‹ Idée historique et rationnelle de la diplomatie ecclésiastiqueChapitre 4 sur 68 · IX. Notre proposition est donc établie, savoir, que · texte numérisé non relu

IX. Notre proposition est donc établie, savoir, que

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la diplomatie n'est ni simplement une science ni simplement un art; mais que la première part revient à la science, et que la seconde doit être accordée sans difficulté à l’art, pourvu que l’art ne soit jamais séparé de la science. Il y a entre l’un et l’autre cette différence, que la science a un corps, des nerfs, des muscles et une forme bien déterminée, en sorte qu'elle peut être envisagée, contemplée, décrite; tandis que l’art est comme une ombre mobile, vaporeuse et sans contours. La science se plait à être contemplée dans ses origines, elle est toujours une et immuable, comme la vérité dont elle est mère; tandis que les enseignements de l’art sont quelque chose qu’on sent, mais qu’on ne saurait ni décrire ni définir. Aussi l’art reçoit-il de la science sa beauté, son efficacité, sa direction droite et salutaire, de la même manière, dirions-nous volontiers, que le corps reçoit de l'esprit le don merveilleux de la parole et de la vie.

X. Les parts des deux facultés qui composent ou constituent la diplomatie étant ainsi réglées à l’amiable, si nous abandonnons de bon cœur aux vétérans les finesses de l’art, et que nous nous bornions à explorer le domaine de la science, nous avons la confiance de pouvoir le faire sans arrogance ni témérité, d’autant plus que cette science est une plante déjà arrosée de nos sueurs et qui a grandi sur notre champ. C’est bien, en effet, sur l'extrême limite du DROIT PUBLIC DE L'ÉGLISE ET DES NATIONS CHRÉTIEN- NES, qu'a pris naissance la noble plante de la diplomatie, et qu'elle s’est offerte’ à nous, toute recueillie

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en elle-même. Le germe qui la produisait n’était autre que ce droit même, que nous avons cultivé avec quelque soin, et développé en trois livres. En sorte que nous pouvions revendiquer sur elle un droit de propriété, et que, de son côté, elle pouvait à juste titre réclamer une culture plus spéciale de notre part. Mais comme elle est d’une vaste capacité et requiert divers genres de cultures, qui ne sont pas également de notre compétence, nous nous arréterons à une seule, et nous dirons tout à l'heure laquelle.

XI. Diplomatie est un mot dérivé du grec simpa, en latin duplex, écriture double. Tels sont les actes souverains ou publics, dont on retient l'original; celui qui avait la charge d’en tirer copie s'appelait, comme le porte Du Cange, diplomatarius ou duplicator. On appelait donc diplomate, dans le principe, celui qui écrivait les diplômes ou en tirait des doubles; puis, les formes de ces actes ayant varié avec le temps, celui qui avait le talent de les comprendre et de les interpréter : ce qui était déjà un travail d’érudition, de critique et d’art; finalement, à une époque plus rapprochée, le terme de diplomatie prit une signification plus élevée, et fut transféré des papiers à la science et l’art des négociations et des traités publics. La diplomatie n’a point pour cela répudié l'étude des papiers contenant les affaires déjà conclues ou les droits réglés entre les parties; ces actes sont au contraire la matière propre de ses études; elle y puise le point de départ pour de nouveaux traités et le fil auquel elle doit les rattacher. Bien plus, elle y découvre la cause historique, rationnelle et

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