‹ Idée historique et rationnelle de la diplomatie ecclésiastiqueChapitre 35 sur 68 · I. La prudence de la papauté à proportionner la · texte numérisé non relu

I. La prudence de la papauté à proportionner la

mesure des pouvoirs délégués aux besoins ou aux convenances des temps est reconnue en général par les adversaires eux-mêmes. L’auteur anonyme de Le-

gatis, $ 18, p. 35, observe que les pouvoirs con-

férés durant la première période aux légats-nés, en qualité de vicaires du Siége Apostolique, furent des plus amples; et que ces pouvoirs furent maintenus en grande partie dans la seconde période ou le moyen

âge : Legatis natis olim, sicut vicariis Sedis Apos-

tolicae, in prima periodo, amplior prae caeteris legatis competebat potestas : quam etiam in secunda periodo, seu medio aevo, aliquandiu conservare studebant. I] en fut ainsi avec raison, attendu que la première période fut une époque de constitution ; et la seconde, . une époque de consolidation ou de restauration. Les difficultés et les dangers qu'on rencontre à constituer ou à soutenir l'édifice imposant de l'Eglise au milieu de tempêtes de tout genre, réclament de la part du premier siége une action plus explicite et plus énergique sur les autres siéges. Mais dès que les temps deviennent meilleurs, et à mesure que la hiérarchie épiscopale se développe ou se restaure, on voit la coutume ou les conventions accroître les pouvoirs des évêques et restreindre les délégations apostoliques ; de là vient qu’au lieu de cardinaux investis du pouvoir de légats à lafere, le Saint-Siége n’envoie plus d'ordinaire que des archevéques ou évêques in partibus : Pleraque vero ex his (quae aliunde ea vitiosa radice, spuriis nempe Isidori epistolis proflurerunt), hodie partim per desuetudinem, partim per concordata posteriora, merito sunt abrogata; et potestas legatorum ad tam arctos limites restricta est, ut haec causa esse videatur, cur non amplius soleant mitti cardinales, sed archi- et episcopi in partibus, qui interdum mittuntur cum potestate legati a latere (ibid). Nous avons dissipé le fantôme du faux Isidore qui chagrine ici l’auteur. Nous tenons seulement à noter qu’à mesure que la hiérarchie épiscopale se relevait, le pouvoir des légats allait en diminuant.

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