Du Bnitas
autant significatifs qu'aucuns que sçauroit faire la langue greque...
Je produiray, une autre fois, plus grand nombre d'exemples, pour prouver ce que j'ay rais en avant touchant le moyen que nous avons de forger de beaux composez... Et ce-pendant je veux bien que le lecteur sçacbe que ces excellens poètes que nous avons aujourd'huy lui en fourniront beaucoup. Mais je ne doute point qu'entre ces compositions les unes ne luy plaisent bien plus que les autres. De ma part, je suis d'opinion que quelquesfois, selon les endroits, le monosyllabe ha meilleure grâce, au bout d'un mot composé, que le dissyllabe, et le dissyllabe que le trissyllabe. Voylà pourquoy chassevent me plaist fort, et autres qui ont ce monosyllabe au bout : aussi bornemois dict de la lune ; et pourquoy de Mercure je dirois plustost guidenef que guidenavire . . . Toutesfois je ne veux pas faire une règle générale ; et qu'ainsi soit, en parlant de ce mesme, je trouve meilleur aimelyre ou portelyre que aimelut ou porlelut... Au demeurant, si ces excellens poètes (l'honneur desquels j'ay d'autant plus en recommandation que je les voy s'efforcer à honorer nostre langage) veulent donner lieu * au précèdent advertissement, je les prieray recevoir encore cestuy-ci touchant la discrétion qu'ils doivent avoir en l'usage de tels epithetes : c'est qu'ils se souviennent de ce que disoit la gentile poetrice Corinne : T'^ -/ciçl Zzi CTTSipeiv, èX)Jx ur, oAoi tco 6uXaxoj "^ ?
H. EsTlENXE, Précelîence.
VI. — Versification : Emploi de l'Alexandrin, rime, élision, césure, hiatus, enjambement, etc.
Les Alexandrins tiennent la place, en nostre langue, telle que les vers héroïques entre les Grecs et les Latins,