Traîtres
4 IDEES ET DOCTRINES LITTEnAIRES
tences, audace et variet»'* do figures, et mil' antres lumières de poésie : bref ceste énergie et je ne sçay quel esprit, qui est en leurs ecriz, que les Latins appellcroint Genius. Du lÎKI.LAY, Dc[]\, I, 0.
Certainement ce seroit chose trop iaf:ilc et pourtant ' conlcinptible, se faire éternel par renommée, si la félicité de nature donnée raesmes aux plus indocteséloit suflisante pour faire chose digne de l'irauiortalilé. Qui veut voler par les mains et bouches des hommes, doit longuement demeurer en sa chambre : et qui désire vivre en la mémoire de la postérité, doit comme mort en soy mesmes, suer et trembler mainlefois : et autant que notz poètes courlizans boyvent, mangent et dorment à leur oyse, endurer de faim, de soif et de longues vigiles. Ce sont les esles dont les ecriz des hommes volent au ciel.
Du Bellay, Deff.^ II, 3.
Pour conclure ce propos, saiches lecteur, que celuy sera véritablement le poëte que je cherche en nostre langue, qui me fera indigner, apayser, ejouyr, douloir ^, aymer, hayr, admirer, étonner, bref qui tiendra la bride de mes affections, me tournant ça et la à son playsir, Voylala vraye pierre de touche, ou il fault que tu épreuves tous poëmes et en toutes langues^.
Du Be[.lay, D'ff,^ II, 11.
II. — Le poète doit nourrir son «< génie » des œuvres des Anciens, mais non les imiter servilement.
La donques Françoys, marchez couraigeusement vers celle superbe cité Romaine : et des serves dépouilles
î. î'ar cons ciuon .