‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 10 sur 125 · Eue afûigé, -ouirrir · texte numérisé non relu

Eue afûigé, -ouirrir

3 Sur la haute id e qii • la Pléiade se lait du poète, cf. I\. ksai.u, Ode à Michel de L'Huspitul, Du Biîllay, Discours au Hoy, etc.

d'elle (comme vous avez fait plus d'une fois) orn°z voz temples et autelz... Donnez en cete Grèce menteresse, et y semez encor' un coup la fameuse nation des Gallogrecz. Pillez moy sans conscience les sacrez thesors de ce

temple Delphique, ainsi que vous avez fait autrefoys ^

Vous souvienne de votre ancienne Marseille, seconde Athènes, et de votre Hercule Gallique, tirant les peuples après luy par leurs oreilles avecques une chesne attachée à sa langue ^.

Du Bellay, De/f., Conclusion.

Et puis je me vante d'avoir inventé ce que j'ay mot à mot traduit des autres. A peu que je ne leur fay la response que feit Virgile à un quidam Zoile, qui le reprenoit d'emprunter les vers d'Homère. J'ay (ce me semble) ailleurs assez défendu l'imitation... Qui voudroit à ceste ballance examiner les escriptz des anciens Romains etdes modernes Italiens : leur arrachant toutes ces belles plumes empruntées dont ils volent si hautement : ilz seroient en hazard d'estre accousti ez en corneille Horacienne. Si par la lecture des bons livres, je me suis imprimé quelques traictz en la fantaisie, qui après, venant à exposer mes petites conceptions selon les occasions qui m'en sont données, me coulent beaucoup plus facilement en la plume, qu'ilz me reviennent en la mémoire : doiton pour ceste raison les appeller pièces rapportées ? Encor' diray-je bien que ceux qui ont leu les œuvres de Virgile, d'Ovide, d'Horace, de Pétrarque et beaucoup d'autres, que j'ay leus quelquefois assez négligemment, trouveront qu'en mes escriptz va beaucoup plus Je naturelle invention, que d'artitîcieLe ou superstitieuse imitauon... Je ne me suis beaucoup travaillé en mes escriptz de ressembler autre que moymesme.

Du Biii.LAY, seconde préface de l'Olive.

1. Allusion à i'invasioa de la Grèce et au pillage ciu temple do Delphes par les Gaulois, l'an 279 avant J.-C.

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