‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 100 sur 125 · Paroles d'Isaac-Louis Le Maître de Sacy · texte numérisé non relu

Paroles d'Isaac-Louis Le Maître de Sacy

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se rendre rocommandables. Où ? — Dans les consciences. Gomment ? — Par la manifestation de la vérité ; et Tun est une suite de l'autre. Car les oreilles sont flattées par la cadence et l'arrangement des paroles; l'imagination, réjouie par la délicatesse des pensées; l'esprit, gagné quelquefois par la vraisemblance du raisonnement : la conscience veut la vérité ; et comme c est à la conscience que parlent les prédicateurs, ils doivent rechercher, mes sœurs, non des brillants qui égayent, ni une harmonie qui délecte, ni des mouvements qui chatouillent; mais des éclairs qui percent, un tonnerre qui émeuve, un foudre qui brise les cœurs.

BossUET, Sermon sur 'a parole de Dieu,

Que ferez-vous ici, faibles discoureurs ? Détruirezvous ces remparts* en jetant des fleurs ? Dissiperez-vous ces conseils cachés ^ en chatouillant les oreilles ? Croyezvous que ces superbes hauteurs^ tombent au bruit de vos périodes mesurées ? et pour captiver les esprits, estce assez de les charmer un moment par la surprise d'un plaisir qui passe ? Non, non, ne nous trompons pas : pour renverser tant de remparts, et vaincre tant de résistance, et nos mouvements affectés, et nos paroles arrangées, et nos figures artificielles sont des machines trop faibles.

BossUET, Oraison funèbre duR. P. Bourgoing.

INlais n'atlendez pas, chrétiens, de ce céleste prédicateur*, ni la pompe ni les ornements dont se pare l'éloquence humaine. Il est trop grave et trop sérieux pour rechercher ces délicatesses; ou, pour dire quelque chose de plus chrétien et de plus digne du grand apôtre, il est trop passionnément amoureux des glorieuses bassesses du

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