a l'action du poème héroïque
2. Histoiiea byzaatia du v « siècle. Ses Histoires ont une réelle valeur de vérité.
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c'est le premier qui doit composer le gros du poerae épique : parce que ce poerae contenant des actions eslevées, il faut que le style avec lequel on les descrit le soit aussi... Le magnifique est donc le propre de l'Epopée : neantraoins le médiocre et mesme le bas y peuvent estre employez... selon les diverses conditions des personnes que le poète fait parler... pourveu que le sublime prévale tousjours, comme estant essentiel à la majesté du poème épique.
ScuDÉRY, préface cV « Alaric ».
La Poésie héroïque demande une diction toute héroïque. La basse, la vulgaire, la plebée, comme parloit feu Malherbe, luy seroit... messeante... Il y a néanmoins des mesures à garder en l'égalité de cette poésie : et quand on dit qu'elle doit estre tousjours forte, tousjours belle et tousjours parée ; cela se doit entendre avec la juste proportion que demande la différence des parties. Le p. Le Moyne, Traité du poënie héroïque.
V. — La question du merveilleux païen et du merveilleux chrétien. Boileau hlàme Fusag-e du merveilleux païen dans un sujet chrétien.
Ce n'est pas que j'approuve en un sujet chrétien, Un auteur follement idolâtre et païen ^
Boileau, Art poét., ch. m.
1, Ce bizarre mélange d'idolâtrie et do christianisme se rencontre à des degrés divers dans la Divine Comédie de Dante, dans les Lusiades dp Camoëns. Au xvii« siècle même Heinsius le jeune a introduit dans sa tragédi ch'étienne, Herodes Infantic dn, les antiques Furies dans lout leur appareil mythologique. Voici d'ailleurs quelques-unes des très sages observations faites par Balzac a cette occasion :
« Je ne m'estoone piis qullerodes paroisse demy Juif et demy Payen : Je m'estonnerois ^eulcment si un poëte chrcsiien paroissoit tel. Je me persuaderois avec peine qu'un homme constant pust estre de deux partis, et porter les couleurs de divers maistres Cette nouveauté, à dire vray,
a) Boîleau se prononce pour le merveilleux païen.
l'' Parce quil offre plus cV agréments.
C'est donc bien vainement que nos auteurs déçus, Bannissant de leurs vers ces ornements reçus, Pensent faire agir Dieu, ses saints et ses prophètes, Comme ces dieux éclos du cerveau des poètes; Mettent à chaque pas le lecteur en enfer; N'offrent rien qu'Astaroth, Belzébuth, Lucifer. De la foi d'un chrétien les mystères terribles D'ornements égayés ne sont point susceptibles. L'Evangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités.
Et quel objet enfin à présenter aux yeux, Que le diable toujours hurlant contre les cieux. Qui de votre héros veut rabaisser la gloire, Et souvent avec Dieu balance la victoire !
BoiLEAU, Art poêt., ch. m,
me senil)le un pou dure, et je ne puis m'imaginer, sans gesner mon imagination, que dans un poëme où un Ange ouvre le théâtre et lait le prologue, Tisiphone se vienne monstrer, accompagnée de ses autres sœurs, et avec le terrible équipage que lui a donné le paganisme. Je vous demande si cette partie a de la proportion avec son tout, et si ce bras est de cette teste. Je vous prie de me dire si les Anges et les Furies peuvent compatir ensemble ; si nous pouvons accorder deux religions naturellement ennemies; si nous (levons faire comme cet empereur qui mettoit dans un mesme oratoire Orphée et Abraham, Apollon et Jesus-Christ ; si enfin il nous est permis dimiter reluy que nous blasmons, et de profaner un lieu sainct par une marque d'idolâtrie ?
La matière dont il saglt est toute noslre et toute chrétienne. Il me semble que les fausses diviuitez n'y ont point de part, et n'y peuvent enîrer que par vio'euce. Le grand Pan est mort par la naissance du Fils de Dieu, ou plustost par celle de sa doctrine ; il ne laut pas le ressusciter. Au lever de cette lumière lous les pliantosmes du paganisme s'en sont enfuis, il ne les faut pas faire revenir. Il est juste que lechang^^ment du stile accompagne le renouvellement del'esijrit ; que le poison c|u'a vomy nostre cœur, ne demeure pas dans noslre bouche, que le dehors rende tesmoignage >!u edans. (BalZvC, Disconra Vill : Dissertation sur une tragédie intitulée : « llerodes [n/anticila », iGi'i.j
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2^) Parce que cest profaner la « vérité » de la re- /ig'on clirélienne que de la mêler à des a fictions. ))
... De vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités* donne Tair de la fable.
BoiLEAU, Art poét., ch. m.
Mais, pour nous, bannissons une vaine terreur;
Et, fabuleux chrétiens, n'allons point, dans nos songes.
Du Dieu de vérité faire un dieu de mensonges.
BoiLEAU, Art poct.^ ch. III.
b) Scudéry, Desmarets^ Ch. Perrault défendent le merveilleux chrétien comme étant plus poétique et plus vrai.
II est vray que les sujets de piété n'ont pas le mesrae attrait pour la plupart du monde que les sujets prophanes... Cependant j'oserois asseurer que si au lieu de se prévaloir de la malice et de la corruption du cœur de l'homme, on vouloit avec le mesme soin prendre avantage des sentimens de droiture et de religion, qui ne quittent jamais entièrement le fond de Tâme, quelque déréglée qu'elle puisse estre, qui sortent au dehors lors qu'elle est touchée inopinément par de certains endroits, et qui ont esté appelez si eloquemment les témoignages d'une âme naturellement chrestienne : j'oserois, dis-je, asseurer que si l'on s'étudioit à réveiller ces sentimens que le sang et la chair tiennent assoupis, mais qu'ils n'éteignent pas, on plairoit, mesme aux plus corrompus par les charmes invincibles de la vertu et de la vérité... Pourquoy faut-il que tant d'excellens génies se laissent renfermer entièrement dans la peinture de quelques imperfections légères qu'ils s'efforcent de rendre ridicules,