellavit Laudonensis, sed appellationis nulla ratio habita fuit... Talis fuit Hincmarus, heros Febronii, cujus auctoritate evincere vult Isidori decretales pontificiae potestati incrementum peperisse.

XIII. Nous concluons, en outre, contre l’auteur de Legatis, qu'il y a autant de témérité que d’ignorance à affirmer que les pouvoirs réservés par le concile de Trente aux nonces apostoliques, dérivalent des fausses décrétales d’Isidore : ex vitiosa radice, epuris nempe Isidori epistolis profluxerunt (p. 35); et que jusqu’à l’époque de ce concile, la discipline ecclésiastique en avait été altérée et dépravée. S'il est au contraire un point d'histoire évident, c'est que le despotisme des métropolitains, précisément du temps d’Hincmar, avait fait naître les décrétales, fausses quant à la forme, mais vraies quant à la doctrine. En effet, pour mettre un frein aux métropolitains et sauver les évêques, on ne voyait pas d'autre moyen que de retirer aux premiers les pouvoirs dont ils abusaient, pour les faire retourner, comme dans les anciens temps, aux papes et à d’autres légats pontificaux. C’est l’entreprise que forma Isidore, entreprise noble dans l'intention, juridique dans l’exécution, mais vicieuse dans le mode. Juri-

dique, disons-nous ; car les sentences qu’il rapporte appartiennent à l’ancienne discipline, comme l’atteste De Marca : » Il est constant, dit-il, qu'elles sont empruntées, à peu d'exceptions près, aux textes des lois, des canons anciens, et des saints pères qui fleurirent dans le quatrième et le cinquième siècle » : Quas e sententiis et verbis legum, canonum antiquorum et sanclorum patrum qui în quarto et quinic saeculo floruerunt, si pauca demas, concinnatas esse constat (De Concord. 1. int, c. 5, n. 1). Mais vicieuse dans le mode; parce qu'Isidore attribue à tel ou tel pape des sentences empruntées des pères postérieurs, comme le lui reproche de Launoy dans l’Azéi-Bellarminus, addit. 1 : Quod patrum posteriorum dicta excripserit, et alienis vulgaverit nominibus. Mais enfin ces sentences étaient des vérités et des lois anciennes ; or, comme le remarque Noël Alexandre dans sa 21° dissertation sur le premier siècle, c’est sous ce rapport seulement et en tant qu'elles étaient reçues comme telles par l'Eglise, qu'elles furent alléguées par les docteurs et les conciles, et nullement parce qu'on les croyait venir des Souverains Pontifes dont elles portaient le nom : Von quod illas a summis pontificibus datas censerent, sed quia 1llas, quoad DOGMATUM VERITATEM, Q4%04d JUDICIORUM ORDINEM, ab Ecclesia veceptas noverant, quorumcumque auctorum essent.

XIV. Nous avons répondu au premier et au second griefs, qui sont très-graves parce qu'ils portent sur le fondement même des nonciatures. Passons au troisième,

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