‹ Idée historique et rationnelle de la diplomatie ecclésiastiqueChapitre 61 sur 68 · ANT · texte numérisé non relu

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dis nullum est, c'est une loi que saint Augustin avait apprise de l'Evangile, et qu’il déduisait de la fin même que Jésus-Christ et l’apostolat ont eu en vue : cette fin c'est de guérir et non de briser, d’édifier et non de détruire. Admettons qu'on ne puisse pas toujours porter un jugement sûr avant les événements; maintenant du moins que l’histoire a parlé, c’est un devoir de l'écouter. Or, l’histoire doit nous fournir la règle pour résoudre les questions suivantes : 1° Les secours promis par Henri VIII à Clément VII attaqué et vaincu par l'empereur, et ensuite la protection de l'empereur pour le rétablissement des Médicis à Florence, eurent-ils quelque influence, et quelle influence, pour faire différer d’abord, puis pour hâter la juste sentence concernant le mariage et le divorce d'Henri et de Catherine? 2° Les nonces et leurs assesseurs en Angleterre avaient-ils apprécié à leur juste valeur et rapporté fidèlement au pontife l'état des esprits à la cour et dans le parlement, de manière à pouvoir inférer lequel, en cas d'excommunication, ils seraient le plus portés à suivre du roi ou du pontife? 8° En général, les dépositions de souverains et les interdits nationaux avaient pour auxiliaire au moyen âge la foi vive des nations : cela étant, les légats et les conseillers du Saint-Siége ont-ils bien considéré jusqu'à quel point les papes pouvaient encore compter sur cette antique foi, et, vice versa, jusqu'à quel point le changement survenu dans les mœurs pouvait rendre ces censures de nul effet ou même funestes? Voilà des problèmes qui pourraient servir d'exercice aux jeunes diplomates, si la diplomatie avait son académie et ses exercices.

XIX. Concluons 1° que plus l’autorité pontificale se pliera à la politique des partis, moins elle conservera libre, constante et vénérée, son action spirituelle et universelle; 2° que les légats et les représentants pontificaux à tous les degrés ont, en tout temps et en tout lieu, le strict devoir de se rendre un compte exact de la situation et d’en informer le Saint-Siége, pour ce qui concerne l’opportunité et la convenance des résolutions à prendre.

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