‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 12 sur 125 · Censurer, critiquer, taxare · texte numérisé non relu

Censurer, critiquer, taxare

de ton tens, et pardonner aux noms des personnes vicieuses... Sonne-moy ces beaux sonnets, non moins docte que plaisante invention ilalienne, conforme de nom à l'ode, et différente d'elle, seulement pource que le sonnet a certains vers reiglez et limitez : et l'ode peut courir par toutes manières de vers librement, voyre en inventer à plaisir... Pour le sonnet donques tu as Pétrarque et quelques modernes Italiens. Chante moy d'une musette bien resonnante et d'une fluste bien jointe ces plaisantes ecclogues rustiques, à Texem^ple de Thëocrit et de Virgile : marines, à l'exemple de Sennazar *, gentilhomme nëapolitain. Que pleust aux Muses qu'en toutes les espèces de poésie que j'ay nommées, nous eussions beaucoup de telles immitalions qu'est cete ecclogue sur la naissance du filz de Monseigneur le dauphin^, à mon gré un des meilleurs petiz ouvraiges que fit onques Marot... Quand aux comédies et tragédies, si les roys et les republiques les vouloint restituer en leur ancienne dignité qu'ont usurpée les farces et moralitez, je seroy bien d'opinion que tu t'y employasses, et si tu le veux faire pour l'ornement de ta langue, tu sais ou tu en doibs trouver les archétypes.

Du Beixay, Deff., II, 4.

Donques ô toy, qui doué d'une excellente félicité de nature, instruict de tous bons ars et sciences, principalement naturelles et mathématiques, versé en tous genres de bons aucteurs Grecz et Latins, non ignorant des parties et offices de la vie humaine... ô toy (dy je) orné de tant de grâces et perfections, si tu as quelquefois pitié de ton pauvre langaige, si tu daignes l'enrichir de tes thresors, ce sera toy véritablement qui luy feras hausser la teste, et d'un brave sourcil s'égaler aux superbes langues greque et latine, comme a faict de notre tens, en

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